II. ESSENTIELLES (s/joradiqucs
des boissons, sensibilité à l'hypogastre, s'étendant vers la région du cœcum et dans celle de i'S iliaque de colon. Pouls régulier, donnant 80 pulsations par minute ; sensibilité morbide audessous de la clavicule droite, s'éteridant en arrière des deux côtés du thorax {Tisane de chiende?it et réglisse; julep; cataplasme sur la région du rein gauche ; lavemens ; 1 5 sangsues >i sur le rein gauche ).
1 Le 26, la douleur des lombes est moins forte; les urines sont v moins rouges [Tisane de chiendent et de réglisse; hains; catatplasmes; lavemens; lait, soupe).
Le 37 , le malade dit avoir éprouvé, la veille, une douleur •dans l'aine et dans le testicule gauches ; la douleur du rein .gauche persiste. Emission fréquente, mais peu abondante des urines, qui sont toujours sanguinolentes. Le sédiment, un peu t moins considérable, est toujours formé de deux couches, l'une . blanche, l'autre sanguinolente (Deuxième application de saiigtsues sur le rein gauche; tisane de lin; cataplasme ; lave- *ment).
Le a8, la" douleur du testicule et celle du rein gauche ont r cessé j les urines sont toujours sanguinolentes , mais elles ^ontplus abondantes et déposent moins. Le malade n'éprouve jilus aucune douleur en urinant; pas de nausées; ventre souple, indolent {Tisane de chiendent et de lin; cataplasme). I Le 29, les urines, moins rouges ; "douleur dans la région lom- " baire gauche.
Le 3o, la douleur du flanc gaupRe est à-peu-près nulle,- l'uine est peu colorée {Tisane de chiendent et de Un; hain de meds).
Le 3i , les urines s^nt .toijt-à-fait limpides; le malade ne soufFre plus dans la région dès reins {Lavement d'amidon; tisane de chiendent et de rè^Jt^^ émulsion).
Le i" février j urines*^taîelles ; point de douleur dans la région lombaire gauche
Le 4, les urines coMi]ji\pnt d'être tout-à-^it naturelles. Le iialade sort guéri,\ îq février iS^a.
35/| H^MORBHAGIES RÉTiALT'S gWUpe).
Ons. IF. — Héniorrhag'ics rénales très abondantes; anémie et affaihlissemeat l)rogrcssifs, malgré l'emploi d'une foule de remèdes; mort. Légères traces d'inflammation chronique dans le rein gauche.
Courtin , |gé de 26 ans, menuisier, né à Dunkerque, entra à l'hôpital Saint-Antoine, dans les premiers jours de septembre 1^36, pour s'y faire traiter d'une hématurie qui, déclarée trois nioisaupai-avanl, sans cause connue ou appréciable, n'avait pas cessé depuis cette époque. M. Guersent fils, chirurgien, aux soins duquel il était confié, et qui avait eu l'obligeance de )n'appeler auprès de ce malade, me donna sur ce cas les renseignemens suivans : A plusieurs reprises, depuis le séjour à riiôpilal, le mnlade a déclaré qu'il n'avait point reçu de coup sur la région des lombes, point fait d'efforts violens; qu'il n'avait pas fait de chute sur la région des reins; qu'il n'avait jamais éproxivé de suppression d'urine, ni rendu des sables ou des graviers, ou des matières purulentes ou d'apparence laiteuse mélangées avec l'urine ; qu'il n'avait point éprouvé de douleurs dans les régions rénales, ni daus la vessie j que l'appareil urinaire n'avait point été exposé à des excitations anomales; en résumé, que le pissement de sang était la seule maladie, et que le malade n'avait éprouvé et n'éprouvait aucune douleur daùs l'appareil urinairc; seulement Courtin avait ajouté que les années précédentes il avait eu de l'réquens saignemens de nez, qui, daris aucun cas, n'avaient été accompagnés de taches à li peau. M. Guerseut ajouta que les accidens éprouvés par ce malade depuis son séjour à l'hôpital , étaient parfaitement en rapport avec les déclarations qu'il avait faites. En eflet, l'exploration de la région des reins n'avait fourni aucun indice de néphrite ; celle de la vessie n'avait donné également que des signes négatifs, soit de l'inflammation de cet organe, soit de la présence d'un corps étranger.
Le 9 septembre, le malade était dans l'état suivant : la peau avait une pâleur anémique, comme à la /suite des hémorrhagies abondantes tt répétées ; les lèvres et les gencives étaient décolorées ; la langue était pâlej l'appétit peu prononcé; les selles régulières, mais la respiration était fréquente; le pouls
H. EssENTiEtjLEs {sporadiqms). 355
lonnait io8 pulsations par minute; en appliquant l'oreille à la égion précordiale, on entendait un très léger bruit de souffle correspondant au premier temps, comme chez les chlorotiquea. ' Le malade avait vomi dans la matinée , pour la première fois. Les facultés intellectuelles étaient intactes.
L'urine était fortement sanguinolente ; le vase dans lequel elle avait été reçue, contenait un assez gi-and nombre de caillots •de sang; les plus considérables formaient de petites masses : irrégulièrement arrondies, du volume d'une olive ou d'une noix. La dimension et la forme de ces caillots indiquaient ^qu'ils s'étaient formés dans le vase oii le sang s'était coagult'i. JIntre ces caillots, on en voyait plusieurs, allongés en forme de fVers , de deux pouces environ de longueur , formés par la fcfibrine qui s'était coagulée très probablement dans les ureitères. Ces caillots étaient décolorés. Quant à la quantité de isang rendue en vingt-quaire heures , il paraît , d'après la déidaration du malade, et à en juger aussi d'après l'aspect aiiéiimique du corps, qu'elle était considérable; on nous assura ique chaque jour on relirait du vase une assez grande quantité • de caillots. La région du rein gauche était douloureuse à la •pression même légère; on nous assura que cette douleur ne s'était déclarée que depuis quelques jours , et postérieurement à un calhétérisme pratiqué pour explorer l'état de la vessie. Cependant l'introduction du cathéter avait été facile et non I douloureuse ; l'exploration de la vessie n'avait point, non plus, provoqué de douleurs : de sorte qu'il était possible qu'il n'y , eût pas un rapport immédiat entre cette opération et la manifestation de la douleur dans la région du rein. Au moment de son invasion , cette douleur s'était propagée le long ' • de l'uretère, dans le testicule et dans la cuisse du même côté; mais elle était maintenant bornée à la région rénale. Du reste, le rein gauche ne paraissait pas avoir des dimensions plus considérables que dans l'état sain. La vessie n'était point dour ' loureuse à la pression et n'était point distendue. La prostate, ' explorée par le rectum, n'était point volumineuse; il n'y avait 1 point d'hémorrhoïdes.
La persistance de l'héraoïrhagie depiuis trois mois; l'absence
356 iriîMORRHAGiEs uênalks (3"" groupe).
de douleurs dans la région du rein et dans celle de la vessie pendant plusieurs mois, et leur apparition depuis quelques jours seulement; l'absence de graviers, de matières purulentes ou puriformes dans l'urine; enfin l'absence des autres signes propres à la néphrite ou à la pyélilc, ne permettaient pas de rapporter cette liémorrhagie à une lésion inflammatoire du rein. D'un autre côté, l'âge du sujet et l'absence d'une tumeur dans la région rénale, éloignaient l'idée d'un cancer; l'existence d'un foDgus de la vessie paraissait encore moins probable. L'époque éloignée à laquelle avaient eu lieu les épistaxis, et l'absence de toute autre liémorrhagie que celle des voies urinaires ne permettaient pas de s'arrêter à la pensée d'une maladie hémorrbagique analogue au purpura. Les cas d'hématurie essentielle , marchant vers une terminaison fatale , étant des plus rares , je restai incertain .stir la nature de ce cas, tout en inclinant vers l'hypothèse d'une lésion matérielle, ,
Lors de l'entrée du malade à l'hôpital, M. Guersent avait fait pratiquer une saignée du bras; des limonades, le ratanhia, des applications réfrigérantes , et d'autres moyens encore avaient déjà été employés inutilement dans le but d'arrêter rhémorrhagie. On n'avait pas mieux réussi en appliquant un moxa sur la région rénale gauche et en faisant des injections alumineuses dans la vessie. Tout présageait une mort prochaine, et elle eut lieu le 17 septembre. J'assistai à l'autopsie du cadavre, qui fut faite le lundi 19, à neuf heures du matin, et je m'empressai de rédiger les résultats de l'autopsie.
