‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource]Chapitre 34 sur 42 · TISSUS H13TÉR0L0GUES · texte numérisé non relu

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celte masse sont séparés par de petites lif^neS de substance corticale.

On rencontre aussi la matière tuberculeuse dans la substance corticale, sous forme de petites masses compactes ( AaXAS, Pl. xLii , fig. 5) du volume d'une noisette ou d'une olive, non grenue , lisse , d'une teinte blanche légèrement jaune, et dont l'aspect a une assez grande analogie avec celui de la coupe d'un marron d'Inde. Ces gros tubercules peuvent se ramollir. Quelquefois ces masses ramollies sont immédiatement contigués à la substance corticale , ou bien elles sont séparées par une membrane très mince, de nouvelle formation, dont la faceinterne est légèrement aréolaire (Atlas, Pl. xlti , fig. i). Cette membrane accidentelle ressemble beaucoup à celle que l'on trouve autour de certains abcès volumineux du foie.

La matière tuberculeuse peut être déposée dans les cônes , en grains ou en masses ; mais elle s'y présente , plus souvent que dans la substance corticale, en grains très rapprochés les uns des autres , disposés en stries et simulant de petits chapelets (Atlas, Pl. xi-ii, fig. i), apparence qui est surtout frappante lorsqu'on les examine à la loupe (Atlas, Pl. xlii» fig. 3).

Quelquefois les tubercules sont déposés à la surface et dans l'épaisseur des mamelons , comme une poudre plus ou moins, grossière , infiltrée à d'inégales profondeurs. Tantôt les mamelons paraissent plus gros et plus saillans que dans l'état sain; d'autres fois ils sont très inégaux , déchiquetés ; enfin ils peuvent être complètement efl'acés par suite d'une rétention d'urine dans les calices consécutive à l'obstruction plus ou moins complète de l'uretère. Enfin , non-seulement les mamelons et la substance corticale peuvent être afi'aissés et atrophiés par ce mode de compression j mais ils peuvent être déformés et détruits par une véritable ulcération tuberculeuse.

Autour des tubercules , la substance rénale affaissée ou comprimée est quelquefois tout-à-fait saine (Atlas, Pl. XLil,fig. 5). Elle est décolorée dans d'autres cas f Atlas , Pl. xliii , fig. 3 ) ; surtout lorsque les reins sont farcis de tubercules , les substances du rein paraissent injectées, imbibées de sang, et

TUBERCULES DES' REINS. 6a I

offrent des nuances variées de rougeur (Atlas, Pl. xliii, (ig. i); enfin, dans les cas de néphrite tuberculeuse^ on rencontre quelquefois de petits points purulens entre les tubercules crus ou ramollis. (Atlas , Pl. xlii , fig. i).

Dans un certain nombre de cas , le volume des reins n'a pas paru sensiblement augmenté par le dépôt de la matière tuberculeuse (Atlas , Pl. xlii, fig. a et 5 ; Pl. xliii, fig. i , a , 3 ). Une circonstance peut leur faire acquérir des dimensions considérables : c'est la rétention de l'urine mélangée de matière tuberculeuse , dans les bassinets et les calices , et l'infiltration de ces conduits par cette même matière (Atlas, Pl. xLiv, fig. I ). Il est rare que le volume des reins soit diminué.

L'afi'ection tuberculeuse se présente aussi , sous diverses formes, dans la membrane muqueuse des calices, des bassinets et des uretères. Tantôt de petits grains tuberculeux , arrondis , blanchâtres , du volume de la tête d'une épingle , déposés dans l'épaisseur de la membrane muqueuse ou au dessous d'elle, la soulèvent inégalement et la rendent rugueuse (Atlas, Pl. xLiii, fig. 3). Ces points sont quelquefois réunis en groupe ou tellement rapprochés, qu'ils forment des plaques saillantes, variables pour la forme et l'étendue.

Lorsque la totalité de la membrane muqueuse des voies urinaires est envahie, la surface cesse d'en être lisse et polie, comme elle l'est dans l'état sain. Lorsque cette membrane est profondément infiltrée de matière tuberculeuse , elle devient inégale , chagrinée et rugueuse ; quelquefois elle paraît foliacée, comme si elle était couverte de parcelles de son , et l'urine lui communique souvent une teinte jaune brunâtre (Atlas , Pl. xlii , fig. 3J..

La membrane muqueuse des calices, des bassinets et de l'uretère , présente quelquefois de petites ulcérations (Atlas , Pl. xlii, fig. 4) ovalaires, déprimées, blanches ou grisâtres, entourées de matière tuberculeuse , ou bien de larges excoriations d'un rouge vif, entourées d'un large dépôt de matière tuberculeuse en nappe.

La dégénérescence tuberculeuse se propage quelquefois du

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bassinet et de l'uretère à la membrane muqueuse de la vessie (Atlas, Pl. xliii, fig. i ). Dans d'autres cas, on l'a vue s'étendre sur la membrane muqueuse du canal de l'urèlhre dans la prostate , les vésicules séminales , lors même que la vessie était peu altérée (Atlas, Pl. xliii, fig. 4).

Lorsque l'aflfection tuberculeuse a envahi les conduits excréteurs de l'urine , le tissu cellulaire sous-muqueux est lui-même souvent infiltré de matière tuberculeuse, ou bien il est induré, épaissi. Les uretères , beaucoup plus volumineux que dans l'état sain, prennent l'apparence d'une tige solide, et le calibre en est plus ou moins rétréci. Ordinairement, au contraire, la cavité des calices aitgmente au lieu de diminuer, et cela , par l'effet de la distension que leur fait éprouver l'urine, dont le cours dans l'uretère est plus ou moins intercepté.

Par suite de l'infiltration tuberculeuse , les calices acquièrent alors tine certaine rigidité qui les empêche de s'affaisser lorsqu'on fait une coupe aux reins, et celte circonstance , jointe à leur dilatation , leur donne l'apparence d'excavations tuber^ culeuses ( Ati.as , Pl. xlit, fig. 3 ).

