‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 61 sur 81 · ET PÉRITONITE, ABCÈS ILIAQUE, ETC · texte numérisé non relu

ET PÉRITONITE, ABCÈS ILIAQUE, ETC

mewr dure, un peu diffuse, s'allongeant dans la direction de l'arcade crurale et paraissant se prolonger profondément dans le bassin; tumeur chaude, sans changement de coulexir à la peau, plus douloureuse dans certains points que dans d'autres, avec douleur dans les mouvemens d'extension de la cuisse corr respondante. Point de fièvre pendant le jour, frisson vers six heures du soir, rien d'anomal au cœur, inappétence, langue blanche, constipation, ventre indolent, si ce n'est au point de la tumeur j ni naiisées, ni vomissemens ; rien de notable du côté des voies urinaires; la malade n'a jamais éprouvé de douleurs de reins. Sonorité de la poitrine et respiration naturel-, les. Peu de sommeil, céphalalgie, sens et intelligence intacts,' faiblesse générale assez prononcée [saignée de douze onces), le sang n'est pas couenneux. Nouvelle saignée, le lendemain, et trente sangsues le surlendemain : soulagement des douleurs.' Fluctxiation dans la tumeur qui semble s'étendre; le 26 juin, quelques vomissemens verdâtres, frissons, fièvre [saignée) , amélioration.

te 7 juillet, nouveaux frissons prolongés; douleurs insupportables dans la tumeur, insomnie complète. La tumeur fait une saillie d'un à deux pouces , sans rougeur à la peau ; fluctuation évidente. Le 8, M. Velpeau, que je fais appeler, plonge un bistouri au centre delà partie la plus fluctuante et la plus proéminente, et fait une incision linéaire, transversale, d'un demi-pouce, en dehors de l'artère épigastrique , dans la direction du canal inguinal, et d'oîi il s'écoula un demi-verre de pusverdâtre, épais, crémeux. Soulagement immédiat qui se continue jusqu'au i4 juillet. Tous les jours il sortait par la plaie trois à quatre cuillerées de pus. La fièvre était tombée, le teint, qui était pâle et souffrant, était devenu meilleur; les mouvemens de la jambe étaient faciles , l'appétit était revenu et les forces avec lui. Le i4, enfin, il ne restait plus qu'une corde dure et à peine douloureuse, le long de l'arcade crurale jusqu'au niveau de la crête iliaque; ce jour-là, la malade mange dtt porc frais et se donne une indigestion ; bouche amère, pâteuse, hoquets, nausées , vomissemens verdâtres , coliques très fortes, diarrhée , céphalalgie , syncopes , fièvre intense avec exacerba-

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tioDS, oppression, douleur épigastrique très intense qulgêne considérablement la respiration , légère exaspération des douleurs dans la fosse iliaque gauche (la malade était alors dans les salles de chirurgie (sangsues sur le veniré)jl^e i5, cette crise diminue, les vomissemens ont cessé, mais, l'oppression et la douleur épigastrique persistant, on applique un large yésicatoire sur l'abdomen. Le i6, amélioration notable; mais il reste un peu de diarrhée; quelques vomissemens verdâtres, de la sensibilité an Ventre à la pression. Le mieux continue, l'abcès semble vouloir se terminer heurensement. La dureté se dissout excepté Sur un seul point ; les mouvemens ne sont nullement gênés. La malade retourne dans la salle ;Saint-Vincent; pendant quelques jours, rien autre que les symptômes de péritonite chronique, dont nous aTons parlé plus 'Tiaut; cependant, au lieu de marcher Ters la guérison , le mal, d'abord stationnaire , augmente peu -à -peu d'intensité, les forces se perdent, la figure se lire, il y a de l'amaigrissement ; bientôt les douleurs de l'abdomen s'exaspèrent ; elles se fixent , se localisent dans la fosse iliaque gauche; il y a de la tension, delà tuméfaction dans ce point; la fièvre hectique se rallume, la diarrhée est abondante (nouvelle application de sangstees qui soulage peU). Le 7 ao>ût,enpalpantl'abdomen, on rencontre une grande m atité dans la région de la vessicj immédiatement au-dessus du pubis. En examinant avec soin, on reconnaît une tumeur qui s'élève, au-dessus du pubis , de trcis à quatre pouces, comme lorsque la vessie est distendueparl'urine. On sonde, et pendant quelque temps, il est impossible d'arriver dans la vessie ; après avoir enfoncé la sonde de deux pouces environ, on sent un obstacle très résistant, mais lisse et qui ne paraît pas dépendre d'une tumeur. On touche par 'le Tagin, et vers son milieu, à sa face «iittrieure,'on trouve un* saillie qui semble formée parle basfond de 'la vessie. Enfin, après bien des tâtonnemens, on arrive dans la vessie , et il "S'en échappe seulement quelques gouttes d'urine. On réexamine la tumeur suspubienne ; on y sent«n« fluctuation évidente , et on reconnaît un abcès dans la piroi inférieure ' de l'abdomen.

