‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource]Chapitre 28 sur 42 · NON OUVERTS · texte numérisé non relu

NON OUVERTS

1 Pl. LVi, fig. 5, 6, 7, 8, 9, lo). Ce rein avait été trouvé par deux j jeunes étudiaus dans le cadavre d'un homme d'une quaran- I taine d'années. Ce rein (c'était celui du côté gauche) avait envi- .' ron 7 pouces de long et 4 pouces dans son diamètre transversal, i L'extrémité supérieure était gonflée par un kyste considérable, t dont l'intérieur renfermait un grand nombre d'acéphalocysles t de difTérentes dimensions. Ces hydalides étaient elles-mêmes r renfermées dans une grande acéphalocyste à parois plus épais- » ses, et contiguë dans toute son étendue à la surface interne du i kyste. Cette grande acéphalocyste, formée par une membrane d'un blanc légèrement bleuâtre, fragile, demi transparente comme de l'empois, extraite de la cavité du kyste, pouvait ^ se développer en plusieurs lames concentriques (fig. 7). On remarquait à sa surface plusieurs points d'un blanc mat , de la dimension d'un petit pois ou d'une lentille et qui se détachaient fortement sur la teinte d'un blanc bleuâtre de cette hydatide. Les acéphalocystes renfermées dans cette grande acéphalocyste étaient au nombre de plus d'un cent. Leurs parois étaient beaucoup plus minces; les plus petites avaient àpeu-près le volume d'un grain de millet; d'autres égalaient celui d'un grain de groseille; d'autres, enfin, avaient la dimen- ;sion d'une prune et s'écoulèrent comme des globes lorsqu'on vida ce kyste dans une cuvette. Parmi ces acéphalocystes globuleuses et transparentes, il y en avait qui étaient affaissées et dont la membrane, d'une teinte jaunâtre, était irréguliè rement plissée ou contournée. Presque toutes ces acéphalocystes globuleuses ou affaissées en renfermaient dans leur intérieur une ou plusieurs autres, la plupart affaissées et nageant dans le liquide qu'elles contenaient : de sorte que l'emboîtement des acéphalocystes était une disposition commune à presque toutes ces hydatides. Les parois de la plupart des acéphalocystes globuleuses étaient parfaitement transparentes dans toute leur étendue; d'autres présentaient de petits points d'un blanc mat, laiteux, formés par des espèces de bourgeons qui faisaient une légère saillie à la face interne de l'hydatide étalée sur un morceau de verre. Lorsqu'on comprimait ces acéphalocyste» entre deux lames de verre, elles se rompaient, III. 36

56a KYSTES ACÉPHàLOCYSTIQDES DES REINS,

et après l'évacuation du liquide oix ne découvrait sur ces poches ni ouverture régulière, ni bouche, ni suçoir, etc.

Le kyste qui renfermait les acéphalocystes était recouvert inférieurement par une lame extrêmement raince de la sub-» stauce corticale du rein, et, dans toute son étendue, par les membranes celluleuse et fibreuse de cet organe, qui lui étaient fortement adhérentes.

Entre la face interne du kyste et la grande acéphalocyste , il y avait, sur plusieurs points, un dépôt de matière jaunâtre et grasse au toucher. La surface interne du kyste éuit d'uH blanc jaunâtre, analogue à celui que présente l'intérieur de l'aorte : sur plusieurs points on remarquait des destructions partielles, qui pouvaient aussi être comparées à celles que présente l'aorte dans quelques cas d'ossification de ce vaisseau. Ces petites destructions des parois dukyste n'envahissaient pas toute son épaisseur; car il n'y avait point de communication entre la cavité de celte poche et celle des calices et du bassinet. En effet, après avoir vidé complètement le kyste, nous pûmes suivre sur ses parois les divisions du bassinet et des calices en les insufflant ( fig. 6 ). La partie inférieure du kyste était appuyée sur le bassinet et comme embrassée par les calices, La partie du h&ssinet qui correspondait à la partie inférieure du reia était fortement dilatée; dans la cavité du bassinet et des calices, il n'existait point de débris d'acéphalocystes.

Le kyste acéphalocystiquc, quoique développé dans le rein, ne communiquait point encore avec le bassinet et les calices; le malade n'avait par conséquent pu rendre d'acéphalocystes pendant sa vie.

La substance corticale et la substance tubuleuse dans la partie inférieure du rein, n'offraieut aucune altération. Les veines et les artères étaient à l'état sain.

Je n'ai pu avoir de détails bien circonstanciés sur l'état des autres organes. J'ai su seulement que le rein du côté opposé était sain et plus volumineux que dans l'état normal. Les ure' lères, la vessie, le foie et les poumons n'offraient point d'allération. L'état extérieur du corps, qui ne présentait pas d'amaigrissement notable, annonçait cependant plutôt une mort suite

OUVERTS DiNS LB BASSINET. 563

Id'wne maladie aiguë qu'un dépérissement progressif après de ioiigues souiTrances-

i" Série' — Kystes acèphalocystiques des reins communi'guant, par une perforation, avec les conduits excréteurs de Vtirino.

§ 868. Les cas qui appartiennent à cette seconde série peuf'ent être rangés dans deux catégories. L'une comprend les cas jii la maladie s'est terminée par la mort, à la suite de l'in- Jammation des substances rénales ou pour toute autre cause; t.'autre, les cas heureusement assez nombreux de guérison de eies tumeurs liydatiques.

Yoici d'abord quelques faits appartenaut à la première catéjurie.

Obs. tl. — Kyste acéphnlocysliqnc développé dans le rein ganclie et communiquant, par des perforations, dans le bassinet j mort : tubcrcnles pulmonaires ; grains comme tuberculeux dan» le cceur (Atlai. Pl.xxix, flg. i, a).

Uu jeune interne des hôpitaux, plein de zèle et d'instruction, >«)efrauce , qu'une morl prématurée a enlevé à l'étude , m'a pporté,eQ i833,un rein qui contenait des acéphalocysles. hélait le rein gauche d'un homme do 56 à ans, dont le caavre avait été livré à la dissection dans les pavillons de l'École I iratique.

il Le cadavre, excessivement amaigri, présentait toul-à-fait nkabilude extérieure d'un individu qui a succombé dans le liernier degré du marasme. La poitrine avait été ouverte ainsi ue l'abdomen , dans l'hôpital où cet homme était mort; mais îs reins étaient restés en place. Le sommet du poumon droit tait le siège d'une vaste caverne tuberculeuse, et la plèvre de e côté avait contracté des adhérences très solides avec les paois thoraciques. Le poumon gauche était farci de petits luberules, principalement dans son lobe supérieur. Le cœur , d'un olume ordinaire, était un peu dilaté. On remarquait, dans la ubslance même de cet organe, de petits corps granuleux comme le petits tubercules mlliaires. Il y avait uu peu de sérosUé daits

564 KYSTES ACÉPHALOCYSTIQllES DES REINS,

le péricarde. Le larynx présentait trois "4 quatre petites ulcérations au-dessous des cordes vocales. L'estomac était sain. Dans le canal intestinal et dans l'intestin grêle et le gros intestin, il y avait un assez grand nombre d'ulcérations. Le foie gras et mou était d'un jaune pâle. La vésicule du fiel était distendue par une assez grande quantité de bile; la rate était saine.

