‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 64 sur 81 · CLIII, XLIV · texte numérisé non relu

CLIII, XLIV

Obs. LXXXV. — Impression du froid sur le coi'ps en sueur; douleur pleurétique; expectoration de mucosités sanguinolentes; émissions sanguines répétées; le quatrième jour, douleur aiguë dans la région lombaire, avec suppression d'urine; hématurie abondante {^hntoar. Hist, philos, et medie, des hémorrhagies, t. ir, p. 2G5).

Le 21 janvier i8ii, Guillaume Berault, garçon boulanger, de 26 ans, d'un tempérament sanguin et athlétique, sortant

e son travail et tout en sueur, s'exposa brusquement à un air • xtrêniement froid. Aussitôt, frissons, lassitudes spontanées ,

haleur ardente, point pleurélique , pouls fort, dur et développé, toux sèche avec expectoration d'un peu de mucosité

tnguinolente.

Le deuxième jour à dater de l'invasion de la maladie, une '.lignée du bras, réitérée le soir, sembla calmer les nccidens. IaQ troisième jour au malin, apyrexie; mais, à raison d'une t;omplication gastrique bien prononcée , il fut adminislré au malade un grain de tartrate de potasse antimonié , qui pro- \oqua de nombreuses évacuations biliformes, par haut et par

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bas. Il passa la journée assez tranquillement ; la fièvre était légère, et la douleur de côté supportable : le pelil-lait et une tisane gommeuse étaient la boisson du malade. Le soir, exacerbation avec augmentation de tous les accidens. La douleur latérale devint insupportable, au point que le malade ne pouvait presque pas inspirer ; une troisième saignée , fomentations émollientes sur le côté , lavemens. Ces moyens apportèrent tin peu de soulagement ; néanmoins la nuit fut fort agitée.

Le troisième jour au matin , la douleur de côté étant devenue plus violente, on y appliqua six sangsues, et après leur effet, un emplâtre vésicaîoire de la largeur de la main. L'expectoration était presque nulle , les urines claires et abondantes, les selles rares et bilieuses. Vers le soir, redoublement violent, cependant avec diminution de la douleur latérale j nuit agitée , léger délire.

Le quatrième jour au matin, apparition d'une douhur aiguë et pulsative dans la région lombaire, suppression des urines. L'emplâtre vésicatoire fut levé ; il n'avait produit qu'une légère rubéficalion ; boissons émulsionnées , bols nitrés et camphrés. Yers le soir, la douleur lombaire devint atroce; un demibain sembla la calmer; elle reprit bientôt plus d'intensité. Enfin le malade, dans un état voisin du délire, sentit le besoin d'uriner, et rendit par l'urèthre , en une seule fois , près d'une cbopine de sang vermeil et sans aucun mélange; dès ce moment tous les accidens se calmèrent, et la maladie fut jugée. Le 5, les urines reparurent; elles furent teintes de sang pendant quelques jours. Enfin la convalescence fut courte, et le malade recouvra bientôt son ancienne vigueur.

Obs. LXXXVI. — Corps saisi par le froid ; douleur poignante au côté gauche; crachats sanguinolens ; saignées ; guérison vers le quinzième jour, précédée d'urines sanguinolentes (Richard H.iutesierck. Recueil tTobs. de méd., etc. — Florence (J. J. D.). Dissert, sur l'hématurie , p. i3. in-4'. Paris. i8ai).

Le nommé Bourguignon, soldat au régiment d'Artois, âgé de vingt-huit à trente ans, d'un tempérament sanguin, et sujet dès son bas âge, à des hémorrhagies du nez considérables, étant en faction la nuit du i" au a mars 1765, fut tout-à-coup saisi

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d'un grand froid , qu'il endura patiemment près de deux heures; il fat ensuite se jeter sur le lit de camp , oii il s'endormit. A son réveil, il se plaignit d'une douleur poignante au côté gauche ; il était de plus fatigue d'une toux vive et importune; il éprouvait un violent mal de tête et une chaleur brûlante par tout le corps. Malgré la réunion de ces accidens , il ne voulut point quitter sa garde , et il ne vint à l'hôpital que le surlendemain. Son pouls était petit, concentré et très dur; iî avait les yeux ardens, le visage enflammé, la respiration très fatigante et contrainte; ses crachats étaient sangu.inolens , le mal de tête était extrême, et la soif inexiinguiljie. Je le fis sur-le-champ saigner du bras, et la saignée fut répétée quatre fois en douze heures de temps , pour vider plus promptement les grands vaisseaux et faciliter le retour du sang arrêté dans les capillaires.

