‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 68 sur 81 · ET HÉMORRHAGIE · texte numérisé non relu

ET HÉMORRHAGIE

■Hvait i'[.rouvé une autre altération (liydronéphrose), avait fait croire h l'existence d'une gi'ossesse.

On a vu aussi la néphrite être accompagnée d'èpistaxis ou d'autres héinorrhagies tellement abondantes, qu'elles ont été évidemment la cause principale de la mort.

Quoi qu'il en soit, il est impossible de dire aujourd'hui si ces hémorrhagies ont été un pur accident^ ou si elles ont été eu partie le résultat d'une altération du sang consécutive au dérangement de la sécrétion urinaire. J'ai cru devoir mettre sous les yeux du lecteur un exemple de ces hémorrhagies.

Obs. XCVI. — Fièvre quotidienne; vomissemens; cachexie; urines rares, puis complèlement supprimées; douleurs dans les reins; licmorrliagies abondantes par le nez; mort. Inflammation de h substance, rénale des membranes du bassinet, et des uretères, etc. ( Naumann. handbuoh der medicinischeii Klinak. vi. B. §. g. )

Un jeune homme, après avoir éprouvé une fièvre quotidienne,' eut ensuite des douleurs dans les membres et de violens vomissemens. Au bout de quelques semaines, il était dans un état d'épuisement considérable et paraissait tout-à-fait cachectique ; les efforts de vomissement continuaient; de temps en temps, il vomissait une petite quantité de mucosité bilieuse. Il avait, en outre, de la constipation, un goût affreux dans la bouche; la langue était jaune et chargée ; le visage et les extrémités étaient pâles; la peau était très sèche, le pouls était peu accéléré, mais petit et quelquefois tremblotant. Il n'y eut pas d'émission d'urine pendant deux jours; cependant on ne remarquait pas de gonflement dans la région de la vessie, et le malade ne se plaignait pas encore de douleurs dans la région des lombes; on ne retira pas d'urine par le cathétérisme. Le troisième jour, l'ischurie continuait; le malade se plaignait de tiraillemens dans le dos et dans les cuisses ; deux fois il fut pris de violens saignemens de nez, après lesquels il dormit plusieurs heures. Le quatrième jour, le malade se sentit un peu mieux, après un nouveau saignement de nez. Il se plaignait d'une augmentation de douleur dans les lombes et de tension dans les cuisses, qui étaient froides au toucher; il n'y avait point encore d'urine; les envies de vomir étaient devenues

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plus rares. Le cinquième jour, il n'y eut encore, ni émission d'urine, ni évacuation d'excrémens. Le sixième jour, il y eut une selle assez abondante, du ténesrae, des crampes, et il rendit une petite quantité d'urine d'un brun foncé. L'état du malade empirait beaucoup : il eut des efforts de vomiasenjent très pénibles et des vomisseraens , avec hoquels fréquens. Un nouveau saignement de nez très abondant eut lieu et n'apporta aucun soulagement; la tête devint lourde; le Soir^ vomissemens bilieux avec effort^ suivis d'un saignement de nez considérable. Le septième jour, collapsus général. Le malade se plaignait d'une augmentation de tension dans le dos et d'un sentiment de pression dans la région des reins, qui cependant n'était pas douloureuse à la pression; depuis la veille, le pouls était large et onduleux- Le huitième jour, l'état du malade s'était beaucoup amélioré, quoique les vomissemens et le saignement de nez se fussent reproduits. La rétention de l'urine continuait obstinément, et elle était accompagnée d'un sentiment pénible de plénitude dans l'estomac. La sueur et le liquide vomi avaient une odeur d'urine qui n'était pas méconnaissable. Le neuvième jour, la douleur dans la région des lombes avait entièrement disparu, le froid des membres avait diminué; il n'y eut pas de saignement de nez; le pouls était fort et peu développé; le vomissement urineux et bilieux revenait de temps à autre, la bouche était sèche et amère, la langue pâle et couverte d'iin enduit sale jaunâtre ; la soif était modérée, le corps libre; il n'y avait pas d'excrétion d'urine. Le dixième jour au matin , lé saignement dé nez se reproduisit avec une telle abondance, qu'il y eut six livres de sang perdues en très peu temps; le sang coulait sans interruption et se. répandait en même temps dans l'arriêre-gorge en provoquant une toux violente. L'ischurie continuait ; la douleur dans la région des reins reparut. L'épuisement était au plus haut degré; le soir, vers dix heures, le saignement dé nez, colliquatif, revint; en deux heures la perte du sang se monta à dix livres Ci;.

(i) Je np puis comprendre pourquoi on n'a pns cherché à arrêter cesépistaxis par des lotions de. noix de galle et par le tamponnement des fosses iiusalcs.

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