PLEURÉSIE ET A.BCÈS PULMONAIRES
poumon gauche, derrière les cartilages des côtes, était couvert d'une matière gélatiniforme, et adhérait fortement aux cotes j au médiastin et au diaphragme; en y faisant une section on trouva de petits abcès dans toutes ses parties , et les divisions des bronches contenaient une quantité considérable de pus; il n'y avait pas d'épancheinenl dans la cavité gauche de la poitrine. Ce poumon avait son volume naturel.
Le péricarde et le cœur étaient sains , excepté que la cavité du premier contenait environ trois onces d'un liquide jaune et clair.
Àhdomen. Le foie adhérait au diaphragme, et sa surface extérieure était beaucoup plus pâle qu'à l'ordinaire ; sa structure paraissait saine , mais intérieurement il était pâle comme à l'extérieur j la vésicule biliaire contenait une petite quantité de bile d'un jaune pâle ; la rate était saine- L'estomac n'olTrait pas de traces de maladie, non plus que l'intestin, dôut quelques parties seulement paraissaient plus vasculaires qu'à l'ordinaire et étaient un peu livides ; le colon et le rectum contractés n'é. taient pas aussi larges que l'intestin grèlc.
Plusieurs des glandes du mésentère étaient augmentées de volume,- quelques-unes avaient la dimension d'une petite fève.
Le rein gauche et son uretère étaient parfaitement sains. La substance corticale et une grande partie de la substance tubuleuse du rein droit l'étaient aussi ; mais les mamelons étaient ulcérés; la membrane qui les recouvre et les calices étaient presque détruits ; le bassinet était dilaté et rempli d'une matière grenue j ressemblant à des molcctiles de pus épaissi, mêlées à du pus liquide ; l'uretère était dilaté à son origine , où il avait environ le diamètre du petit doigt, et dans toute son étendue il avait trois fois son volume ordinaire.
La surface in terne de la vessie était généralement enflammée et très vasculaire. Dans quelques points les vaisseaux partant d'un tronc commun se divisaient en arborisations ; dans plusieurs autres la membrane muqueuse était ulcérée, et, dans quelquesuns enfin, elle était détruite en entier. Les ulcérations étaient irrégulières, se touchaient les unes les autres et ressemblaient à une substance mangée par les vers. Ces altérations étaient
plus marquées au bas-fond et à Ja partie antérieure de la vessie, qu'à son col et sa partie postérieure. L'orifice de l'uretère gauche était enflammé sans autre lésion, mais celui de l'uretère droit était ulcéré et épaissi.
La glande prostate n'était pas malade, non plus que l'ùrètlire.
Obs. LXXXIX. — Toux et rcspiratian difficiles , avec fîèvr* et sytnptûmes nerveux, chez un enfnnt de (\eux ans et demi; mort; épancbement plcurétique double, punileut à droite, séreux à gauche; poumon dcoit refoulé vers la baue du cœur, et contenant des abcès; du pus dans les den\ reins (E. Tyson, Act, medic^ Hafniens, ann. 1679, obs. 26).
Mihi copia facta est aperiendi cadayer infantis rluos annos et sexmenses natœ, a febre cum difficili respiratione , fussi , et aliis generis nervosi afFeclibus extincta;. Quœ notatu maxime digna in ejus analome occurrebant, sic accipe.
