H. SYMPTOMATIQUJÎS DE LÉSIONS DES REINS. 34 I
que les observateurs ont comparé l'urine à de la laviircdc chair. Dans la période chronique de la néphrite albumineuse, en examinant les légers sédiraens de l'urine au microscope, on y trouve souvent des globules sanguins : et, dans les paroxysmes de cette maladie, la proportion de ces globules est telle que l'urine, habituellement pâle et décolorée, prend \me teinte rose ou brunâtre qu'on a comparée à du cidre tué ou à du bouillon de bœuf.
Dans la néphrite rhumatismale ny^uè /û n'est pas rare, non K plus, d'observer une certaine quantité de sérum et de globules sanguins dans l'urine,- mais je n'ai jamais vu dans cette affection l'urine sanguinolente (i) comme dans la néphrite albu-
mineuse.
J'ai vu plusieurs fois survenir de véritables hémorrhagies rénales dans des cas de néphrite youUeusc (2), accompagnées i< de coliques néphrétiques.
La formation de pétéchies et de dépôts de sang dans les * rems avec développement d'ecchymoses et de pétéchies dans le » bass.net et une véritable hématurie rénale, sont des phénomènes t communs dans les néphrites ^Tir poisons morhidcs.
$769. La pyélite calculcusc esl assez fréquemment accompagnée d'hématurie (3); .nais dans ce cas l'urine est nou-seule- »meut chargée de sang, mais encore d'une certaine quantité de . pus. Les proportions du pus et du sang, dans l'urine, sont très
obs. p ton>. u. obs. x, p. .8.. - To.. „, obs. xv„, p. .00. W V. oL. xx.., p. .:3.- To.. „, p. 448. iden. - To.. xr, obs. .xx et Lxxi, p. 462 et 463.
(TZ. t "7 -ïéte^inée par «ne affection rhn.atis.ole.
[£puo.,.e,tr.d. franç. par Goudnreau, ton,, ir,, p. 366). (s) Voyez, tom. n, obs. i, p. 54,
^'tr '''''' '"^'^"'^"^^ - ^^'-^-'^ = r:; -Tst t~ ' -
portés By o \,TT ''"^^'^ '^té rap-
I P-r B,sbop ,„ Medical/acts and observ. vol. vi„, p.
342 HÉMonmiAGiKs RiÎNALiîS (i" gtoupe).
variables et très inégales au début ou à la fin de ces hémorrhagies intercurrentes. En de tels cas, le malade a presque toujours rendu aiitérieurement de petits calculs; il a éprouvé des accès de colique néphrétique et des douleurs habituelles dans la région des reins ; le pissement de sang est survenu à la suite d'un exercice violent, et il est accompagné des autres symptômes de la pyélite calculeuse, (Ç 644). Ordinairement ces pissemens de sang symptomatiques de graviers ou de calculs ne sont pas de longue durée; cependant on les a vus durer des mois entiers. Dans quelques cas, le sang est mêlé de mucils ou de pus, et de ce mélange résulte un liquide qui ressemble à de la lavure de chair ou à du pus rougeâtre.
Il survient des hématuries dans d'autres pyélites,non calculeilses. Ènfin il est des pyélites que j*ai décrites sous le nom de pyélite hémorr ha gigue (§ 666), et dont l'hématurie est un des principaux symptômes. Plusieurs fois aussi on a vu la présence des strongles dans les reins occasioner des hématuries.
Quant aux dégénérescences des reins, le cancer est incomparablement, de toutes, celle qui est le plus fréquemment accompagnée d'urine sanguinolente. Dans ce cas, indépendamment de globules sanguins^ on aperçoit quelquefois dans l'urine une foule de lamelles et de globules d'apparence graisseuse, mais qui diffèrent des globules graisseux, eu ce qu'ils disparaissent promplement par le contact de l'air, et surtout en ce que l'éllier se charge peu ou point de graisse, lorsqu'on le mélange avec l'uriné. Ces urines sanguinolentes, provenant de reins atleints de cancer, tiennent quelquefois en suspension de petits corps filiformes, qui, dans un cas oti je fus appelé, avaient fftil soupçonner l'existence de spiroptères dans les voies urinaires {Voyez : Canceii).