Sur seize cas de dégénérescence tuberculeuse des reins, jé n'ai TU que deux fois les membranes extérieures de ces organes participer à l'altération. Dans un cas , les tubercules déposés dans les membranes extérieures d'un des reins , rappelaient exactement , sauf la couleur, la disposition des croûtes du favus sur la peau ( Atlas , Pl. xliii, fig. 11 ). Sur l'autre rein ( Ati^s, PI. XLIII, fig. i), les membrane» extérieures, ramol*» lies, déchiquetées, réduites en fdamens, étaient baignées pai* une couche liquide , formée de pits et de matière tuberculeuse en dissolution ; ce foyer communiquait par un trajet fislulent avec le colon descendant, enflamme et perforé.

Je n'ai point observé d'altérations des calices et des veines des reins dans l'affection tuberculeuse de cet organe. Lesgaliglions lymphatiques de la scissure participent ordinairement à l'altération lorsqu'elle est considérable.

Je n'ai vu que deux fois la dégénération tuberculeuse des reins chez les nouveau-nés et dans des cas de dialhèse tuberculeuse. Un très petit nombre de grains tuberculeux étaient

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«disséminés dans la substance des reins, il n*y avait pas de iTbatière tnberculcnse dans les uretères , le bassinet et les ccstliCes.

Chez les enfans d'un dge plus avancé , l'altération lubèrcu- 1 lètise ne se rencontre presque jamais à un haut degré dans là sstibstance des reins, sans que la même altération ait envahi pplus ou moins la substance tubuleuse et la membrane mujqùeuse des calices et des uretères. Sur seize cas de tubercules Idës reins, chez l'adulte, la matière tuberculeuse a été trouvée «seize fois dans la substance corticale, quinze fois dans la subdstance tubuleuse et treize fois dans la membrane muqueuse des .- calices et des uretères.

Chez les vieillards, la dégénérescence tuberculeuse des reins ■ est très rare, et, lorsqu'elle existe, elle est le plus souvent bornée aux substances tubuleuse et corticale.

On a dit que les deux reins étaient généralement attaqués. Cependant, sur seize cas d'affections tuberculeuses de ces or- 1,'anes, la maladie n'a atteint que six fois les deux reins, tandis qu'elle s'est montrée dix fois sur un seul rein, dont sept fois dans le rein, gauche.

On a dit également que les enfans sont plus exposés que les individus d'un autre 6ge à l'affection tuberculeuse des reins ; celte assertion a besoin d'être vérifiée de nouveau par des calculs statistiques faits sur une grande échelle.

Lorsqu'il existe des tubercules dans les reins, non-seulement on en trouve presque toujours dans les poumons, mais le plus souvent dans d'autres parties de l'appareil génito-Tiriaaire, dans la vessie, l'urèthre, les testicules, les conduits déférons, les vésicules séminales et la prostate chez l'homme, la cavité de la matrice et de la trompe chez la femme, dans le foie, les glandes mésentériques et l'intestin, etc.

^ 904. Symptômes. Pendant la vie, le plus souvent il est fort difficile de reconnaître le dépôt de la matière tuberculeuse dans les reins et dans leurs conduits excréteurs. Toutefois la difficulté n'est pas la même, suivant que les tubercules sont déposés dans les substances rénales, ou qu'ils occupent en même temps les conduits excréteurs de l'urine. En effet , je ne con-

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nais aucun caractère dans la sécrétion urinaire, ni aucun autre moyen, à l'aide duquel on puisse diagnostiquer le dépôt de la matière tuberculeuse dans les substances rénales. Il est vrai que , dans quelques cas de tubercules des reins , on a constaté dans l'urine la présence d'une certaine quantité d'albumine: mais la présence de l'albumine dans l'urine est un phénomène commun à plusieurs maladies. D'ailleuj-s, on a vu l'affection tuberculeuse des reins coïncider avec l'altération particulière que j'ai décrite sous le nom de néphrite albumineuse chronique.

D'un autre côté, les reins infiltrés de tubercules sont rarement augmentés de volume, au point de former une véritable tumeur, lorsqu'il n'y a pas en même temps un obstacle au cours de l'urine, déterminé par une infiltration tuberculeuse de l'uretère. L'infiltration tuberculeuse des reins peut être accompagnée de l'indammation des substances rénales, autour du dépôt tuberculeux; mais, en supposant que, dans un cas de diathèse tuberculeuse , on vînt à constater l'existence d'une douleur sourde dans les régions rénales , rendue plus vive par la percussion, celle douleur n'autoriserait pas à supposer l'existence d'une affection tuberculeuse des reins; car les reins, chez les phlhisiques, peuvent devenir douloureux, indépendamment de dépôts tuberculeux.

Lorsque la matièi'e tuberculeuse , infiltrée dans les mamelons, éprouve un ramollissement analogue à celui qu'elle subit fréquemment dans les poumons, souvent elle se détache et se mélange avec l'urine; ou bien, lorsqu'un semblable détritus tuberculeux est fourni par la surface des calices, du bassinet ou de l'uretère infiltrés de matière tuberculeuse , l'urine prend alors des caractères particuliers qui peuvent déceler la présence d'un dépôt tuberculeux dans les voies urinaires. Au moment de l'émission, l'urine est plus ou moins trouble, ou au moins elle tient en suspension des grumeaux de matière organique, non fibrineux, qui se déposent avec les sels de l'urine; et, si on examine au microscope ce sédiment, on voit qu'il est formé en grande partie de globules muqueux et quelquefois de globwles sanguins, et cl'wne routière organique qui ne se dis-