État extérieur. Décoloration profonde de la peau, qui est d'un blanc jaunâtre. Point de contracture des membres; la bouche est pleine d'écume.
Tête. Le cerveau est assez consistant , mais humide ; à ia coupe, le pointillé formé par les vaisseaux divisés est rose pâle. Des caillots fibrineuX' existent dans les sinus cérébraux de la base du crâne. Le cervelet est sain comme le cerveau.
Poitrine. Les poumons sont pâles etïïprteraent engoués de sérosité qui flue à la section et surtout à la pression. Les bronches n'offrent point de rougeur; les veines pulmonaires contiennent des caillots fibrineux. Il n'y a pas de sérosité dans la
H. ESSENTIELLES (sporadiques). 357
plèvre droite ni dans le péricarde ; mais il y en a environ une demi-pinte dans la gauche. Le cœur présente une dilataîion assez remarquable du ventricule gauche. Les valvules iont saines. Les cavités des oreillettes contiennent des cail- .ots fîbrineux.
, Abdomen, Le foie, assez volumineux, dépasse les fausses ::ôtes de trois travers de doigt , surtout pi'ès de l'épigastre ; la irate est saine; l'œsophage est sain; l'estomac est énormément ililaté par des gaz, et les veines gastriques se dessinent à traders ses parois sous la forme de lignes bleuâtres , formées par ii'imbibition de sang transsudé ; la membrane muqueuse de Bestomac est ramollie. Ces phénomènes paraissent dus à la imtréfaction. Les veines intestinales sont aussi très apparentes tur plusieurs portions de l'intestin grêle. Le gros intestin ».'ofiFre rien de particulier. Le pancréas est sain. L Le rein gauche, plus volumineux que dans l'état normal, pèse »QViron cinq onces; la membrane fibreuse en est tellement bdhérenteen plusieurs points, qu'on ne peut la séparer du rein uns en déchirer la surface. Extérieurement, la substance coricale est généralement décolorée , et sur quelques points elle it d'un blanc mat jaunâtre, sans offrir la plus légère trace des Uits polygones veineux qu'on observe à la surface du rein in. Cette anémie, légèrement jaunâtre, était tout-à-fait anafjue à celle que j'ai observée dans plusieurs cas de néphrite ironique. On observe en outre à la surface du rein plusieurs ^pressions irrégulières à fond rougeâtre, comme à la suite s néphrites. Il y [a dans le bassinet dois caillots fibrineux, rraiformes.
A la coupe , la substance corticale est, sur plusieurs points, un jaune morbide. La substance tubuleuse n'est point sensioraent altérée. Quant à la membrane muqueuse du bassinet, R est trois fois au moins plus épaisse que dans l'état naturel, surface eu est rugueuse, inégale, d'une teinte jaunâtre, parnée de petits points rouges. Les orifices de plusieurs calices tu évidemment rétrécis. Il n'y a sur la membrane interne du ssinet ni déchirures, ni ulcérations qui eussent pu fournir emorrhagie. Le rein placé sous l'eau, de l'air insulHé dans
358 HÉMORRHAGIES HENALES (S™ groUpe).
la veine rénale s'échappe seulement par les ouvertures de ce vaisseau produites par la section ; il n'y a d'ailleurs daus le bassinet aucune ouverture accidentelle par oîi le sang artériel ou veineux ait pu jaillir. L'uretèife de ce côté est plus dilaté que celui du côté droit, et la membrane muqueuse, jusque près de la vessie , offre une altération analogue à celle du bassinet.
Le rein droit, décoloré, de dimension ordinaire, pèse quatre onces environ, et n'offre pas de taches jaunes, ni de dépressions comme le rein gauche. A la coupe , les deux substances paraissent Saines. La membrane muqueuse du bassinet est épaissie, granulée à Sa surface. Cette altération se continue daus le comniencement de l'uretère. La veine rénale droite ne contient pas de caillots; mais il en existe un petit dans celle du côté gauche. Les capâules sutrénales sont saines. La vessie contient peu d'urine, non sanguinolente, Sails mucus apparent , sans caillots fibrinëtix. Sur la membrane muqueuse, on voit deux fietites taches rougeS, éloignées des orifices des uretères. Dans tous les autres points, elle a son aspect normal.
En résumé, les altérations observées chez cet homme prouvent qu'il a succombé à une hémorrhagie rénale , puisqu'il existait des caillots fibrineUx dans la cavité du bassinet du rein gauche. Lè rein droit, le bassinet et l'Uretère du même côté ne contenaient point de caillots, et on ne peut dire si une partie du sang était fournie par ce rein.
L'augmentation de volume du rein gauche , les dépressions I observées à sa surface, l'anémie jaune d'une partie de la substance corticale , l'épaississenient et l'aspect de la menibraile ! toUquetisè du bassinet , étaient le résultat d'une inflammation | chronique, à laquelle l'hémorrhagie avait probablement suc- j cédé , gan^ en être Une dépendance. L'examen de la vessie a| prouvé qu'elle n'avait aucune part à l'hémorrhagie.
5 774. Des cas analogues aii précédent sont très rares; mais, 1 si on considérait comme essctitidles toutes lés hématuries qui , riè peuvent être rattachées, pendant la vie des malades , à uncj âffèttièn locàlé ou géuéràle déteriftinée, il me serait facile dcj l^at»pcl«r plusieurs exemples de semblables hémorrhogies^
H. ESSENTIELLES {sporudiques). 359
i! Ainsi, Horst (i) rapporte qu'un enfant âgé de 8 ans, d'une t constitution grêle, ayant habituellement peu d'appétit et une V soif insatiable , pissait très souvent du sang sans éprouver t ^oeune douleur aux lombes , ni même en virinant.
D'autres cas sont peut-être encore plus concluans; je veux I parler de certaines hématuries survenues après des accès de a folère. Joseph Peigne, âgé de 66 ans, fut reçu dans les salles de l'hospice de Bicêtre, pour y être traité d'un pissément de sang ij as3ez considérable, survenu presque immédiatement après un H violent accès de colère. Des douleurs hypogastriques des plus \ vives avaient précédé l'apparition du sang; le malade s'était f plaint aussi de ténesme du côté de la vessie , de chaleur et de r douleur dans toute la longueur du canal de l'urèlhre. Le sang r rendu par les urines était d'abord assez rouge , après quoi il f prit une couleur beaucoup plus foncée ; la région des reins était h h siège d'une pesanteur insolite et d'une chaleur assez pronon- > cée; le malade disait aussi y éprouver de temps à aiitre quel- - ques douleurs assez vives. On prescrivit le repos au lit, la diète absolue, l'usage des bains chauds, et de tisanes mucilagineuses. Le lendemain , on eut recours à ime application de sangsues dans la région du périnée, et on continua d'ailleurs les autres moyens prescrits la veille. Le troisième jour, le malade éprouvait déjà un mieux très marqué, ses urines conleuaieiil moins de sang. Il n'éprouvait plus autant de ténesme , ni de chaleur du coté de la veçsie. Le jour suivant, le mieux se soutint, et cependant ,o^ np se relâcha pas de 1^ sévérité du réi giin« ; les tisanes mucilagipeuses furent continuées. Le cin-
> quièine jour, le malade était comme en parfaite santé, ses urines sortaient hbrement et sans aucune espèce de douleurs ,
1 elles ne contenaient plus aucune quantité de sang; plus de
> ténesme, plus de chaleur, plus de pesanteur dans la région lombaire; l'appétit se prononce, et le malade demande des ali-
: mens. On commence par lui accorder quelques potages ; apriis
, {i) Hoïst. Opéra tntdica. Lib. iv. De moibU iniimi ventris, pag. aaô. Obs. lu. Goudie, in-4., i66i.