Les reins n'avaient point été examinés. L'un d'eux était malade; l'autre n'avait éprouvé aucune modification dans sa consistance, sa structure, sa forme et son volume. Le rein malade (celui du côté gauche) paraissait transformé en une poche membraneuse deux fois plus volumineuse qu'un rein sain, laquelle contenait un grand nombre d'hydatides, les unes ayant la forme et le volume d'un œuf de poule, et les autres plus petites.

Toute la substance du rein, excepté son quart supérieur, avait presque entièrement disparu. Cette tumeur avait une forme ovoïde, irrégulière, à parois souples, jaunâtres, non transparentes, sur lesquelles on voyait, par places, surtout vers le bord convexe du rein, des rougeurs presque écarlaies, formées par un réseau vasculaire très fin, développé dans de fausses membranes celluleuses qui allaient s'attacher aux parties environnantes. En outre sur difi'érens points delà surface de la tumeur et dans le tissu cellulaire qui environne le rein, il y avait un très grand nombre de petites masses , les unes grisâtres, les autres assez rouges et friables entre les doigts, et la plupart groupées comme des glandes lymphatiques.

Le bassinet et le commencement de l'uretère étaient très dilatés et très injectés. La petite portion du rein qui restait encore intacte, était rouge, mais elle avait conservé sa structure naturelle. Dans cette poche il y avait trois ou quatre acéphalocystes assez grosses; les unes à parois comme gélatineuses, assez épaisses, jaunâtres,- les autres, incolores et transparentes comme un kysle séreux à parois extrêmement minces, présentaient quelques taches d'un blanc mat, laiteux, opaque. En ouH-e, dans de très petites anfractuosités de la poche hydatique, il y avait de petites acéphalocysles, disposées en chapelet, transparentes et plus ou moins jaunâtres. D'autres

tétaient opaques comme les yeux de poisson bouilli. Elles étaient quelquefois seules dans leur petite loge, mais le plus souvent enveloppées d'une matière amorphe, blanche et molle, fet qui était déposée en petite quantité dans la cavité du kyste.

Les parois du kyste, assez épaisses et un peu inégales dans (quelques points, avaient presque partout la même apparence ; lia couleur en pouvait être comparée à celle delà membrane Ifibreuse de l'aorte; seulement elle était plus jaune que cette idernière. La surface interne du kyste, généralement assez lisse, Ijplissée en quelques endroits , dans d'autres comme éraildée, offrait, en outre, de petites dépressions irrégulières, assez «généralement circulaires. Le fond du kyste, à l'endroit oii il (correspondait au bassinet dilaté , présentait un assez grand nombre de petites colonnes bleuâtres qui convergeaient vers nn point central, et notamment vers deux ouvertures à bords rarrondis qui communiquaient avec la cavité du bassinet; de t'entrecroisement des colonnes résultaient les petites loges dont j'ai parlé.

En ouvrant le bassinet par son côté interne , on le trouva rempli d'une grosse acéphalocyste vidée , entortillée sur ellemème et surmontée d'une autre acéphalocyste très petite, glo- Duleuse et parfaitement transparente.

La vessie ne présentait rien de remarquable ; seulement il lixislait, dans son bas-fond , un petit calcul gros comme une noisette. Le liquide qu'elle contenait , plus épais qu'à l'ordiaaire, était chargé de mucus. Le canal de l'urèthre et la proitate étaient sains.

•Ibs. III. — Douleur dans la région lombaire gauche; symptômes de ' coliques néphrétiques, depuis vingt ans ; évacuation d'hydatides par l'u- > rèthre, favorisée par des pressions sur le ventre ; nouveaux accidens ; mort.

— Rein transformé en une poche membraneuse, contenant des hydatides i (Chopart. Traité des mal. des nioies urinaires, t. l, p. 148).

Une demoiselle de ans , qui n'avait jamais joui d'une Monne santé, dont le teint était d'un jaune noirâtre et dont les fègles avaient cessé depuis deux mois, sans accident , fit appeler M. Fleuret, le ao janvier 177J, pour la soulager d'une vive

566 KYSTES AC^PHALOCYSTIQUES DES REINS, douleur qu'elle sentait dans la région lombaire du côté gauche" Tout annonçait une colique néphrétique; il y avait difficulté d'uriner, tension du ventre, principalement ducété affecté; la douleur augmentait par le toucher, depuis la région du rein gau che, jusqu'à celle de la vessie. Cependant cette demoiselle n'avait rendu ni sable, ni graviers . Deux saignées et des cataplasmes émoUiens calmèrent un peu les douleurs et le ventre devint moins tendu ; mais l'urine ne s'écoulait que par un petit jet qui s'arrêtait à l'instant, de sorte qu'elle était toujours tourmentée du besoin d'uriner. La région de la Vessie était élevée, et par conséquent pleine d'urine. M. Fleuret proposa à la malade de la sonder; elle s'y refusa, et annonça qu'elle était sujette à cette colique depuis vingt ans, que cette fois les douleur» étaient plus vives et continuaient plus long-temps, qu'elle était quelquefois six mois, un an, deux et même trois ans sans les ressentir, et que les accidens se terminaient lorsqu'elle avait rendu par l'urèthre un grand nombre de petites poches remplies d'eau, ouïes peaux de ces sacs, dont quelques-uns avaient la grosseur d'un œuf de pigeon et d'autres étaient plus petits et sortaient toujours avant les plus gros. Pendant la nuit^ elle trouva une situation pour uriner, elle se coucha sur le dos, éleva les jambes et les cuisses; pour lors l'urine sortit avec ces sacs ou hydatides. Le lendemain , M. Fleuret examina ces liydatides, qui étaient en grand nombre. La plupart étaient rompues et ne présentaient plus que leurs membranes; quelquesunes étaient entières et remplies d'une eau bourbeuse. Parmi ces membranes , il en vit qui étaient formées de trois lames adhérentes entre elles par un tissu de fibres fines et serrées.