TDBERCULKS DES IIEINS. 6^5

«but pas dans les acides étendus, comme le font les phosphates «t les urates, sels qui forment ordinairement le sédiment de l'urine. Cette matière organique , examinée au microscope , l'offre que des granules bien distinctes des globules de pus et des globules de sang. Le mélange de la matière tuberculeuse uvec l'urine a d'ailleurs cela de particulier , qu'on observe iMOuvent de très notables différences dans la proportion de cette matière anomale, non-seulement dans les diverses émissions )pérée3 pendant plusieurs jours, mais encore dans les émisiious d'une même journée. Jamais non plus la proportion le la matière tuberculeuse dans l'urine ne peut être comparée 1 celle du pus dans les cas d'inflammation du bassinet ou delà essie ; et, lorsque la matière tuberculeuse est mélangée avec le )us, ce qui arrive lorsque rinflammalion tuberculeuse des eins, des calices, du bassinet et de l'uretère, est compli- [uée d'inflammation de la membrane muqueuse des voies irinaires, parfois de véritables lamelles de la membrane mu- |ueuse de la vessie, ainsi infiltrées de matière tuberculeuse, ont expulsées avec l'urine et visibles à l'œil nu, bien que urine soit en même temps chargée d'une quantité notable de niucus ou de pus. Cette coïncidence de l'inflammation de la vesie et notamment de la cystite tuberculeuse, avec la dégénéresence tuberculeuse des reins ei de leurs conduits excréteurs, xplique pourquoi on a observé Quelquefois ,chez les malades, ne sensibilité morbide dans l'hypogastre , des douleurs plus u moins vives avant, pendant et après l'évacuatiou de l'urine, ont les émissions sont peu abondantes et très répétées, et 'autres symptômes communs à toutes les espèces de cystites, outes les fois donc que, chez un individu qui présente des aines non équivoques de dégénérescence tuberculeuse des pouions, on observe des accidens analogues à ceux que je viens 'énumérer, on pourra presque aflirmer qu'il existe une dégéérescence tuberculeuse des reins et de la vessie, et parfois des ^ticules , si un d'eux est tuméfié) dur et bosselé sans avoir été Iteint d'orchile bleunorrhagique. Une autre circonstance peut enir fortifier le diagnostic. Par suite d'une infiltration tubei'uleuse des uretères, l'urine peut s'accumuler dans le bassinet et ni. 40

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les calices, et les dilater, de manière à transformer le rein en une large poche multiloculaire , entièrement incrustée de matière tuberculeuse, et que l'on peut reconnaître par le toucher et par la percussion.

Ij'ohservation ayant plusieurs fois démontré la coexiste;ace d'une lésion tuberculeuse des reins et de? yerlèbres l'existence d'une affection tuberculeuse dans les reins, chez un individu atteint de carie tuberculeuse des dernières vertèbres dorsales ou des premières vertèbres lombaires, peut être rendue très probable par un dérangement de la sécrétion urinaire, lorsqu'il n'existe encore ni paralysie, ni rétention d'urine.

§ QoS. Causes. On ne peut assigner au dépôt de tubercules dans l'appareil urinaire, d'autre cause que la disposition coustitutionnelle, héréditaire ou acquise, que l'on désigne, dans l'ignorance où. l'on est de sa tiature, par le nom de diathèse tuberculeuse. Toutefois, les tuberculçs ne se développent dansles reit)^ dçs phlhisiques que danâ. une très faible prôportioni Cette proportion est plus considérable chez les enfans et plui considérable encore chez certains animaux.

t'inflajnmatiojû n'a aUcune influence sur le développement de? tubercules ehez les individus qui ne sont point prédisposés à ççtte dégénéresceacei. Lft fréquence des inflammations des reins j d'une part , et la çareté de l'aiFeclijon tuberculeuse de l'çiUlre, prou Y.eftt qu'il est mêirte douteuX, dans la plupart des qas au moins, qu'uïke fe^pitalion loeftlft ait été. l'occasion de 1» dégén,é.resQenç^ tuberculeuse dès reins.,

5. 9.06, PronosAù}' Il est inutile d'ajouter que le pi-onosUc do l'affecUon tuberculeuse dos reins est toujours des plus graves* E;» effiet, l'affeotiott tuberculeuse des reins a lieu, le plus sou»* vent dans, des oas où des tuberéules infiltrés ou déposé* oéciipent soit présque toiis les organes j soit les poumons ; ou eaâa dans des cas. de dégéBérescenoe tuborculeuse d'oF'*» ganes voisina des rein»-. Dan» le preiirier cas^ la lésion tuber^ culeuac des reins hâte la mort j que devait inévitablement entraîner la lésion tuberculeuse des autres viscères et en parti" cvilier celle des poumons, L'«ffection tuberculeuse des rein*

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est aggravée par la rétention d'urine qu'amène presque toujours à sa suite la carie tuberculeuse des vertèbres.

Lorsque l'affection tuberculeuse des reins et de leurs conduits excréteurs constitue l'affection principale, lorsque celte dégénérescence n'est pas survenue chez un phthisique ou chez un individu atteint d'une lésion tuberculeuse dans les vertèbres, si on parvient à reconnaître la maladie pendant la vie, le pronostic est moins grave. On devra [s'attacher à combattre la diathèse tuberculeuse par le régime animal très fortifiant, et par l'usage d'un vin généreux, des préparations martiales, en même temps que par l'emploi des bains gélatineux on calmera les accidens inflammatoires qui accompagnent souvent le dépôt de matière tuberculeuse dans les voies urinaires. Dans un cas d'affection tuberculeuse du testicule , j'ai vu la vessie s'affecter , l'urine se charger d'une matière qui avait l'apparence de la matière tuberculeuse et diminuer de pesanteur spécifique, et la douleur qui accompagnait l'çmission très fréquente de l'urine diminuer par le repos et par l'usage d«s bains gélatineux. J'ajoute que, dans ce cas, l'exploration de la vessie , faite à plusieurs reprises avec beaucoup de soin, a toujours confirmé l'absence de corps étrangers.

Historique et observations particulières.

•^907. Jusque dans ces derniers temps, on n'avait publié qu'an petit nombre d'observations sur les tubercules des reios et de leurs conduits excréteurs. Cependant, dans plusieurs auteurs mciens,, il est vaguement question à'athérômes et d'autres alicralions peu déterminées des reins ; et ces affections étaient peul-èti'e des affections tuberculeuses.Pluaieursauteurs(i) disent eu outre que les indurations squirrheuses des reins peuvent avoir pour cause une affeclion scrofuleuse {maierics scrofulosa).