Aperto thorace insignem ibidem in dextro latere pulmonis vomicam observabimus; quippe pulmones ibi loci et pleuras et diaphragmati quara arctièsime cohœrentes, et demum suppurât! cystidem inlus amplissimam effOnnarunt -, materia purulenta coloris dilute viridescentis replétam. Fere libras duas hujus puris invenimus , in codera vero hue illuc natilantem materiam aliam coloris ' albidioris iristar' steatomatis. Vomicœ potius quam empyematis litulo eo inductus sum ut hune affecliim insignirem , cum probe notaviraus membranam quandani crassiorem semiputridam , diaphragmati et pleurœ superinductam , porliunculœ vero isii qua3 restabat pulmonis conlinuatatn ; maxi.iip enim ejus pars cura in pus abiit, supra basin tanien cordis parlicula ejus adhuc mansit. A vul- ' nere vero inflicto intus hic illic abscessus patvulos'alios offendimusi In'sinistro Intere ihoracis; pulmones magis integri, co^ piosis Tero fibrarum manipulis in variis locis et diaphragmati et pleurai affixi fuere. In ipsam thoracis cavitalem serosus quidam liquor, non tanien multum copiose elUuxerat : nulla vero hic apostemala invenimus, et, quod magis sum miratus, neque glandulosas istas carunculas in maie affectis pulmonibus quam saipissime occurrentes, et quibus suppuratis non raro succedit
ET PLEURO-PNEUMONIE. Doy
phlhisis : nisi dicamusquod in hoc cadavcre lubercula ista jam penitus in pus facescenlia nulla sui vesligia reliquerunt.
In abdoniine viscera omnia aliquantuni nlbidiora, ventricuius vero et intestina plane candida : hepar paîlidum et exsangue, et nisi in porlae sinibus nihil sanguinis adparuit. In pelvi utriusque renis (quod su m plurimum miralus) pus quoque album ibidem stagnans, necnon in vesica urinaria copiam ejus salis largam oflendimus, in neutris vero aposlematis seu abscessus vel minimum tractum observare licuit, unde necesse habuit , nti credere par est, circuitu sanguinis hue e vomica pulmonis deferri, et demum una cuni urina secerni.
§4^1- Il faut rapprocher, de celte observation de Tyson et de celle de M. A. Duncan , deux autres cas observés chez des nouveau-nés et que j'ai rapportés plus haut (Obs. xxxvi-xxxvii).
Obs. XC. — Inflammation du périoste de la jambe, abcès considé-> rabie; pleure - pneumonie ; suppuration et désorganisatiou du rein droit (Obs. de M. Tounellé, Journal hebdomadaire de médecine, tom. H> p. 272).
Gauvard, Charles, âgé de 14 ans, bien développé et d'une bonne sanlr, éprouvait depuis quelques jours une douleur vive dans plusieurs articulations, un malaise général et de la fièvre. Il fut admis à l'hôpital le 17 octobre 1828 ; le genou droit était alors douloureux e\. ^on\[é [cataplasme émollient). Deux jours après, cette articulation était revenue à son étatnaturel; mais la douleur se faisait sentir dans la jambe qui avait augmenté de volume : la peau était rénitente, tendue, d'une teinte pâle, nuancée; dans quelques points, de petites stries ro^iées ; la langue , d'un rouge très iniense, commençait à se sécher, la soif était vive, le malaise et la fièvre considérables (grî^nse saïKjsiics à Cépigasire et le lendemain quinze a la jamhe). L'écoulement du sang, quoique abondant, ne produisit qu'une amélioration passagère. Le lendemain ar, la jambe n'était pas beaucoup plus gonflée , mais elle semblait être le siège d'un engorgement profond. L'état général s'aggravait de plus en plus, le malade éprouvait de l'anxiété, de l'agitation ou par instans du délire; il faisait des efforts pour
vomir, et vomissait môme fréquemment ; la langue était complètement desséchée et encroûtée d'une couclie brune, épaisse; le pouls était petit et très fréquent {quinze sanysues à la jambe). Le 24, nous crûmes sentir, dans divers points de la jambe, une fluctuation très profonde; M. Jadelot la reconnut positivement et me prescrivit de donner jour au pus au moyen de deux incisions, l'une en dehors, l'autre en dedans de la jambe. La première, quoique profonde, resta sans résultat ; la seconde, au contraire , donna lieu à l'issue d'une grande quantité de pus sanieux. Le malade éprouva d'abord quelque soulagement ; mais ce bien-être ne fut pas de longue durée : la nuit se passa dans un état de délire et d'angoisse continuelle. Le lendemain aS, l'enfant était couché sur le dos, la tête renversée, la face pâle, décomposée, couverte de grosses gouttes de sueur, les ypux demi éteints, égarés, et poussait des gémissemens sourds, la respiration était courte, précipitée , le pouls fréquent, mais petit et dépressible. Il mourut dans la journée.
