III
770 VICÎÎS DE SITUATION PEnMANKKS.
Ruysch (i) a figuré un rein droit dont la scissure était tournée en liaut et le bord convexe en bas; l'uretèt-c passait derrière le rein. Cette direction vicieuse du rein était probablement congénitale- Ce cas fut observé chez une femme âgée de 4<> ails» 6t nlorle à la suite d'une hydropisie ascite, avec hypërlt-ophie du cœur et emphysème pulmonaire ; et qui présenta en outre des traces de plfeurésie et de péritonite chroniques.
Laennec (a) A VU Ife rein droit refoulé pat le foie jusque visà-vis la ci-ête de l'os des îles.
Fusion des reins, ou reins réunis en fer à cheval nu devant de la colonne vertébrale.
§ 962, On a publié un grand nombre d'exemples de ce vice de situation des reins. Panthot(3) a trouvé un rein placé sur les vertèbres des lombes, qui avait deux bassinets et deux uretères.
Bartholin (4) décrit deux reins qui étaient réunis par leur extrémité inférieure.
Kaltschmidt (5) a vu un rein qui excédait beaucoup sa grandeur naturelle, s'étendait d'une lombe à l'autre, et avait deux uretères.
Monginot (6) a trouvé un rein long de sept à huit pouces, placé transversalement sur les vertèbres des lombes; il avait quatrebassinets, quatre ui-etères et autant d'artères et de veines.
Wrisberg (7) a également observé deux reins joints ensemble en croissant, et dont la concavité était dirigée en haut.
(1) Ruysch. Obs. anat. chirurg. centuria , obs, ig , fig, in^4t Amstelodnmi, 1737, p. 19.
(2) Laennec. Traité de l'aiiscull. médiate, 2" édit., 1. 1, p. SSg, 1826.
(3) Journal des sa^UtiS, 1B81, tiiafè.
(4) Bartholin. Hist. anat. rar,, cent, ii, List. 77, 1. 1, p. 3o6. — Ejusdcm Anatom, reformata, lÀh. 1, cap. xvn , p. Ii3, fig. — Reproduit par Blaes daus ses additions à Bellini.
(5) Kaltschmidt. Diss. de imo rené in cadavere inventa, Jcnae, 1755.
(6) Journ. des savans, 1678, mai. 16. CoÙect. acàdém. étrangère, t. i,
(7) Dans VEsquisse de la physiol de ^ttlUr, § 579. — Obs. 179. — Des-
FUSÏON DES REINS. 771
Grebliard (i) a vu les reins réunis en un seul, placé sur la t dernière vertèbre dorsale. Ils recevaient deux artères provenant tde l'aorte, et une de l'artère iliaque gauche. Il y avait aussi c deux uretères , dont l'un était simple ; l'autre avait cinq ibranches.
Sandifort (a) décrit deux reins joints ensemble et formant un c croissant. Le gauche était plus grand que le droit; tous les lideux avaient plus d'artères qu'à l'ordinaiie.
Dans un autre cas, il n'a pas trouvé , cheg un individu du sisexe masculin, le rein dans le côté gauche ; il était placé du ccôté droit au-dessous du rein de ce côté , était lié en croissant avec celui-ci , et formait avec lui une figure extraordinaire.
Bérenger (3), Bauhin (4), Frank von Frankenau (5), Tyson (6), Salzmann (7),Petsche(8), Stalpart van der Wiel (9), Morand(io), Withof (II), Meckel(ia), Banck(i3), Greding(i4),DeHaen(i6),
llfcri/)^. anat. embrjronis obs. 4, in Sandifort, thes. diss. anat,, vol. m, p. 234. — Diss. de prœternaturali et raro intestiai recti cum vesica urinaria coalitu et inde pendante ani defectu. Gotling. 1779, p. 6.
(1) Gebhard. Adversar, medica, Basil. 1777, p. Sg.
(2) Sandifort. Ohs. anatom. pathol. làb. lit. cap. vir, p. 96. Tab. vm , llg. 6. — Ejnsdem Muséum anatom. Acad. Lugd. vol. t. sect. V. n* Xxsiii, p. 25l.
(3) Bérenger. Isagoge in aiiatomiam. corpor. humani. Argent. i53o.
