ET PERITONITE, ABCÈS ILIAQUE, ETC
semble confondu etque l'utérus est maintenu dans un état d'antéflexion complète ; antéflexion qui est telle que la face postél'ieure de l'utérus regarde directement en haut, sa face antérieure en bas, et son bord supérieur en avant. Mal gré celte antéflexion, le col de l'utérus a conservé sa direction normale; ce qu'on constate en le touchant par le vagin. Le rectum, enveloppé dans de semblables adhérences, se trouve solidement fixé sur la symphyse sacro-iliaque du côté gauche. A droite de la ligne médiane et à partir de l'incision du dernier abcès qui est restée ouverte , on trouve , entre le péritoine elles parois aponévrotiques de l'abdomen , un vaste foyer qui d'un côté s'étend vers la crête iliaque droite , et d'un autre se prolonge entre la portion antérieure et droite de la vessie, jusque près du fond du petit bassin. Des adhérences établies entre les pai'ois de celte caverne, à sa partie inférieure, de ma- . nière à la rétrécir de bas en haut, semblaient indiquer qu'elle avait été encore plus étendue et que la cicatrisation avait déjà fait des progrès du fond de l'excavation vers son sommet.
Le grand épiploon, une anse de l'inteslin grêle et une des bosselures du ccecum , sont adhérens à la paroi postérieure de cet abcès; de sorte que, bien que cette partie ait été tilcérée en deux ou trois points, il ne s'est point fait d'épancheraent dans la cavité du péritoine.
§445. Dans cette observation, indépendamment de la péritonite, il y avait un large abcès extra - péritonéal. Dans d'autres circonstances , lorsque des collections de pus considérables se forment en dehors du péritoine , dans le voisinage des reins, elles peuvent aussi déterminer l'inflamraation de ces organes.
Lorsque ces abcès sont symptoma tiques d'une carie de la colonne vertébrale, la pyélo-néphrite qui survient souvent dans les derniers temps de ces affections, ne se développe point par contiguité; elle est presque toujours consécutive à une cystite, déterminée elle-même par une rétention d'urine dont la source est dans une maladie de la moelle épinière, qui a entraîné une paralysie de la vessie et des membres inférieurs.
Un jeune homime mourut à>rhôpilal de la Charité d'une carie de la colonne vertébrale et d'un abcès par x:on(fcsiion dans la ibsse iliaque jiaiprès un an d« maladie. Ses deux reins éladent d'un volume remarquaWe. Le droit, d'un rouge brun, sur toute ] sa surface , offrait, d'espace en espace, des taches d'un rouge encore plus foncé. Au centre de la plupart de ces lâches, i /étaient des points purulens, d'un blanc jaunâtre, isolés ou confluens , faisant une très légère saillie à la surface du rein. Un irès petit nombre de taches d'un rouge pourpre , offraient ,Tin mélange de points rouges et de points blancs. Il y avait en autre une multitude de petites vésicules du volume d'un grain de millet. Les taches rouges de la superficie du rein «'étendaient dans l'intérieur de la substance corticale, jusqu'à la substance tubuleuse et quelquefois au milieu même de cetle substance. Au-dessous des points blaucs on voyait une traînée purulente, boi'née adroite et à gauchepar une ligne d'un rouge foncé.
La capsule surrénale de ce rein,, îtrès augmentée de volume, présentait uue altération remarquable,, due à une ancienne hémorrhagie (i). Intérieurement elle contenait uue matière jaune, solide, tout-à-fait semblable à la fibrine altérée que l'on trouve dans les anciens sacs anév-rjismaux. L'espèce de cog«fi que formait la capsule suiTénale , dilatée, autour de la /fibrine dégénérée, était ferme, et, pressée entre les doigts, elle réagissait comme la gomme -élastique. Les parois de celte poche n'étaient pas parfaitement homogènes ; on j observait des points et des stries d'un blanc-mat et, dans quelques endroits , elle avait un aspect d'un bleu noirâtre. Elle était eKtérieurement couverte par du tissu cellulaire condensé, rougeâtre. La capsule surrénale gauche ne fut pas trouvée.
Le rein gauche ressemblait à l'autre, à i'égard des points routes ou puralens qui étaient très nombreux; l'extaénuté supérieure, plus volumineuse que l'inférieure, était d'une .couleur rouge générale,-; l'inférieure, d'une couleur pâle tirant
(n) îlaiirapporté aiH'curs plusieTirs cxpmp/fes'dc cette'hémorriiftgic (Rwyéf. Recherches anatomiao^athelogiques suNesVapsules sutrénaies't L'EïpériWt*. toi. I. p. 17).