Autopsie vingt-quatre heures environ après la mort. Etai extérieur, la peau de la jambe était pâle et luisante, te tissu cellulaire sous-cutané oflrait çà et là quelques gouttes de pus, les muscles étaient fermes et d'un rouge vif; le périoste était entièrement décollé dans toute la circonférence du tibia, et depuis son extrémité supérieure jusqu'à l'inférieure; il était un peu épaissi, avait une teinte brune, et était recouvert seulement, à sa face interne, d'une couche de pus qui lui adhérait intimement; l'os avait une couleur foncée, il était baigné dans toute son étendue par une grande quantité de pus sanieux, de consistance crémeuse et sans odeur. Des deux incisions pratiquées pendant la vie, l'interne intéressait le périoste et pénétrait] usque dans le fojerpurulent.L'externenedépassait pointles muscles: les vaisseaux de la jambe et de la cuisse n'oÛ'raient lùen de particulier.
Poitrine. Les cavités thoraciques contenaient chacune environ une demi-livre de liquide séro-purulent, mêlé de quelques fausses membranes; les plèvres eu étaient recouvertes dans plusieurs points de leur étendue : la base du poumon droit était complètement hépatisée.
ET ALTÉB.VTION DES POUMONS. 689 Abdomen, La membrane muqueuse gastro- intestinale conservait partout la blancheur et la consistance qui lui sont propres. Le rein droit était environné d'une espèce de kyste cellulaire très dense , qui contenait une grande quantité de pus ; cet organe lui-même avait acquis un volume considérable, et était rempli d'une multitude de petits foyers purulens,dont quelques-uns s'étaient réunis au centre, et dont les autres, au contraire, s'étaient fait jour dans la poche celluleuse extérieure. Les parties voisines étaient dans l'état naturel. Tout le reste était sain.
On peut rapprocher de cette observation une autre que j'ai rapportée plus haut (Obs. lxxiv).
§ 452- On a trop négligé l'étude des relations des maladies chroniques de l'appareil respiratoire, avec les inflammations rénales. Déjà j'ai rapporté plusieurs exemples de pleurésie chroniques coïncidant avec la néphrite; les observations suivantes tendent à établir que cette dernière maladie peut exercer quelque influence sur le développement d'une autre affection chronique de la poitrine, sur celui de la phthisie pulmonaire, probablement par suite d'vin appauvrissement de la constitution consécutif à l'altération de la sécrétion urinaire, ainsi que cela se voit dans les diabètes et d'autres affections rénales.
Je renvoie à un autre lieu la description des cas extrêmement rares dans lesquels on a vu l'intérieur du rein communiquer avec la cavité de la plèvre ou avec les poumons (Voyez Fistules rénales).
Obs. XCI. — Fièvre lente, avec prostration des forces; mort; désorganisation des poumons; rein droit très gros, contenant un calcul de trois onces et demie, et dans son voisinage un abcès volumineux; maladie de l'ëpiploon, du pancréas , du foie, etc. (Bonet, Sepuîcretum, tom. I, p. 720).
Gels. Princeps melancholicus , gibbosus, scorbuticus , octo diebus antemortem correptus febricula lenta, cum viriura resolutione, ob defectum probi sanguinis et spirituum carentiam.