(4) Banbin. Theatr. anat. Lib. cap. 22. — Reproduit par Blaes dans ses : additions à Bellini, 1765.
j (5) Miscel. nat. cur. Dec. m, ann. v et vi, obs. 176 (rein sain» — Pblébite du bras).
(6) Philosophie, transact. n, 142.
(7) In Halieri Disputât, anatom.., vol. n , p. 525.
(8) Sjrlloge obs, anatom., § 79, in Halieri Collect. disp. anal,, vol. vi, p. 762.
(9) Stalpart van der Wiel. Obt.rar. Cent. I. obs. l, p. 214.
(10) Mém. de VAcad. des sciences, l73o, p. 53.
(11) Witbof. Comment, ad systema Leuwenkoekianum oui acced, brevis monslrosorum renum historia, p. 62.
(12) Mcckel. Epist, ab erudit. ad HalUrum script.yol. in, p,
(13) Ibid., vol. II , p. 200.
(14) In Ludwigii Adversar. med. pract., vol. m, p. 4i5.
(15) De Haen, Ratio med., cent,, t. rr , part. 11 , p. 25 ; tab. iv, llg. 2.
Morgagni (O- Haller {2), Loder (3), Bang (4), rapportent des cas analogues. Home (5) a vu les deux reins de chaque côté placés sur l'épine dorsale et l'aorte , de façon que leurs vaisseaux étaient très courts.
Sur le même sujet, on pourra encore consulter les cas rapportés par MM. Smith (6), Godefroi (7) , Ruthardt (8), Fingerhulh (9), Audemar(io), Renaud (ii), MaisonneuYe(ia), Becquerel (i3) , etc.
Enfin , j'ai observé moi-même plusieurs exemples de cette fusion des reins. Dans un de ces cas , les deux reins étaient réunis inférieurement par une bande aplatie de substance rénale (Atlas , Pl. xxxix, fig. 2) ; dans un second , celle bande plus volumineuse approchait un peu plus de la forme d'un rein ; dans un troisième cas , c'était un véritable rein , uni avec deux autres qui étaient également très distincts. Dans tous ces cas, l'espèce de fer à cheval formé par la fusion des reins, était placé en travers sur la colonne vertébrale. Cette disposition anomale des reins, doit être connue des médecins praticiens ; car il pourrait arriver que ces organes, reconnus au toucher, fussent pris pour une tumeur morbide et traités comme telle, surtout si elle était rencontrée chez an malade qui ressentît, par une cause tout autre, des douleurs dans l'abdomen.
(1) Morgagni. De sed. et caus, morb., epist. XLviii, § 16.
(2) Ealler. Oper, minor., 1. 1, p. 4°» tab» vir. — Elément, physiol., t. ni , p. t24a.
(3) Loder. Progr. de renum coalitione, lenœ, 1786.
(4) Diarium nosocom. Holmiensis, 1786, juin.
(5) Home. Clinical experiments.
(6) Edinh. med. and surg. journal, vol. xv, p. 3o.
(7) Mém. de méd. et de chir, milit., vol. zxii.
(8) Aich. génér. de médec, t. xvii , p. 4^5.
(9) Bulletin de Férussac, t. x, p. 102.
(10) Bibl. médic, 1822, t. txivi, p. 104.
(11) Bull.de la soc. anatom., bull. i, i835, p. 2.
(12) BuU.dela soc. anatom., mars iS38, p. 1.
(13) Bull.de la soc. annto/n., juillet 1837, p, i32.
II peut arriver aussi que des reins ainsi réunis s'enflamment, que le bassinet suppure j or, le siège de la douleur et l'existence d'une tumeur vers le milieu de l'abdomen éloigneraient complètement l'idée d'une pyélo-néphrite ; affection que des urines purulentes et d'autres phénomènes propres aux pyélites pourraient d'ailleurs indiquer.
Reins situés dans le bassin.
% 963, Je dois rappeler aussi, quelque rare que soit ce fait, que des reins isolés ou réunis sont quelquefois placés dans le bassin, où ils peuvent simuler des tumeurs des ovaires, de la matrice ou du rectum. Les reins ainsi situés peuvent s'enflammer, contracter des adhérences avec le rectum, etle pus sécrété dans la cavité du rein enflammé peut se frayer une route par le rectum .