La malade se trouva soulagée par la sortie de ces petits corps; mais la douleur revint deux jours après, sans être aussi forte. Celte douleur commençait dans le rein, et, quand elle diminuait dans ce viscère, elle augmentait en différons poinsdu trajet de l'uretère, et devenait plus vive à l'entrée de ce canal dans la vessie. Loi'sque les hydatides y étaient parvenues, la douleur de toutes ces parties n'était plus qu'une sorte de lassitude ; dans d'autres attaques de coliques , la malade, pressée par l'envie d'uriner, ^ présentait souvent , sans qu'il sortît une gôutté

ouveut's dans le bassinet. 567

d'urine. Enfin, à force d'efforts et de pression sur le ventre, les hydatides sortaient avec une sorte de bruit, ensuite l'urine coulait à plein canal et sans douleur.

Cette demoiselle est morte, lo 8 juin 1776. M. Fleuret a fait l'ouverture de son corps. Le rein droit était sainj le gauche avait une forme extraordinaire. Il l'enleva avec l'uretère et la vessie, ; pont- en faire l'examen avec plus de soin. Ayant ouvert ce rein, 1 il ne vit qu'un sac membraneux, rempli d'hydatides, qui n'c- ; taient point aussi grosses que celles que la malade avaient rendues. Le bassinet et l'uretère étaient extrêmement élargis. Il n'y . arait l'ien de particulier à la vessie- M. Fleuret a envoyé ces 1 parties à notre académie, qui a chargé M. Desault de les exartàiner. Cet académicien nous a démontré que le rein gauche I itait transformé en une poche membraneuse ovalaire, dont les parois épaisses étaient celluleuses dans plusieurs endroits , et qui était remplies d'un grand nombre d'hydatides libres, de grosseur et de figure différentes. Ces hydatides avaient leurs tuniques transparentes et quelquefois doubles, elles contenaient une lymphe trouble. L'uretère était très dilaté , avait ses tuniques épaisses et plusieui'S petites hydatides naissantes.

Om< IVi — Douleurs daus la rcgioa réualo gauche et à la vessie ; uriue purulente ; mort ; dépôt de pus dans les reins (Chopart, Traité des malad. des 'voies urinaires, t. i, p. i5o).

Un notaire de la ville de Montereau ressentit des douleurs à la région du rein gauche et à la vessie. On pensa qu'il avait la pierre, et btt lui fit prendre des bains, des boissons diurétiques et des pilules savonneuses. Loin d'éprouver du aoulageraent, ses douleurs augmentèrent. Il vint à Paris, et consulta M. Desault, qui jugea par la sonde qu'il n'avait point de pierres dans la vessie. Le malade, rassuré sur les craintes qu'il avait de cette maladie, retourna dans son pays, prit des bains, des boissons adoucissantes, et se trouva mieux pendant un mois. Ensuite ses doule\irs recommencèrent avec force. Son urine, qui jusqu'alors avait été d'une bonne qualité , devint trouble, bourbeuse, et déposa beaucoup d'humeur blanchâtre puriforrae j quinze jours après il rendit par l'urèthre, après de

grands efforts pour uriner, un corps mollasse, allongé et qui avait l'apparence d'une membrane épaisse. Après la sortie de ce corps étranger.qu'il mildans une Ifcuteille d'eau, et qu'il envoya à M. Desault pour en faire l'examen , les douleurs des voies urinaires diminuèrent sensiblement. Le troisième jour suivant, il rendit un nouveau corps de même nature que le premier. Il parut à M. Desault que ces corps étaient des débris d'hydalides lymphatiques, formées dans les reins ou dans la vessie, et qui s'étant rompues avaient eu plus de facilité à sortir par l'urèthre. Car, de même que dans le cas précédent, les hydatides, poussées vers le col de la vessie par l'action d'uriner, bouchaient l'entrée de l'urèthre, causaient la difficulté d'uriner et des douleurs aiguës. Cette action diminuant et le malade changeant de situation, elles tombaient, par leur poids, au fond de la vessie, et permettaient le passage de l'urine ; ensuite étant plus macérées par l'urine et portées de nouveau dans le col de la vessie oii elles étaient pressées par l'action d'uriner, elles se rompaient, et, devenant plus proportionnées au canal de l'urèthre, elles le traversaient. Ainsi, ce malade devait être soulagé après l'issue de ces corps étrangers. M. Desault le prévint qu'il pourrait encore rendre d'autres portions d'hydatides ou même des hydatides entières, parce que l'uretère, plus dilatée à mesure qu'il en passerait, pourrait se prêter assez pour en laisser sortir de la grosseur d'un noyau d'olive. Il l'engagea à continuer le régime délayant, la boisson d'eau de lin et de chien-dent. Dans l'espace de quinze jours, le malade rendit encore par l'urèthre plusieurs particules blanchâtres, comme membraneuses^ et ne sentit plus de douleurs à la vessie. Mais son urine continua d'être trouble, purulente; il eut de temps en temps des accès de fièvre et presque toujours des douleurs dans les reins, surtout dans celui du côté gauche. Enfin , après six semaines de souffrances continuelles, il mourut. M. Colleau, maître en chirurgie de Montereau, fit l'ouverture de son corps : il trouva le rein gauche en suppuration. Il y avait du côté des calices, des mamelons, plusieurs foyers d'humeurs blanchâtres, granuleuses et fétides, et, dans la substance de ce rein, quelques points purulens qui ne communiquaient point avec ces foyers.

OUVERTS DANS LE BASSINET. SGg

L'uretère était épais, raoins flexible que dans l'état ordinaire, et contenait un peu d'humeur purulente; le rein droit avait des marques de suppuration. La vessie était petite, racornie , et renfermait une petite quantité d'urine fétide. Il n'y avait m pierre, ni hydatides , ni concrétions lymphatiques, ni fongus. Les autres viscères du ventre étaient sains.

Quoiqu'il n'ait point paru d'hydatides dans les voies urinaires de ce malade, il est probable que les corps étrangers qu'il a rendus par l'urèlhre n'étaient point de simples concrétions lymphatiques, mais des vésicules rompues, ouvertes. M. Desault y reconnut des caractères de membrane et la forme de vésicule. Peut-être ces hydatides se trouvaient-elles trop grosses pour enfiler la roule de l'urèthre , qui est plus longue et moins dilatable dans l'homme que dans la femme. Il est vraisemblable qu'elles étaient parvenues dans la vessie, lorsque M. Desault y apporta la sonde ; car les douleurs que le malade ressentait depuis deux mois dans ce viscère, et qui ressemblaient à celles que cause une pierre mobile et portée au col de la vessie, n'ont cessé qu'après l'issue de ces corps éti'angers. Le défaut de résistance ou la mollesse de ces hydalides empêchait de les reconnaître par la sonde.

Obs. y. — Doalenrs dans le c6té gauche du ventre; sable rouge expulsé avec l'nrine; urine sanguinolente et purulente; expnhion d'hydatides, précédée de vires douleurs; guérison. — (Russel. — Medic.obs. andinquir, pubUshed by a tocietyof phjrsicians, in London, t. lir, p. 146, 1767).

