‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource]Chapitre 25 sur 42 · II. EssENTiELLLES {cndémiques · texte numérisé non relu

II. EssENTiELLLES {cndémiques

différente de l'urine saine. L'émission de l'urine n'a été douloureuse que dans un petit nombre de cas , et probablement par suite de la présence d'un caillot de sang engagé dans le col de la vessie. Les émissions d'urine en 24 heures ne sont pas fréquentes.

Lorsque j'ai vu l'enfant, sa santé générale paraissait bonne ; le ton de sa chair, sans être coloré, n'était point pâle comme dans la chlorose ou dans l'anémie consécutive aux pertes de ; sang; les balteraens du cœur étaient réguliers, sans bruit morbide ; le premier temps seulement présentait un très léger bruit de souffle , ou au moins paraissait plus prolongé que dans l'éitat normal. La respiration était pure , la bouche était saine , fies lèvres et les gencives n'étaient point décolorées, le sommeil tétait régulier , l'appétit était bon, les forces musculaires assez (développées. En résumé , l'hématurie paraissait renfermer en . elle tous les accidens.

J'ai examiné avec M. Guibourt trois échantillons de l'urine ,de l'eufant : l'un était de l'urine i-endue au réveil 5 l'autre était ide l'urine rendue deux heures après le déjeuner; le troisième tétait de l'urine rendue trois heures et demie après le dîner. ;Ges trois échantillons d'urine étaient acides, et ne contenaient ^)as sensiblement plus de matière grasse que l'urine saine ; lans tous il y avait une quantité notable d'albumine et un grand nombre de cristaux piismatiques et rhomboïdaux d'acide urique, visibles au microscope. L'urine rendue deux heures après le déjeuner était rougeâtre , sanguinolente , et contenait un grand nombre de globules sanguins. Le lendemain, le sédiment de cette urine paraissait être uniquement composé de ces globules et de cristaux d'acide urique.

Une certaine quantité des trois échantillons de l'urine de cet enfant ayant été conservée pendant quinze jours dans de petites fioles bien bouchées, mais contenant une très petite quantité d'air, il s'est dégagé une odeur très prononcée d'hydrogène sulfuré de l'intérieur de ces petits vases, lorsque nous les avons débouchés. Du papier blanc mouillé et imbibé d'une solution d'acélale de plomb a bruni très sensiblement après avoir été appliqué un moment sur le goulot de ces petits vases.

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Celte urine, qui était encore acide, et rougissait tiès sensiblement le papier de tournesol , et qui ne bleuissait pas le papier rougi par un acide , contenait donc une matière organique qui elle-même contenait du soufre, à moins qu'on n'aime mieux supposer que l'bydrogène sulfuré provenait d'un sulfate décomposé lui-même par suite de l'altération de la matière animale. Cette dernière supposition me paraît loulefob moins fondée que la première ; car l'm-ine ordinaire , qui contient toujours des sulfates, abandonnée à elle-même dans un vase clos avec une petite quantité d'aii-, ne donne pas lieu à la production de l'hydrogène sulfuré (i).

Malgré la continuité de cette hématurie, la santé de cet enfant n'était non-seulement point altérée , mais encore son développement paraissait se faire d'une manière aussi régulière que chez les enfans de son âge. Espérant d'ailleurs que le séjour en France pourrait suspendre cetffe hémorrhagie chez c^' enfant, comme cela a eu lieu chez plusieurs colons atteints de la même maladie, mes honorables confrères, MM. Arvers, Bouvier et moi, nous avons pensé qu'il ne fallait pas d'abord opposer un traitement très actif à cette hématurie , sans cependant l'abandonner entièrement à elle-même. Nous avons cru en outre que la présence , dans l'urine , d'une grande quantité de cristaux isolés d'acide urique et de petits cristaux d'acide urique aggloméré (gravelle) constituaient un état morbide qui devait être combattu, quoiqu'il ne fût point accompagné de cohques néphrétiques , circonstance que le peu de volume des graviers explique suffisamment. D'après ces motifs , nous ayons conseillé : i° de faire prendre à l'enfant, le matin, à jeun, une petite quantité d'eau de Vichy; 2° de lui faire prendre, un peu avant le dîner , une dose de sous-carbonate de fer ; 5° enfln de recourir aux balsamiques, aux pilules de térébenthine, et même aux pilules de copahu, à petite dose, si le pissenient de sang venait à augmenter.

(i) MM. Baudrimont et M.ilagutti ont trouvé du soufre dans des calculs de cystine; je regrette de n'avoir pas recherclié dans ce cas si l'urine n6 contenait p»5 une certaine quantité de cette substance. ^

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)Obï. XIV.— Hématurie vec gravelle d'acide urique , suivie de pétéchies, chez un colon de l'Ile-de-France.