Bauhin a figuré un rein gauche dans le petit bassin. Ce fait a été reproduitparBlaes (i), dans les additions au traité de Bellini, sur la structure des reins. Sandifort(2) a donné une belle figure représentant un rein gauche dans le bassin ; Drouin (3) a trouvé, chez une jeune fille de 17 ans, qui était morte après une suppression de la menstruation, après un flux de sang par les parties génitales continuel pendant trois mois , après un violent vomissement de sang, le rein droit, d'une dureté squiçrheuse et cartilagineuse , pesant une livre et demie. Il était placé sur l'os sacrum , et comprimait fortement l'aorte et la veine cave. Dans son intérieur étaient renfermées huit pierres dont les plus grosses étaient comme des œufs de pigeon. Ghambaud de Montaux a vu le rein droit beaucoup plus petit qu'à l'ordinaire, resserré derrière la matrice.
(1) Belliai (Laur). De structura rmtim , in-iS, 1765, Amstelodami, p. 107.
(2) Sandifurt. JVufeum anatomicum, in-fol., 1743, pl. ii3.
(3) LLeutaud. AnaL^racl., p. i , obs. I2ia, t. ), p. 355.
Heusinger (i), Guignon (2), Euslachi (3), Bauhin (4), Trew (5), Horamel (6) , Bousquet (7), Varnier (8), Loeseke (9), Hebenstreit (10), Stœrck (11). Yidal (12), Lejeune (i3), Chambon de Monlaux (i4), Pinel (Scipion) (i5), ont vu un des reins dans le bassin. M. le docteur Boinet (i6) a vu un rein placé transversalement entre le rectum et la vessie, et tenant la place de la matrice, qui était déviée avec ses annexes. Le docteur A. Hohl (17) rapporte que chez une femme on trouva le rein gauche situé profondément au côté interne du muscle paoas. Dans deux accoucheraens que celte femme avait faits, il s'était formé , chaque fois, dans le côté gauche du bassin, une tumeur dans laquelle chaque contraction de l'utérus excitait une douleur fixe et croissante ; le passage de la tête en était retaidé; toutefois les deux accouchemens furent heureux (18).
(i) HcusiDgcr. Tie/c Loge des linken Nieiens iin khinen Becken einer erwac/isenen ff' eibsperson {Zeilsch. liiv die organ. Physik, H. 4. Octob. 1827. S. 456. — Bulletin de Férussac, t. xiv, p. i3i).
(a) Mém, de la Soc. royale de médec,, t. x , p. 62.
(3) Eustaclii. Tkeatr. anaU, tab. xxii.
(4) Bauliin. De retium structura, tab. iv.
(5) Commer.noric, 1737, p. 186.
(6) Ibid., 1743, p. 281.
(7) Samntl. auserl, JVahm, Bd. 6, S. i3i.
(8) Wim. de VAcad. des sciences, 1774. Hist. p. 29.
(9) Obs. medic, p. 88,
(10) De med. cadavera sec. relig. Lips. 1741» p. vij-
(11) Stœrck. ^nn. med., t. t, p. 11 5.
(12) Reme médicale, 2" série, t. u, p. 38».
(13) SuUelin de Férussac, t. svii, p. 3. (r4) Observ, clinic. Paris, in-4'', 1789.
(i5) Pinel (Scipion). Recherches sur quelques points de l'aliénation mentait; p. i3, in-4. Paris , 1819.
(r6) Arch, gén. de médec, 2*^ série, t. vn, i835, p. 348.
(17) Meckeh Archiv. fier AnaComie und Physiologie, 1828, n° 2, p. 177.— Bulletin de Férussac, t. xvir , p. 3.
(18) Je viens de lire dans les Arch. gén. de médec, 1841, an cas dans lequel un accouchement fut rendu très laborieux par un développement morbide des reins d'un fœtus.
M. Portai (i) a vu le rein droit un peu moins volumineux que le gauche, situé au-devant de l'articulation sacjro-iliaque droite au-dessus de l'artère et de la veine iliaque primitives. Le foie était d'un volume ordinaire.