Un jeune homme , âgé d'environ a4 ans , d'une constitution délicate, ressentit une douleur au côté gauche du ventre, et eut de la fièvre. Ces symptômes subsistant même après la saignée et l'usage de quelques drogues, il fit appeler M. Russel. Il avait alors une douleur violente dans la région gauche de l'hypogastre, avec un grand mal de tète, chaleur, soif et sécheresse de la langue. Son pouls était vif, plein et dur; son urine sortait avec difficulté, en quantité suffisante, et d'une couleur naturelle. Il avait le ventre libre. Dans la nuit, il se plaignit d'une douleur aiguë dans la région du rein gauche, et qui s'élendait le long de l'urèthre jusqu'à la vessie. Il eut une réten-»

5'ja KYSTES ACÉPHALOCY8TIQUE3 DES REINS,

tion d'urine pendant quelques heures , des nausées et plusieurs vomissemens. On réitéra la saignée ; il prit des demi-bains , des lavemens émolliens, des boissons rafraîchissantes et des potions huileuses. En peu de jours, ces accidens graves se dissipèrent; «n peu de salle rougeâtre parut dans l'urine ; cependant la douleur au côté gauche subsistait toujours, sans être aussi violente. Le malade était faible et avait toujours une chaleur fébrile. On l'engagea à aller à la campagne, à boire du lait d'ânesse, à prendre plus de nourriture et à faire un peu d'exercice. Ses forces revinrent, sa chaleur fut moindre, et il fut presque sans douleur pendant quinze jours, après lesquels étant allé en voiture, il eut de la peiné à uriner, et des envies plus fréquentes de rendre son urine. Il en sortait peu à-la-fois, et elle s'arrêtait quelquefois sans qu'il fût plus tourmenté de douleurs. Cet état dura toute là nuit. Le lendemain mâtin , ayant commencé à rendre de l'urine , elle s'arrêta tout-à-coup , et le malade crut qu'il s'était crevé quelque corps dans l'urèthre. Il sortit de ce canal une petite quantité d'humeur puriforme, avec un peu de sang, puis un sac membraneux vide , du volume d'un œuf de pigeon. Enfin il s'écoula Une grande quantité d'urine, ce qui soulagea beaucoup le malade. Pendant plusieurs jours , son urine déposa une humeur puriforme et un peu teinte de sangj et , durant ce temps , il rendit par l'urèthre plusieurs petites hydatides , dont quelques-unes étaient rondes , de la grosseur d'un pois ordinaire , et avec un petit pédicule. Ce jeune homme se trouva dans un bon état pendant dix jours, puis il eut un nouvel accès de douleurs , et rendit encore plusieurs hydatides. Ces accès récidivèrent de temps en temps et se terminèrent toujours par la sortie de petites hydatides; dans les intervalles il paraissait jouir d'une bonne santé. Le nombre de ces hydatides a été considérable. M. Russe! en a vu quarante de différente grosseur , depuis le volume d'un œuf de pigeon jusqu'à celui d'une tête d'épingle. Les plus grosses étaient crévées avant de sortir, mais les petites sortaient entières. Elles contenaient une humeur qui n'était jamais bien limpide ou transparente, et qui paraissait plus opaque dans quelques-unes quedans d'auirês. Aucune n'avait d'incrustation calculeuse, cllespremières

qui sont sorties étaient d'une couleur plus claire que les dernières. A l'âge de i4 ans, ce jeune homme avait ressenti des douleurs aiguës dans les voies urinaires, et avait rendu des urines noires ou d'une couleur de café. A 22 ans il eut un vomissement bilieux et quelques douleurs dans le dos. Voilà ce qui lui était arrivé de particulier , avant la maladie pour laquelle M. Russe! a été appelé. Deux ans après la première sortie reconnue des hydatides, il en rendait encore en différens temps. Quelques-unes étaient même plus grosses que celles des années précédentes. Du reste, il jouissait d'une bonne santé.

Om. VL — GoDorrLée et douleurs néphrétiques ; expulsion d'bydatides avec l'urine {ColL acadèm,, t. x, p. 65).

Un homme 'avait Une gonorrhée et des douleurs néphrétiques. Son urine n'était point chargée de graviers j elle était sanglante, et l'excrétion s'en faisait avec beaucoup de difficulté. On s'attendait à voir bientôt paraître quelques petites pierres; mais, au lieu de calculs, il rendit un grand nombre de vésicules ou de corpuscules blanchâtres, mous, creux, et qui s'enflaient lorsqu'on y introduisait de l'air. Il y en avait de la grosseur d'un pois : les unes paraissaient remplies d'une humeur gélatineuse , d'autres d'une lymphe jaunâtre 5 quelquesunes avaient leur surface tachée de points rouges. Dans le temps que ces vésicules continuaient à sortir, on fit prendre au malade des bols de térébenthine. L'etcrétion de ces vésicules fut aussitôt supprimée , et ne se rétablit que par l'interruption du remède. La térébenthihe ayant été donnée une seconde fols , les vésicules s'arrêtèrent de nouveau; mais elle» reparurent dès qu'on en eut suspendu l'usage. On fit macérer ce» corpuscules pendant huit jours, ensuite on les soufQa; ils parurent transparens', semblables à des toiles d'araignée, l'otl ne douta plus que ce ne fussent de véritables vésicules.

KYSTES ACÉPHA.LOCYSTIQUES DES JIEIKS

Ods. Vir. — Histoire de dix-sept liydatide» rénales, rendues par le can.l de l'urèthre, à la suite d'un traitcmcut anti-sypLilitique, par M. Aulagnicr correspondant de rAcadémic de médecine de Paris, etc., lue à l'Académie de médecine de Paris, en mars 18 16 {Journ. gén. de méd., t. lvi n 236 avriliSie, p. j68). ' • • •