36o HÉMOliRHAGIES IIIÎJVALES ('3'" gtOUpe).
quoi, on lui permet des alimens plus solides. Il sort des salles et reprend ses occupations accoutumées (i).
§ 775. Je n'ai point observé d'héraorrhagies rénales périodiques, et à en juger par le très petit nombre de faits connus, si on excepte les cas d'héraorrhagies supplémentaires , soit des règles, soit des hémorrhoïdes, et les cas d'hématuries liés à des lièvres intermittentes, les cas d'hématurie périodique doivent être extrêmement rares.
G. Frank (2) affirme que de Ilouest lui rapporta avoir vu, à Sédan , un boucher , qui , tous les mois, rendait du sang par la verge. Cette circonstance ayant été divulguée, elle excita un tel dégoût, que personne ne voulut plus aller acheter chez lui.
Salmuth cite un fait analogue (3).
Plusieurs autres auteurs parlent de cas pareils, sans rapporter les détails nécessaires. Ainsi, on lit encore dans Chopart (4) un exemple d'hématurie, à période mensuelle, qui fut com
(1) Journal général des hôpitaux civils et militaires. In-fol., 7 janvier 182;), t. it, p. 27.
(2) Epliemer. nat. cur., dec. 11, aou. vi, ob. 83, p. 174.
(3) Un miniblrc protestant étnit sujet depuis plusieurs annéesà une hématurie périodique, comme meustruellc. Cette liémorrbagie étant devenue plus abondante et paraissant.^ des époques incommodes,le pasteur demanda, pour la guérir, un remède à une certaine femme. Celle-ci lui prépara une potion dont elle lui garantit le succès pour le rétablissement de la santé. Le ministre la prit, et l'écoulement de sang fut supprimé ; mais, bientôt après, le malade fut saisi d'oppression, d'une grande difficulté de respirer, et mourut peu de jours après (Salmuth. Cent., obs. 47). Christophe Burgmann dit aussi avoir observé un pissement de sang périodique dans une femme.
(4) Chopart, Traité des maladies des 'voies urinaires, t. 11, p. 58. — Cette observation a été rapportée avec moins de détails dans le Bulletin des sciences médicales, juin i8oç). Lebœuf raconte un cas plus extraordinaire encore ; c'est celui d'un jeune berger qui, depuis deux ans, était sujet à une évacuation de sang par la verge et dont les retours étaient réglés comme ceux de la lune. Cet écoulement durait deux jours et donnait environ quatre onces de sang vermeil. Le retour de cet écoulement n'était précédé d'aucune douleur, soit dans les reins, soit dans les parties de la génération ; il commençait ordinairemeut .i se manifester dans la nuit. Cet individu, dont les seins étaient très développés, n'était pas le seul qui fut sujet à cet écoulement pe-
H. EssEWTiFXLEs {pèriocUqucsy 36 r
muniqué à la Société médicale d'Emulation, en 1809, par le 1 docteur Chaumelon.
Le nommé Grosjean, soldât, né en 1778, tomba, à l'âge de 19 i ans, dans un état de langueur, d'abattement et de malaise, . semblable à celui qui précède, chez les filles, la première crup- , tien menstruelle. Une tumeur parut à la région hypogas trique ; 1 quinze jours après, elle s'accompagna de douleurs, et il se manifesta une dysurie insupportable. L'opération de la sonde , ayant été pratiquée, il sortit une grande quantité d'urine mêlée de sang en partie fluide et en partie coagulé. Alors la tumeur liypogastrique , la douleur et la dysurie disparurent comme >.par enchantement. Depuis ce temps, Grosjean a toujours joui d'une bonne santé, et chaque mois, il rend par l'urèthre dix à ><douze onces d'un sang très pur. Cet écoulement a la plus grande analogie, ou plutôt une ideotité parfaite avec le flux menstruel : des phénomènes semblables en précèdent, accompagnent et suivent l'apparition , et il est influencé par les imêmes circonstances. C'est ainsi qu'une fois, entre autres, cet Khomme, à l'époque de son écoulement périodique, fut obligé (de traverser une rivière à la nage; le flux se supprima, le ma- Jade éprouva une vive douleur aux lombes, une céphalalgie Tcruelle, et resta six mois faible et languissant, tourmenté par des nausées, des vomissemens et de fréquentes attaques de ysui'ie, qui exigeaient l'emploi de la sonde, et se terminaient ar l'évacuation d'une urine sanguinolente. Grosjean est d'un
riodique ; il avait un père et quiuze frères qui, cotome lui, avaient régulièrenent tous les mois un écoulement sanguin par la verge {Journal de rnéd., t. v, C756, p.-28o).
I Le docteur JuuUietton rapporte un cas tout-à-fait analogue au précédent : |i Jean Bcroclic, de la commuae de Bonat, arrondissement de Guéret, conprit de 1814, est sujet depuis l'âge de i5 ans, à une bémorrhagic périodique |3t régulière par la verge. Elle se renouvelle du aS au 3o de chaque mois et dure trois à quatre jours. Ce jeune liouimc est d'une constitution grêle et lible. Sa conformation se rapprocbe un peu de celle de la femme ; il a le» buisses un peu plus écartées, le bassin un peu plus évasé, et la poitrine plus resserrée que uc le comporte sou sexe (Journal de médecine de Corvisart, [ioronx et Boycr. avril, i8i3, p. Say).
362 HÉMORRHAQIES RÉPÎALES (3"' groupe).
tempérament lyraphatico- sanguin, comme la plupart des femmes ; il possède d'ailleurs tous les aliribuls de la virilité • leçt grand, vigoureux, a la voix mâle, la figure ornée de barbe les mamelles non proéminentes, les parties de la génération très biep développées ; il est inarié et père de deux enfans sajij» et robustes.
§ 776. Pierre Frapk cite le cas suivant comme un exemplç de diviation des règles par Ips voies urinaires.