Morgagni (a) rapporte le cas d'un jeune homme cle i5 ans,

(i) D, Hecr. De renum morl>is, in- 4. Ualcc, 1790, p. aS. ('2) Morgagni. De sedibus et causis inorèorunt, iu-4. LovanPi- ^5,(Ji3>. t p. 336^ Epist. liiviii. § arU lai . ; " i ,

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chez lequel il sYlait développé, en peu de 7nois, des tumeui's glanduleuses au col, dans l'aisselle, au dos, à la poitriue. Plusieurs de ces glandes étaient grosses comme un œuf de pigeon; une d'elles, située sous le muscle pectoral droit, avait trois pouces de longueur. Après la mort, on trouva les glandes du col remplies d'une matière blanchâtre, dont la plus grande partie était solide et comme sébacée. Les glandes axillaires, qui formaient une masse continue , contenaient une matière jaunâtre et sanieuse. L'épiploon offrait de petits corps durs, remplis d'une matière blanchâtre. Dans le voisinage de la rate et du mésocolou lombaire gauche, se trouvait une masse composée de plusieurs petites tumeurs de la grosseur d'un œuf de pigeon et qui contenaient la même matière que les glandes. Le pancréas et les ganglions du mésentère en étaient également remplis. La tunique graisseuse des reins, épaisse de deux travers de doigts vis-à-vis des verlèbres et de cinq travers de doigts dans la partie opposée , était remplie de celte même iiialière. Le rein gauche eu était pénétré ( Proiitereaque ren sinhlei', accedente clïam dura et strumosa, quœ materiam iUam iiilc. • tecabai, linea , jiondo fini unciarwn circiter sex et triginta).

Math. Baillie([)i> fîgaré l'altération tuberculeuse des relus et des uretères. Mais la manière dont il s'exprime au sujet des abcès scrofuleux et des tubercules des reins exige une cxplication(») : « Il n'est pas rare, dit-il, de trouver des abcès scrofuleux dans le rein, mais rarement cet organe contient des lubercules scrofuleux. J'ai cependant eu l'occasion de rencontier une fois ces tubercules qui ressemblaient parfiiilemenl aux tubercules ordinaires des poumons. Aucun de ces tubercules n'était en suppuration. » Or, en supposant que les tubercules suppurés (abcès scrofuleux) soient plus fréquens dans les reins que les tubercules crus, Baillie s'est trompé; et son erreur provient évidemment de ce qu'il a pris pour des exemples d'abcès scrofuleux de véritables cas de pyélite calculeuse.

(i) Baillie. A séries rj engravings lo illusirale the morbid anatomy of the human Mr> hoaà., 1799-1813, 111-4.

(9) Baillie. Anac.patliolog., iu-S, Paris, i8i5, trad. franc., parGucrbois.

TUBERCULES DES REINS {Iiistorique). Gag

G.-L. Bayle, dans son beau mémoire siir les tubercules (i), est le premier qui a\\ donné une bonne description des altéra ' tions qu'on rencontre dans les reins, les uretères, la vessie, la prostate , les testicules et les capsules séminales dans les cas d'afTections tuberculeuses des voies urinaires. Dans le cas remarquable qu'il a publié comme un exemple de cette altéra- ■ tion , le malade avait rendu du sang avec les urines. L'émission de l'urine était parfois empêchée par des caillots de sang dont ; l'expulsion ne pouvait être opérée qu'avec beaucoup de diffi- ( culté. Plus tard, le malade éprouva beaucoup de douleur en V urinant, et immédiatement après l'émission de l'urine il res- I sentait une douleur très vive aiu bout de la verge; il lui semblait qu'on lui lardait le canal de tnrèthre avec des épingles, Xjcs urines contenaient beaucoup de glaires. Cet homme n'avait i jamais rendu de graviers, ni ressenti aucune douleur dans la I région des reins -, les poumons étaient remplis de tubercules ; 1 le larynx offrait des ulcérations; il y en avait également à la (in ide l'intestin grêle. Le rein gauche était sain , de même que H'urelère gauche.

Le rein droit offrait un volume presque double de celui du irein gauche. Sa partie inférieure était saine ; mais sa partie suipérieure était très grosse et inégalement bosselée. Elle conteinait trois tubercules qui égalaient le volume d'une petite noix, «et un quatrième était aussi petit qu'une noisette. Ils étaient Itous formés par une membrane molle, assez épaisse intérieureiment, unie au tissu du rein, et remplie par une matière blan- Ache, assez dense, caséiforme, et un peu ramollie dans le centre, plus ferme à la circonférence qui adhérait fortement avec l'espeGe de couche membraneuse qui formait les parois des Itnberculcs. Les calices étaient sains, le bassinet un peu épaissi; (l'uretère, fort dilaté, avait un diamètre d'environ quatre «lignes, depuis le bassinet jusqu'au détroit supérieur du basisin, et de près de deux lignes, depuis cet endroit jusque près de la vessie. La membrane interne de cet uretère était épaissie

(i) Baylc. Remarques sur les tubercules [Journal de médeci ne , chirurgie^ y pharmacie, etc., par Corvis.irt, Leroux et Boycr, t. vi, gcrinin. xi, p. a6 et 36)'

63o TlâSUS aiTÈBÔLOGUES.

èt d'un blanc cendré; elle semblait formée par une couche

inégale de plâtre gris et mou, étendu en forme de membrane.

Les vésicules séminales offraient intérieurement le même aspect que la surface interne de cet uretère; et elles contenaient en outre une matière épaisse très resseniblaiile à de la magnésie un peu humectée d'eau.

L'épididyme gauche égalait la moitié du yolurtie du testicule du même côté : il était d'un blanc rosé , son tissu ressemblait à celui d'une matrice saine. Il renfermait dans sa grosse extrémité un tubercule du volume d'une noisette; dans sa petite extrémité, de même que dans l'épididyme droit, il y avait plusieurs tubercules moins gros que des pois. Tous avaient une membrane extérieure fort molle, intimement unie avec le tissu de l'épididyme. Le centre de la matière intérieure, qui était caséiforme , commençait 4 sè ramollir dans la plupart d'entre etix. La prostate n'avait pas augmenté de volume : elle contenait un tubercule, de la grosseur d'une noisette , foi-mé par une matière d'un blanc jaunâtre, dont le centre était déjà pultacé et de consistance de bouillie homogène , tandis que la circonférence était encore fort dense. Le tissu propre de la prostate semblait écarté par la matière du tubercule. 11 y avait encore dans celte prostate trois autres tubercules aussi petits que des lentilles , et fermes dans leur centre.