M. Ferdinand W est né à l'Ile-de-France; il est âgé

ide 2 2 ans. Dès sa dixième année, il a commencé à ressentir ides coliques néphrétiques; jusqu'à l'âge de i6 ans, elles étaient Ipeu fréquentes; elles le sont ensuite devenues beaucoup plus ijusqu'à l'âge de 20 ans oii elles ont tout-à-fait cessé. Il est à iremarquer, écrivait le consultant, que celte maladie affecte les itrois quarts des jeunes gens qui sont nés dans ce pays; que itçhez la plupart elle cesse à l'âge de ao à 24 ans; mais que d'autres en sont incommodés le reste de leurs jours. Les rpremières coliques néphrétiques furent suivies d'un pissement tde matière semblable à du sable , mêlée de petits graviers de ila nature de celui que le malade remet avec le présent exposé. JJn de ces grwers s'est «ngagé dans le canal de l'urèthre, et P)^;être extrait qu'ayec une petite pince. A i^âge de 16 ans,' le malade eut une gonorrhée qui dispairaissait un certain temps et reparaissait ensuite; elle fut suc- Kessivement traitée avec du sublimé , dont le malade ne prit «qu'un très petit nombre de doses , et ensuite avec du sirop de iLarrey , dont il prit environ une demi-bouteiUe ; après quoi il i-ut. obligé d'en suspendre l'usage, à cause des violentes douceurs de tête qu'il éprouva. Cette maladie ne fut ensuite trai- .tée qu'avec des tisanes de plantes du pays, des boissons rafraîchissantes, de l'essence de salsepareille, des prises de baume le copahu,..et enfin des injections de sulfate de zinc et d'o- «xum^; elle disparut à la suite de ces remèdes, et cessa tout-à- : au. 11. y a environ un an, avec une nouvelle gonorrhée se nanifesta un pissement de sang, qui a commencé à s'affaiblir epu.s le mozs de mai de cette année, époque à laquelle le made arriva en France. Ce qui détermina le voyage du malade t.urope, ce fut un état extraordinaire de faiblesse et de déla- .rement d estomac accompagné de diarrhée, qui devint de plus "ofs de f ''^''^'^^ de son embarquement' au

il ementT ''''' '""^'^ ^« ^"'^l-- de dé-

cent d estomac, accompagné de diarrhée, commença à la

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suite de saignées abondantes qui furent ordonnées par les médecins à cause de très violens maux de tête et de fièvre que le malade éprouva vers le commencement d'octobre i835. Les médecins né prescrivirent d'abord pour remède à ces faiblesses et à cette diarrhée d'autre traitement qu'un régime alimentaire très doui ; cependant ils ordonnèrent des bains froids ; mais à peine le malade en éUt-il pris uti, qu'il lui sortit, au bas des jambes, des taches rouges, avec une démangeaison le soir. Cet état dura jusqu'au mois de février, oii les médecins, qui ne donnaient plus aucun remède, conseillèrent un voyage en Europe. A bord du vaisseau, les faiblesses d'estomac et la diarrhée cessèrent; mais les taches prirent un nouveau caractère : elles se portèrent successivement aux jambes, aux cuisses, aux avant-bras et au cou; elles étaient rouges le malin, devenaient violettes vers le soir, en se prononçant en relief. Une démangeaison très forte , et ensuite des douleurs ou des crampes les accompagnaient. La traversée dura trois mois ; le malade arriva à Bordeaux au mois de mai de cette année dans cet état, auquel se joignait Une très grande faiblesse. Depuis lors, ces taches, conservant toujours à-peu-près le même caractère, ont cependant considérablement diminué. Lorsque le malade est arrivé à Bordeaux, elles lui couvraient presque entièrement les membres; à présent, elles sont iûfinimejit plus petites et beaucoup plus éparses. -

Quelques jours après son arrivée à BofdeatK^ le malade fut aflecté d'une toux fréquente, qui semblait prôfenir principalement de la gorge : elle cessa au bout de six semaines ; raàb elle n'est pas absolument passée ; elle f evjent surtout lorsque le malade prend des alimens, fait plus d'e<ercice, ou prend des bains, dont il a essayé de faire usage, mais qu'il a été obligé d'interrompre par ce motif.

Le malade éprouve des envies d'uriner'très fréqué^lfes , environ toutes les demi-heures , la nuit comme le jour : cette i envie est provoquée par un chatouillem^t dans la verge , qui devient de plus en plus difficile à supporter^ just^à ce que de f besoin ait été satisfait. Le malade ne selivr^à auogne espèce j d'exercice; mais quand il lui arrive d'aller voilure, le ch»-

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louilleraent cp,ii le foi-ce à uriner devient alors plus fréquent et plus insupportable.

Le 35 septembre i836 , époque à laquelle] e fus consulté, je conseillai l'usage des ferrugineux, du ratanliia et du bi-carbonate de soude , et un régime analeptique. J'ai appris que la santé du malade s'était améliorée j mais j'ignore si la disposition à la gravelle a été détruite , et si l'hématurie s'est reproduite. C'est le seul cas où j'ai vu celte espèce d'hématurie s'accompagner de péléchies.

S 786. Troisième série. — UèmatuHc endémiqtie. — Urine chyleuse.

ÔBS. XV.— Hématurie continue chez un jeune créole (De-de-Francé). sùMe d'urine d'apparence laiteuse (r); guérison par la teinture de cani tharides (Chapotin).

Un jeune créole, d'une faible conslilulion , avait été sujet, dans son enfance, au pissement de sang, qui ne cessa qu'à l'âge' de quatorze ans; il avait toujours joui d'une bonne santé jus^ e qu'à dix-sept ans, où il prit en dix-huit mois un accroissement » assez rapide. Peu de temps après, il éprouva de vives douleurs c dans les lomlîes ; elles se dissipèrent après deux ou trois jours . de durée, et furent immédiatement suivies d'un écoulement . d'urine sembiâlile à du lait.