Un officier-général gagna, il y a près de lo ans, une gonorrbée. Un chirurgien de son corps d'armée lui conseilla d'employer des injections astringentes. Le rétrécissement ou la coarctation de l'urèthre avec dysurie urélhrale ne tarda pas à se manifester. Les devoirs de ce général ne lui permettant pas de suivre un traitement méthodique, il fit les campagnes de l'armée d'Egypte et celles d'Espagne, au milieu de souffrances presque continuelles. La difficulté d'uriner devint chronique, ainsi que cela arrive ordinairement. Le malade fut forcé de faire usage, à diverses reprises, de bougies de gomme élastique, dont il abusa. La dysurie s'accompagnait d'un écoulement habituel de matière puriforme, contre lequel le malade employa pendant long-temps et inutilement une très grande quantité de baume de copahu. Au mois d'avril dernier, le général me témoigna le désir de se soumettre à un traitement. Je le prévins qu'il serait long, à cause de l'ancienneté de la maladie; il n'en fut pas découragé. A cette époque , le périnée et les bourses étaient couveris de dartres , accompagnées d'une forte démangeaison. L'écoulement parle canal de l'urèthre était fort abondant, verdâlre; le gland toujours inondé de matière j et le malade urinait avec peine, et goutte à goutte, jusqu'à cinq fois par heure. Je prescrivis des bains , des boissons adoucissantes et des injections avec la décoction de graine de lin et de tête de pavot. Quinze jours après, le malade fut atteint d'une fièvre bilieuse, qui fit suspendre le traitement anti-vénérien. Dès qu'elle eut cessé, je conseillai des bains de siège deux fois le jour, composés d'une décoction de son , à laquelle on ajoutait le muriate de mercure sur-oxidé , dont on augmentait graduellement la dose. Le nombre des bains fut porté à soixantedix. La tisane était faite avec de la racine de bardane et l'écorce d'orme. Les injections comme ci-dessus: on y ajouta une très

petite dose de muriate mercure sur-oxidé. Ces moyens produisirent de bons effets; les démangeaisons s'apaisèrent; l'écoulement changea de nature et diminua considérablement.

J'avais ignoré jusqu'alors que le malade rendait, depuis plus de quatre mois et en grande quantité, avec les urines, une matière puriforme, ressemblant au blanc d'œuf, ayant une odeur insupportable , et s'attachant au fond du pot. Cette matière sortait, tantôt à la fin de l'émission de l'urine, tantôt avec les premières gouttes ; ce qui me faisait craindre quelque affection profonde des voies urinaii'es. Je prescrivis les eaux de Gontrexeville, et je fis commencer le traitement par les bougies emplastiques. La première introduction de la bougie me fit reconnaître qu'il y avait un obstacle un peu en dessous du gland. Je m'étais assuré que le spasme n'était pour rien dans l'impossibilité de la pousser plus avant. Plusieurs jours après, je rencontrai un second obstacle au milieu de la verge. Par l'introduction de la bougie, l'écoulement augmenta ainsi que cela arrive ordinairement. La bougie retirée , on y voyait beaucoup de matière attachée à l'endroit oii se trouvait l'obstacle. Dix à douze jours après, la bougie pénétra, non sans peine, dans la vessie. Le malade éprouvait un picotement très sensible et une grande démangeaison dans le canal , et surtout vers la prostate; mais, la bougie introduite, il pouvait la garder long-temps sans en être incommodé. Contre mon avis, il la tenait introduite vingt-deux heures sur vingt-quatre. Ce traitement fut continué pendant quelque temps. Cependant l'appétit était régulier : le malade dépérissait j il était morose, et se plaignait d'une douleur gravative dans la région lombaire. On apercevait au toucher un léger gonflement à la région du rein gauche ; la douleur devenait insupportable. Deux ou trois jours aprè3,le général rendit, par le canal de l'urèthre et presque sans douleur, une masse de forme oblongue el de la grosseur d'un luyau de plume à écrire. Ce corps excrété, suivant le rapport qu'on m'en fit, était rempli de liquide. Depuis deux jours on l'avaii laissé sur du papier brouillard, oii il s'était desséché : aussi ne me fut-il pas possible d'en reconnaître la nature. Le surlendemain^ le malade en avait rendu deux autre» un peuiuoins gro» :

KYSTES ACÉPHAL0CV8TIQUES DBS REINS

c'étaient des hydatides. Il se sentit soulagé : d'abord il urina à plein canal; mais il devenait chaque jour plus triste j il ne mangeait presque pas \ il dépérissait à vue d'œil ; et la douleur rénale se renouvelait, Les urines contenaient beaucoup moins de matière puriforrae. Je fis substituer les eaux de Selter à celle de Contrexe ville. Le malade rendait presque tous les deux ou trois jours des hydatides beaucoup plus petites. Par la négligence des personnes qui étalent auprès du malade, je n'ai pu en conserver que six de dix-sept qu'il a rendues. Quelque temps après avoir commencé l'usage de ces eaux, la matière puriforme contenue dans les urines diminua sensiblement, et, au bout d'environ vingt jours, elles n'en contenaient plus. De rougeâtres qu'elles avaient été jusqu'alors, elles prirent une couleur naturelle ; elles furent moins abondantes : les fonctions des voies urinaires se rétablirent complètement , l'appétit et la gaîlé revinrent; les forces se relevèrent. Le général a usé des eaux de Selter jusqu'à son départ, et a appliqué tons les jours la bougie deux heures le matin et autant le soir.

Au commencement de janvier il rendit encore une hydalide; le suintement par l'urèthre diminua au point , que je ne crus pas nécessaire d'employer d'autres moyens que la bougie pour le tarir. Ce général partit pour aller ches lui le 3 février, dans l'état de la meilleure santé.

Ogs. YIII, — Douleurs dans le rein droit ; cxpnhioa d'hydatides par l'urctUre; guéfison par l'emploi de la térébenthine: cas rapporté par M. Morcau, médecin à Vitry-lc-Français {Bibliolfi, méd., septembre 1820, p. 334, — Joum. gén. de Méd,, t. LXXV, p. ^s'')',.

Un homme de a6 ans éprouvait depjiis deux ans des douleurs aiguës dans la région lombaire droite , accompagnées d'un sentiment pénible de tension et' de gonflement de cette région, de grande difficulté d'uriner, parfois même d'une rétention d'urine. Après quelques jours, ces douleurs cédaient à l'expulsion, par l'urèthre, de petites hydatides, d'abord de la grosseur d'un pois , puis du volume d'uûe grosse noisette. Lorsque ces petits corps hydatiques eurent atteint un plus grand volume > ue pouvant plus sortir eatiera, ils se rompaient; et il

OUVERTS PANS I^ï BASJÏtfBT. 67$

$ie paraissait plus au dehors que des débri» membraneux.

M. Moreau crut recoonaître l'existence d'bydatideB dan» le rein droit , et, se rappelant l'action de la térébenthine sur les fpies urinairef), il n'hésita pas à prescrire au malade seize grains de cette substance en quatre doses pour chaque jour. i3oit simple coincidence, ou par l'effet des raédicamens en quesîàon, le malade fut guéri sans retour en moins de huit jours.