La vessie contenait un peu d'urine trouble, dans laquelle ou voyait quelques flocons blanchâ 1res j sa tunique musculaire était à-peu-près saine; sa tunique muqueuse, légèrement épaissie, était enduite d'une matière muqueuse blanchâtre. Elle ofl'rait un grand nombre d'ulcérations blanches superficielles, et aussi larges que la cornée transparente. On voyait sur ses replis nombreux une grande quantité de taches d'un roUge livide, longues de cinq â six lignes et larges d'une à deux lignes. Tout l'intérieur de la vessie était panaché de rouge livide et de blanc, ce qui était dû aux taches et aux ulcérations. Les replis colorés semblaient être des veines variqueuses ; ils étaient entièrement imprégnés de sang, et la membrane muqueuse offrait un gonfleinent sensible dans les endroits rouges des taches livides. On ne pouvait apercevoir l'er Irée des uretères, à cause des ulcérations.

TUBERCULES Dfes REINS {kiètoriqué). 63 f

Le conduit de la vésicule séminale gauche S^ouvràit à côté du vcru nionlanum, pni' une ouverture capable d'admettre l'extrémité d'une plume de corbeau. Plusieurs conduits prostatiques auraient pu recevoir une tête d'épingle de moyenne grosseur. Ils étaient tous obstrués par linè matière pvitttaéée jaunâtre, que la compression faisait sortir sous forme dë vermisseaux. Le veru montanum était fort saillant. La membrane muqueuse de l'urèlhre était saine, depuis la fosse naviculaire jusqu'à la profondeur de deux pouces et demi, et, de cet endroit jusqu'à uii pouce du veru montanum, elle était fortement teinte d'une couleur rouge noirâtre ; mais on ne voyait ni ulcération, ni épaississement.

Hovrsbip (i) a publié le cas intéressant d*une femme de a6 ans, qui, pendant la vie, avait éprouvé de vives douleurs du côté de la vessie , et dont le rein et l'uretère droits furent trouvés après la mort atteints d'une altération tuberculeuse. La vessie offrait à sa surface interne un grand nombre de légères ulcérations, si peu apparentes, qu'elles auraient pu échapper à un exfimen peu attentif. L'affection de la vessie était plus marquée dans le voisinage du col de cet organe. Cette altération du rein a été désignée par ïiows'hip Soùs le nom à'abcès scrofuleux-

Howship parle aussi d'une même affection du rein dhez un garçon scrofuleux (2), et il dit que, dans l'inflammation simple {hcalihy inflammation), la région jénâle est le siège de la principale souffrance, tandis que, dans Vinflammation scrofulcuse, l'irritation sympathique vers le cqI de vessie prédomine (3), Toutefois, je crois pouvoir aferiper que çette assertion n'est point exacte. Les infiltratioifs tuberculeuses des reins ou des bassinets ne déterminent point, par elles-mêmes, de douleurs sympathiques à la vessie : ces douleur? «ppaiiieuineait rqeljle-

Jolin Howship. .4j;r/w;;>A/.A'^(f<i«^ji,</ie«^y;^<9/>V, (aii,ses,discrirniiia' don and treatment of sortie of the most .important ûtiinplwnts that affect tlie sécrétion and excrétion if the ufia&,\n-&, LondQn..i*23,,^. 44.

(2) Ibid., p. a6.

(3) Ibid., p. 24.

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ment à la cystite tuberculeuse, qui, il est vrai, accompagne assez souvent les dégénérescences tuberculeuses des reins et de leurs conduits excréteurs. Howship, dans un cas douteux (i), guidé principalement, à ce qu'il paraît, par l'absence d'un calcul dans la vessie , coïncidant avec des douleurs atroces pendant l'émission de l'urine , diagnostiqua une affection scrofuleuse du rein chez ime jeune dame d'une constitution scrofuleuse.

A. Maréchal (2) rapporte que, chez une jeune fille, âgée de 14 ans, paraplégique, et chez laquelle on trouva, après la mort, des traces d'inflammation du tube digestif et des poumons, il y avait des tubercules dans les poumons et dans les reins.

Duchapt (3) a vu le rein , l'uretère et la vessie envahis ppr des dépôts de matière tuberculeuse , chez un sujet affecté de tumeurs blanches et de phthisie piilmonaire.

Dans les recherches sur l'affection tuberculeuse, chez les singes , le docteur Reynaud (4) a noté que, dans les reins, les tubercules étaient en petit nombre , situés peu profondément dans l'épaisseur de l'organe et beaucoup plus petits que ceux qui étaient les plus communs dans le foie. Dans leur centre ou dans d'autres portions n'existait aucun point ramolli; les parties voisines, ainsi que l'organe partout ailleurs, semblaient être dans leur état le plus régulier.

M. Wilson (5) parle des tubercules à l'état de crudité dans les reins et d.'ahcès scrofuleux dont les parois sont tapissées par une matière pulpeuse. Dans celte description , il est évident que les pyélites tuberculeuses sont désignées sous le nom d'abcès scrofuleux des reins; et que M. Wilson, comme Baillie, a considéré de simples pyélites, et surtout des pyélites

(1) Howsliip. Ouv. cité, p. 26.

(2) Journal hebdomadaire, t. Il, p. 494. 'PuTis, 182g:

(3) Bulletin de la soc. anatomique. — Revue médicale, i83r, 1. 11, p. 383.

(4) Reynaud (A.-C). De l'a/rection tuberculeuse des singes, etc. (Arcb. gén. de mcd., mars i83i, vol.xxv, p. 3oi).

(5) James Wilson. Lectures on the structure and physiology of the maie urinary and génital organs, etc., in-8, London, 1821. p. 281.

TUBERCULES DES REINS (kistoriqué). 633

I avec fausses membranes, comme des abcès scrofiilcux des reins. Le docteur Craigie(i) mentionne un cas d'une double affec-

1 tien tuberculeuse des reins.