ÏJne femme, d'une constitution faible, qui perdait abondammept deux fois par mois, mère cependant de sept enfans venus à, terme, jouissait depuis trente ans d'une assez bonne santé; fille qe se plaignait que d'une faiblesse dans les reins. A l'époque où les règles avaient coutume de paraître , elle éprouva un léger mouvemeut fébrile , avec chaleur le soir , rémission dans la matinée. Au bout de deux jours, ces symptômes se disfsipèrent , saps amener l'écoulement menstruel. Il se manifesta une douleur très forte aux lombes , qvec tension , sentiment général dp faiblesse, surtout dans les extrémités inférieur'^s , qui refusaiept de soutenir le corps ; amertume de la bpi^cbe, pansées , vomituritions. Bientôt elle ressentit de fréquentes envies d'priner ; l'urine s'écoulait en petite quantité àla-fois, sans ardeur, mêlée de sang; son accumulation dans la vessie occasionait un sentiment de pesanteur vers les parties génitales, et aprps son excrétion, le sang se précipitait en abondance au fopd du vase. Ces symptômes continuaient depuis dix jours, lorsque son médecin lui prescrivit une saignée et un laxatif avec la pulpe de casse. Ces remèdes les firent disparaître, à l'exception de l'hématurie, qui éprouva seulement une diminution. C'est à celte époque que la malade se fil trapspot? ter à l'Institut Clinique ; elle présenta à notre examen les symptômes suivans : couleur livide à l'angle interne des yeux; rougeur des joues; gencives fongueuses et saignantes au moindre frottement, décollées ; dents vacillantes ; haleine fétide; sécheresse de la peau ; douleur à la région des reins ; sentiment de suffocation par intervalles; pouls petit, sans être fréquent; qVSBUté considérable de sang dans les urines. On prescrivit rémulsion arabique et le petil-l^il pour bq^sso^. 1(6 aoiy»!^
H. ESSENTIELLES [supplémentaires) . 363
malade fut tranquille. Le lendemain matin, elle remplit un grand vase d'urine ; la partie la plus épaisse du sang fournit un dépôt considérable; la sérosité surnageait au,-dessus du, caillot comme de l'huile. On mit la malade à l'usage d'une décoction de quinquina, et de l'eau aiguisée avec de l'acide aulfurique. Le troisième jour de l'entrée à la Clinique , urines renduça en plus grande quantité, avec les mêmes cî(ractèresi quelques douleurs dans les lombes ; pouls petit et fréquent ( Décoction de quinquina ; fctit-laii alumine^ régime pius nourrissant]. Après dîner, légère horripilation ; quatre selles accompagnées, de l'excrétion des urines ; douleurs qui s'étendent d'une hanchq à l'autre. Le soir, sueur; la quantité de sang est moindre; le^ douleurs des hanches disparaissent,
Le quatrième jour, pouls presque naturel {Mêmes remèdes]^ Le cinquième jour , la malade remplit deux vase^ d'urine ; au fond du premier , on voit une petite quantité de sang noi" râtre , et sorti depuis long-temps de son vaisseau ; le second contient un sédiment puriforme. Il survient d*ps l'hypo-^ chondre gauche une douleur qui augmente par la pression ; mais la sueur et deux selles qui paraissent le soir, dissipent ce symptôme.
Au bout de quelques jours, cette femme sort de la Clinique parfaitement rétablie.
§ 777. Il faut rapprocher de cette observation le fait suivant, raconté par Chopart :
Obs. in. — Gaérison d'uD ancien ulcère, suivie de divers .iccidens; .nppariT lion des règles vers la vingt-neuvième année; bcmaturie suspendant les règles pendant plusieurs mois. Retour des règles; puis nouvelle hématurie suivie d'une nouvelle suspension des règles. Ces alternatives se répétant pendant longues années; mort à 5i ans; absence de lésions matérielles dans les voies nrinaires (Chopart. Traité des mal, des voies urinaires, t. ir, p. 58). '
a Une demoiselle, qui n'était pas encore réglée à l'âge dç 17 ans, eut, à la partie antérieure et inférieure de la jambe droite , un ulcère variqueux qui fourniesait du sang tous le* meis peudaal trois ou quatre jours. Tant que dura C€t écoule*;
364 HÉMORRHAGIES RENALES (3'"" groUpe).
ment , elle jouit d'une parfaite santé. Onze ans après cette première époque , le libia , qui était dénudé , s'exfolia , l'écoulement sanguin s'arrêta , l'ulcère guérit. Il survint alors des maux de lêle , des anxiétés, et surtout, par intervalles, cet orgasme qui annonce et prépare les évacuations critiques. Le» saignées , les fomentations , les martiaux , les boissons gazeuses, etc., n'eurent d'autre effet que d'occasioner , ou au moins de favoriser une sorte d'éruption érysipélateuse sur tout le corps j laquelle cessa au moyen de quelques saignées, tant du bras que du pied. Vers la vingt-neuvième année , les règles parurent , mais elles furent peu copieuses, elles gardèrent entre elles des intervalles de cinq à six mois. La malade traînait alors une vie languissante ; la digestion était difficile, le sommeil agité, avec des bourdonnemens dans la tète. A 33 ans, elle faisait encore usagé des apéritifs et des martiaux, à cause de l'irrégularité de ses règles et de leur petite quantité. Un pissement de sang assez léger leur succédait et continuait alternativement pendant trois ou quatre mois. Il augmentait successivement sans aucune interruption; puis il s'arrêtait, et les règles reparaissaient. Cet état a duré près de dix-huit ans. La malade a pris beaucoup de remèdes pour arrêter le pissement de sang : les pilules alui):iiueuscs , les boissons acidulées avec l'eau de Rabel. Lorsque cet écoulement, par les voies uriuaires, sr'arrêtait ou diminuait, elle éprouvait des douleurs violentes à la tête, un sentiment gravatif dans tous les membres,- elle avait alors recours à des pilules savonneuses qui rappelaient celle espèce de flux naturel. On lui donna aussi des antiscorbuliques : cependant ses gencives étaient fermes et saines, ses dents blanches et bien affermies dans leurs alvéoles, il ne paraissait sur son corps ni taches exan thématiques, ni marques d'ecchymoses , et le sang qui s'écoulait avait une louable consistance. Agée de 45 ans, celle demoiselle s'est mariée, et a continué l'usage de différens remèdes pour arrêter le pissement de sang. Quelque temps après, elle perdit le sommeil, elle eut des envies fréquentes d'uriner; sa peau était sèche ; la fièvre survint avec des frissons , les agitations du corps furent plus considérables. Les urines, qui étaient rare-
n. ESSENTIELLES {supplémentaires). 365
ment claires , ne donnaient pas de sédiraens graveleux. La malade se plaignait souvent d'une pesanteur dans les lombes ; qui s'étendait vers la région hypogastrique. Elle consulta j M. François, chirurgien à Pontigny, en Champagne. Il porta une sonde dans la vessie, et n'y reconnut pas de pierre. Les douleurs devinrent violentes par la difficulté de rendre les i urines; leur cours fut intercepté par des caillots de sang; on en procura la sortie au moyen d'une algalie qu'on laissa dans la vessie pendant plusieurs jours. Pensant que le pissement '. de sang provenait d'un ulcèi-e variqueux de ce viscère, on y fit ■des injections avec une décoction d'orge, de lin, de miel rosat, et un peu d'eau-de-vie , ce qui procura quelque soulagement. -Lorsque le sang recommençait à couler en abondance, il se re- ; formait des caillots, qui, s'engageant dans l'urèthre, interceptaient la sortie des urines, et nécessitaient l'introduction de la sonde. Malgré les pertes de sang par les voies urinaires , celle femme a conservé son embonpoint ; mais il avait une apparence jiiorbifîque ; la peau était pâle et la graisse mollasse. Elle est morte à l'âge de 5i ans. A l'ouverture de son corps, ou n'a •l ouvé aucune marque d'affection particulière. La vessie était petite : elle contenait environ trois onces d'urine brunâtre. Il n'y avait ni ulcération , ni fongus , ni varices. Les autres voies urinaires étaient saines. Les vaisseaux rénaux ont seulement •paru plus volumineux qu'à l'ordinaire. »
§ 778. Dans l'observation suivante, il y a sans doute plus d'une incertitude à l'égard de la nature et d u si imaturie ; mais, d'un autre côté, le fait de l'existence antérieure d'épistaxis habituelles, auxquelles succèdent plus tard une ihématurie dont les attaques se renouvellent fréquemment pen- (|dant plusieurs années, m'a déterminé à rapprocher ce cas des ihématuries supplémentaires.