ET ABCÈS ÏLTAQUE, TJLIi CONGESTION. 6y<I
sur le vert , offrait un certain nombre d'étoiles vasculaires.
Les bassinets contenaient une très petite quantité de liquide roussâtre, mais point de sable. Leur membrane muqueuse était très injectée , surtoiit près des mamelons. Regardée sous l'eau , cette membrane paraissait comme floconneuse. Les membranes fibreuse et celluleuse des bassinetis étaient considérablement épaissies et resserrées; de sorte que, les reins étant divisés dans toute leur longueur, la résistance qu'offraient les membranes du bassinet ne permettait pas d'abaisser horizontalement les deux moitiés du rein. Les uretères étaient très légèrement dilatés.
Les membranes externes des reins , rougeâtres, présentaient une injection plus marquée aux endroits correspondans aux plaques rouges de la superficie des reins. Ces membranes étaient inséparables du tissu cellulaire ambiant, qui était abreuvé de lymphe coagulable. La graisse déposée dans 'le tissu cellulaire était d'unjaune pâle. Le péritoine adhérait aussi aux reins ; le colon descendant était très intimement uni â la face antérieure du rein gauche.
La vessie , contractée , offrait intérieurement des raamêlows gros comme le bout du petit doigt, d'un rouge presque noir; de ces petites tumeurs partaient des stries bleuâtres, très déliées, qui se dirigeaient vers la surface externe de la membrane muqueuse. Le tissu cellulaire sous*imuqueux était étrangerià l'àltération. Autour des mamelons, il y avait une injection fine ; en outre la membrane muqueuse était rouge par places,
-Le canal de l'urèthre était. sain.
'5 446' M. Robinson (i) a rapporté uu cas d'aibcès lombàirfc avec issue de matières fécales et urineuses , survenu chez un enfant de huit ans et demi, â la suite d'une contusion. L'en*fant n'ayant pas succombé, l'état du rein n'a pu èlre délermitïé. Bonet (a) cite un cas d'abcès extra-rénal , accompagné d'un des symptômes les plus ordinaires de la néphrite aiguë, de la suppression d'urine (Voyez: Pèrinèphrite).
(i) lond. med. Gar., t. xvr,!». 797.
,(^) BoDcli Sejiulcrelum, (lib.m, «coua^, obs..XT«l, § u.
§ 447. Rapports de la nèphrile avec les maladies des plèvres
et des poumons.
Il n'existe pas^ entre les maladies des organes de la respiration et les inflammations rénales, des rappor Is aussi évidens que ceux qu'on observe entre ces dernières affections et les maladies des organes de la génération , de la moelle épinière et même de l'appai eil digestif : toutefois , il n'est pas étonnant que Ton ait quelqiiefois observé la coïncidence d'une inflammation rénale avec une inflammation pulmonaire à la suite de l'impression brusque du froid et de l'iiumidité ; puisque cette influence est la cause la plus ordinaire de l'inflammation aiguë des plèvi'es et des poumons , et qu'elle est une des causes de la néphrite.
On a vu pltisieurs fois aussi la pyélite ou la pyélo-néplirile survenir à la suite de pleurésies chroniques ou de pneumonies qui avaient été précédées d'abcès dans différentes parties du corps. Toutefois, ces cas sont rares j dans les recherches les plus récentes sur les inflammations de la plèvre et des poumojis, on ne parle pas delà néphrite, soit comme accident, soil comme complication ou comme lésion ultime. Dans les dissertations et dans les traités publiés antérieurement sur ces maladies , le plus souvent il n'est pas même fait mention de l'état des reins après la mort. Je n'ai moi-même observé qu'un très petit nombre de fois la réunion de la néphrite simple avec les inflammations de la plèvfe et des poumons.
Je rapporterai plus loin ( Néphrites par poisons morbides) plusieurs exemples d'inflammations rénales consécutives à des résorptions purulentes , et dans lesquelles on a trouvé un certain nombre de points des poumons enflammés ou en suppuration. Ces cas sont bien distincts de cas des pneumonie et de néphrite développées simultanément sous l'influence d'une même cause, sous l'impression du froid et deVhumidité, parexeraple, et doivent en être nettement séparés. Toutefois cette distinction est quelquefois diflUcile. Ainsi, dans \ine observation de M. Duncan (Obs. Lxxix), on voit une néphrite, avec^érosion de mamelons, coïncider avec un épancheraent pleurélique, et de nombreux
ET MALADIES PtILMONATRES.