La dégénérescence tubercitleiise des reins est rarement accompagnée d'urine sanguinolente, si on excepte toutefois les cas dans lesquels il existe en même temps une dégénérescence tubeiculouse des uretères et de la vessie ( Toyc*. ïubbbcuuîs dus reins).
Le petit nombre de remarques que j'aurais à faire sur les
. HÉMORRHAGIES RÉNALES (a"" groupe). 343
I hématuries syraptomaliques de ces lésions organiques des reins seront plus à leur place dans l'histoire de ces lésions.
§ 770. Deuxième groupe : Hémorrhagies rénales synifiiomaiiques d'affections générales. — Dans le purpura, l'urine se chai-ge souvent d'une petite quantité de sang. On a rapporté ^ qxielques exemples de véritables hématuries survenues dans
II le purpura hœmorrhagîca (i). Dans des cas analogues, j'ai con-
• staté que la disparition des élémens organiques du sang a quel-
• quefoislieu, dans l'urine, d'une manière partielle et succes-
■ sive; la fibrine disparaît peu-à-peu,- puis les globules sanguins; < el l'urine reste quelquefois encore, pendant assez long-temps, i chargée d'albumine.
Parmi les observations les plus remarquables d'hématuries , ' survenant avant ou après d'autres hémorrhagies , comme effet ou comme symptôme d'une disposition générale, je citerai le , cas d'un jeune homme, âgé de 21 ans, auprès duquel je fus s appelé par M. Littré (a). Chez ce jeune homme, le sang fut versé par quatre surfaces muqueuses , par celles des voies aériennes, des fosses nasales, des voies digealives et par celles : des voies urinaires. Latour (3) cite un cas analogue : celui d'une
■ jeune fille de i5 ans qui, pendant quatre ans, rendit du saug par toutes les voies, qui plus tard fut atteinte d'une suppression d'urine pendant huit jours, suppression remplacée ensuite ■par une hématurie.
Dans ces maladies hémorrhagiques , l'hématurie peut cesser pendant quelques jours, pour se reproduire ensuite, sans cause , appréciable. Dans de tels cas, on a vu l'excrétion (Î<î l'urlue I suspejidue pendant quelques jours.
(1) Combes, Casës oj purpura hœmorrhagica (Edinb. med, and surg. journ. 1821, vol. xvri, i833).- Kift (Arthur) Case o/hœmorrhea petechialis (Ediuh.
' mcd. and surg. joiirn. vol. xxvn, :]ï.— -a^rty, Edinb. med. and ^urgic. . joumaU^oX. xxxiv, p. Sg.— llogerson, Med. and pitjsic. jouni. vol.xi.iu. — G. Johnson, Med. and surg. joiirn.n. 72.
(2) Littré. Observation suivie de réflexions s ur V liémorrhagie essentidb ifiaieiie médicale de Paris,
(3) Latour. Traité philos, etméd, des hémorrhagies, loin. 11, p. 36.
344 HÉfllORRH AGlKS UliNALES (a"" grOUpé) ,
Les exemples d'hématurie, daTis le scorhut, sont beaucoup plus rares que dans le purpura. Je n'ai point eu l'occasion d'observer cetle espèce d'hématurie, ce qui n'est point étonnant, n'ayant soigné qu'un très petit nombre de personnes atteintes de scorbut. Dans deux cas bien caractérisés de cette maladie et dans lesquels il n'y avait point eu d'hématurie , les reins m'ont présenté, après la mort, une altération remarquable. Ils étaient criblés d'un grand nombre de pétéchies situées à la surface et dans l'épaisseur de la substance corticale, qui était ti'ès molle et d'un blanc jaunâtre {Voyez : Anémie des reins). Il y avait aussi quelques péléchies dans le bassinet j la substance lubuleuse était saine.