Durand, âgée de 49 ans, marchande des quatre saisons, enitra, le =8 novembre i83G, à l'hôpital de la Charité. ' Celte femme raconte qu'elle fît, à l'âge de 10 ans et demi une «bute sur des échalas, et l'un de ces échalas la blessa aux parties génitales. A la suite de cet accident, elle eut une Incontiraence d'urine. A part cette infîrmilé et les hémorrhagies dont
366 hi5norrhagies banales (3"" groupe).
nous allons p&rler , jamais elle n'était malade. Elle vivait {, la campagne,gardanl les vaches ou ramassant du bois dans la forêt.
La menslmation, peu abondante , et qui durait de deux à quatre jours, se fit toujours régulièrement depuis l'âge de i5 ans jusqu'à l'âge de 3^ ans. A 20 ans , sans cause connue , celte femme fut prise d'épistaxis qui persislèrent jusqu'à l'âge de 3o ans. Elle afarme que , pendant cette longue période , elle rendit, presque tous les jours, un verre ou un demi -verre de sang. Ces hémorrhagies altérèrent fort peu sa santé. Quelquefois seulement, elle était pâle et affaiblie momentanémtnt. EIIb Se rtiarià à ag ans , et n'eut pas d'enfans. Les épistàxis cessèrent à 3o ans, sans que leur suppression déterminât, pendant trois à quatre années, aucun changement défavorable dans l'éconxjmie.
Jusqu'alors l'îticontinence d'urine avait été le seul accident du côté -des voies urinaires : toutefois, de temps à autre, la malade éprouvait dans la région de la vessie et de l'utérus des élancemcns douloureux, mais jamais de douleurs daus les Tfeins, jamais dcïafig ni de glaires dans l'urine,- quelquefois il y avait unie assrZ forte proportion de sable.
A 34 ans en^•i^on survint une hématurie qui se renouvela tous les jours pendant six mois. Cette hématurie ne put être attribuée à auctjtie cause évidente; elle cessa pendant deux ans, puis reparut pendant cinq, puis cessa une année; et, de- J)'iiis un an^ elle disparaît Une huitaine ou une quinzaine de jours, pour reparahre pendant autant de temps. Ni sa mère, ni sa soéUr, ni Son père, n'eurent jamais d'hémorrhagie pareille. Quant à elle, jamais elle n'eut d'hémorrhoides, ni d'hémopty- Sié , ni d'hématénièse ; point de taches à la peau , point d'alléï^tion scorlîUtiqïre des gencives.
Quelquefois le sang se coagule dans la vessie; alors il y a rétention , et la malade a Coutume d'exposer les parties génitales à la vapetir de l'eau de morelîe et de tète de pavot, et les urines t-eparaissent , entraînant avec elles des caillots qui ont In forme âc sanysuei.
Elle n'a pas remarqué que le retour de l'hématurie fi\t flètetwinée par ancnne action extérieure, évidente.
H. EssKNTi ELLES {siipplémeMaires). 3617
Point de douleur à la région des reins ou le long des uretères, même à la pression ; élancemens dans la vessie^
Par le toucher vaginal, on apprécié le volume de l'utérus, qui paraît petit; les lèvres du museau de tanche sont lisses, égales, d'une bonne consistance. L'espace qui sépare le clitoris de l'orifice de l'urèthre semble plus allongé qu'à l'ordinaire, et préntfe comme un tissu blanchâtre parfois inégal ( traces d'aUiennes cicatrices). L'orifice de l'urèthre, situé très bas et fort ten arrière, est comme perdu au milieu de cinq ou six végétâu Ions dures, grosses, disposées en rayons, qtii n'ont nullement l'aspect des végétations syphilitiques, et qui ont une graildé lureté. En faisant uriner la malade, on voit le liquide suinter lu milieu de ce champignon, et on peut avec beaucoup dé pine introduire la sonde. Cette Sonde, introduite évidemment ians la vessie, puisque l'urine s'échappe de son extrémité n'a .ns une direction droite; il semble que le canal de l'urèthre'àoil lévié. La vessie a un volume normal, et les mouvement de U i'Hide, bien que très douloureux, ne font apprécier aucune umeur, m aucune altération organique de ce réservoir
Les unnes sont rendues en une vingtaine de fois par vingttuatre heures : elles sont troubles et abondantes, et de plus contiennent une proportion assez considérable de san- elles ont acdes, et ont Une odeur urineuse très prononcée. ialléèS
" r T'"^""" •'"^^ légère phi-
3oH.oh d albumxne. Les règles n',m pas paru depuis l'âg! de
Les digestions sont bonnes; les selles régulières
>e i> pâleur et de I amaigrissement.
Dès 1, lendemain, la proportion tlu sang dl,„i„Ua et Iroi* o-s apr., „rt„e, avaient la cotdeur n°ormair;. C ..l..<.ue, elles passent rapidement au rdse, .. „ ,roJ^
•.XtutT'"' -»^« c.t„pm«e„.»6„.
° • '<= reproduire de temps J ,m„.
368 UltMORUHAGinS RlîiVAI.KS (3""' g/'OUpe).
§ 779. On a aussi désigné sous le nom d'hématuries supplementaïres certains pissemens de sang survenus après une suppression du flux hémorrhoïdal , et qui le plus souvent affectent dans leur retour une certaine régularité. Chopart(i) cite le fait suivant d'après les Actes des curieux de la nature:
Un homme de lettres, âgé d'environ 53 ans, qui avait beaucoup d'embonpoint, et dont le tempérament tendait à l'affection hypochondriaque, eut pendant un grand nombre d'années un flux hémorrhoïdal modéré, qui, loin de l'incommoder, contribuait au bon état de sa santé. Cette évacuation s'arrêta d'ellemême. Il eut pendant l'automne un frisson et des mouvemens fébriles accompagnés d'inflammation aux amygdales. Après une saignée du bras , il parut soulagé ; mais la nuit suivante , il lui survint un pissemenl de sang : il en rendit plus d'une livre sans aucun mélange d'autre liqueur, sans aucun sentiment de pesanteur ni de tension douloureuse au foie , aux reins et à la région hypogastrique. Ce phénomène jeta le malade dans la plus grande consternation. Les trois jours qui suivirent, son urine ressemblait à de l'eau dans laquelle on aurait lavé des chairs d'un animal nouvellement tuéj l'excrétion ne pouvait s'en faire sans qu'il ne ressentît des douleurs aiguës à la verge : l'urine s'arrêtait quelquefois lout-à-coup , et ne sortait plus que goutte à goutte, comme dans la strangurie, ce qui fit présumer au malade qu'il avait une pierre dans la vessie. Il usa pendant quelque temps de remèdes émoUiens, puis de lithontriptiques, et il n'en reçut aucun soulagement. Enfin, l'ardeur et les douleurs s'étant fait sentir plus vivement encore qu'auparavant, il rendit en urinant quantité de caillots de sang, qui ressemblaient par leur forme à des foies de brochet. L'instant d'après, toutes ses douleurs cessèrent, l'urine parut claire et colorée comme dans l'état naturel, sans aucun mélange de sang. Le malade se crut guéri ; mais il se flatta trop tôt, car deux mois après, cette dilEcullé d'uriner, accompagnée d'un sentiment douloureux, lui revint comme la première fois.