^ Cet étaf du^lt depuis deux mois lorsque je fus appelé : on . n avait adounistré que de^ moyens relâchans : il était extrême^ I ment maigre et faible, n'éprouvait aucune douleur,- le teint . était pâle, la figure «ouverte de boutons; il n'avait aucun dégout pour les-^imens, mais un fréquent besoin de boire • les digestions étaient mauvaises; il avait toujours cinq à six séues dans les vingt-quatre heures, la peau souple et humectée , des su€4^ copie uses^près le moindre exercice. Les urines, en moindre quantité que les boissons, présen- • t..nt, des qu'elles étaient bien refroidies, une masse bLrchâ-

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Ivc, coagulée et imitant parfaitement le lait caillé, avec une odeur faible et fade. Ce coagulum pressé laissait échapper une sérosité blanchâtre qui, soumise à une analyse exacte, a fourni une assez forte quantité de fibrine. L'eau bouillante et l'action de l'acide sulfurique ont démontré la prédominance de l'albumine; la gélatine y était en plus faible quantité. Il n'y avait presque point d'acide, et peu de sels ordinaires à l'urine.

Je le mis aussitôt à l'usage d'alimens pris uniquement dans le règne animal, en y joignant du vin, des amers, du quinquina combiné avec les ferrugineux et l'extrait de bile. Ces moyens continués pendant dix jours ont ranimé les forces, sans que les urines aient varié. J'ai augmenté les doses de quinquina , en y mêlant un peu d'aloès , et j'ai fait faire des frictions sur les régions lombaires et ombilicales avec un Uniment savonneux et spiritueux , que j'ai remplacé six jours après par un liniment volatil, rendu stimulant par l'addition de la teinture de cantharides.

Les digestions étaient meilleures , quoiqu'il y eût toujours deux ou trois selles le matin ; le malade devint plus fort, plus gai, il faisait de l'exercice, son teint était plus clair. Il avait nioins de boutons sur la figure , la soif était moins forte; cependant les urines offraient peu de changement.

Je me déterminai alors à administrer intérieurement la teinture de cantharides. Je commençai par trois gouttes le matin et autant le soir , dans une tasse d'eau de riz. Ce remède a été continué pendant dix jours, et porté progressivement à la dose de vingt gouttes par jour. Peu-à-peu les urines ont repris leur état naturel.

D'abord la fibrine a disparu ï puis l'albumine, puis la gélatine; les urines acquéraient une couleur jaunâtre, proportionnée à la diminution de ces substances et à l'augmentation de l'urée. Le douzième jour de l'emploi des cantharides , elles étaient d'un jaune assez foncé , avec une odeur encore fade ; enfin, depuis ce moment, elles reprirent insensiblement tous leurs caractères. Le malade éprouva plusieurs soirs de suite un peu d'oppression, que j'attribuai à l'action du remède; je suspendis le traitement, et mis le malade quelques jours après a

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l'usage seul des amers, en conseillant une bonne nourriture, le séjour à la campagne et les bains froids.

La santé s'est parfaitement rétablie et s'est soutenue sans aucune altération pendant deux ans, après lesquels il survint, à la suite de plusieurs imprudences, des accès de coliques néphrétiques ; les urines reparurent une fois blanchâtres. Le

: repos et une conduite plus régulière suffirent pour dissiper

c ces accidens.

Trois cas semblables ont été guéris par les mêmes moyens; cependant ils sont rares, et on rencontre plus fréquemment de

c ces affections avec accroissement de l'irritabilité des reins, qui

i ne sécrètent dans ce cas qu'une petite quantité d'urine dans

l laquelle l'urée prédomine.

( Obs. XVI. — Hématurie à l'Ile-de-France; douleur dans le rein droit : examen de l'urine dont une partie a un aspect laiteux ou chyleux , et contient une quantité considérable d'albumine et de matière grasse ; influence de l'exercice sur la productioa de l'bémorrbagie ; influence du repos sur sa cessation.

M. E. H...., âgé de at ans, né à l'Ile-de-France, de parens r robustes et exempts de toute maladie constitutionnelle, fut af- (> fecté, dès le bas-âge et sans cause appréciable, d'une hématurie f continue ; l'urine qu'il rendait , limpide pendant les premiers < jets, finissait par devenir sanguinolente, et les dernières gouttes il étaient fortement colorées en rouge. A quatorze ans, M. H.... )| éprouva quelques légères douleurs néphrétiques vers le côté I droit ; mais il ne rendit pas de sable par le canal de l'urèthre, Net les urines ne subirent aucun changement. En i833,'en i faisant un effort considérable pour soulever un corps pe- N sant, il ressentit une vive douleur dans le rein droit, et quelf ques heures après il fut pris d'un urinement de sang qu'une t longue course à cheval faite le même jour rendit plus aboni dant. Il consulta un médecin, qui lui ordonna des bains géné- •< raux et des tisanes asiringentes. Après un mois de régime et I de soins, la douleur de côté disparut, les urines redevinrent k limpides , el M. H.... recouvra entièrement la santé. En i835, I il quitta rile-de-France , et quelque temps après son arrivée

SqO IlÉMORIUIAGrES lllïNALES (3°" gtOUpe).