Un grand nombre de substances injectées dans les veines sont évacuées avec l'urine. Dans la transfusion du sang, on a observé un phénomène non moins curieux : Sur cinquante animaux soumis à la (rans fusion du sang, dit P. Frank, on en a vu vingt attaqués d'hématurie (O-
% 771. Dans les fièvres eruptives, dans la variole (2), dans la rougeole et la scarlatine , on observe quelquefois des hémorrhagies rénales, en même temps que des péléchies à la surface du corps. Cette espèce d'hématurie est regardée avec raison comme un symptôme très grave (3). Après la mort, on trouve des ecchymoses dans le bassinet (Atlas, Pl.xxxiii, fig. 7), et des pétéchies dans la substance corticale. Ces cas ne sont pas l'ares.
(1) Frank (P.). Epitome. trad. franc., par Goudarean, toni. m, p. 368.
(2) Plusieurs auteurs ont fait mention de l'hématurie Tariolcuse qui est du plus fâcheux augure. Voyez : Foreest , Olis. et car. meii. t. 11, p, 248. — Sydenham. Opéra, t. i, pag. 234, iii-4, Geneva», 1769. — V.nrrer. Mém. sur quelques moyens de soulagement dans les petites-véroles les plus
fâcheuses. — Journ. de Vaudermonde, in-12, 1756, t. v, p. i54.
(3) Les hématuries qui surviennent chez des variolés, par une cause accidentelle et indépendante du contagium, sont beaucoup moins grave et ne sont point accompagnes de pétéchies à la peau. Le docteur Brown rapporte que Nedhnm, après avoir porté un pronostic très fâcheux sur l'état d'une dame atteinte de la variole et dont les urines étaient sanguinolentes , découvrit que le pissemcnt de sang avait été produit par un gravier descendu du rein dans la ves,sie.
H. SYMPTOMATIQOES b'AFFECT. GÉNÉRALES.
M. le docteur Barlh m'a montré deux reins (i), dont les calices et les bassinets étaient largement et profondément ecchymosés, dans un cas de variole hémorrhagique {hematuria variolosa). J'ai cité un exemple analogue d'ecchymose profonde du bassinet, et que j'ai obsérvé dans un cas de scarlatine hémorrhagique (Atlas, Pl. xxxiii, fig. 7)- Dans de semblables cas, l'urine contient presque toujours de l'albumine et des globules sanguins.
(i) Liegois (Virginie), âgée de t8 ans, domestique, bien constituée, d'un embonpoint moyen , et bahituellement bien portante, avait vu ses règles pour la première fois dans les derniers jours de novembre 1837, lorsqu'elles furent supprimées par une frayeur, au troisième jour' de leur durée. Cette jeune fille, qui n'avait point été vaccinée , s'étant trouvée en rapport avec des personnes qui avaient la variole , fut prise , le 10 décembre , de prodromes fébriles avec douleur lombaire et vomissemens. Entrée à l'Hôtel- Dieu le i3, elle ne présentait encore aucune trace d'éruption, mais elle accusait des douleurs à l'Iiypogastre et aux reins; la région lombaire droite était douloureuse à la pression; le pouls donnait 104 pulsations par minute. Le 14, au matin, on aperçut .\ la figure, sur le tronc et les membres, uu assez grand nombre de saillies coniques, rougeâtres, très petites. Le fond de la bouclie présentait une rougeur uniforme. Les douleurs des lombes persistaient; elles augmentèrent d'intensité dans la journée, au point que, le soir, elles .irradiaient à la malade des cris et des pleurs. Le pouls battait loS pulsations par minute. Le i5 , nu matin, les douleurs lombaires persistaient avec la même acuité; Téruptiou de la veille avait fait peu de progrès; de. plus, on apercevait sur la face, le tronc et les membres , un grand nombre de taches rouges, et la malade avait un peu de coryza; pouls à 112 [Fingt sangsues aux lombes). Le soir, soulagement des douleurs ; mais le malaise est toujours grand , la fièvre intense. La malade passe la nuit dans l'agitation; elle se plaint encore beaucoup de ses reins et succombe, le 16, à sept bcurcs du matin sans agonie.