Omenlum fœtidissimum et putridum seseoblulit : mesenterium nigris varicibus undique circumseptum , cum pancreate , induratis multis magnisque glandiilis, impervio : hepar parvum,
5qo képhrite simple
mgram;sciirliosum, ren dexler major capilepuelli duorura annoruni, iii quo calculas 1 iij as. reperlus; infrahuuc abscessus inagnus , pure plcnus , in raedio ventre dua3 hydalides ab humero usque ad septum transversum. Pulmonuin erat insi- .gnis corruptela.
Obs. XCII. — Néphrite; calculs réuaux; gangrène du poumon. (Gui Patin cité par Bonet. Sepulcrelum , 1. 1, p. 769).
Anno i6/j5,xxii decembris, obiit sacrationis œrarii vicarius, cui nomen Joh. Baptista Lambert, abnepos niedici Parisensis, et nepos Dom. Guillemeau, collegse noslri. Illi a consiliis medicis fui ante octeimium. Tabidus obiit citra vim et dolorera, concessumque illi tempus de re domestica consulendi; numniorum ter decies centena millia possidebat.
Ren dexter oranino illi erat consumptus et pui-ulentus, in cujus folliculo conlinebantur sexdecira lapides, qiiatuor unciaruHi ponderis. Pulino quoque gaugraena erat obsessus.
Obs. XCIII. — Cystite et double néphrite chroniques, simulant une cystalgie (imVa4/d bladderiies Anglai.s); urines alcalines, parfois albumineuses, non purulentes; phthisie pulmonaire; cavernes tuberculeuses; inflammation chronique de l'intestin et spécialement du rectum.
Marcel, âgé de 28 ans , colporteur, fut admis à l'hôpital de la Charité, le 26 juillet i826.
Cet homme, pâle et maigre, à l'apparence tuberculeuse, à la figure souffrante, fut pris, au mois de mai i83i, d'accidens qui ressemblaient à ceux de la cystite , émission fréquente de l'urine j ardeur en urinant 5 le liquide transparent, au début, était, àla fin de l'émission, trouble comme le sérum du lait. Celte maladie n'avait pas de cause évidente. Cet homme n'avait jamais eu qu'une seule chaude-pisse , et aucune autre circonstance , directe ou indirecte , n'avait, à sa connaissance , affecté les voies urinaires ; jamais auparavant il n'avait rendu de sable, ni de graviers, ni de sang, ni de matières d'apparence raoïbide , jamais il n'avait eu de rétention d'urine. Les symptômes énoncés ci-dessus persistant^et deplusélant accompagnés de douleurs dans les reins, Marcel entra à l'hôpital de Montau-
ET PHTHISIE PULMONAIRE. Sqi
ban, y fut traité six semaines par les antiphlogistiques, et sortit presque guéri.
Deux mois après, nouvelle altaquej il entre à l'hôpital de Toulouse {deux saignées,, mng sues au j)èrinée, /&awt); saulagement après un. mois de séjour.
Des marches forcées , nécessitées par sa profession, renouvelèrent bientôt les accidensj séjour à l'hôpital à Montpellier pendant quatre anois; émission fréquente d'urines sanguinolentes, glaireuses , douleur à la vessie et à la verge. ,On le cautérise deux fois ; la première cautérisation fut faite au bout' de dix-sept jours , et il en ressentit une douleur vive pendant une huitaine; six semaines après, seconde cautérisation, qui détermina une inflammation plus vive; après un traitement acliphlogistique , le malade sortit presque guéri.
Un ou deux mois après, nouvelle récidive. Séjour de 7 mois à Marseille avec mêmes accidens, et de plus hémoptysie ; fièvre tous les soirs, soulagement.
Enfin il fit une dernière tournée et il resta deux mois à l'hô- ..pital de Toulon.
Las de tous ces traitemens , qui n'apportaient à son mal qu'un soulagement momentané, il vint à Paris, et entra le ao juin i836 à la Charité, dans le service de M. Velpeau. On constata, dès le lendemain, que les urines étaient alcalines et transparentes. Cet homme passa un mois dans les salles de chirurgie, et fut baigné et ventousé, sans succès. Au bout de ce .temps, M. Velpeau me l'adressa.