Le docteur Seymour (a) a vu, chez un jeune homme raoyt de phthisie pulmonaire, le rein gauche sur le bord du bassin,
M. Martin Saint- Ange (3) cite plusieurs cas de reins ^ituéq dans l'excavation du bassin ; un des plus curieux est emprunté à M, Pacoud.
Dans une auti-e partie de cet ouvrage , j'en ai cité un exemple remarquable (§ 387).
Obs. I. — Exemple d'nn rein situé profondément dans l'excaTation du bassin chez une femme adulte , avec figures , par le professeur Heusinger (Zeitsch Jîir die organ, Phjrsîk, tome r4*, cahier d'octobre 1827, p. 456.— Bulletin de Férussac, t, xv, p. i3i.)
Le sujet qui offrait cette abnormité était une femme âgée de 23 ans, morte d'un coup d'apoplexie. Le rein du côté droit était dans sa situation normale , ainsi que la capsule surrénale du côté gauche. Le rein gauche, au contraire^ se trouvait situé dans le petit bassin , au-devant de la moitié gauche du sacrum , derrière l'utérus , à gauche du rectum , qui étaj^ dévié vers la droite et se trouvait en partie au-deyant de la symphyse sacro-iliaque du côté droit.
La figure du rein gauche est presque circulaire, son gran4 diamètre de trois pouces six lignes, et le petit de trois pouces. Le bile est une fosse ronde , située non pas au bord interne du rein, mais au milien de sa face antérieure. Cette fosse loge le bassinet ; un sillon en part pour s'étendre vers le bord supérieur.
L'artère rénale gauche naît de la bifurcation de l'aorte, à l'endroit où la sacrée moyenne a ordinairement son origine. A un pouce de distance de cette oiigine, l'aflère rénale se
(1) Journal heldom,, t. r, p. a55, i8a8.
(2) Lond. mr.d. Gazelle, vol. m, p. 89./I.
(3) Méni. lur les vices de conformation des reins (Journal dos difformités).
bifurque. L'une de ses branches , longue d'environ un pouce et demi, pénètre dans le rein par son bord supérieur; l'autre, plus forte, s'insère dans lehile et s'y sous-divise en plusieurs rameaux qui se perdent dans le rein. Un troisième rameau artériel, qui est coupé, y pénètre par la partie inférieure de la face postérieure ; il tirait probablement son origine de l'artère hypogastrique , car la veine qui l'accompagne s'abouche dans la veine du même nom. La distribution des veines rénales est, en tout, conforme à celle des artères.
L'uretère, long de six pouces et replié sur lui-même, se termine comme à l'ordinaire , dans la vessie. L'uretère du côté droit a sept pouces un quart de long.
Les détails de cette observation confirment ce que Meckel avait dit du déplacement du rein, dans son Manueld'anaiomie pathologique , dont M. Heusinger rapporte le passage en entier.
Obs. II. — Description d'un rein trouvé dans le bassin d'un homme de 5o ans, par M. Guigou, chirurgien des vaisseaux du roi, à Toulon. {Histoire de la société de médecine, année 178g , t. x , p. 68.)
Ce rein , placé dans le bassin , présentait le même volume et la même figure que celui du côté opposé , à cela près que ses lobules primitifs ne s'étaient que très imparfaitement réunis, de sorte que la surface extérieure était inégalement bosselée, ce qui produisait aussi divers sillons dans lesquels rampaient plusieurs artères.
La bifurcation de l'aorte commençant sur le corps de la quatrième vertèbre des lombes , le rein était placé dans l'intervalle de cette bifurcation, depuis le corps de la dernière vertèbre de celle région jusqu'à la quatrième pièce de l'os sacrum et le niveau de l'échancrure sciatique. Sa convexité naturelle était tournée du côté de la symphyse sacro-iliaque gauche, et sa convexité s'avançait jusqu'aux trois quarts de la face antérieure de l'os sacrum.
Ce rein affectait une direction légèrement oblique, de manière que son extrémité supérieure répondait au milieu du corps de la dernière vertèbre des lombes , tandis que son ex-
trémité inférieure descendait jusqu'au bas de la symphyse sacro-iliaque gauche.
A l'égard de sa conformation externe, sa face antérieure était inégalement bosselée ; trois petits sillons paraissaient vers la partie supérieure de cette face; chacun d'eux recevait un rameau de l'artère , et un sillon plus considérable se remarquait à la partie moyenne de la même face; celui-ci recevait une artère considérable et était rempli de graisse.