A l'autopsie, ou ti ouva, sur toute la surface du corps, des taches rougeâtres, irrégulières ; cinq ou six pustules varioliques bien conformées près des parties génitales; une rougeur vive et de petites tacbes blanchâtres dans le larynx ; une rougeur foncée parsemée de quelques petites ecchymoses et de quelques taches bUnchâtrc» dans la trachée. Un grand nombre de petites ecchymoses sur la plèvre pulmonaire.
Le» reins étaient volumineux, celui du côté droit, pourvu de deux uretère», prcsenlait f sa surface un grand nombre de petites ecchymoses, que
346 HÉMOimUAGIES RÉNALES (2"" groupé).
A la suite de la scarlatine, on observe quelquefois de véritables hématuries (i), et bien plus souvent encore des urines chargées d'albiunine el de globules sanguins, et qui sont ordinairement les premiers symptômes d'une hydropisie générale (2). ,
On observe quelquefois, dans la fièvre javnc, des urines sanguinolentes (3) et noirâtres. Plusieurs auteurs ont observé de véritables hématuries.
l'on retrouvait aussi dans l'épaisscttr de la substance corticale. Les calices étaient envahis par une eccbymosê tellement prononcée, qu'au premier abord on aurait cru à l'existence d'un caillot sanguin dans ces cavités. Cette coloration noirâtre s'étendait à un demi-pouce environ, dans l'intérieur des deux uratères; onr 'les parties ccobymosécs la membrane interne était moins lisse que dans l'état normal. Dans les calices et le ba»sinet du i-ein gauche, il y avait nue dizaine d'ecchymoses d'une demi-ligne à une ttgne de diamètre. La vessie offrait, à sa face interne» environ BoLxaotc petites eochymosos , les unes d'un rouge vif, les autres violacées.
D«ni l'intestin grêle, les follicules isolés étaient très développés. Les platï«e» ^ Peyer étaient saillantes ; il y avait une infinité do petites cccbymoMes dans l'épaisseur de la membrane muqueuse du gros intestin.
■(t) John Paul. Case of scerletjevef sHcceededttyjiroJtisehemoriiiagies (Edinb. med. and sarg. jottlrnal, vol» xxvir,p. 55),..- bcbicmanu. <}bs. sur me hémaiurie (Bibliotli. nicd. t. txis, p. laS).
(a) Voyez: tom. 11, p. 447'
(3) "M. Dcvèzc a trouvé de l'urine sanguinolente dans la vessie après là mort {Traité de la Jièvre jaune, in-8, Paris, 1820, p. 59). M. RocUoUi pense que l'hématurie est un phénomène rare dans la fièvre jaune, et il n'en a observé qu'un exemple [Reclierclies sur la Jièvre j'aime, in-8, Paris, 182», p, l53) :ily avait déjà suppression d'nrihe depuis une dizaine d'heures. Le malade rendit, à diverses reprises, environ trois palettes de sang put'. MM. Bailly, Friinçois et Pariset ne parlent pas de véritable hématurie, «nais disent que deux ou trois fois, ils ont trouvé dans l'intérieur de la vessie imc matière noire, visqueuse, qu'ils regardent comme du sang altéré. — Litiing (Journal rte médecine, mal l^SS, t. viir, p. 4i3) dit que le sédiment de l'urine dans la fièvre jaune était quelquefois brun, et qu'on observait des nriues sanguinolentes, le troisième jour. — l'ouppé Dcspoi les [/iist. ries maladies ite Saint-Domingue, 1. 1, p. 194). — Caillot {Traité Je la Jlcvre jaune, p. gg) fa'' aussi mention de véritables liémalurles dans la lièvre jauuc. M. Rorboui *
H. SYMPTOMATIQUES d'aFFECT. GÉNÉRALES.
J'ai noté ailleurs (§ 470) que , dans la fièvre typhoïde, les reins étaient quelquelbis atteints d'inflaramalion ; dans celle maladie le sang peut aussi transsudcr en quantité plus ou moins considérable dans les voies urinaires (t)-
trouvé dans quelques cas de fièvre j«une les reins gorgés de sang, et M. Pariset a vu des ecchymoses sur la membrane interne de la vessie.