Amaigrissement notaljle, aspect de la phthisie. Au sommet des deux poumons , matité à la percussion ; surtout à droite en avant, oii la. respiration est bronchique, et oii la voix résonne •fortement. Sueurs nocturnes, crachats tubeixuleux , laijgae assez nette, appétit, alternatives fréquentes de constipation et de diarrhée. Douleur extrêmement vive , atroce même , au dire du malade , au gland et au périnée , ne se, propageant point à la vessie; douleur qui a un caractère névralgique et qui revient par accès. Le malade sent des élancemensj pour peindre son état, il se sert de diverses comparaisons de fer brûlant au col de la vessie, de feu, de pinces étreignantle,pécinée ; il urine, dit-il.
5q2 NiîPnniTi simple
quarante , cinquante, quatre-vingts fois en vingt-quatre heures, et seulement quelques gouttes à-la-fois ; l'urine est parfaitement transparente, un peu pâle et alcaline au moment de l'émission. Le malade n'accuse pas la moindre douleur au bas- Tcntre , nîême à la plus forte pression. L'hypogastre est toutà-fait indolent, aucun signe matériel de calcul.
Pendant tout le temps que le malade resta à l'hôpital jusqa'à sa mort, arrivée le 2 5 novembre , les accidens en apparence névralgiques persistèrent, avec des alternatives de diminution ou d'exaspération, mais sans jamais revêtir franchement la forme continue inflammatoire. Il n'y eut jamais de douleurs permanentes à la région de la vessie, ni dans les reins. Les urines restèrent presque toujours telles quenous les avons décrites. Quelquefois seulement , à de longs intervalles , elles étaient très faiblement acides et laissaient déposer un léger nuage de mucus. On constata dans les derniers temps qu'elles contenaient parfois de l'albumine.
Plus tard, à plusieurs reprises, le malade éprouva des douleurs vives dans le rectum; la diarrhée et les sueurs des phlhisiques ; on reconnut du gargouillement et de la pectoriloquie à la partie supérieure de la poitrine, du côté droit. Les pilules de Mèglin, les sangsues à V anus, les lavemens laudantsès, les hains de siège, anti-spasmodiqjies, etc., soulagèrent peu ou point le malade. La phthisie marche de plus en plus et emporte le malade qvii mourut, à la suite d'un dépérissement progressif, le 25 novembre i836.
Autopsie du cadavre. Les reins présentent les traces, non équivoques , d'une inflammation chronique : anémie avec endurcissement. Tous deux, un peu difformes , sont plus pesaus que dans l'état sain ; leur tissu est plus dense, plus dur; le droit surtout , parsemé d'étoiles vasculaires , offre une anémie assez marquée, et plusieurs dépressions; la membrane fibreuse est plus adhérente que dans l'état normal ; la membrane interne du bassinet n'est point sensiblement enflammée.
Presque toute la vessie est d'un rouge bleuâtre; ses parois postérieure et inférieure, fortement injectées, offrent une couleur vineuse très prononcée , siir laquelle se dessine une forte
ET PHTHISIB PULMONAIRE. OQD
injection vasculaire. Au bas-fond de la vessie, on aperçoit deux plaques, de la dimension d'un petit écu, placées à côté l'une de l'autre , faisant au-dessus de la membrane muqueuse un relief d'une demi-ligne, dures, jaunâtres, formées de substances salines, très adhérentes à la membrane muqixeuse avec laqvielle elles font corps; dépôt phosphatique uni à la vessie par des pseudo-membranes. J'ai vu une disposition semblable dans plusieurs cas de cystite, et dans deux cas de pyélite. Autour de ces plaques salines Tinjection de la vessie est plus vive que partout ailleurs : point d'ulcération. Le volume delà vessie est ordinaire, ses parois ont une ligue au moins d'épaisseur; la membrane musculaire surtout est très développée. Le canal de l'urèthre et la prostate n'ont point offert de lésions appréciables.