Quoique le pouls fût un peu plus dilaté le lendemain matin, et la respiration moins gênée^ je le fis néanmoins encore resaigner deux fois dans la journée , et je me contentai de le faire beaucoup boire d'une tisane émollienle simple. On lui administra aussi quelques lavemens. La nuit suivante fut beaucoup plus tranquille, c'est pourquoi je m'abslius le lendemain de tout remède, à l'exception d'hydromel, dont je lui conseillai de boire abondamment. Celte journée fut aussi paisible que )a nuit; mais, veis les six heures du soir, le malade éprouva im malaise et des anxiétés extraordinaires; la douleur du côté le pressait plus vivement que jamais , le mal de tête était considérablement augmenté ; enfin la toux était aigre, continuelle et insupportable; et le malade, ne pouvant garder aucune situation dans son lit, était excédé de douleur et de fatigue.

Je le vis dans cet état de violence , et je ne crus rien de plus propre à le calmer qu'une abondante saignée du pied. Elle lui procura, en effet, un relâchement presque général ; il s'endormit paisiblement une demi-heure après qu'elle fut faite, et il ne se réveilla que pour uriner. A peine l'urine coulait-elle que la tête devint plus libre, la respiration plus douce et plus aisée, le pouls plus souple, plus développé ; une légère moiteur se fit ausai apercevoir à la peau, et la douleur de côté qui s'élen-

dait jusqu'aux vertèbres disparut totalement. On examina l'urine que le malade avait rendue et qui lui avait procuré un soulagement prompt et si sensible; elle était sanguinolente, et le sang paraissait y être en très grande quantité. Je facilitai cette évacuation , qui avait été annoncée par des symptômes très fâcheux, et qui avait tous les caractères d'une crise très avantageuse, en donnant une simple boisson d'eau de guimauve , et elle se soutint l'espace de trois jours consécutifs. Pendant ce temps , l'urine coula très abondamment et fut toujours très chargée de sang. Elle le devint successivement moins et elle reprit à la fin sa couleur naturelle. Au bout de quinze jours, ce malade fut totalement guéri et rentra dans sa compagnie.

Obs, LXXXVII.— Impression du froid sur le corps échauffé; toux, crachement de saug ; huit saignées; plus tard, hématurie avec symplômes graves ; gucrison (Latour. Hist. phil. et méd. des hanorrhagies, t. ii, p. 84).

M. de Limay, âgé de vingt-deux ans, d'une constitulion assez délicate et d'un tempérament sanguin, dansa avec excès durant toute une nuit d'un hiver très rude. Dans les intervalles de cet exercico, il ne se tint pas sans doute assez chaudement. La succion d'une sueur abondante refroidie devint le principe d'une intlammatioji de poitrine, suivie d'accidens les plus dangereux. Il fut saigné huit fois, sans aucun avantage sensible. Le septième jour de la maladie^, la 1 fièvre, l'oppression, la toux: décliiranle, le crachement de sang, la douleur de côté, étaient encore avi plus haut degré de violence; et, sans une métastasej sur les voies nrinaires, de la congestion inflîvmmatoirc fixée sur la poitrine, cl qui délivra toute la capacité thoracique des acrcidens qui s'y multipliaient, les poumons auraient reçu de fu~ nesles impressions d'une phlogose que tout anuonçait devoir être prochainement dangereuse, et contre laquelle les saignées réitérées et abondantes, les boissons autiphlogisliques, les lavemens émoUiens, les potions adoucissantes et hypnotiques, auraient été vainement employés. Ce ne fut pas sans peine qu'on triompha du mauvais état des reins et de la vessie , devenus le terme du mouvement flusionnaire noviveau, qui dé-

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. lonina et entraîna la congestion primitive de Ja poiLrine^En la ' dirigeant sur- les voies urinaires, la nature termina par un« hématurie salutaire, une maladie qui préseu lait les accidens les plus graves; mais celle crise elle-même ne se fil pns sans difficulté; elle fut accompagnée de symplômes redoulaliles qui ^ cédèrent à un traitement adoucissant , aux bains , etc.