(i) Hauser, âgé de 28 ans, d'une constitutioa forte, d'un tempérament sanguin, exerçant depuis quelques mois la profession de serrurier à Paris, fut pris le 25 février i838, sans cause connue, d'une fièvre intense, accompagnée de céphalalgie et d'un dévoiement considérable. Lorsqu'il fut amené à l'hôpital de la Charité, le 5 mars, il était dans l'état suivant : Face colorée, exprimant la stupeur et la souffrance; langue sèche , blanche i au centre et rouge sur ses bords; décubitus dorsal, faiblesse, prostration, ç peau chaude et sèche; pouls fort et rapide (120 pulsations par minute);
céphalalgie intense. Etourdissemens , vertiges, lorsqu'on le fait asseoir sur » son lit. Délire pendant la nuit. Râle sibilant dans toute l'étendue de la poitrine; petite toux sèche, ou accompagnée de l'expectoration dè quelques ( crachats visqueux. La pression du ventre, surtout dans la région du cœcum, e détermine une douleur assez vive. Depuis hier matin, un grand nombre de » selles liquides; sur l'abdomen et la partie antérieure de la poitrine, quelques t taches rosées, lenticulaires, disparaissant à la pression {Saignée de ït. onces ; : lis. de gomme idulcorée ; potion gommeuse). Le sang de la saignée n'est pas » diffluent ;le caillot en est solide, mais sans couenne. Le 8 (nouvelle saignée), même état du sang. Le 9, la langue est plus humide, le pouls est plus petit (loS pulsations); les taches rosées se. sont multipliées sur la peau du ventre et de la poitrine; le dévoiement a un peu diminué (toà 12 selles dans les vingt-quatre heures).
Le i3, langue sèche, recouverte d'une croûte bruuâtre; bouche à demi i.ntr'ouverte; œil terne, regard fixe; face violette ; frémissemens musculaires,
1 soubresauts dés tendons; ràle sibilant; murmure respiratoire peu sensible à la base de chaque poumon. Délire pendant la nuit. Les urines sont rosées et légèrement acides. Examinées au microscope, elles présentent un grand nombre de globules sanguins. Traitées par la chaleur I et l'acide nitrique, elles donnent un précipité d'albumine. Endolorissement général du ventre, qui ne permet pas de constater si l'hypogastre est le siège d'une douleur spéciale.
Le i6, 5i respirations à la minute; pouls irrégulier; une pulsation plu? ' forte et plus lente pour deux lûus faibles et plus rapides; 128 pulsations^ pendant la nuit, le délire a été accompagne do mouvemen» désordonnés qui
3/j8 HÉMORUIIAGIES RÉJNALES (2"'= groUpe).
Je termine en mentionnant simplement certaines causes qui après avoir agi sur l'organisme, et en particulier sur le sang' déterminent des hématuries presque toujours fort légères'. Ainsi, on a vu des individus f.appés de la foudre rendre de
ont obligé le veilleur à lier le malade dans son lit. Depuis hier, selles involontaires. Le malade n'avait plus la force de se lever pour aller à la selle ce qu'il avait fait jusqu'à ce jour; à cinq heures du soir, mort. Autopsie du cadavre, trente-six heures après la mort.
Etat extérieur, — Cadavre d'un homme Lien conformé , peu amaigri. Aucune trace des taches rosées qui avaient persisté jusqu'à l'agonie.
Poitrine. La trachée et les bronches sont pleines d'écume , et leurs plu.» petites ramifications de mucu.s. La membrane muqueuse est injectée, et présente quelques ecchymoses. Les deux jioumons sont gorges d'une grande quantité de sang noir ; point d'adhérences pleurétiqucs. Le cœur est flasque , ses cavités contiennent une petite quantité de sang fluide, d'un rouge noir..