(l) Cliopart. Des mal. des voies urinaires, f. ir, p. 60. — Ephem. nat, car, Dec. I, ann. viii, Obs. xxrir, p. 4a-
H. ESSENTitîLLES {supplémentaires). 369
Il a été sujet à cette incommodité, sans que les retours eussent des périodes réglées et que les symptômes fussent les mêmes. Il rendait d'abord une grande quantité de sang pur et brillant, sans mélange d'urine, sans douleurs de reins : ce sang se £ coagulait très promptement. L'urine paraissait ensuite teinte ide sang noir, et ne changeait de couleur que lorsque les caillots étaient sortis de la vessie. Il est inconcevable combien le malade en a rendu par cette voie. Il a pris différens remèdes : des styptiques, des astringens, des consolidans, des altérans, sans en éprouver aucun soulagement. Les saignées n'ont pas . mieux réussi. Ce qui a paru surprenant, c'est que l'hémorrliagie était d'autant plus abondante, que les saignées étaient plus fréquentes. L'application de sangsues ne lui a pas élé plus tutile; c'est pourquoi on lui conseilla de s'abstenir de tout remède et de laisser agir la nature. On jugea que cette héraorrhagie était une crise salutaire qu'il était dangereux d'arrêter, la surabondance de sang pouvant, par l'effet des remèdes, se rporter sur quelque viscère et mettre le malade en danger de périr. Il abandonna le soin de sa guérison à la nature. Depuis fcelemps,à l'exception de cette hémorrhagie , sa sânté a élé nussi bonne qu'elle pût être, jouissant d'un sommeil tranquille letde toutes ses fonctions naturelles comme dans l'état le j)lus fdésirable. Les retours du pisseraent de sang étaient annoncés par une pesanteur dans tous les membres, par un sentiment de tristesse et de mélancolie ; mais, dès que l'hémorrhagie cessait, ces symptômes disparaissaient, et le malade reprenait sa gaîlé •ordinaire. »
5 780. Latour d'Orléans (i) rapporte aussi un cas d'hématurie supplémentaire d'hémorrhoïdes ; le malade fut traité lavec succès par les fleurs de soufre. Un autre cas d'hématu- ^►ie remplaçant un (lux hémorrhoïdal supprimé, rapporté par Me docteur Chastaingt (2), a quelque ressemblance avec ces observations; mais il paraît que les attaques, ou plutôt les caroxysmes de l'hématurie, étaient bien inoins régulières.
(1) Latour. Traité philos, et méd. des hémorrhagies , t. n, p. 25.
(2) NoweU,hiUioihi<^ue médicale, i8a6, t. iv, p. 36a.
HIÊMORRHAGIES RÉNALES (3"" groupe).
Les saignées , loin de diminuer l'hémorrhagie , l'aggravèrent.
L'auteur de l'observation suppose que la source du sang était dans la vessie , dont les veines seraient devenues variqueuses.
§ 78 t. Voici deux observations non moins curieuses et qui appartiennent à une autre série de faits :
M. Elliotson (1) a vu, chez une personne, qui avait eu antérieurement une fièvre d'accès^, une hématurie iniermiltente guérie par le sulfate de quinjne. Le sang était toujours rendu dans la période de froid. Un cas analogue est rapporté par le docteur Gergères (2) : un jeune homme, capitaine de navire, jouissant habituellement d'une bonne santé, fut pris pendant deux heures de frissons très vifs, après lesquels se développa une forte chaleur : pendant cette période , le malade eut besoin d'uriner; mais, au lieu d'uiine,il rendit par l'urèthre une grande quantité de sang. Quelques heures après, une sueur s'établit, et le malade se crut guéri. Le lendemain, à la même heure, retour des mêmes accidens fébriles et de l'évacuation du sang. M. Gergères prescrit un traitement émollient tant interne qu'externe. Les symptômes cédèrent encore à la même heure que dans le premier accès. Le troisième jour, les mêmes phénomènes se reproduisirent encore avec plus de violence. Dès-lors on s'empressa, vers la fin de l'accès, d'administrer le sulfate de quinine à la dose de vingt-cinq grains ; ce moyen mit fin à tous les accidens, et en empêcha le retour.
Antérieurement, Stewart (3) avait publié l'observation d'une hématurie périodique, traitée sans succès, depuis huit mois, par la diète et le régime antiphlogistique, et qui guérit dans l'espace de trois mois par le quinquina et les toniques. Le sixième mois de ce traitement, le malade était complètement rétabli.
§ 78a. On a vu des hématuries survenir vers la fin des ma-
(1) Nanmann, Handbuch der medicinischen Klinik, B. vr, S. 52.
(2) Journal de la Société royale de médecine de Bordeaux, 2" livrais., iSSj.
— Gazette méd. de Paris, i838, p. i5i.
(3) Comment, med. Opéra periodica dei cilladini Brugnatelli 8t V. H. Brert.
— Recueil périodique de Sédillnt, t. rtr, p.. 1
H. ESSENTIELLES (criti'ques). 371
ladies aiguës et leur servir de crise. Foreest rapporte l'observation suivante , d'après Amatus Lusitamis ■ Un jeune homme très robuste et très coloré, atteint d'une fièvre inflammatoire très intense, avait été plusieurs fois saigné, jusqu'au septième jour , pendant le traitement de cette mala-» die. Ce jour même il virina beaucoup de sang. Amatus , appelé par les parens qu'effrayait un tel accident , conjectura d'après l'état du malade qu'il s'était opéré une crise salutaire par les voies urinaires. Il tranquillisa les assistans, et prédit une guérisou prochaine, qui eut en effet lieu peu de jours i après (i)-
Plus rarement, on a vu des maladies anciennes et rebelles, telles que des accès d'asthme, cesser après une hématurie de I quelques jours de durée. Latour (2) rapporte le fait suivant : < «M. de Cossoles, âgé d'environ 40 ans, était atteint d'asthme, et n'en était incommodé que dans son lit. Aussitôt qu'il se couchait, il éprouvait une grande oppression, une toux continuelle et une expectoration si abondante , que les forces se seraient épuisées dans les premiers paroxysmes, si le malade s'était obstiné à rester dans son lit ; dès-lors la source de crachats autait été inépuisable, et la faculté de s'en débarrasser aurait manqué. Aussi , dès l'insulte d'une forte dyspnée , il quittait |> son lit, et, quelques instans après, tous les accidens disparaissaient; ainsi le malade pouvait provoquer son asthme en se couchant, et l'arrêter en se levant. Il avait consulté beaucoup de médecins sur cette affection déjà ancienne ; les béchiques incisifs de toute espèce lui avaient été donnés inutilement j on avait employé en vain les révulsifs irritans sur divers endroits sympathiques de la poitrine,. ainsi que les purgatifs , les diurétiques, les diaphorétiques et même les caïmans. Un docteur voulut faire l'essai du quinquina , à cause du périodisrae nocturne de l'asthme ; les remèdes antérieurs n'avaient pas rempli l'objet qu'on s'en était proposé ; celui-ci fit beaucoup de
(t) Yôycz : nn cas de pneumonie terminé par une béinaturie, 1. 1, p. Syg» 58o, 582.
(2) Latour, ouvr. cité, t. ii, p. 128.