à Paris, il se livra avec ardeur à l'étude de la pharmacie. Il y a six mois, à la suite d'un travail fatigant, il éprouva de fortes douleurs dans le rein droit, et les urines se montrèrent troubles, sanguinolentes, blanchissant à leur surface et laissant quelquefois déposer une matière analogue à la lavure de chair ; vingt-cinq sangsues furent appliquées sur la partie douloureuse; le malade prit des bains entiers, se mit à l'usage des boissons émollientes, et au bout de trois semaines de repos se trouvant rétabli, se livra à ses occupations de pharmacien.

Dans les premiers jours d'août, M. H,... fut de nouveau affecté de douleurs rénales; les urines, qui étaient transparentes, redevinrent troubles, sanguinolentes. Le malade perdit l'appétit et devint triste, et, attribuant son indisposition à la fatigue de spn état , il quitta Parisf et alla passer deux mois chez Ijn de ses parens à Sainl-Malo. ]Le voyage augmenta la douleur de rein, et Turinemeut de sang se ippntra plus abondant.

M. H se fit poser quatre-vingt sangsues sur le côté, à trois

reprises différentes et dans l'espace de quinze jours; il se mit à la tisane de ratanhia , et garda la chambre près de cinq semaines que durèrent ces nouveaux accidens.

Le 22 octobre, les douleurs de rein reparurent, mais ensuivant une marche intermittente ; elles se manifestaient entre onze heures et midi , duraient toute l'après-dîner, la nuit, cl se dissipaient vers le iniilin. Les urines oflraient en même temps des troubles remarqaiibles , apparaissant h des heures déterminées comme les douleurs. Transparentes et limpides dans la matinée, elles devenaient rouges et sanguinolentes vers les onze heures, et dans toutes les émissions suivantes elles conservaient ce caractère, cette coloration morbide jusqu'au lendemain.

Le malade prit des bains et des tisanes astringentes, la douleur de côté disparut; mais, l'hématurie faisant de nouveaux progrès, il se décida à me consulter, le 29 octobre i836.

Cinq onces de son urine rendue en ma présence, le ag octobre, à deux heures de l'après-midi, furent mises dans im bocal bien bouché; à neuf heures et demie du soir, on distin-

H. ESSENTIELLES {endêmiques) . Sgi

guait déjà à la surface de la liqueur une couche d'uo blonc laiteux. Le lendemain, à onze heures, lorsque nous en fîn^ps l'examen, M. Guibourt et moi, nous constatâmes de nouveau •que la liqueur s'était séparée en deux couches dislindes : la supérieure, qui occupait un peu plus que la moitié de la colonne du liquide, était opaque, d'un blanc jaunâtre, sans odeur sensible ; la couche inférieure de la colonne était foi-mée par une liqueur rouge de groseille, opaque, au fond de laquelle on remarquait deux caillots, dont l'un était d'un rouge brun, comme un caillot de sang ordinaire , et l'autre blanc et plus léger. Nous diimes examiner séparément ces deux parties de l'urin*.

La liqueur blanche fut extraite du bocal à l'aide d'une pif pelte, et on n'en laissa dans le bocal que la quantité nécessaire pour que la portion extraite ne contînt rien de la couche inférieure. Deux onces environ furent ainsi enlevées du bocal.

Cette liqueur blanche rougissait le papier de tournesol; pa^lebullition, elle formait un coagulura blanc , soUde, et le liquide restait blanchâtre et trouble, probablement parce qu'une I partie des principes auxquels l'urine devait son opacité de- > meurait en suspension. Traitée par l'acide acétique, la liqueur 1 laiteuse n'éprouva point de cliangemens appréciables : elle se » serait inévitablement troublée si elle eût contenu de la matière caséeuse. Après avoir été traitée et agitée avec l'étJicr sulfurique, la liqueur laiteuse s'éclaircit; l'éliier fut soutiré avec une pipette , évaporé sur le poêle , et refroidi dans une capsule de V verre, qui devint opaque à son fond, oii on pouvait reconnaître à l'œil nu, et mieux encore à la loupe, une matière grasse figée, d'un beau jaune, et qui huilait fortement le papier.

Cette urine laiteuse, filtrée dans un filtre double, était aussi trouble après qu'avant l'opération. D'un autre côté, la liqueur I rouge qui formait la couche inférieure du liquide, également 1 fiUree, passau rouge à travers le filtre ; la fillration n'était donc pas un moyen de séparer les parties d'apparence laiteuse et le parties sanguinolentes de l'urine.

déjà du que la partie blanche de l'unne ne pré-

Sqi uémorriiagies rénales (3"" groupe).

sentait pas de grumeaux lorsqu'on la traitait par l'acide acétique , preuve qu'elle ne contenait point de caséum ; une petite quantité de lait , traitée par l'acide acétique , se coagulait sur-le-champ , et du lait étendu d'eau ou d'urine donnait de même des grumeaux. En outre, le lait étendu d'eau et CUré donnait une lique\ir parfaitement transparente , tandis que l'urine blanclie ou d'apparence laiteuse, filtrée après l'addilioni de l'acide acétique, restait aussi opaque qu'avant cette double opération.