Tête. Le cerveau ne présente rien à noter, si ce n'est un» légère anémie.
Poitrine. Le thorax est très rétréci. Adhérences pleurétiques au sommet des poumons; le droit , au sommet de son lobe supérieur, est criblé de petites cavernes, la plupart communiquant entre elles,; il en est une plus considérable que les autres et du volume d'une petite noix. Les deux autres lobes contiennent çà et là quelques tubercules , les uns ramollis , et les autres, c'est le plus grand nombre, à l'état cru. Le poumon gauche est moins malade ; mais on remaï que aussi, à son sommet, de très petites cavernes.
Le cœur ne présente d'autre lésion qu'un léger épaississement de la valvule tricuspide. Péi'icarde sain; foie gras; i-ate petite ; l'estomac, bilobé, est revenu sur lui-même et pâle ; l'intestin grêle, décoloré dans presque toute son étendue , offre à la partie inférieure quelques ulcérations peu profondes. La membrane muqueuse du gros intestin est rouge et ulcérée sur plusieurs points ; mais l'inflammation chronique a porté principalement sur le rectum, qui est d'un rouge vineux comme la vessie, et criblé d'ulcérations plus ou moins profondes et d'une assez grande étendue; altérations, que les phénomènes obser-; vés pendant la vie avaient suffisamment indiquées.
NÉPHEITE SIMPLE
O^s. XCIV. — Dysurie. depuis vingt an» , urine tronblb et laissant déposer un. sédiment purulent; grand amaigrissement, fièvre liectiqns, toiiXi dyspnée, etc.; mort. Rein gauulie dilaté, rein droit distendu par du pus et des calculs; tubercules crus' et crétacés dans les poumons (R. Morton, Opéra medica, Genevac, in-4, I-753, tom. I, p. 1.54).
Vetula quœdani , uxor cujusdam jurisperiti,, habitanlis in vico dicto Shoe-lanc , cum jam (sicuti mihi ipsa narrabat)per spatium viginti annorum , prse urgenti scilicet et continua dysuria, soranum vix ad unius horee dimidiura in unara vicem protraliere potuerat; quo, una cum aliis diris comitantibua symptomatis, plurimum atque diu (idque non obstante vel op^ iimorum medicorura fréquenter habito consilio) atlrita, indeque tandem in slatum plane tabidura , atque hecticum redacta,, lectoqueprœ debilitate scilicetelviriumlanguoreperpetuoafl5.xa, me non multum aute funestum dieni accersebat ; cum jam ob prostratuma victuœque aca medicamentis longo jam tempère abhorruisset. Mulierem , sane egregiam fortitudine œque ac prudentia, canitiera suam ultra consuetum sexus morem, decorantem deprehendi, in ultime vere pblhiseos pulmonaris stadio (sicuti vel ipso primo aspectu ex summa eraaciatione, tussi, febre et dyspnœa cenjectabara) satis œrumnose obver^ santem. Quippe qued non tantum cum symptomatis phthiseos pulmonaris, et febris hecticœ usilads , verum etiam frequenti ventriculi colica herrende spasmedica , a melu calculorum e vesica fellea ssepius excitate, necnon continua dysuria , a calcule, atque ulcère renum orta, fere perpétue conflictare cogebatur. Unde factum est ut urina mictione lactesceret, atque dein sedimentum valde copiosum fœtidum^, et vere purulenlura deponeret. Inspecta vero urina, illice ulcus deprehendi satis magnum a calculo in rené aflfecte esse ortum , plitbisinque pulraonarem ab iste ulcère ( fersan etiam symptomatice ), superinductam fuisse, cenjectabara
Copia inspiciendi cadaver post mortem a marito , licet œgre, jam concessa , prsesentibus quamplurimis eximiis medicis ^anatemia instituta est. Primum ebservatu dignum erat, quod,