'■^7'^ nÉi\roRnirAGiEs rï^kales (3"" groupe).
mal. De lui-même le malade songea à prendre l'habitude de ne plus se coucher : il établit dans sa chambre un fauteuil de repos. La toilette de nuit était une camisole et un pantalon d'une peau d'agneau apprêtée, dont la laine en dedans tenait le malade très chaudement. Il piit tellement l'habitude de passer ainsi les nuits, que jamais il ne se coucha dans son lit pendant plus de dix-huit mois ; c'est ainsi qu'il pallia sa maladie^ sans pouvoir en déraciner le principe. Il éprouvait toujours une disposition à l'asthme ; mais il tenait le moyen d'en prévenir les paroxysmes, et de se préserver, par conséquent, de SCS grands accidens. Sans cause connue , après une aussi longue rémission , il ressentit tout-à-coup des douleurs vives des reins, et une slrangurie violente qui le fit beaucoup souffrir, et qui nous fil juger que peut-être un calcul en était la cause ; mais ces accidens se terminèrent par une hématurie. Dès le moment de l'irritation des reins et de la vessie, sa poitrine reprit ses fonctions faciles , et avec une telle liberté , que couché horizontalement dans son lit, le malade respirait et reposait sans éprouver la moindre gène. Le jour, il pouvait se promener et monter un escalier, sans exciter sa primitive dyspnée. Je fus appelé, et, considérant attentivement la série des accidens , j'imaginai qu'un mouvement fluxionnaire hémorrhoïdal avait établi, ou des varices, ou un mode congeslionnaire quelconque dans le poumon, d'où dépendait l'asthme ; mais jamais le malade n'avait eu des hémorrhoïdes, et De Haen dit : Conjecturando forte aliqiiid tolerabile 'proferimus aliqiiando. Cependant l'excitation forte de la vessie, et l'hémorfhagie qui en avait été la suite, avaient guéri l'asthme comme par enchantement. Cette dérivation naturelle dans les voies urinaires , de la cause existant primitivement dans la poitrine, me fit estimer que, pour préserver à jamais le malade de l'asthme , l'art devait ici imiter la nature j ainsi , l'hématurie déjà à sa terminaison, je conseillai ensuite, tous les quatre mois, pendant plus d'un an, l'application de huit sangsues à l'anus. Je persuadai au malade qu'elles exciteraient une effusion sanguine qui ferait dériver dans les hémorrhoïdes le mouvement fluxionnaire, qui, sans cette précaution, pouvait encore
H. ESSENTIELLES (endémiques). 378
reprencU'e sa direction vicieuse vers la poitrine. Il suivit exactement mes conseils. Plus de deux ans et demi ensuite, il éprouva un vomissement de sang considérable. Je le vis fort inquiété de cet accident nouveau. « Docteur, me dit-il, vos soins me sont plus importans que jamais. Jadis j'eus une perle de sang salutaire j vous jugerez celle-ci tout autrement d'après la voie dangereuse qu'elle prend. » Le malade avait éprouvé une fièvre intermittente longue, qui avait déterminé une congestion sanguine à la rate, encore alors très engorgée, mais dont le volume était diminué de moitié depuis l'hémfitémèse , selon la remarque du malade lui-même. Par conséquent, je ne fis rien pour diminuer cette hémorrhagie, qui me confirma l'opinion que j'avais eu de l'origine hémorrhoïdale de l'asthme. Je me bornai à favoriser les évacuations par les lavemens avec la décoction des plantes apéritives , par l'usage intérieur du petit-lait et du bouillon d'herbes. A mesure que les déjections alvines firent couler le sang, la rate se déprima. Ce flux cessa ensuite de lui-même. Pour eu empêcher enfin le retour, ainsi que celui de l'asthme , l'application réitérée de sangsues aux vaisseaux hémorrhoïdaux , les eaux de Ségray, près de Pithiviers, pour boisson ordinaire, celles de Vichy le matin , réussirent bien, et remplirent d'ailleurs l'indication que présentait le dérangement organique de la rate. »
5 783. Hématurie endémique des régions tropicales.
La recherche de la fréquence ou de la rareté de certaines maladies , et en particulier des affections des voies urinaires dans les différentes régions du globe , est une étude aussi intéresante pour le physiologiste qu'instructive pour le patholégiste , surtout si on complète cette étude par la connaissance des modifications plus ou moins profondes que ces maladies reçoivent de l'influence des différens climats. Les praticiens du continent , que le hasard ou leur réputation appelle à traiter ces affections chez des colons venus en Europe, comprennent vite que cette étude n'est point un objet de pure curiosité ; car seule elle peut les éclairer sur des circonstances particulières et caractéribliques, relatives à la
HiÎMOr.nHAGlES RÉNALES (3"" gl'OUpé).
nature de ces maladies et au traitement que leiu' origine exotique rend nécessaire.
S'il en élait besoin, ces remarques seraient justifiées par l'étude d'une maladie dont l'existence n'est nieulionnée ni dans nos ouvrages classiques de pathologie (i), ni dans les encyclopédies ou les dictionnaires de médecine ; affection que j'ai lieu de croire peu connue du plus grand nombre des praticiens, je veux parler de l'hématurie endémique (2) de l'Ilede-France, de l'Ile-Bourbon et du Brésil, que j'ai observée chez plusieurs colons venus à Paris.
' (i) On a lieu d'être ùtonné que le docteur Marsball ne parle pas de l'héniaturie de rile-dc-France dans son Esquisse de géographie médicale {Sketch 0/ the geograp/iical distribution of diseuses, Ediab. nied. and surg. journal, t. sxxvi. p. 33o).
(2) Je ne sache pas que l'hématurie sous forme endémique Al observée chez l'homme, en France, ni même dans les contrées méridionales de l'Europe; mais on assure qu'on a vu des hématuries régner endémiquement, dans quelques localités, chez les animaux domestiques. Toutefois, il faut distinguer les hématuries réellement enrfeWyuej et dépendant des lieux, de celles qui sont le résultat de certaines nourritures communes à un même troupeau ou aux animaux domestiques d'une même contrée. Ainsi J. P. Frank {Médecine firatique, trad. de P. M. Goudarean , t. m, p. 366) assure que le cystus lauri/olius occ.isionnc le pisscment de sang chez les brebis, et que différentes espèces de renoncules produisent le même accident chez les vaches. M. Hurtrcl-d'Arboval dit avoir vu toutes les vaches d'une exploitation atteintes d'Iiéuiaturic pour avoir ni:ii:gé des feuilles d'if {Dici. de mcd. vétérin., art. I/émattirie). M. J. C. Favrc a décrit, sous le nom de hématurie des feuilles, un pisscment de sang qui a lion, dit-il, chez le gros bétail surtout au printemps, et qui a pour cause ordioairc le pâturage dans les taillis et les broussailles {Recueil de méd. ■vélérin. pratique, iSi'], juillet, août, septembre, etc.).
Chez l'homme, l'iicuiaturic sous forme épidémiqne doit cire également fort fare en Europe. A ce sujet, le passage suivant de Reil est la seule observation que je puisse citer : « J'ai vu une fois, dit-il, l'hématurie régner épi - 0 démiquement comme maladie aiguë. C'étaient surtout des hommes jenues <T et bien portaus qui en étaient atteints , du reste sans accideus fâcheux; ils « guériss.iient rapidement. •■ {Fieberlhere , t. m, p. 124, 2" cdit.)-
M. Drouard {de P Hématurie dans l'espèce bovine. Héc. de méd. vélérin. prat., octobre 1837) dit que chez les vaches l'hcmaturie est très fréquente *u printemps, sans l'indiquer comme épidémique.
H. ESSENTIELLES {endémiques). 875
Je vais rappeler brièvement les principales observations «faites sur cette maladie par les médecins français qui ont .••exercé à l'Ile-de-France.
Ch. Chapotin (i) s'exprime ainsi dans sa To-pographïc de , l'Ile-de-France :
a A l'Ile-de-France, l'enfant, quel que soit sou sexe, est ;aUeint, dès l'âge le plus tendre, d'hématuries qui annoncent la faiblesse de la membrane muqueuse des reins. Chez les uns, elles sont continuelles et légères; chez les autres , elles revienment par intervalle, avec difFérens degrés de force : elles sont rordinaiiement sans douleur et sans aucune lésion de la santé, U serait dangereux de les supprimer; on doit se borner à for- Itifier la constitution de l'individu par les moyens connus , isurtout par l'usage fréquent des bains froids, de la natation.
« Elles se dissipent ordinairement à l'époqvie de la puberté, leouvent aussi elles se prolongent au-delà de ce terme ; elles ■sont fréquemment remplacées par des attaques de coliques •néphrétiques, qui paraissent dépendre tantôt d'une sécrétion muqueuse trop abondante , tantôt de l'engorgement des vaisseaux sanguins de cette partie, ou de la présence de calculs
r rénaux.