§. 869. Le doctew Lettsom(i) a aussi rapporté deux cas fort Cttrieux de rupture de kyste acéphalocystique dans les conduits excréteurs de l'urine, suivis de guérison: Un gentleman, âgé de 3a i ans, fut renversé de cheval en février 1780,1! en résulta un choc I violent aux lombes suivi d'une hématurie considérable j après ( quinze jours il ne ressentit pas d'inconvéniens de celle chute jus- I qu'au mois de juin suivant. Alors il se plaignit de toux et d'un ( cirachement de sang qu'il attribua à sa chute. Mais, avec quelque > soin, il se remit et ne ressentit plus aucun symptôme de cette maladie pendant trois ans. En septembre 1783, il fut pris de (rissons, d'une vive douleur dans la région du rein gauche. Peu de jours après il s'aperçut d'une tumeur à l'hypochoudre, laquelle s'accrut graduellement jusqu'à la fin de février i^H* Pendant neuf semaines, la tumeur fut si peu douloureuse que le malade piU faire un voyage de i3o milles pour consulter le docteur Lettsom. En examinant la tumeur, qui était aussi grosse que la tète d'un enfant , on reconnut qu'elle contenait une matière liquide, qu'elle s'étendait des vertèbres du dos le long de l'hypochoudre gauche à la région ombilicale, et qu'elle occupait tout l'espace des côtes aux os innominés. La douleur» qui augmentait aveq Venûuredu côté, était aggravée par l'exercice ou le mouvement, mais elle était soulagée par un calmant. £niin il survint de la douleur pour uriner et une rétention d'o- : riue complète pendant «quelques heures. Dans cet état, d«s chirurgiens des plus habiles furent consultés pour déterminer s'il serait à propos de faire une incision au côté et de ; percer le kyste pour prévenir la fatale terminaison que la ré-

(i) Lettsom. Two cases 0/ hyduUUes rénales (SHem. tbe médical soci«tjr ofLoadon, vol. u, p. 33, 1789).

KYSTES ACJÊPHALOCYSTIQUES DES BEWS, tention d'urine présageait. Le ao février, la consullation eut lieu son résultat fut que l'incertitude de la situation de la tumeur par rapport aux intestins, et le risque d'exposer les parties affectées à l'air extérieur, firent rejeter l'opération. On continua l'opiat ordinaire du malade : de la ciguë et des clystères anodins. Le malade passa une nuit douloureuse , tourmenté par des frissons fréquens et violens ; mais il éprouva un très grand soulagement le matin de bonne heure, à la suite de l'écoulement d'une grande quantité de pus épais mêlé à l'urine, écoulement qui fut suivi le lendemain d'une évacuation de pus et de nombreuses hydatides.

En peu de jours la tumeur s'affaissa, et l'écoulement purulent disparut. Le malade continua à reprendre des forces pendant une quinzaine ; son côté se gonfla de nouveau après une promenade en voiture, une grosse hydatide s'ctant probablement engagée dans l'urèlhre. Il survint, comme précédemment, des frissons, de la strangurie, et la tumeur devint aussi volumineuse que la première fois. A la fin de mars, il éprouva une seconde évacuation semblable en tout à la première, excepté que les hydatides étaient plus grosses. La santé et les forces revinrent ; mais après une course à cheval. M.,, fut pris une troisième fois de malaise, et l'enflure du côté continua jusqu'au a5 avril. Alors il fut soulagé par un troisième écoulement d'hydatides qui furent considérablement plus grosses que celles des attaques précédentes. Il rendait souvent de ces hydatides après une promenade à pied ou à cheval, n'ayant plus d'enflure ou de douleur au côté , et, lorsqu'il éprouvait du malaise ou une légère tuméfaction, parla pression de la main il pouvait diriger les hydatides vers la vessie, oîi elles séjournaient quelque temps avant d'être expulsées ; mais les hydatides devinrent à la fin si volumineuses qu'elles avaient beaucoup de peine k traverser l'urèthre; la dernière qu'il rendit, le i» de juillet, était si volumineuse, qu'elle s'arrêta dans l'urèthre et y resta pendant un temps considérable, jusqu'à ce que le poids de l'urine amoncelée la foi çât à passer. Les premières hydatides •e crevèrent en sortant, elles n'étaient pas plus grosses qu'un pois, et les dernière» du volume d'uuauf de poule. Cepend»nt

i (a santé se rétablit graduellement , et le malade put se livrer I sans le moindre inconvénient à la chasse et à tout autre exeri cice aussi bien qu'il l'eût jamais fait. Dans cette maladie , on : employa peu de remèdes, excepté la ciguë, la gomme arabique, k les lavemens et les anodins. Pour la seconde fois , lorsque la t tumeur devint douloureuse,ilpritunémétique, qui parut hâter 1 l'expulsion des hydatides. Le quinquina, essayé entre les évac cuationSj réussit mal et fut abandonné après la dernière expul- I siou. Ce remède, ainsi que le lait d'ânesse, paraissaient utiles.

Un homme sobre avait été pendant quelques années sujet à & des paroxysmes de douleurs dans la région du rein droit , à douleurs qui paraissaient descendre dans la direction de l'uretère i du même côté, et qui cessèrent après la sortie, par l'urèthre, de q quelques sacs membraneux (acéphalocystes) de différent volu- I me, quelques-uns entiers, les autres rompus et vides. Il y avait c des intervalles considérables entre les paroxysmes, pendant i lesquels le malade jouissait d'une santé parfaite. Ces paroxys- I mes, qui revenaient tous les quatre à cinq mois, avaient aug- I menté de fréquence, et les hydatides avaient un volume plus ( considérable. Le malade souffrait de la sorte depuis dix ans au I moment oii on commença à l'observer. D'abord, l'expulsion i des hydatides avait été suivie d'un sentiment de pesanteur, I plutôt que de douleurs et de légers frissons. L'expulsion des ) hydatides avec une matière purulente finit par revenir jusqu'à c cinq fois par an , accompagnée chaque fois d'augmentation de ( douleur et précédée d'un sentiment de plénitude dans la région ( du rein droit. Pendant trois mois, il y eut cessation des sympt tômes ci-dessus, qu'on attribua aux remèdes suivans prescrits I par le docteur Lettsom : — TP Ext. cicutœ et pilulœ sapon. à à 5 i, fiant pil. xxiv. cap ii, omninocte. — If Elec. lenitiv. 5 i ; ( œthiop. minerai § fs; syntpi simpl. q. t. ut fiât elect. de quo < cap.rhagn.nucismosch, protdventer poslnlaverit. — % Uvœ ursi l ii eoqtie ex aq. font. % ix ad \ vi. stih finem coclionis addetido I rad. glycyrrh. 3 fs et cola. — V Liq. colati l ifs ; tinct. stomach. § i. fiât haustus lis per diem sumendus. Trois années s'étant écoulées, le rapport dit qu'après des « douleurs considérables dans le dos, il rendit encore plusieurs III. 37

KYSTES ACIÎPH/VLOCYSTIQIIKS DES REINS,

hydalides d'un volume plus considérable, auxquelles adhérait un peu de sable 5 il en rendit plusieurs à difFérentes périodes ; mais il avait éprouvé un tel amendement de l'usage de la prescription ci-dessus, et de la poudre d'uva ursi substituée à la décoction, qu'on pouvait espérer la guérison.