Cette urine sanguinolente et d'apparence laiteuse différait des urines sanguinolentes et purulentes, en ce que dans ces dernières le pua par le repos se dépose sous forme d'un sédiment blanc compacte, tandis que, dansl'urinequi aélél'objetdenotre examen, la partie laiteuse se trouvait à la partie supérieure du liquide. Après avoir été traitée par l'élher et être devenue transparente, la couche laiteuse se comportait comme les urines albumineuses ordinaires, et se coagulait par l'acide nitrique et la chaleur. Cette liqueur ayant été traitée trois fois par l'éthor Bulfurique, pour qu'on la privât totalement de matière grasse„ est devenue tout-à-fait transparente , et a pris une teinte légèrement citrine. Traitée par l'acide acétique, cette liqueur ne s'est point troublée ; soumise à l'action de la chaleur , elle est devenue opaque , et a pris une teinte légèrement laiteuse. La coagulation de l'albumine s'est faite d'une manière lente : l'urine s'est peu troublée d'abord ; mais le trouble a augmenté très sensiblement par l'ébullition prolongée. Nous soumîmes également à l'action de la chaleur la même urine, à laquelle on avait ajouté une petite quantité d'acide nitrique, et la coagulation de l'albumine fut beaucoup plus prompte et plus marquée.

La liqueur rouge formée par la couche inférieure de 1 urmc présentait au fond du vase un caillot de sang noir.ltre et une sorte de caillot blanc opaque, un peu plus élevé dans la hqueur. Celte liqueur rouge, décantée, était opaque; elle a ele mélangée d'élher sulfurique, agitée et ensuite laissée en repos. L'élher a pris une teinte jaune en dissolvant la matière grasse que conlenail également celte portion de l'urine , el celte hu-

n. ESSENTIELLES {endéiiiiques) . SqB

I racur est devenue transparente , mais en conservant une cou- I leur rougeâtre.

Le caillot rouge a été traité de même par l'éther sulfurique, , et il s'est liquéfié. Le caillot blanc, également traité par l'éi ther, a disparu, et l'éther a pris une teinte légèrement jau- I nâtre.

Je prescrivis pour le lendemain matin une saignée de douze onces et de la tisane de raisin d'ours , et je demandai que le malade urinât dans un bocal séparé chaque fois qu'il éprou- » verait le besoin de rendre l'urine. Le lendemain, on me mon- ; Ira six bocaux dans lesquels l'urine avait été reçue à des heures t différentes. Les urines rendues la veille, à quatre, six et neuf \ heures du soir, étaient d'un rouge brique très foncé, et la c couche supérieure du liquide était d'un blanc laiteux. Ces i urines n'avaient point d'odeur bien prononcée ; elles étaient : neutres. Dans leur dépôt, il y avait des caillots de sang assez » volumineux. L'urine rendue à quatre heures du matin, moins c colorée que les précédentes, ne présentait point à sa surface I l'aspect laiteux qu'offraient celles des émissions précédentes. 1 L'urine des deux émissions du matin , de six et sept heures , t était transparente et citrine; traitée par l'acide nitrique et la ( chaleur , elle se troublait à peine ; elle ne rougissait pas sensi- \ blement le papier bleu de tournesol , et ne bleuissait pas le p papier rougi par un acide.

La saiguce fut pratiquée dans la matinée. Le sang tiré par la * veine n'avait pas l'aspect laiteux; malheureusement il ne fut I pas conservé , et ne put être examiné au microscope ni chimi- % quement.

Le lcndemain du jour oii la saignée fut pratiquée , j'examinai l'urine du malade, afin de m'assurer si cette émission sanguine t avait eu quelque influence sur la sécrétion urinaire. Or, cette I intiuence avait été des plus remarquables : l'urine était devenue «jaune, transparente , comme celle d'un homme en santé ; elle *. était acide, et l'odeur urineuse était très développée. La pesan- I teur spécifique de l'urine était très peu considérable, 1,0121. » Soumise à l'élnillilion , elle devenait légèrement louche ; mais l'acide nitrique la troublait à peine. Evaporée presque jusqu'à

HÉMORRHAGIES RENALES (3"" g/'OUpe), «iccité, elle a offert une cristallisatiou saline, et.cn oulre une partie sirupeuse qui s'est prise en masse par l'acide nitrique comme l'extrait d'urine ordinaire. '

Le malade resta toute la journée et le lendemain au lit , et l'urine cessa d'être sanguinolente , et n'eut pUis les caractères de l'urine albumine-graisseuse; mais elle resta neutre. Elle n'offrait pas de coagulum sensible ou de grumeaux par l'acide nitrique et 'la chaleur. La tisane de raisin d'ours et le repos furent continués. Disparition complète des accidens. Quelques semaines après , à la suite de fatigues , l'urine devint de nouveau sanguinolente et albumino-graisseuse ; et, après plusieurs jours de repos, les accidens se suspendirent de nou-

veau.

Ons. XVII. — Colon de rUe-de-France, atteint d'une liéniaturie continue dans son enfance; dans l'âge mûr l'urine devient albumino-graisseuse et dépose de l'acide uriquc cristallisé.

Le père de l'enfant atteint d'hématurie continue et de gravelle urique, dont j'ai rapporté l'histoire (2* Série, Ons, n), âgé d'une quarantaine d'années, né lui-même à l'Ile-de-France, après avoir éprouvé dans son enfance, comme tous les enfans du pays, de légères atteintes d'hématurie , est venu en France, est entré à l'Ëcole-Militaire, et a servi pendant plusieurs années sans éprouver le plus léger accident du côté des voies urinaires. En 1814 , étant retourné à l'Ile-de-France, il y fut pris d'un dérangement très remarquable de la sécrétion urinaire , qui existe encore aujourd'hui (urine chyleuse deProut) et ne paraît pas exercer d'influence fâcheuse sur l'état de la constitution , M ayant toutes les apparences d'une santé robuste.