M. Pasquet (a) rapporte un autre cas intéressant d'affection tuberculeuse des deux reins, des uretères, de la vessie, des

ppouTuons et des membranes du cerveau. Pendant la vie , on avait senti, à travers les parois du ventre, du côté droit, et un peu au-dessus de l'ombilic, une tumeur dure, arrondie, du volume d'un petit œuf de poule.

I M. Kœnig (3) a adopté les principales opinions d'Howship

psur les tubercules des reins ; mais il a confondu, et plus positivement encore que Baill'e et M. Wilson, les véritables affections tuberculeuses des reins avec des suppurations résultant évidemment de pyélites ordinaires. Du reste , Kœnig cite (4) un cas intéressant de tubercules des deux reins, qui lui a été communiqué par le docteur Rolnff de Cologne.

Enfin, le docteur F. Ammon (5), professeur à Dresde, a publié plusieurs observations de tuberciiles développés dans les reins.

La première observation a pour objet une petite fille de 3 ms et demi , dont la mère était morte phthisique , et quiellenème présentait l'état scrofuleux d'une manière bien caractérisée. Avant que la tumeur , produite parle rein tuberculeux, )e fut très volumineuse, le docteur Ammon parvint à la diaglostiquer, en considérant l'état scrofuleux de la malade, l'abience de symptômes du côté de l'estomac , de la rate et des lutres viscères de l'abdomen , le trouble de la sécrétion urilaire, et enfin la forme et la situation delà tumeur. La maladie )ffrit quelques alternatives d'amélioration et de rechutes. La umeur acquit un développement considérable ; quelque temps

(i) Edinb, med, and surg.joum.,vo\. xt,T, p. 79.

(a) Bulletins de la société anatomique df Paris, ju\n p, i4g.

(3) Kœnig (Georges). Praktische AbhandlungûLerdie KrankheitenderNieren, 1-8, Leipzig, i8a6, S. ao4.

(4) Ibidem, Si. ili.

(5) Rnst's. Magazin fur die gesammte Heilkunde, B. xi, part. 3,5. 5oo. — ireh. génér. do métl., f.JixxT, page 462, r 834.

634 TISSUS HÉTIÉROLOGUES.

avant la mort, elle dépassait la ligne blanche, elle s'élcntlait de haut en bas , depuis la région cardiaque au-dessous des côtes qu'elle soulevait, jusqu'au-delà de la crête iliaque. L'urine, qui se sécrétait assez régulièrement, répandait une odeur fétide et déposait un sédiment briquelé, muqucux et jaunâtre. A l'ouverture du corps, on trouva le rein gauche transformé en une niasse énorme, ronde, présentant qnelques traces de la forme primitive, une sensation de fluctuation, et composé par de la substance tuberculeuse qui avait fait disparaître tout le tissu du rein. Les calices étaient très dilatés. La substance tuberculeuse était jaunâtre, ramollie, mais sans vaisseaux sanguins. Le rein droit olTi-ait, pour toute lésion, une augmentation de volume et un peu de ramollissement. On observait encore un peu de matière tubcVculeuse sur le trajet des artères et des vehies êmulgentès, mais aucun autre organe *\'en contenait.

Dans la seconde observation, une femme, âgée de 49 ans, hystérique, était atteintfe de tubercules des reins, dont la présence n'était indiquée que par les symptômes suivans : ténesme, excrétion urinaîre douloureuse, dépôt muqueux, blaSc sale de l'urine, tiraillemens dans les membres infériteurs, alternant avec le froid de ces parties , et accompagnes de quelques douleurs dans le bas-ventre ; la malade stofccoinba à la phthisie aiguë dans l'espace d'un mois. La maiadfe fa'a^it éprouvé de douleur qu'au col de la vessie et à l'orifice de l'urèlhi^. Les iprincipales altérations , dértiontréiés par l'autopsie, sont les suivantes : poumons remplis de tubercules; sommet du cœur fèCôuVert par une coUche gélatiniforme ; i-ein gauche développé âli double de sôù voIume ■ feubstance inamelotiiièe de ce rein (îôtisidéf ablement hypertrophiée ; subslaùcë 'du même -organe transformée en une masse de tubercules de grosseurs diverses, depuis un grain de millet j usqu'à une aveline^ et séparés les uns des autjres paf des brides irrégulières de substance -corticale encore àain«k

La troisième observation nous offre les Circotastances suivantes : 19 ans, disposition scrofuleuse, entérite, lâissàtit après elle Une douleuf fi*e â l'épigastre , t[VL\ déterrtïoâit paiïois le vomissement. Constipatibn hahiluelle ; jotus tàrcl, ^piilieift' âaïiS

TUBERCULllS DAïTS LES REINS. 635

i l'hypochondre gauche, hématurie; urine parfois épaisse et j jaunâtre; dans le flanc gauche , tumeur bosselée, grosse comme ! une pomme ; accroissement de douleurs ; fièvre intense ; les

douleurs devinrent périodiques et se propageaient souvent en s suivant le trajet de Turetère gaûche jusqu'à la vessie ; sensation ( d'engourdissement dans la cuisse gauche ; les poumons conte- ! naient une grande quantité de tubercules ; le rein gauche était : gros comme la têle d'un enfant d'un an; tout son parenchyme i ^rait une dégénérescence lardacée, au seih de laquelle se I trouvaient plusieurs tubercules de diverses grosseurs et à diffé-

rens degrés.

Enfin, dans la quatrième observation , il s'agit d'une femme de 5o ans, atteinte à-la-foîs de phthisie et de maladie organique du cœur, et dont le rein gauche renfermait beaucoup de matière tuberculeuse.

§ 908. Depuis une douzaine d'années, j'ai observé Un assez gi-and nombre d'exemples de cas de tubercules deS reins et de leurs conduits excréteurs, soit chez l'homme, soit chez les animaux. Je rapporterai, ici, plusieurs de ces observations dont je formerai trois séries : la première comprendra les caâ où la matière tuberculeuse, simplement déposée dans les Substances rénales, n'avait donné lieu à aucun dérangement du côté des voies urinaires ; la deuxième comprendra les cas oii la matière tuberculeuse était déposée non-seulement dans les reins , mais encore dans leurs conduits excréteurs; enfin , la troisième se composera des cas dans lesquels la vessie et quelquefois la prostate et le canal de l'urèthre étaient également tuberculeux.