Ahdamen. Le foie est brun et d'uuc grande moUes.se, qui permet de plonger le doigt dans son tissu, s.nns beaucoup d'efforts. La rate a deux fois et demie son volume normal ; elle est rouge et très ramollie. Les follicules de l'estomac et du duodénum sont partout très apparens ; ce qui donne à cette membrane muqueuse un aspect grenu. Dans l'intestin grêle, vers le commencement de l'iléon, on voit quatre ou cinq plaques enflammées, légèrement turgescentes; vers la fin de l'iléon, les plaques sont plus volumineuses; élevées d'une ligne ou deux au-dessus de la surface intestinale, elles ressemblent à des ulcères fongueux ; les unes sont larges comme des pièces de 10 sous ; les antres comme des pièce» de 5 francs. Elles sont parsemées de petites ulccratious, au fond desquelles on voit le tissu cellulaire sous-mufjueux gangrené, et les fibres musculaires de l'intestin injectées de sang; les bords de ces plaques sont plus durs, plus élevés que leur centre. Auprès de la valvule iléo-cœcale, trois de ces plaques su touchent ou se confondent par leurs bords. La valvule elle-même est saine, et au-delà daus le cœcum et dans tout le reste du gros intestin il n'existe point d'altérations. Les ganglions mésentériques sont gros comme des avelines et injectés de sang noir. Audessous du péritoine du petit bassin, le tissu cellulaire sou.s-sércux est infiltré de sang; les membranes séreuse et museuleuse de la vessie sont séparées par du sang qni a rougi les mailles celluleuses qui les unissent; la membrane muqueuse de la vessie offre plusieurs larges ecchymoses, qui s'étendent jusque dans l'urèthre, auquel elles donnent une couleur lie-de-vin; il y
H. SYMPTOM/VTIQUKS d'aFFÉCT. GÉNÉRALES.
i l'urine par l'urèllire (i). Certains médicamens acres, donnés à ; grande dose, produisent quelquefois des hématuries : c'est ainsi . qne les cantharides (a) déterminent des pissemens de sang, soit lorsqu'elles sont administrées à l'intérieur d'une manière ini considérée, soit dans quelques cas rares, après l'application des L larges vésicatoirea. Le baume du Pérou paraît être dans le ; même cas. Par une mauvaise plaisanterie, dit P. Frank (3), on fit prendre à une personne du baume du Pérou pour . du chocolat : au bout de quelques heures, il survint une hématurie.
On a attribué des hématuries à l'usage immodéré de l'ail (4), ides ognons, des asperges et des poreaux; je n'ai rien vu de s semblable.
Je n'ai jamais observé de véritables hématuries comme effet ! de l'empoisonnement saturnin. Dans le seul cas de colique . saturnine, que j'ai vu compliqué d'une véritable hématurie, le pisseraent de sang a diminué graduellement pendant le traitement de la colique (5). Mais plusieurs fois j'ai remarqué, dans l'e)npoisouneinent saturnin , que l'urine était chargée d'une certaine quantité d'albumine. Il est vrai que le plus ordinai-
a dans les bassinets quelques petits eccbymoses. Les reins sont volumineux et gorgca de saug noir.
T£te. Cerveau sain.
(l) Gazelle des kofilaux, iS3l,j>, i58.
(a) Paré, OEuvres, livre xvri, cliap. 54 — Foreest, Ohs. et cur. med., n, p. 122.
(3) P; Franli, Epiiome, t. irr, p. 366.
(4) Foreest, Olis. et cur. med., t. ii, p. 126.
(5) Rouelle, âgé de 21 ans, entra à l'hôpital do la Charité, le 29 j.mvier 838 , pour y être traité d'uue colique de plomb. 11 travaillait depuis deux ois dans une fabrique de céruse, à Clicby-la-Garenne , lorsqu'il fut pris,
>1 y a Luit jours, de coliques et de crampes dans les jambes. 11 continua de îravaiUer à la fabricatiou de la ccruss, jusqu'à la veille de son entrée à 'hôpital. Le 29, dans la soirée , frisson général accompagné de trembleentel do claquement des dents; pouls plein et vibrant (76 pulsalons'i; coliques continuelles , augmentant par accès; crampes dans les arabes. Langue blauebc. Voraissemens bilieux. Constipation. Ces symptômes
35o HÉMORRHAGIES RÉNALKS groupe).
rement l'urine a continué d'être albuinineusc apr(';s la «uérison de la colique (x), et il est possible que, dans ces cas, il existât quelque affection des reins. J'ai rapporté un cas (tome u psge 191) dans lequel le malade , qui devint hydropique , était évidemment atteint d'une néphrite albumineuse chronique. § 77*- Troisième groupe flémprrhayies rénales essenlieUes.
ont cédé, dans l'espace de sii jours, à l'.idministration de cinq lavemcns des peintres et de six gouttes et demi d'huile de crotoo tiglium.