La face postérieure était concave pour s'accommoder avec la saillie de l'os sacrum. A l'extrémité supérieure de la même face, on voyait un sillon qui recevait deux grosses artères.
Les deux extrémités étaient presque égales. La convexité de ce rein ne présentait rien de particulier, et sa concavité montrait la sinuosité des reins ordinaires, à cela près qu'elle était plus manifeste sur la face antérieure qu'elle ne l'est communément. Cette sinuosité était le point de réunion des trois grands sillons, c'est-à-dire celui que j'ai décrit à la partie supérieure de la face postérieure , celui de la partie moyenne de la face antérieure, et celui qui revenait de son extrémité inférieure le long de son bord concave.
Les artères de ce viscère étaient en grand nombre.
La première, qui était la plus petite, naissait de la bifurcation de l'aorte. Lorsqu'elle était parvenue à l'extrémité supérieure du rein, elle se divisait en trois branches qui allaient chacune gagner un sillon de la partie supérieure de cette face, pour se plonger dans la substance du rein. La seconde, moyenne relativement à son calibre, naissait de l'iliaque gauche, à un demi-pouce de la bifurcation de l'aorte, descendait le long du bord convexe du rein, allait gagner le sillon qui se trouve à la partie moyenne de la face antérieure de ce corps, pour se plonger également dans la substance du rein. La troisième artère était plus grosse et naissait de l'iliaque droite, à un pouce de l'origine de cette iliaque; elle gagnait l'extrémité supérieure du rein pour se plonger dans le sillon de cette partie qui appartient à la face postérieure, et entrait enfin dans la substance de ce viscère. La quatrième artère était plus grosse et naissait de l'iliaque droite, à un pouce de l'origine
de celte iliaque; elle gagnait l'extrémité supérieure du rein pour se plonger dans le sillon de cette partie, qui appartient à la face postérieure, et entrait enfin dans la substance de ce viscère. La quatrième artère était également grosse et naissait de la partie postérieure de la bifurcation de l'aorle. Elle descendait couchée sur le corps de la quatrième et de la cinquième vertèbres lombaires , arrivait au sillon de la partie supérieure de la face postérieure du rein , et se perdait dans sa substance vers le bas du même sillon, au commencement de la sinuosité. Enfin, la cinquième artère naissait de l'hypogastrique, après qu'elle a donné l'iléo-lorabaire. Cette artère très grosse se portait de gauche à droite pour passer par dessous le rein, et venait se contourner dans le sillon de l'extrémité inférieure de la sinuosité de ce viscère pour s'y plonger.
Les veines étaieut également nombreuses. La première était petite , et naissait de l'iliaque gauche , à un pouce de la bifuxcation de la veine cave ; elle descendait le long de la face antérieure du rein, pour aller dans la sinuosité. La deuxième veine, très considérable et du calibre des émulgentes ordinaires, naissait de l'iliaque droite, à deux pouces de l'origine de cette iliaque; elle se portait ensuite à gauche, pour aller vers la sinuosité du rein. Dans le trajet, elle fournissait une branche considérable qui communiquait avec la première veine, et qui se plongeait avec elle dans le sillon transversal, tandis que le tronc principal entrait dans la sinuosité de ce viscère. Enfin, la troisième veine naissait du bas de l'iliaque gauche, et allait gagner la partie inférieure de la face postérieure du rein , pour s'y perdre. Toutes ces veines communiquaient ensemble,
Ce rein avait un uretère qui prenait naissance à la sinuosité de ce viscère. Sa partie supérieure était divisée en trois branches, comme on l'a déjà observé sur les autres reins, et le canal, d'une grosseur moyenne, descendait derrière la vessie, pour s'insérer au bas et au côté gauche de celte poche , comme celui du côté opposé s'insérait au bas et à son côté droit, mais il était infiniment plus court qu'il ne l'est communément.