Cette altération de la sécrétion urinaire , lors de son invasion , a été accompagnée de coliques néphrétiques et d'urines glaireuses (au moins le malade l'assure). Un autre fait curieux, c'est que le malade , qui est sujet à la goutte , assure que , lorsqu'il en éprouve un accès , l'urine cesse d'être trouble et laiteuse , et qu'elle devient transparente comme celle d'un homme bien porUul-

H. EssivNTiELLES {endémiques). SgS

Je reviens à l'allération de l'urine. Cette humeur n'ayant pas la même apparence et les mêmes caractères à toutes les heures du jour, j'ai examiné comparativement celles de trois émissions d'un même jour : i° l'urine rendue au réveil , a" l'urine rendue 1 deux heures après le déjeuner , et 3° l'urine rendue trois heu- >res et demie après le dîner.

L'urine rendue au réveil ^tait uniformément trouble , d'un blanc légèrement rosé , avait l'odeur urineuse ; elle était ; acide, et, le neuvième jour après l'émission , elle rougissait ! eucore sensiblement le papier bleu de tournesol. Celte urine vavait été conservée dans un flacon bien bouché , qu'elle reratplissait presque complètement, à une température de ii" de Réaumur. Sa pesanteur spécifique était de a" 1/2 de l'aréomètre ide Beaumé; cette urine coagulait par la chaleur et l'acide nir trique , et le coagulura , examiné au microscope, avait l'appafrence de l'albumine coagulée.

Traitée par l'élher, cette urine, au bout de vingt-quatre i«heures , devenait transparente. J'ai dit qu'abandonnée à ellenniême, elle restait trouble dans toute l'étendue de la colonne du kliquide, et que la matière grasse ne formait point, comme je l'ai iTu dans ^eux autres cas (3* Série, Obs. iietiv), une couche icrémeuse à la surface.

Cette urine filtrée restait trouble.

Examinée au microscope, elle offrait un assez grand nombre «de cristaux d'acide urique, et un très petit nombre de globules ntrès rares , blancs, jaunâtres, et de la dimension des plus petits Iglobules du sang. Ayant examiné une goutte de cette urine t rendue transparente par l'éther, j'y ai distingué à peine deux «on trois globules, qui évidemment étaient indépendans delà kinalière grasse.

Le troisième échantillon, rendu trois heures et demie après fie dîner, offrait à-peu-près le même caractère que le précédent.

Le second échantillon, provenant d'une émission d'urine <deux heures après le déjeuner, était blanchâtre comme de l'u- I line à laquelle on viendrait d'ajouter une petite quantité de

• lait. Une goutte de celle urine, examinée au microscope , offrait

• quelquefois, mais pas toujours, un ou deux globules de la

3g6 IIÉMORRHAGIES RÉNALES (3"" grOLipé).

forme et de la dimension des globules sanguins ; on y distinguait en outre de petites lamelles membraneuses et un grand nombre de petits cristaux jaunâtres , prismatiques et rhomboïdaux d'acide urique. Le sédiment de cette urine paraissait entièrement composé de ces cristaux , sans apparence de matière amorphe.

Cette urine trouble , opaque , mise dans un tube et traitée par l'éther, était complètement transparente au bout de vingtquatre heures. Une couche blanche formée de matière grasse parsemée de petits cristaux d'acide urique , formait une sorte de septum entre la partie supérieure de la colonne de l'urine et la couche d'éther qui lui était contiguë. La colonne de l'élher ayant été enlevée avec la pipette et mise dans des verres de montre, 'après l'évaporation spontanée de l'éther, la surface de ces verres est restée imprégnée de matière grasse, reconnaissable à son aspect, à l'œil nu et à la loupe , et à son action sur le papier non collé qu'elle huilait.

li'urine, débarrassée de la matière grasse par l'éther et devenue transparente, traitée par l'acide acétique, ne s'est point troublée ; elle ne contenait donc point de caséum : mais, comme les urines albumineuses, elle a fourni un coagulum considérable lorsqu'on l'a traitée par l'acide nitrique ou la chaleur. Cette même urine, débarrassée de la matière grasse par la chaleur, évaporée à consistance sirupeuse , traitée à froid par l'acide nitrique, a donné de beaux cristaux de nitrate d'urée.

Abandonnée à elle-même et à la température de l'atmosphère pendant quinze jours , celte urine ne s'est point sensiblement éclaircie , elle est restée trouble et blanchâtre. Le sédiment , composé de cristaux d'acide urique et de matière grasse qu'ils avaient entraînée dans leur précipitation, était blanchâtre : on remarquait à la surface de l'urine un crénior épais d'un blanc mit, qui, examiné au microscope et traité par l'éther, a été reconnu pour de la matière grasse non globuleuse, mélangée de cristaux d'acide urique. La liqueur offrait quelques globules de nouvelle formation, ayant l'apparence de ceux du ferment. Point de globules iiuiqueux ou puruleus , point de globule» rappelant ceux da lait.