§ 909. Première série. — Les faits qui appartiennent à cette série sont des cas de diatbèse tuberculeuse, dans lesquels la maladie avait attaqué plus spécialement d'autres organes qiié les reins, et était, pour ainsi dire, seulement inscHte dans ceâ organes. En de tels cas, les symptômes de la phthisie ou de l'entérite tuberculeuse constituaient réellement l'expression de là maladie , et la lésion rénale avait peu ou point de valeur. est inutile d'ajouter que tout ce qji'on a éci'it jusqu'à ce jour sur les signes des tubercules des reins est entièrement étrangçr 't ce degré de l'altération.

636 TISSUS HÉTtîUOLOGUES.

Chez un jeune homme de î6 à i-j ans, mort de carie tuberculeuse de la colonne vertébrale, dans le service de M. Velpeau, et qui présentait de nombreux tubercules dans les poumons et dans les ganglions lymphatiques du bas-ventre, de la poitrine et du col, la substance corticale des deux reins offrait aussi de la. matière tuberculeuse à l'état de crudité. Il existait, dans lu. partie supérieure des reins , une masse tuberculeuse du volume d'une noix (Atlas, Pl. xm, fig. 3). La vessie et les uretères ne présentaient point d'altération tuberculeuse. Pendant la vie, l'urine n'était point trouble au moment de l'émission* il eu était de même dans les observations suivantes :

Ods. I. — Phthisic pulmonaire; petits tubercules dans la substance corticilc et au sommet des mamelons.

Roux (Antoine), âgé de 3i ans, mourut de phthisie, à l'hôpital de la Charité , sans avoir présenté d'altération remarquable de l'urine, étrangère à la phlhisie. L'autopsie du cadavre fat faite trente-six heures après la mort.

Têle. Caillots fibrineux dans le sinus longitudinal supérieur; surface supérieure des hémisphères très injectée; arborisation générale très remarquable dans la pie-mère ; lorsqu'on la détache, le sang s'écoule des anfractuosités du cerveau. La substance blanche est injectée et rose; sérosité dans les ventricules latéraux. A la face inférieure du cerveau, la pie-mère est très injectée; en avant du lobe moyen du côté gauche, concrétion jaunâtre de lymphe coagulable dans la pie-mère; les veines du cerveau sont très injectées.

Rachis. Dépôt considérable de sérosité dans la cavité de l'arachnoïde rachidienne. La moelle épinière , incisée dans toute sa longueur, présente à sa partie inférieure, là oii commence la queue de cheval, une injection et un ramollissement notables.

Col et poilrine. Ulcérations sur les cordes vocales du larynx. Le cartilage arythénoïde droit est à nu et en partie détruit; plusieurs ulcérations dans la trachée suivaut la direction des fibres cartilagineuses; l'épiglotte est saine.

Concrétion librineuse jaune de fonnalion déjà ancienne, ■dans l'oreillette droite ; large caverne au sommet du poumon droit; tubercules disséminés dans le reste du poumon; même . disposition dans celui du côté opposé ; le foie sain , la rate petite. Les deux reins présentent à l'extérieur, 1° des I taches rouges de forme lenticulaire ; a° des plaques noirâtres ( tout-à-fait semblables à des ecchymoses; 3° des points blancs « ou blanchâtres durs et consistans comme les granulations des i poumons. De semblables points blancs (tubercules miliaires) r existent au sommet de plusieurs mamelons.

! § 910. M. Campaignac m'a montré un rein d'un individu I mort de plithisie pulmonaire et de pleurésie chronique , et dans lequel existaient cinq à six grains tuberculeux déposés dans la substance corticale. La substance tubuleuse, les calices et les uretères étaient sains; la raie contenait un plus grand nombie de tubercules disséminés dans son tissu. L'autre rein était sain; les capsules surrénales étaient dans l'état normal. On n'avait noté aucune altération particulière de l'urine.

Oe&. IL — IclitL^ose; épaississement du derme; hypertrophie dus papilles; eatcrite iatercurrcnte ; diarrhée; vomisscmens; mort. — Tuberuulus dans les poumons, dans le foie, la rate et surtout dans les reins ; ulcératious tuherculeuses des intestins.

N..., âgé de ao ans, entra à l'hôpital de la Charité, poui- s'y faire traiter d'une ichthyose qui occupait presque toute la surface du corps, et surtout très prononcée dans le sens de l'extension. Cette affection avait résisté à tous les traiteraens. Durant son séjour à l'hôpital, une entérite aiguë très intense se manifesta. Le malade ne pouvait prendre d'alimens. Les boissons rafraîchissantes ou émoUientes , l'eau de Sellz , le lait , tout était vomi. La saignée, les sangsues, les vésicatoires ne procurèrent qu'un amendement passager. Il survint de la toux; les signes stéthoscopiques des tubercules, d'abord assez obscurs, devinrent très significatifs ; une expectoration abondante de crachats purulens annonça la mort, qui eut lieu après un mois de souffraaces aiguës.

L'uriue fut constammeut trausparente au moment de l'émission.

658 TISSUS HÉTiROLOGDES.

Autopsie du cadavre. — Ahdomen. Les deux reins sont un peu augmenléa de volume; leur tissu est ferme et résistant; ils ofFrent l'un et l'autre, dans une zone assez étendue, voisine de la scissure, une teinte jaune pâle. Cette décoloi'ation est uniforme , et interrompue seulement par quelques petites taches brunes irrégulières j ces petites taches sont déprimées à l'extréotité des reins et à leur bord convexe. Ces décolorations ont lieu dans l'épaisseur comme à la surface de ces organes. De petits dépôts tubci'culeux d'un aspect jaune, du volume d'une tête d'épingle ou d'un petit pois, existent dans la substance corticale. Ces grains tuberculeux sont tout-à-fait analogues, pom* la forme, le volume, la couleur, à d'autres dépôts de nature tuberculeuse qui existent dans le foie et la rate. Dans la aabstance corticale du rein gauche, il y a, eu outre, une masse tuberculeuse du volume d'une aveline ) elle est j aune et compacte dan» se» couches superficielles , et ramollie dans son centre, formé d'un liquide mélangé de grumeaux tuberculeux. Autour de cette petite masse tuberculeuse , on voit plusieurs grains tuberculeux. La membrane interne des calices , du bassinet, des uretères et de la vessie est parfaitement saine.