■La malade retourne en '<îl»iruTgie, le lo aafitl. 'M. V«lpeauf«ït

ET PËRITGNUDE., AiBCÈS ILIAQUE, ETC. 5'6(^

-imc petite incision au-dessus du pubis; il en sort une quantité énorme de liquide jaunâtre, liiapide, sans od' ur ni saveur. On •plonge le doig4.'dans le foyer, et l'on tombe dans une poche •considérable , à ;parois lisses, occupant toute la partie s.upérieure du bassin., et se contractantfpour ainsi dire à mesure qu'elle se vide.

Le .14 août, l'ouverture de l'aboès n'a procuré aucun soulage-

Atnent; pouls petit, serré, fréquent; vomissemens, diarrhée, douleurs dans 'le ventre. Les urines coulent comme à l'ordinaire. M. Velpeau, en pratiquant le toucher par le vagin, trouve

vl'uférus fortement repoussé un arrière. 'Le 16 août, la matière qui s'écoule par l'incision est purulente et fétide. Douleurs dans la région iliaque droite oii l'on sent de la tuméfaction ,

xde l'erapâlement etoù.ila percussion rend un son mat [inj'eC'' iion de décoction de quinquina ; frictions avec l'omjuent mcr- Guriel , opium). Ces accidens continuent jusque vers le i5 septembre avec -des alternatives de mieux et de pire. A cette

•époque il .survient une stomatite couenneuse , ultime. Q^ielques jours auparavant, la inalade avait toussé et avait .Kes-

•senti un .point ipleurétique du côlé|gauche. Elle mourut, le ai septembre, épuisée par la diarrhée et la. siippuration, et conservant jusqu'à la fin ses facultés intelleeluelles , qui mel^avaient jamais abandonnée. , -.[^

Pendant 'k> vie, on ne soupçonna aucunement la néphrit-e, aigvie d'un côté et chronique de l'autre, que dévoila l'uutopsie. La malade avait bien dit souffrir dans les reins ; mais on n'insista point sur «e symptôme, pour en préciser la valeur-. On attribua celle douleur au séjour dans le lit, et on négligea, à tor-f, d'examiner les urines.

Autopsie, %ii heures après la m&ri. Peu de raideur cadavérique ; dernier degré de marasme ; esebare au sacrum , longue de deux pouces sur un pouce de largeur.

Poitrine. A droite, adhérence du, poumon dans presque tonte son étendue. A gauche, épanchement très considérable dans la

jplèvTC, .avec fausses membranes de nouvelle formation., à

-peir/e crj^anisées. Les deux, poumons -sont pâles, mais crépi- Ions et nans tiac9s de lésion. Le cœur est, petit, du reste sai>n.

Abdomen. L'estomac est volumineux et distendu par des liquides et par des gaz. Le paquet intestinal offre, à l'extérieur, surtout en bas, une injection assez prononcée, et les anses intestinales, adhèrent entre elles au moyen de lymphe plastique. Le gros intestin et la moitié inférieure de l'intestin grêle n'offrent pas d'ulcérations ; on y remarque seulement de la rougeur. Le foie est de couleur et de consistance normales ; à droite il descend, par un prolongement fort mince, jusqu'à un pouce et demi em^iron de l'épine antérieure et supérieure de l'os des îles j à gauche il envoie un autre prolongement qui s'applique sur la rate. Les deux reins offrent des traces manifestes de néphrite. Le rein gauche est un peu augmenté de volume. Sa face externe présente un très grandnombre de points purulens, blancs à leur sommet, circonscrits à leur base par une ligne rouge, arrondis, gros, les uns comme un grain de millet, les avitres comme un grain de chenevis , isolés ou en groupes , plusieurs faisant saillie au-dessus du niveau de la substance corticale. A l'intérieur, la substance corticale offre les mêmes traces de néphrite ; elles sont moins apparentes dans la substance tubuleuse. Le rein est généralement gorgÊ de sang. La membrane muqueuse du bassinet est saine. Le lein droit, atrophié, pèse environ deux onces et n'a pas la moitié de son volume ordinaire. A l'extérieur il est inégal et bosselé. La substance est généralement d'un rose jaunâtre et pi'ésente ces espèces de boutons purulens que nous avons décrits dans l'autre. A l'intérieur la substance tubuleuse est tout-àfait confondue avec la corticale : elles forment une masse, comme homogène, et quelques lignes blanchâtres indiquent, seules, leur naturelle séparation.

A la région iliaque gauche, siège du premier abcès, le péritoine est intimement adhérent dans une étendue considérable, aux fascia iliaca et transvcrsalis. Cet abcès n'avait laissé d'autres traces que ces adhérences.

La face antérieure de la matrice, et le bord supérieur du ligament large du côté gauche, y compris les trompes, l'ovaire et le ligament rond, sont intimement adhérens au péritoine de la vessie et delà paroi an téi'ieure du petilbassiu, de manière que tout

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