H. ESSENTIELLES [endémiques). 897

Eu résumé, il résulte de ces recherches que cette urine différait principalement de l'urine saine, en ce qu'elle contenait:

" une quantité considérable de matière grasse qui lui donnait - aspect laiteux, matière grasse qui ne se montrait point sous lorme de globules ; 2° une quantité notable d'albumine; S" des uristaux d'acide urique au moment de l'émission. ' M. P... a été atteint, à-peu-près à l'époque à laquelle le dé-

angement de la sécrétion urinaire s'est déclaré, d'un aflaiblis-

iement considérable de la vue, qui paraît dépendre d'une Mmaurose, et contre lequel on a essayé dans le temps divers (Remèdes conseillés dans cette affection , tels que purgatifs , iélon, etc. Cet affaiblissement de la vue n'a point faitdeproérès sensibles depuis quelques années : aujourd'hui l'œil droit , j-peu-près impropre à la vision, et dont la pupille est contractée et immobile sous l'inûuence de différens degrés de Rumière, est moins affecté que le gauche , dont la pupille, iiabituellement resserrée , est encore contractile. ? M. P..., pensant que l'altération de la sécrétion urinaire l iait peu grave, puisqu'elle n'altérait ni ne dérangeait les principales fonctions, ne nous a demandé aucun remède. La cét:ité paraît indépendante de cette viciation de l^ sécrétion urinaire. L'urine cesse d'èUe oj)aque pendant les accès de goutte auxquels M. P... est sujet ; mais on n'a pas constaté si elle • .onlenait alors ou non de l'albumine ou des cristaux d'acide

irique.

Des cas analogues ont été observés au Brésil , et M. Caffîe a nublié l'histoire d'un de ces cas fort remarquables, pour lequel il gous consulta, M. Orfila et moi. La rareté de ces faits m'enigage à le reproduire ici :

►Obs. XVIII. — Urine tour-à-toursangainolente et d'apparence laiteuse chez un Brciilicn : voj'îigc en Europe ; persistance des accidens ; altération du sang en r.ipport avec celle de l'urine (MM. Caffe, Orfila, Rayer).

M. J. Y. de Costa , âgé de 22 ans, est d'un développement n'i^iiher, d'un tempérament lymphatique nerveux; visage forlenient marqué par les cicatrices de la variole ; les cheveux, fnsés, sont d'un chàlain clair j denture symétrique , forte et

nÉMORRHAGIES m^NAT.ES (3"" gfOUpe).

bien conservée; la taille est de i mètre 80 cent., et apa poids total est de 126 livres; les pulsations de l'artère radiale sont presque toujours régulières , et donne 70 pulsations par minute.

La sauté de M. V. a toujours paru bonne, et j'ai plusieurs fois observé que les impressions morales, gaies, influent sur le retour des urines à leur état naturel , ce qui me portait à croire que leur altération si souvent capricieuse était due à une perturbation de l'action nerveuse dans la sécrétion urinaire, perturbation exclusive de lésions organiques.

Pendant mon séjour récent à Londres, j'eus souvent occasion de m'entretenir de ce fait remarquable avec les professeurs sir Astley Cooper, Marshall Hall, Carsw^ell, Clarck, etc., et je n'obtins aucune idée nouvelle; la thérapeutique que je mettais en usage ne fut pas changée.

Les précautions les plus minutieuses furent prises pour que l'analyse des urines fût exacte. Le malade a émis ses urines dans le laboratoire de M.Guibourt, et à trois époques différentes de la journée : i" le matin pour opérer sur les urines de la nuit; 2" immédiatement après le repas, l'urine de la boisson ; 5" urines de la digestion, ou cinq heures après le repas.

La matière grasse contenue dans l'urine était semblable à la graisse ordinaire ; elle se saponifiait par la potasse : on pouvait encore appi'écier une très faible proportion de margarale de potasse.

Les médecins soussignés, consultés par M. J. Y. de Costa sur la nature et le traitement de sa maladie^ croient d'abord devoir en rappeler sommairement les principales circonslagces.

M. V- est âgé de 22 ans; il est né à Rio- Janeiro, où il a toujours habité jusqu'au moment de son départ pour l'Europe, i3 mai i836.

Le consultant eut huit frères, dont quatre sont morts dans la première enfance. Pour lui, il a toujours eu une parfaite santé; toutefois, depuis l'âge de 4 ans jusqu'à celui de 10 ans environ, il aurait souvent éprouvé, sur les membres inférieurs des éruptions que le malade caractérise d'érysipèles erratiques, qui réparaissaient périodiquement toutes les semaines.

H. ESSENTIELLES {eiidémiques). 3i^9

Le régime de vie de M. V. fut toujours très substantiel , composé de viandes des animaux adultes et très peu de légumes.

Invasion de la maladie. — Il y a quatre ans, tout-à-coup, après une course un peu longue, sans symptômes précurseurs, sans douleurs, émission d'urines blanches, d'apparence laiteuse; usage de boissons nitrées et repos.

Un an après, douleurs aiguës au niveau des régions lombaires et dans la région de la vessie ; douleurs tellement intenses que le malade se tenait à genoux , se courbait fortement en avant au moment de l'émission des urines , alors d'une épaisseur telle qu'elles avaient peine à sortir de l'urèlhre ; elles formaient une masse homogène, molle et continue; en outre elles étaient quelquefois mélangées de beaucoup de sang. Ces douleurs aiguës durèrent environ une quinzaine de jours. On appliqua 5o sangsues à l'hypogastre et au périnée , et on fit prendre des bains émoUiens, de l'eau nitrée pour boisson, plus tard de l'eau de Sedlilz et de l'eau de mer.