abcès dans les poumons et surtout dans le poumon gauche; or, il n'est pas permis de supposer que M, Duncan ait pris des tubercules ramollis pour du pus. D'un autre côté, on sait combien il est rare de trouver chez l'homme de petits foyers purulens dans les poumons, hors les cas de morve ou de résorptions purulentes ; et il est au moins aussi rare d'observer ces résorptions à la suite d'épanchemens pleurétiqucs. Un cas rapporté par Tyson (Obs. lxxx) , a une grande analogie avec celui de M. le professeur Duncan , et l'auteur croit que le pus , trouvé dans les deux reins, y est parvenu par absorption. Pour moi , je n'ose me prononcer sur la nature de ces néphrites et de ces pneumonies. J'ai éprouvé une même incertitude au sujet du cas rapporté par M. Tonnellé. Une néphrite est survenue à la suite d'abcès des membres ; la pleuro-pneumonie qui l'accompagnait, différait des pneumonies par résoi'btion purulente, par ses caractères anatomiques; mais la préexistence d'abcès dans les membres , jette de l'incertitude sur le mode de production de l'inflammation des poumons et des reins.
§ 448. J'ai déjà dit qu'un des effets de la néphrite simple,' et surtout delà néphrite simple chronique, est de diminuer l'acidité de l'urine , et quelquefois de la rendre alcaline. D'un autre côté, les inflammations aiguës des autres organes et surtout celles des organes de la respiration augmentent toujours l'acidité de l'urine. Or, dans ces cas complexes, il résulte de cette double influence un état de l'urine qu'il est impossible d'interpréter. Entre autres exemples de l'influence d'une inflammation aiguë intercurrente, sur le développement de l'acidité de l'urine , je pourrais citer le cas d'un malade qui se trouve maintenant dans mes salles à l'hôpital de la Charité, et dont l'urine était fortement alcaline depuis plusieurs mois, probablement par suite d'une néphrite chronique ; ce malade ayant été pris d'une pleurésie aiguë, l'urine a changé promptement de caractère et est devenue fortement acide ; mais au fur et à mesure que les accidens pleurétiques ont disparu, l'urine a diminué d'acidité et elle est redevenue alcaline au moment où les accidens pleurétiques ont cessé.
NÉPHRITE SIMPIIE^
Ob«. tXXXI. — NépUrife aiguë latente, chez un individa qui, après une dotUinentérite, succomba à une pleurésie bémorrhagique, avec colite.
Un jeune ouvrier , que j'avais traité à l'hôpital de la Charité^ en i835, d'une dotbinenlérite grave, fut atteint, pendant la convalescence de cette maladie, d'une pleurésie aiguë à laquelle il. succomba assez rapidement, malgré l'emploi de plusieurs s^dgnées et des vésicatoires volan». ToutCi mon attention ayant étérabsorbée par l'état de la plèvre , et ayant , par hasard, nés» gUgé d'examiner les urines , je ne soupçonnai pas l'existence d'une néphrite aiguë, que nous ne reconnûmes qu'après la ino£t.
Autopsie du cadavre, 36 heures après la mort. La tête ne fut pas ouverte.
ffûilrine. Dans la plèvre gauche existait un épanchement de trois litres au moins, d'un liquide rougeâtre avec des caillots fibrineux encore rouges. Fausses membranes flottantes, d'au» très adhérentes, à la plèvre pariétale , d'autres déposées sur le poumon et qui s'enlèvent facilement en quelques points; enfin, fausses membranes unissant la plèvre costale et le poumon. Celui-ci, aplati, à peine épais comme la main , refoulé contre la colonne vertébrale, est d'un bleu noir comme la rate. Poumon droit tout-à-fait sain. Quelques ganglions bronchiques 000» tiennent des tubercules. Très léger épanchemenl séreux dans la. plèvre droite. Le cœur est un peu porté vers le coté droit. Rien de morbide à noter au cœur et au péricarde.
AJ)domen. Presque toute la membrane muqueuse gastrointestinale est; d'un noir ardoisé , sans ramollissement; noir ardoisé dans le jéjunum , plaques déprimées et noirâtres" dans,. l'iléon jusqu'au cœcum. La moitié inférieure du colon es,t, criblée de petites ulcérations, très superficielles; quetqU£s-unes sont linéaii-es et comme serpigineuses. Dans les in^ tecvalles , la membrane muqueuse est comme boursouEée etl« tissu. cellulaire sous-muqueux est plus épais.
L'urèthre, est.libre et sain; la. vessie est saine.
Les. deux reins, surtout le rein gauche, offrent une colora-' tion noirâtre,,, des. dépressions et quelques points purulens i