On peut rapprocher de ces observations les deux suivantes :

Une femme de 45 ans but pendant cinq semaines de l'eau alumineuse ; quatre semaines plus tard, elle éprouva des douleui s néphrétiques qu'elle n'avait jamais eues auparavant. Un mois après, elles se renouvelèrent et se répétèrent plus tard tous les jours. Ces douleurs étaient accompagnées d'une hématurie: douze hydatides furent évacuées avec l'urine ; elles avaient nn pouce et demi de long et l'épaisseur d'un tuyau déplume d'oie. L'évacuation dura trois heures (i).

Un homme âgé de 3o ans, éprouvant des douleurs excessives dans les reins, après avoir pris de la térébenthine, évacua, avec l'urine , quinze hydalides i^emplies d'eau et de la grosseur d'une balle à fusil , elles étaient formées d'une mem])rane épaisse et transparente, et étaient tellement résistantes qu'elles ne pouvaient être crevées entre les doigts (2).

§ 870. On a vu, dans quelquescas rares, des kysles acéphalocystiques s'enflammer, s'ouvrir aux lombes par une ou plusieurs ouvertures, et ces fistules être suivies d'une guérison complète.

Obs. IX. — Hydatides évacuées par la région lombaire droite (M. Jannin, chirurgien à Vallîères. — Bibliotit. médic, 3° année, t. x, année i8o5, p. m).

Au printemps de l'an xi, une fille de xg ans , bien réglée, jouissant de la meilleure santé , sent se former peu-à-peu une tumeur dans la région lombaire droite. Pendant un an, celte tumeur js'accroît graduellement, sans produire d'autre incommodité que quelques élanceraens dans la partie afFeclée. A la fin, la tumeur étant devenue volumineuse et les élancemens plus fréquens et plus douloureux, elle se détermina à consulter

(l) Davis m Pliil. Trans., vol.xxri, u, 272, p. 897. (a) Lossi. Ohs, mc<f„ Ivb. iv, obs. 58, Lond. 176^.

OTrVERTS AUX tOMBES. .^79

M. Jaunin. La tumeur formait alors une élévation assez considérable, mais circonscrite, avec fluctuation sensible, quoique profonde; douloureuse sous la pression de la main et sans changement de couleur à la peau. Le siège du dépôt paraît à M. Jannin être situé sous l'aponévrose du muscle transverse, et, l'état ilorissant de la santé repoussant l'idée d'un dépôt par congestion, il se décide à en faire l'ouverture. Au îieu d'un amas de liquide, il y trouve une multitude d'hydatides sans pédicules, flottant isolées dans un fluide jaunâtre, et renfermées dans un kyste dont il fait extraction. Le lendemain, à la levée de l'appareil, il sort encore quel-jucs hydatides de la plaie. IMais M. Jannin , après l'avoir sondée du doigt, ne croît pas devoir pousser ses recherches plus loin, et se borne à faire chaque jour des injections avec l'eau d'orge miellée, à panser avec le digestif et à faire usage de compresses imbibées d'eau et de vin. La cicatrisation avance rapidement , et paraît vouloir se former avant que le fond de la plaie soit entièrement consolidé, circonstance qui inspire quelques craintes à M. Jani;in. Heureusement ces craintes ont été vaines, et, malgré le dév^elopperaent d'an érysi^pèle peut-être métaslatique qui est venu i oubler la nature dans sa marche , 1» malade a été complèteneol gaérie dans l'espace d'environ quinze jours.

iObs. X. — Rhumatisme goutteux chronique , terminé par nn ahcès à région! lojEDbaiBO g.iacU», q'iL reafecmait prèar ds six sents bjdhtides , pw J.-IH. Fari;adcscli^||^bajiias&0, Q. ]!tl..à Âllaneiies {Bibliotlièqm médicale, onzième année, tom. xmt, année iSi4>-P» m).

Un lâiomrae,âgé de68 aas, était sujet à' des douleure de rhunafcisrae vagues qui, depuis quatre à cinq ans , s'étaient fixées ians; la cuisse et la jambe gauches. 11 jouissait, » cela près, d'urne' )oniuî santé, lorsqu'il lai survint à l'aine gauche un gontl'enent du volume d'une noix, qaà disparaissait -et reparaissait alernalivement.Au bout de quelques années, ce gonflement avait

cquis un volume considérable et était accompagnai de douleurs irofoudes, qui- répondaient dans k région Itimbaire gauche ,

lais ensuite il di&parut en peu de jours et fivt remplacé par uui

tige abcès clans la région lombrtiie, qui s'ouvrit spontanément

58o KYSTES ACÉPHALOCYSTIQUES DES REINS

après avoir causé, pendant environ un mois, une grande gêne et de vives douleurs. Il en sortit une énorme quantité de pu» de bonne qualité , au milieu duquel on distingua petitet vesiies de forme arrondie et de diverses grosseurs, les moindres avaient le volume d'un grain de raisin, et les plus grosses égalaient un œuf. Elles étaient formées par une membrane assez forte, lisse à l'intérieur, inégale et floconneuse à l'extérieur. On les écrasait avec peine entre les doigts, et on en faisait sortir un liquide aqueux, inodore. Le lendemain et les jours suivans, chaque fois qu'on renouvela l'appareil, il sortit encore une multitude de ces vessies, avec une grande quantité d'une matière albumino-gélatineuse, semblable à la raclure que donne II! cuir des tanneurs. Au bout de quelques jours, on observa que le liquide qu'elles renfermaient avait perdu sa transparence, et qu'il exhalait une odeur très forte d'oeuf pourri. On fit quelques injections de miel rosat, et on appliqua sur l'ouverture un plumasseau enduit de baume d'Arcœus. Ce pansement fut continué jusqu'à parfaite guérison, c'est-à-dire pendant un mois et demi.

^ 871, La pjélile et la néphrite sont de toutes les lésions rénales celles qui accompagnent le plus fréquemment les kystes acéphalocystiques ; viennent ensuite les calculs rénaux qu'on a vus plusieurs fois compliquer la présence des hydatides.

Om. XI. — Point de traces du rein droit ; acépbslocystes et calculs daa> le rein g.iuche. Blackburne (Lond. Mcd. journ,ffe78i, vol. r, p. 126. — MeckeL Puthol. anat., toI. 11, sect. a, p. 4a8, 4^9).