La diminution des douleurs fut lente et progressive ; elle ne cessèrent complètement qu'après trois mois. Les urines étaient rendues tantôt blanches, laiteuses; tantôt naturelles, tantôt sanguinolentes.

Depuis cette époque, il est souvent arrivé que deux au trois mois se soient passés sans que les urines présentassent le moindre aspect laiteux , qui se reproduisait de nouveau sans cause appréciable.

L'exercice de l'équitation , au dire du malade , a paru souvent favoriser le retour passager des urines à leur état normal.

Pendant les soixante jours de navigation pour se rendre en Europe , les urines ont été naturelles.

Pendant les mois d'avril, mai et juin , les urines étaient généralement meilleures.

♦Pendant neuf mois consécutifs, et dans la même année, le malade s'est soumis à une nourriture exclusivement composée de poulardes au riz et de lait de brebis , il fit aussi usage d'une grande quantité de térébenthine.

Dans le mois de juillet 18^6 , le malade est arrivé à Paris dans

4oO HÈMORRHAGIES RÉNALKS (3°" grOUpe).

le but de se faire traiter d'une maladie qui, si elle n'altérait pas visiblement sa sauté, restait slalionnaire, et pouvait lui inspirer des craintes pour l'avenir.

Nous avons déjà dit que l'urine avait été naturelle pendant les soixante jours de traversée, mais l'un de nous, M. Gaffe, auquel M. V... avait été adressé du Brésil à Paris, constata, aussitôt après l'arrivée du malade, l'existence d'une urine laiteuse , et autres faits dont le détail doit suivre. Il conseilla d'abord les boissons faites avec la décoction des bourgeons du sapin du nord, alternée avec les eaux de Vichy, les bains de Barèges, la soustraction au froid , un vêtement de flanelle sur tout le corps et immédiatement sur la peau. Plus tard, M. Cafl'e recourut à la décoction de racine de raifort , aux pilules composées de sulfate de fer et de sous-carbonate de potasse ; la dose de ces médicaniens fut élevée , et par dose croissante.

Ces moyens ne parurent pas avoir une influence marquée et surtout persévérante.

Vers la fin de septembre , le malade partit pour la Belgique; de là fit une course à Londres, oii M. Gaffe, qui s'y trouvait à la même époque, eut occasion de le rencontrer. Ou continua l'usage des préparations ferrugineuses , et le voyage parut plutôt avoit une influence heureuse sur la santé de M. V... ; cependant les urines étaient redevenues laiteuses quelques jours avant son retour à Paris.

Peu de temps après son retour, M. Gaffe nous réunit en consultation, et nous fit part des observations déjà indiquées, et de quelques autres que nous allons rappeler :

1° Deux ou trois fois seulement les urines ont paru plus abondantes que les liquides ingérés.

2° La couleur laiteuse de l'urine a prftenlé de nombreuses variations d'intensité quelquefois dans un même jour, et de telles variations dans l'espace d'une semaine , que tantôt l'urine paraissait naturelle, tantôt ressemblait à du liitly sans que de pareils changemens si rapprochés pussent être expliqtiés par des écarts de régime ou par toute autre cause.

3" L'urine a été un certain nombre de fois sauguinolente, surtout avant l'emploi des préparations ferrugineuses.

H. liSSENTfr.LLTis {endémiques). 4oi

4° L'émission de l'urine n'était point douloureuse , et s'opé-» rait facilement.

5° L'urine, malgré son aspect laiteux , avait l'odeur et le goût ordinaires ; elle fut plusieurs fois goûtée par le malade sur l'invitation du médecin.

6° La santé paraissait assez bonne, mais le malade disait qu'il se sentait moins bien portant lorsque l'urine avait l'appan rence laiteuse la plus prononcée.

7° Les fonctions digestives étaient parfaitement régulières; l'appétit était très grand, et la quantité de nourriture prise chaque jour était vraiment considérable.

8° Le sommeil et les principales fonctions étaient en tout réguliers.

9° Presque toujours après les rapports sexuels, l'urine a paru \ devenir plus naturelle.

L'urine de M. V... ayant, comme nous l'avons déjà dit , l'ap- V parence des urines désignées sous le nom d'urines laiteuses , et 1 d'une espèce d'urine que M. W. Prout a décrite sous le nom d'urine chyleuse, les soussignés crurent devoir prier M. Gui- Kbourt, professeur à l'école de pharmacie, de faire l'analyse de tces urines , et cela avec d'autant plus de confiance , qu'il venait trécemment d'examiner un cas analogue chez un homme de l'Ile- <de-France traité par l'un de nous, M. Rayer.

Nous croyons devoir reproduire ici textuellement la note de IM. Guibourt, pleinement confirmative de l'opinion que nous nous étions formée sur la nature de l'urine de M. V...

«L'urine de M. V... est tantôt blanche comme du kit, d'autres fo>s d'un rouge.de sang. D'autres fois encore, le malade Irrend une urin^ j^^e et transparente qui ne paraît pas différer de 1 unne saine.,

« L'urine/rouge de sang, étant abandonnée au repos , se sé-

Zr « = '^""^ ' ^'"^ et opaque,

P ressemblât a un caillot de sang , occupe le fond du vasef le li-

arme ^'^^V^^^^-^^ laiteuse, comme la première

rte~:^^ ^^^""^^^ ~ - « L'urine blanche et d'apparence laiteuse contient quelque-

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