Pend.nntle cours de celte colique des peintres, les urines furent sanguinolentes , et nous découvrîmes, àl'aidç de l'inspection microscopique, qu'elles contenaient un grand nombre de globules sanguins ; traitées par la chaleur et par l'acide nitrique, elles offraient un coagulum albumineax. An reste, l'empoisonnement saturnin ne parait avoir agi, dans ce cas, que comme cause occasionnelle de l'hématurie. Bien antérieurement, dans le courant de mois de juillet 183; , Rouelle, alors employé aux travaux d'un chemin de for, avait ariné pendant quatre ou cinq jours du sang presque pur, à la suite d'une insolation prolongée et de fatigues excessives. Cotte hématurie ne fat accompaguéu , ui do douleurs rcnaleiii ni de douleurs vésicalcs, et céda su repos et aux boissons émoUicntes.
Le t5 janvier i833, avant d'avoir ressenti les atteintes de la colique de plomb pour laquelle il est venu a l'hôpitiil. Rouelle a do nouveau rendu des urines sanguinolentes. Cette deuxième hématurie, comme la première, n'a puiut été accompagnée de douleurs rénales ou de douleurs vésicalcs. Elle a diminué insensibirmcut, même pendant la durée de la colique de plomb, et lorsque le malade est sorti de l'hôpital, le 23 février i838, il n'y avait plus de globules sanguins dans les urines. Ce malade nous assura qu'il n'avait jamais fait d'excès de boisson, ui d'excès vénériens, et qu'il n'avait jamais été sujet aux hcmorrhoïdes, aux bémoptysies, ni aux épistaxis. En 183.1, il a ta une blennorrhagie qui, après avoir duré deux ou trois mois , s'est terminée par une orcliite. Ces deux affections ont été traitées avec soin, d'abord par les antipblogistiques, puis par lesmercuriaux
(i) Petry (Julien), âgé de 28 ans, peintre en bâtimens, et qui avait été at- | teint, à plusieurs reprises, de coliques de plomb, fut reçu dans mon service | à l'hôpital delà Charité, le 9 novembre 1840. Les premiers jours de son séjour à rhûpital, les urines étaient fortement colorées, pesaient ioi4.t>» contenaient une quantité notable d'albumine. La proportion d'albumme dans l'urine diminua rapidement, et, le 21 novembre, les urines, rcdevennes limpides, pesaient ici 8,5, et n'en offraient aucune trace. Tous les accident de l'intoxication saturnine ayant cessé, le malade sortit de riiôpit?l.
HÉMORTIHAGIES RENALES (3"' grOUpe). 35 1 -Les hémorrhagies rénales essentielles sont à Paris, et je crois en Europe . des aflections très rares. Il paraît , au contraire , que les hématuries indépendantes d'allections locales ou générales, ne sont pas rares dans les régions tropicales.
Le traitement des hémorrhagies rénales essentielles est en grande partie subordonné aux causes qui les produisent et aux conditions dans lesquelles elles se développent. Cette cou-^ sidéralion m'a déterminé à traiter séparément des hémorrhagies rénales conlznues , des hémorrhagies rénales essentielles intermitlentes ou périodiques, des hémorrhagies» rénales essen' lielles supplémentaires , des hémorrhagies rénales essentielles critiques, enfin des hémorrhagies rénales essentielles endémiques.