Un homme tomba du.haut d'une table, et depuis ce moment éprouva continuellement des douleurs violentes dans le rein gauche. Quelques semaines plus tard, il rendit avec l'urine plusieurs petites hydatides, et d'autres ensuite de la grosseur d'un œuf de poule. Quatre ans après, le malade mourut, et on ne trouva du côté droit aucune trace de rein, ni d'uretère. Le rein gauche était trois fois plus grand qu'à l'ordinaire; le bassinet, très distendu, était rempli en partie par une grosse pierre, mais principalement par un liquide épais et plusieurs hydatides.

ET CALCULS KÉNADX.

Obs. XU. — Acéphalocystes et calculs rénaux (Chopart. Traité des mal. des voies urinaires, t. i, p. i44)'

Desault a trouvé des hydalides avec des pierres dans le rein gauche d'un enfant de 4 ans. Ce rein était couvert de beaucoup de graisse ; sa substance charnue était dense et mince; les calices, le bassinet et les uretères contenaient un grand nombre d'hydatides, qui en avaient excessivement distendu les parois. Ces parois étaient blanchâtres et avaient plus de fermeté et d'épaisseur que dans l'état naturel. Nous avons examiné avec soin ces hydaiides: il y en avait de la grosseur d'une aveline, d'autres étaient moins grosses. Nous en avons vu de naissantes ou si petites qu'il y avait lieu de penser qu'elles étaient formées depuis peu de temps, et celles-ci adhéraient un peu à la surface interne des conduits urinaires, tandis que les plus grosses étaient libres. Quelques-unes contenaient une humeur muqueuse et trouble ; d'autres renfermaient un calcul blanchâtre, de la grosseur et de la forme d'un pois, d'un haricot. La plupart avaient leur kyste ou sac formé de deux lames concentriques unies par un tissu fibreux. Dans d'autres hydatides, le kyste était mince, se rompait facilement et ne paraissait être qu'une simple concrétion lymphatique, sans avoir le caractère de membrane. Il y avait dans la vessie plusieurs pierres ovalaires blanchâtres et friables. Cet enfant avait été taillé trois jours avant sa mort, et l'on avait extrait quelques pierres de la même espèce.

Maladies des vaisseaux des reins.

§ 872. On n'a encore recueilli qu'un bien petit nombre dd'observations sur les maladies des vaisseaux des reins. Je me bornerai à citer, ici, quelques observations relatives aux lésions es artères et des veines. Les altérations des vaisseaux et des ganglions lymphatiques seront spécialement mentionnés dans "histoire du cancer des reins et dans celle de la dégénération tuberculeuse de ces organes.

Lisions des artères rénales.

§ 873. Les artères rénales offrent quelquefois des disposition»

58a ANÉVUYSMK

anomales. Palfin (i) rapporte qu'en i^oS, il disséqua un soldat dont le rein gauche recevait deux artère» éraulgentes. Chez un diabétique , j'ai vu chacun des reins recevoir deux artères rénales.

§ 874. J'ai vu, sur un rein de vieillard, une artère rénale d'un (rès grand calibre, et dont la membrane interne présentait des rides transversales j très prononcées. Le rein, dans lequel se distribuait cette artère , était d'un sixième plus pesant que son congénère, qui recevait une artère d'un moindre calibre. Cependant il n'existe point de rapport constant entre le volume des reins et. celui des artères qu'ils reçoivent. Ainsi, chez un autre vieillard, les artères rénales étaient très développées , et les deux reins ensemble ne pesaient pas huit onces.

§ 875. Chez un autre vieillard, j'ai trouvé les artères des reins cartilagineuses, et une des principales branches était complètement ossifiée et oblitérée. Il y avait des vésicules et de petits kystes dans la substance corticale , et des corps cartilagineux , du volume d'une lentille , dans la substance tubuleuse. Chez un autre vieillard, atteint de gangrène séiiile, l'artère rénale était ossifiée,- dilatée sur un des côtés de ses parois.

§ 876. On a plusieurs fois observé Vanèvrysme des artères rénales. Ploucquet indique deux exemples de cette lésion ; mais l'un , celui qu'il attribue à Julien (2) , est un cas incomplètement décrit, et dans lequel on crut que les artères spermatiques , et non les artères rénales, étaient anévrysmatiques. Le titre de l'autre observation (3) est très positif, mais je n'ai pu me la procurer. Les observations suivantes établissent suffisamment l'existence de cet anévrysme.

M. Audouard (4) rapporte que, chez un cheval qui avait èu un effort de reins, il trouva après la mort le rein gauche induré et

(1) PalUn. Anal., lom. i, p. i53.

(2) Journal de méd., t. xiii, p. SSg.

(3) Titins. Pr. anevrysinalis arleria; renalis sinistri exemplum , Wittemb.

(4) Reeueil de méd. vétèrin,, i824.p' 358.

DES ARTÈRES RENALES. 583

ifoïmant une masse carcinomatense de la grosseur d'une téte ad'homme. Un anévrysme du volume de l'aorte existait dans , l'artère rénale du même côté. M. Gendrin (i) dit qu'il a observé F une hématurie qui tirait son origine d'un anévi^sme rompu de

l'arlère émulgenle, à la surface duquel une adhérence s'était I établie avec la cavité du bassinet du rein, et avec l'origine de

l'uretère gauche. ^

B)|Obs. I. — Tumeur anévrysmale de l'arlère émulgentc du côté gauche (Obs. par Donrlin. Journal de chirurgie et de médecine , vendémiaire i an XII, t. VII, p. aSa).

Claude-Denis Lamarche, célibataire, âgé de 64 ans, tempérament bilieux sanguin ; yexix noirs, saillans et pleins de feu; caractère vif et emporté.

Entré à l'hôpital le ôo prairial dernier,il se plaignait d'éprouver, depuis deux mois environ, une gène considérable dans l'hypochondre gauche, qui Tempèchait de pouvoir rester couché sur ce côté : il rapportait la cause de son mal à des obstructions qu'il supposait être le résultat du chagrin que lui avait occasioné une perte d'argent qu'imprudemment il avait confié à des débiteurs infidèles et insolvables. Il ne pouvait marcher sans éprouver de temps à autre des rétractions fortes et subites du testicule gauche, accompagnées de douleur qui lui arrachaient des cris même involontaires. Il était habituellement t:onstipé, et ne pouvait évacuer que par lavement. Au total, son îppétit était bon, il digérait assez bien. Il se plaignait aussi de ne pouvoir dormir au-delà de trois ou quatre heures : toujours son sommeil était fatigant et interrompu.

J'examinai le ventre, et je trouvai effectivement une élévation assez prononcée dans toutel'étendue de l'hypochondre etde la région lombaire gauches. L'abdomen me parut un peu tendu et légèrement œdématié. Je le palpai en tous sens , cherchant à découvrir quel pouvait être l'organe affecté. Ne trouvant rien

(i) Gendrini Traité philosophique de médecine pratique^X, r, pag. 247<

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