‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource]Chapitre 6 sur 42 · AVEC IIES MALADIFS DE LA VESSIE. C · texte numérisé non relu

AVEC IIES MALADIFS DE LA VESSIE. C

par plusieiirs médecins instruits comme étant atteint d'une maladie de la vessie , et chez lequel on trouva , après la mort , la vessie parfaitement sa'ne et les reins remplis de calculs volumineux et ramifiés. Morgagni (i) cite aussi une observation d'Harder, rappelée par Bonet (2), nt dans laquelle il s'agit d'un enfant de trois ans , paraplégique, atteint de convulsions, et qui indiquait par des gestes une douleur des plus vives en urinant, sans avoir jamais accusé de douleurs rénales (au moins, Morgagni le présume). Après la mort, on reconnut que la vessie était saine ; mais on pouvait exprimer des mamelons une grande quantité de sable, et, au commencement de l'uretère, il y avait un calcul oHong, pointu , d'une grande dureté, et très adhérent aux parois de ce conduit. Lowdell (3) a rapporté le cas d'une femme de 22 ans qui souffrait dans la région de la vessie et qui ne s'étailjamais plainte de douleurs dans les reins. Les calices des àexxx reins contenaient des calculs volumineux et très irréguliers. Enfin, M. Howship (4^ cite un cas de douleur «m col de la vessie, avec envies fréquentes d'uriner et excrétion d'un mucus. épais dans l'urine. A l'autopsie du cadavre, on trouva la vessie parfaitement saine j le rein droit, qui avait été aussi le siège des douleurs, était transformé en poche purulente.

Ces faits sont nires, mais ce qui l'est beaucoup moins, c'est de trouver une altération profonde des reins chez des individus qui ne s'étaient jamais plaints de douleurs aux lombes, et qui en accusaient à la vessie plus ou moins enflammée : ainsi des médecins instruits , avant d'entreprendre l'opération de la taille ou de la lithotritie, ont exploré attentivement les reins, sans rien découvrir qui pût faire présumer une lésion de cet organe, et, l'opération faite, il est survenu presque toutà-coup un frisson glacial, suivi d'une forte chaleur et d'une mort rapide; et on a trouvé, non-seulement du pus ou des calculs dans le bassinet, mais encore la substance propre des reins en-

(i) Morgagni, ibiJ., § 5.

.fa) Boact. Sejjitlcreiuin, lib, m, sect, xxvti, obs. x.

(3) Memoirs oj the médical sociely of London, vol, i, obs. 24.

(4) Howsliip. Ouvrage cité, p. 40.

9^ py]5lites compliquées

flammée et en suppuration. C es fyèliles latentes ont été aussi observées dans des cas de cancer ou d'autres lésions organiques delà vessie.

Ces faits expliquent les efforts qu'ont faits les médecins et les chirurgiens pour trouver des caractères particuliers au pus des reins ou des bassinets et au pus de la vessie. Dans l'inflammation chronique de la vessie, le plus souvent l'urine laisse déposer un sédiment glaireux , surtout lorsqu'elle est alcaline ; plus laremenl, l'humeur qu'elle fournit est un véritable pus, non glaireux, et analogue à celui que sécrète le plus ordinairement le bassinet enflammé. Cependant, il arrive parfois que le sédiment de l'urine , dans une cystite chronique, est composé en grande partie de véritable pus facile à disséminer par l'agitation dans le liquide qui surnage; et que, d'un autre côté, le bassinet enflammé contient une matière muqueuse épaisse et filante; toutefois, la matière glaireuse que la membrane muqueuse de la vessie enflammée sécrète, examinée au microscope, contient généralement moins de globules purulens que le pus provenant du bassinet. Quelquefois même, la matière visqueuse et puriforme provenant de la vessie , n'offre que très peu de globules de pus et paraît composée, presque en entier, d'une matière gélatiniforme amorphe et de lamelles d'épithélium. Enfin , la matière muco - purulente formée par une pyélite chronique, est bien moins souvent infiltrée de gros cristaux de phosphate ammoniaco magnésien que celle qui provient de la membrane muqueuse de la vessie atteinte d'une inflammation chronique.

Pour terminer tout ce qui a trait au diagnostic différentiel des inflammations de la vessie et des bassinets, par l'examen de l'humeur muqueuse et purulente excrétée avec l'urine, j'ajouterai que le sédiment est souvent composé d'un mélange de ces deux humeurs (la coïncidence des inflammations de la vessie et du bassinet étant très fréquente), et qu'il faut, dans un cas particulier, s'enquérir, non-seulement ai le pus pro vient du rein ou de la vessie, mais encore s'il ne provient pas de ces deux organes ou d'une partie voisine.

§ 682. Si la cystite survient quelquefois après la pyélite,soit

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