« J'ai vu chez des sujets replets ces organes affectés d'engor- »eraens sanguins, à l'époque oli le système veineux abdominal prédomine chez l'homme ; alors suivaient des suppressions d'urine ou des hématuries, actives, très graves, qui n'étaient llissipées que par des saignées copieuses ou par un dégorgement abondant des vaisseaux hémorrhoïdaux, soit naturel, loit produit par des sangsues. Cette maladie était sujette à réàdive, et se terminait quelquefois par une néphrite. » i Chapotin rapporte en outre l'observation très curieuse d'un jeune créole qui , après avoir éprouvé dans son enfance un pissement de sang , eut plus tard un pissement d'urine albunineuse et graisseuse. Je reproduirai plus loin cette observation.
« («) Chapotin (Ch.), Tofiograpliie médicale de l' Ile-de-France, iu-<i. Palis, 1812.
HIîMOMHAGIES i\t]\rALES (3"" gfOUpe).
Un de mes anciens élèves, M. Salesse (i), né à l'Ile-de-Prance, où il exerce aujourd'hui la médecine avec distinction, a fait connaître, dans sa dissertation inaugurale , plusieurs exemples de cette hématurie endémique, à laquelle il assigne les caractères suivans :
« Les trois quarts des enfans de l'Ile-Maurice (Ile-de-France) en sont atteints. La masturbation , les mets épicés , en sont les causes déterminantes; la maladie a été aussi attribuée à une mauvaise qualité de l'eau employée pour boisson.
a Lorsque le sang rendu provient des reins (Obs. xii, le malade est sujet aux coliques néphrétiques ; ou il a rendu des graviers, ou bien il peut arriver qu'il n'ait jamais rien éprouvé. L'urine qu'il rend est mélangée avec le sang ; la couleur est la mêmedepuislepremier jet jusqu'aux dernières gouttes; il rend quelquefois des caillots de sang, et les caillots sortent quelquefois au commencement, tantôt à la fin de ses urines. La seule douleur qu'il ressente se porte à l'extrémité du gland. Après un excès, soit dans les plaisirs de l'amour, soit dans ceux de la table , son urine est plus foncée en couleur ; il en est de même après une longue course , ou le lendemain d'un bal , etc. Il urine peu.
« Quand , au contraire , le sang provient de la vessie , le malade éprouve une douleur assez vive dans cette région et à l'anus ; le périnée est le siège d'une pesanteur et d'une tension désagréables ; le malade n'a jamais rendu de graviers ni eu de coliques : chez lui , les excès peuvent produire l'efl'et contraire et rendre les urines moins sanguinolenlesl, Ous. iv). Il éprouve souvent le besoin d'uriner, et à chaque fois il émet une petite quantité d'urine; il est sujet aussi à rendre des caillots de sang; quelquefois le sperme épanché est sanguinolent.
« Les personnes affectées de cette hématurie sont en général d'une faible constitution ; elles ont le teint pâle ».
M. Salesse ne fait pas mention des urines albumineuses graisseuses [ urines laUeuses , Chapotin, vrincs chyieuscs,
(i) Salesse (Antoiuc-Émilien), Diss, tut- l'hématurie ou pissement de sang, iu-4. Paris , i83i.
H. ESSENTIELLES [endémîques) : 877
• Proul) que Chapotin a signalées , et que j'ai moi-même ob- » servées à la suite de cette singulière hématurie.
Je mets immédiatement sous les yeux du lecteur plusieurs r exemples de cette hématurie.
§ 784. Première série. — Cas simple d'hématurie endémique. - — Dans les faits de cette première série, l'existence d'une urine . habituellement sanguinolente , souvent sans cause occasion- K nelle appréciable, et sans autres signes de lésions matérielles ■ de l'appareil urinaire , paraît constituer uniquement la raa- I ladie.
;■ Obs. IV.— Hématurie continue chez un enfant (Ile-de-France) ; diminution de la perte du sang par le bain froid. — Voyage en France, continuation des accidens. — Santé assez bonne (Docteur Salesse).
M. A. E. avait depuis l'âge de 7 ans une hématurie idiopa- \ ihique continue. Obligé de beaucoup marcher, il évacuait i chaque jour au moins une once de sang avec les urines ; parle fois il rendait aussi des caillots qui sortaient, tantôt au com- I mencement de ses urines , tantôt à la fin : jamais il n'a éprouvé
I de douleurs du côté des reins ; seulement une petite pesanteur
II au périnée se faisait sentir. Malgré tout ce qu'il fit, l'hématurie «continua, sans augmentation. Il remarquait pourtant qu'après t un bain froid le sang semblait diminuer. A ar ans, il fit un ■vvoyage en France, avec l'espoir qu'après un séjour de queliques années son hémaUirie cesserait; point du tout, elle coni tinua , sinon plus fortement , du moins avec une douleur plus t grande lorsqu'il urinait. Cette douleur alla en augmentant, et jse fixçi au périnée, où il éprouva une tension et une pesanteur l| incominodes. Les envies d'uriner devinrent plus fréquentes, bien I que les urines fussent plus abondantes. Sa santé fut en général «toujours la même; il ne maigrissait pas : cependant n'ayant (jamais tant souffert de son hématurie , il s'en effraya , et alla iconsulterle professeur Andral , qui lui ordonna une tisane as- «tringen le composée principalement de ratanhia. Après huit ou Idix jours de cette médication , les douleurs s'apaisèrent, l'urine s contint moins de sang ; mais il lui survint une fièvre intermit- Iteulc qui nécessita Temploi du sulfate de quinine. Sa fièvre
HÉMORRIIAGIES RÉNALES (3"" groupe).
passée , il discontinua le remède prescrit par M. Andral , et son hématurie revint comme auparavant. Pensant avoir une pierre dans la vessie, il consulta le professeur Roux, qui, après l'avoir sondé , lui assura n'avoir rien trouvé : seulement il lui dit que la vessie était très petite. L'exploration de la vessie fut très sensible à M. E. Depuis , il eut plusieurs accès de fièvre intermittente, et à chaque accès les urines devinrent moins rouges. M. E. est toujours dans le même état, il piend d'ailleurs, tous les deux ou trois jours, des bains qui lui font à chaque fois éprouver un grand soulagement.
Chose remarquable , lorsqu'il fait une grande course à pied, qu'il fait un excès de table , ou qu'il se livre avec incontinence aux plaisirs de l'amour, son urine devient claire pour quelques jours; mais alors il éprouve en urinant une légère chaleur ou col de la vessie. Quand il lui arrive d'avoir des pollutions nocturne , la tache que la liqueur séminale laisse à son drap est entourée d'un cercle sanguinolent. M. E. est d'un tempérament bilieux , d'une petite stature ; il se plaint de maux de têle quand son écoulement diminue ; il ne rend jamais de graviers, ni ne souflre des reins.
Obs. V. — Hématurie coatiuue depuis l'eufance (Ile-de-France), saus altération notable de la santé (Docteur Salesse).
M. N. est affecté depuis son enfance d'une hématurie idiopathique continue ; il n'a jamais souffert des reins ni de la vessie , et cependant il émet du sang noir avec son urine; très souvent il rend aussi des caillots de sang. Depuis le premier jet jusqu'à la dernière goutte ses urines conservent la même couleur noire. Il est à Paris depuis trois ou quatre ans, et son hématurie est toujours la même : seulement elle tend à augmenter après quelques excès. Il a eu une gonorrhée, qui n'a agi en rien sur son affection. Du reste , il jouit d'une bonne santé ; il est d'un tempérament bilieux , d'une figure pâle , et d'une haute stature.