§ 775. Hémorrhagies rénales essentielles, continues. — Les deux observations suivantes me paraissent propres à donner une idée de deux états extrêmes , eu égard à leur inégale gravité, dans lesquels peuvent se présenter les hémorrhagies rénales esse7itielles, continues (i), ou au moins telles en
(i) La proportion des cas d'bémorrliagies rénales, et même d'bématuries ymptomatiques, est sans doute plus considérable , que celle des hématuries essentielles. Mais Cullen ebt allé trop loin lorsqu'il s'est ainsi exprimé :
u On dit que l'hématurie est survenue, sans aucun autre syojptAme d'une affection de» reins ou des conduits de l'urine; comiBe cette hémorrhagie est .irrlvée à des personnes plétlioriqnes et a reparu à des périodes fixes, on l'a regardée dans ce cas comme un exemple d'hématurie idiopathique, et de la iiatare des hémorrhagies actives dont j'ai parlé plus haut.
<< Je ne puis positivement nier l'existence de ce cas;mais je dois faire obser* ver quel'oa en trouve très peu d'exemples dans les écrits des médecins ; que ni mes amis ni moi n'en avons vu aucun, et que les observations que l'on a rapportées peuvent être erronées, en ce que j'ai fréquemment vu l'hématurie survenir sans aucun symptôme qui indiquât en même temps l'existence d'une autre affection des reins ou des voies urinaires: néanmoins, comme l'hémorrh.igie avait été précédée on suivie, peu de temps après, des accès de la nél)liralgie calcnleuse, cela a suffi pour me rendre probable que l'hématurie
ctait due à une plaie produite par la présence de 1)^ pierre dans quelque
partie des voies urinaires » (Cullcu, Élémens de médecine pratique, trad. de
Bosquillon,in-8. Pans, 1787, tom. ir, p. ifa).
352 iiiîMOP.RHAGri'S niî.vAT.Fs (j""" groupe).
apparence. La douleur dans le rein gauche chez un des malades (Obs. i ) ne permet pas, sans doute, d'affirmer que cet organe n'avait éprouvé aucune altération de tissu; mais une semblable douleur ne prouve pas non plus que l'hématurie ne fut point essentielle. Quant aux lésions observées dans l'autre cas (Obs. Il), elles étaient évidemment le résultat d'une inflammation chronique, dont l'hémorrhagie était probablement indépendante.
Obs. I. — Hémorrhagie légère essentielle provenant probablement du rein gauche; guérison prompte par l'usage des antipblogistiques.
A. CIliban, âgé de 71 ans, forgeron, entra à l'hôpital de la Charité, le a4 janvier 1882. Cn malade, d'une bonne constitution , fit, il y a six ans , un eflort qui lui répondit douloureusement dans la région du rein droit. Plus tard, il reçut un coup de pied de cheval dans la poitrine, à la suite duquel il cracha le sang; il fut trailé à l'hôpital, et sortit guéri au bout de quinze jours. Celte année, il a fait une chute, qui l'a obligé à garder le lit. Depuis cet accident, il ne s'est pas aperçu qu'il souffrît plus d'un côté des lombes que de l'autre. Il a fait antérieurement quelques excès de boisson, mais il assure s'en être abstenu depuis trois ans.
Suivant lui, sa maladie ne date que de quatre ou cinq jours. Depuis cette époque, douleurs dans la région du rein di'oit, survenue sans cause connue et presque subitement. Depuis quatre jours, urines sanguinolentes; vomissemens abondans, suivis d'une douleur dans le rein gauche ; point de graviers dans l'urine. V .
Le 25, douleur aiguë avec Beflsaliqn de chaleur dans la région du rein gauche, sans douleui''îaans.lç testicule: mais le malade
souffert dans le trajet de l'ur^lèîîé^tju'il indique assez exactement avec la main. L'hypochond^^|^che résonne à la percus-
sion, comme lorsque la raie et le i^^n'ont point augmenté de volume. Depuis quatre jours, l'urine^j elienible, poxtr la couleur, à dusirop de groseille ; son sédiment est formé d'une couche blanche, aurdessS de laquelle est une couche rouge, formée par du san;^. Bouche araère, envies de vômir après l'ingestion