Il est intéressant d'observer que la capsule atrabilaire de ce
côté n'avait pas suivi le rein dans son déplacement, ce qui prouve qu'elle est indépendante de ce viscère. Elle était placée au côté gauche du corps de la quatrième vertèbre lombaire, mais isolée et ne tenant absolument à la veine cave que par une veine considérable, et àl'aorte, que par quelques petites artères. Cette capsule était arrondie dans sa circonférence, de sorte que le bord concave, qui appuie ordinairement sur le rein, n'avait pas lieu j ce qui donne lieu de croire que cette concavité n'est produite que par la présence du rein. La circonférence de cette capsule était interrompue du côté interne par un léger renfoncement oii aboutissaient les vaisseaux ; sa cavité intérieure contenait une humeui* jaunâtre, et une crête qui prenait naissance en bas et en dedans. Je n'ai rencontré aucun canal excréteur. Le rein et la capsule atrabilaire du côté droit n'ayaient rien de remarquable, et se trouvaient dans leur position naturelle.
Cette aberration de la nature , en nous montrant une séparation totale de la capsule atrabilaire et du rein , du même côté , détruit l'idée d'une correspondance intime entre ces deux viscères.
Obs. III. — Sur un vice de position du rein gauche , par le citoyen Pacond , chirurgien en chef de l'hospice civil de Bourg , lue à la société de médecine, le 23 germinal an x (Recueil périodique de la société de méd. de Paris, rédigé par le docteur Sédillot jeune, t. xiv, p. 65).
Le citoyen Pacoud , en faisant l'ouverture du cadavre d'André Chapallier, âgé de cinquante ans, trouva le rein gauche placé dans l'excavation pelvienne ou du petit bassin , derrière la vessie , à côté de l'intestin rectum , qui s'était porté un peu à droite et devant la partie antérieure ou concave du sacrum. Recouvert par le péritoine , ce rein était plongé dans une masse de tissu cellulaire, dontles lames , assez compactes, formaient là comme deux bandes ligamenteuses qui l'attachaient au sacrum. Celte position avait singulièrement influé sur la forme de l'organe, aussi bien que sur la dislribulion de ses vaisseaux. Il était à-peu-près triangulaire , ce qui permettait de lui distinguer trois faces. L'une, antérieure , offrait dans son milieu
la scissure remplie d'inégalités, à laquelle aboutissaient les artères rénales , et d'oii partaient une veine et l'uretère gauche. Cette face antérieure correspondait à la vessie. La face postérieure était convexe , pour s'accommoder à la concavité du sacrum et de l'iléura réunis. Enfin , la face interne était bornée à droite par le rectum et n'avait rien de remarquable.
Les artères étaient au nombre de trois , ce qui n'est pas rare, même dans l'état naturel. Mais, au lieu de partir de l'aorte abdominale et vers le milieu de sa longueur, elles naissaient, l'une plus longue que l'angle de la division de l'aorte, au dessus du bassin et de la cuisse, que l'on nomme tronc pelvicrural ou iliaque primitive; les deux autres, plus courtes, partaient du tronc pelvien , communément artère hypogastrique, un pouce environ après sa séparation du tronc crural ou artère iliaque externe. Ces trois artères entraient dans la substance du rein par le milieu de sa scissure. Cependant la première branche, c'est-à-dire la plus longue, avait ceci de remarquable , qu'après un pouce et demi de chemin , elle se divisait en deux branches. L'une, antérieure, plus grosse, après avoir gagné l'extrémité supérieure du rein, se poursuivait en un rameau qui allait ramper et se perdre sur la surface réticulaire de cet organe ; le reste de cette première branche se portait avec les autres troncs dans la scissure donc nous avons parlé; enfin , la branche postérieui'e allait pénétrer dans le rein à la partie supérieure de sa face postérieure.
Il n'y avait qu'une seule veine, mais elle naissait delà scissure par deux branches qui ne tardaient pas , il est vrai, à se réunir en un seul tronc, lequel, au lieu d'aboutir à la veine cave , allait se porter dans la veine iliaque primitive gauche.
L'uretère , deux pouces et demi environ après sa sortie de la scissure rénale , était , dans un espace à-peu-près égal , fixé par le péritoine contre la partie postérieui-e de la vessie , et allait pénétrer dans cet organe un pouce au moins plus bas que l'uretère du côté opposé. '
L'auteur, malgré les recherches les mieux dirigées , n'a pu trouver de capsule surrénale du côté gauche ; il a négligé de noter l'origine des nerfs qui se portaient à l'organe déplacé.