La membrane muqueuse a une teinte pâle dans l'eslomac, et une coloration noire très prononcée et uniforme dans le jéjunum et l'iléon , oii les follicules isolés sont volumineux et blanchâtre». Au «emmen<:ement de l'iléon, quelques ulcérations profondes occupent toute la circonférence de l'intestin. Dan» quelques points, la membrane péritonéale est à BU ; dans d'autres, elle est recouverte de petites granulations tuberculeuses, isolées, friables ou ramollies, qui se réunissent p«ur former des bourrelets saillans sur les bords des ulcérations. Ces ulcérations sont beaucoup plus nombreuses et pltts étendues vers k partie inférieure de l'iléon près de la valvule iléo-€cecale , oii elles tendent à se réunir et à se confondre par kwrs bords, de manière à offrir de larges surfaces. Da^ le grew intestin , k membrane muqueuse a une couleur ■Boirfr trè*pronoTffcée. 11 y a dans le ftwe et la rate im petit nombre de tubercules semblables à ceux des reins. Du reste, k

TUBERCULES DAHS LES REINS. 63g

tissu de ces organes est sâin, même dans les poinls qui sont 1 «nmédiatement en contact avec la matière tuberculeuse.

Les ganglions raésenlériques sont gonflés , et plusieurs sont infiltrés de matière tuberculeuse La surface du péritoine est 1 lisse et saine , sauf dans les pointa qui correspondent aux ul- ( eérations, et ovi elle est rouge ou ardoisée, i ^Poitrine. Les lobes supérieurs des deux poumons sont cri* bblés de lubei-ctiles ; le tissu pulmonaire est induré et grisâtre; il n'y a qiie trois petites cavernes tuberculeuses.

État extérieur. La peau de la face antérieure des cuisses et de» avant-bras, soumise à la macération, prés^te à l'œil nu des rides et dés mamelons. On peut facilement constater l'épaississement et la densité augmentée du derme et l'hypertro^ pbie considérable des papilles. Elles sont surmontées d'une coucbe épidermique deux ou trois fois plus épaisse que dans l'état saitt.

Obs. III. — Tubercules miliairea dans les reins; tubercules dans un calice et dans les capsules surrénales; un seul petit tubercule dans le foie; tubercules très nombreux ét excavations dans les poumons.

Rîcbârd, âgée dé 45 , brôdïùs'é, èiitrà à l'hôpital de la • Charité lé 3o jûin tS36.

Hémoptysies antérieures , dyspnée , peu dé sonorité €u tho^a}^, surtout à la partiè supériéiive du poumon gatithe; i^s-piraiioh ftidé, catertiètisé aù sômmet du pôumôn gauche, avefc ^argouillèmeat; maigreûr, constitutiôti rtiinéé, àppareticé dé îa phthisié àu dérhiéif dégré; voi* râUqùé èt très faible ; SuCUfIs iiôciutnè^ '; diarrhéé; mort le tg jttillet t836.

'Cette fenîmé n'îivait jartïiiTS ëtt dé ïhtrtfeff, ni acéusè d'acCÎlens du côté des voies urinairesj l'urinë était transparente au inbmënt dé l'émissiotl»

AutopSîé du iada'vm. ^ Î^Yé. Le cerVéatl et SéS diSpéirdantés lans l^'étàt sain. .' ..Iwt ;.. .....

Poitrine, té'^burtlôh dtoit ëât fartîi de fltberculeS, pfesqtie tôûs isolés et formant Seulemétit en «quelques J)oints de petites mâsses. Le lobe Supérieur est plus criblé de tubercules que hs dèûx auiïts lobes. La dégétaéralion tubemtltuïieçst encore ptus

64o TUBERCULES.

marquée dans le poumon gauche. On remarque , dans le lobe supérieur de ce poumon, trois petites cavernes pouvant contenir chacune une noisette. Le cœur et le péricarde dans l'état sain.

Abdomen. Le foie est très volumineux, et son tissu paraît gras à la coupe. Dans quelques points les conduits biliaires hépatiques semblent plus larges qu'à l'ordinaire. A la surface du foie, on voit un tubercule , blanchâtre, arrondi, gros comme la tète d'une forte épingle. Le péritoine est sain ; les ganglions abdominaux ne sont pas tuberculeux.

Le rein droit est volumineux. Dépouillé de ses membranes, il présente sur sa face antérieure sept points blancs jaunâtres, sans cercle rose à leur circonlérence , assez solides à la coupe, ayant les caractères des grains tuberculeux. Un de ces tubercules, plus volumineux que les autres, a la dimension d'un graiu de cassis. La face postérieure du rein présente aussi plusieurs pelils tubercules disséminés. Trois ou quatre d'entre eux avaient la dimension d'un grain de cassis. Yers le milieu de celte face du rein, on remarquait un groupe de grains tuberculeux contigus,Ide la dimension d'une pièce de ao sous. £n incisant cette masse tubei'culeuse suivant son épaisseur, ou voyait mieux encore qu'elle était formée par une infiltration de grains tuberculeux très rapprochés les uns des autres. Plusieurs petits tubercules ne faisaient pas saillie à l'extérieur. La matière tuberculeuse était inliitrée dans les cônes de plusieurs mamelons. Ou remarquait , en outre , de petits kystes à la surface du rein. Du reste, les deux substances du rein, même dans le voisinage des tubercules , avaient leur consistance et leur couleur naturelles. Les bassinets et les calices n'étaient point altérés.

La capsule surrénale droite contenait plusieurs petites masses tuberculeuses du volume d'une noix, et d'autres du volume d'une noisette. La matière tuberculeuse, d'un blanc jaune mat à la coupe, avait l'aspect de la pomme de terre crue ou mieux du marron, comme celle des tubercules du foie dont elle avait aussi la consistance. Par suite de cette dégénérescence tuberculeuse la capsule suirénale adhérait au rein, dont la membrane fibreuse

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