Obs. LXXXVIII. — Epaucbementpleiirétiquc dans le côté droit de la poitrine; dé'pùts purulens dans les deux poumons , surtout dans le gauche; cystite et py«lo-népbrite , ulcérations des mamelons (Duucan junior. Contributions to morbicl analomy. VAïah. med .and surgical journal, vol. xxvxri, p, 3o4).

Mark Young, âgé de 33 ans, domestique, avait été trailé parlé docteur Home j comme atteint d'un hydrolliorax. Quelque temps avant qu'il fut confié à mes soins, il se plaignait principalement d'envies d'uriner douloureuses, et il présentait peu de symptômes quiindiquassentaine afFection"tlioracique. Le i" février i8i 5, doitleurs violentes à l'urèthre, surtotit à l'orifice externe, qui offraitune légère inflammation ; la douleur étailvive principalement avant et après avoir uriné, et le besoin s'en faisâît sentir souvent; il se plaignait aussi de gêne de la respiration en montant, et il était sujetà des palpitàlions surtoutpeu de temps après s'être couché. II éprouve une légère douleur lorsqu'on presse l'épigastre; et l'hypogaslre est aussi doxiloureux surtout lorsque la vessie est distendue ; pouls à go, chaleur naturelle, languenelte, unpeude soif,appéttt assez bon; la liberté du ventre a été obtenue à l'aide de l'huile de j'icin ; le sommeil est troublé par des envies d'uriner. Les accidens ont commencé ily a environ quatre mois , el le malade les attribue à ce qu'il a retenu Irop long-temps ses urines. La diflicuUé de la respiration date de cinq ans, et elle a commencé après une afTection inflara matoire. Depuis qu'il est à l'hôpital , il a pris habituellement des bains chauds, vin élecluaire de sotifre cl des pilules de scille. Il pense que ces dernières lui ont été utiles. B Ce malade se plaignait si peu de son afTection pectorale, et ■ il éprouvait tant de malaise de celle des organes urinaires, que toute mon attention fut dirigée vers eux ; mais sans' le soulager. Le i3 avril, il a beaucoup moins de douleur en urinant

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qu'auparavant et rend plus d'urine à-la-fois ; mais, s'il se remue, ou s'il a une selle, ou s'il rend des vents, la douleur augmente. Depuis quelque temps il a un peu de toux, et l'expectoration est «ssez difficile. L'acidité de l'eslomac est considérablement diminuée, mais elle revient parfois et est accompagnée de vents ; l'appétit est entièrement nul ; le malade est très amaigri, îl dort assez bien, mais il est constipéj il a fallu quinze pilules pour produire des selles; pouls très petit, mais vif, à 146. Le malade exprime le désir de quitter l'hôpital. On trouve qu'il est incapable de supporter la fatigue du transport ; les aigreurs, les envies de vomir et les vents deviennent beaucoup plus fatigans; la maladie des voies urinaires s'aggrave. Il passa une nuit agitée, ne trouvant de repos dans aucune position ; il éprouvait à chaque instant le besoin d'uriner, mais rendait à peine une ou deux gouttes d'urine chaque fois. Il mourut le lendemain ; l'examen du corps fut f'xit par le docteur John Gordon.

Poitrine. La plèvre costale du côté droit , plus épaisse qu'à l'élat sain, offrait une vascularité extraordinaire à sa surface interne; la cavité droite de la poitrine contenait i3o onces de liquide qui, à la première vue, ressemblait au sémm du sang, paraissant seulement un peu plus opaque ; mais, après avoir été agité, ce liquideprenait l'aspect de la crème par son mélange avec un fluide plus épais et plus pesant, qui s'était déposé au fond de la poitrine. Des masses de matière coagulée en flocons, de difîérentes dimensions, adhéraient aux parois de la poitrine; les plus larges, en contact avec le diaphragme, avaient environ la longueur de la main et la moitié de sa largeur.

Le poumon droit, refoulé par le liquide, paraissait sain extérieurement ainsi que la plèvre qui le recouvrait. Le poumon un. peu plus gros quele poing n'avaiteuviron que lehuitièrae de ses dimensions ordinaires. Il était à-peu-près sain ; il y avait cependant, à la partie supérieure du lobe supérieur, un abcès, environ du volume d'une grosse prune et qui contenait de la matière purulente ; ce poumon adhérait aussi très fortement au médiastin et à la partie supérieure de la poitrine du côté gauche ; le

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