SUITES DE COUCHES. I
tèrent presque tout-à-fait. En même temps, Chamet commença à tousser un peu; elle avait un malaise, une faiblesse générale, avec des frissons par intervalle : mais elle ne s'alita point, et elle ne put , quand nous la vîmes pour la première fois , accuser de siège à son mal.
Notre examen ne mena point, non plus, à un résultat positif.
Le 19 janvier , faciès altéré , pâleur ; langue un peu rouge , non visqueuse , soif, peu d'appétit ; ni nausées , ni vomissemens , ni diarrhée , ni constipation ; ventre complètement indolent , même à la pression ; point de taches à la peau. Pouls donnant seulement soixante-quatre pulsations, régulier j peau un peu chaude; la malade dit avoir, le soir, des frissons non suivis de sueur; toux fréquente, peu douloureuse, humide; crachats muqueux. Bulles de râle muqueux à la base des deux poumons, avec râle sibilant par intervalles. Point de dyspnée.
Les urines n'offraient rien d'extraordinaire , au dire de la malade , et elles ne furent point examinées.
Pas de céphalalgie; faiblesse générale avec étourdissement {Tisane de mauve sucrée .Julep).
Cinq jours après son entrée à l'hôpital, cette femme était dans la même situation : seulement elle se plaignait d'une légère douleur dans le ventre [Cataplasmes èmolliens ).
Le 26, la faiblesse ^,énérale est beaucoup plus grande, le faciès est de plus en plus altéré; la teinte de la peau est partout d'un jaune pâle , les dents sont sèches , la langue collante; il y a de la diarrhée. La malade a des frissons le soir : la fièvre est continue, le pouls petit et fréquent. Cet état fait songer à une résorption purulente; mais un examen attentif et répété ne peut faire découvrir aucune maladie locale.
Le dernier jour, il y eut du délire. Mort le ti'ois février.
Atitojjsie du cadavre , trente-huit heures après la mort. — Dans le flanc gauche, vers la dernière fausse côte, on trouva un abcès de la grosseur d'un œuf de poule, situé entre le péntome pariétal et l'épiploon , et circonscrit par de fausses membranes récentes.
La rate était recouverte en partie par le foie, qui était très
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développé, mais sain d'ailleurs. Dans la partie inférieure et antérieure de la raie existait un abcès de la grosseur d'une noix : le foie formait la paroi antérieure du foyer purulent. Deux autres petits abcès, isolés, gros comme un œuf de pigeon, se trouvaient dans le tissu de la rate, qui était très volumineuse et généralement ramollie. La surface de cet organe était également parsemée de fausses membranes de récente formation. A part ces adhérences, il n'y avait pas de traces de péritonite. Pas d'abcès dans le foie, ni d^ans la fosse iliaque, ni dans le petit bassin.
L'utérus était à-peu-près double de son volume ordinaire; «on tissu ferme paraissait sain : dans sa cavité, teinte rouge noirâtre (probablement restes du placenta). Les trompes , les veines utérines, les vaisseaux lymphatiques, examinés avec beaucoup de soin, ne contenaient point de pus, non plus que les veines caves, les veines hépatiques, la veine porte, les veines du petit bassin , les iliaques et les crurales.
Les grandes articulations furent ouvertes et parurent sainés.
Les organes de la cavité crânienne ne présentèrent aucune altération. Adhérences anciennes au sommet des poumons. Engouement de la partie postérieure des deux poumons : dans tous les deux, dans le droit surtout, on rencontre plusieurs petils abcès métasta tiques, de la grosseur d'une noisette. Péricardite récente et très étendue: six à huit onces de sérosité jaunâtre , flocons albumineux, fausses membranes dans la cavité du péricarde et donnant au feuillet péricardique du cœur l'aspect d'une langue de chat.
A l'extrémité supérieure du rein gauche , il y avait un foyer qui contenait au moins quatre onces d'un pus blanc jaunâtre homogène. Ce foyer faisait saillie à la surface externe du rein , dans la substance corticale elle-même.
§ 690. L'observation suivante, qui m'est communiquée par M. Tardieu, fils, interne des hôpitaux, est curieuse à plusieurs égards. D'abord la femme qui est le sujet de l'observation, était nourrice, et ellea allaité un enfant, pendant plusieurs mois, sans avoir, en aucune façon, la conscience de la tumeur rénale qu'elle portait dans le flauc droit. Pendant la vié, on a pensé