‹ Traité des maladies des reins et des altérations pathologiques de l’urineChapitre 10 sur 38 · H. - URINES SUCRÉES · texte numérisé non relu

H. - URINES SUCRÉES

Urines glycosurique et diabétique. — Le sucre se trouve dans l’urine à l’état physiologique, mais il n’y existe qu’en minimes proportions, ainsi qu’il résulte des recherches de Bruche et de Leconte. Pour que la présence du sucre dans l’urine constitue un état morbide, il est nécessaire qu’on l’y trouve à une dose assez élevée, à la dose de quelques grammes par 1 ,000 grammes d’urine. ,

Cette urine, qu’on décrit sous les noms d’urine glycosurique, méliturique, glycémique, diabétique, semble avoir dès longtemps été connue comme ayant un caractère particulier et s’accompagnant de symptômes divers. Wil lis, en découvrant en 1674 la saveur sucrée qu’elle présente, paraît n’avoir fait que consacrer d’une façon scientifique une opinion qui déjà avait cours dans les masses. Willis soupçonna que cette urine contenait du

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sucre, plutôt qu’il ne le démontra. C’est à Pool et Dobson qu’on doit les premières expériences positives faites à ce sujet. En 1775 ces chimistes firent l’analyse d’urines diabétiques et y démontrèrent la présence du sucre, sous l’aspect d’une masse glutineuse amorphe, qu’ils obtinrent par l’évaporation. En 1803, Nicolas et Gueudeville parvinrent à le faire cristalliser, et Franck, en 1794, en tirade l’alcool et de l’acide carbonique, à l’aide de la fermentation.

L’existence du sucre dans ces urines ne pouvait être révoquée en doute, il restait toutefois à en déterminer la nature. Prout avait reconnu qu’il différait du sucre de canne, mais à Chevreul appartenait de faire voir que ce sucre n’était autre que du sucre de raisin. Les recherches ultérieures confirmèrent ces découvertes, sur lesquelles nous aurons à revenir un jour, à propos du diabète. A ces découvertes s’en ajoutèrent d’autres qui sont encore actuellement incomplètes, et qui conduisirent Rayer, Cloetta, Wohl, Lebert, Neukomm et Gallois à admettre que le sucre de raisin n’est pas le seul qu’on rencontre dans l’urine. On y trouve parfois une autre variété de sucre, non fermentescible, qu’on a décrit sous le nom d’inosite, •et qui, dans certains cas de diabète, remplacerait dans l’urine le sucre de raisin; de là, l'urine inositique.

Bien que la présence du sucre de raisin dans l’urine soit la caractéristique par excellence de l’urine diabétique , il est de nombreuses autres modifications qu’elle présente, sur lesquelles il est essentiel d’appeler l’attention.

L’urine diabétique est d’ordinaire peu colorée, elle l’esL d’autant moins que la quantité d’urine sécrétée dans les 24 heures est plus considérable. Le pigment urinaire dilué, sans être augmenté, ne donne alors à burine qu’une teinte peu prononcée. Cette urine se trouble facilement et devient rapidement laiteuse, opalescente.

MALADIES UES REINS

Au moment de l’émission, quelques auteurs ont trouvé qu’elle exhalait une odeur de foin, d’autres une odeur analogue à celle de l’acétone, que Peters y aurait du reste rencontrée.

D’abord légèrement acide et même neutre, elle revêt souvent au bout d’un certain temps un caractère d’acidité plus prononcé. L’apparition de cette acidité secondaire coïncide avec le développement de spores ou champignons, qui ont surtout élé l’objet d’études très-étendues de la part de Hassall. C’est à ces champignons que serait due la fermentation qui se fait dans ce liquide, aux dépens du sucre qu’il contient, et qui a pour résultat la formation d’acide carbonique et d’alcool. On y rencontre parfois d’autres acides, tels que : les acides acétique, butyrique et propionique, également dus à la fermentation (Neubauer, Klinger). C’est sans doute à l’existence de ces acides qu’il faut attribuer la saveur aigrelette que prend alors l’urine.

Jusqu’au moment où se montre la fermentation, si la quantité de sucre est considérable, si elle atteint le chiffre de 2 à 300 grammes par 24 heures, l’urine a la saveur sucrée signalée par Willis. 11 n’en est pas cependant toujours ainsi, et lorsque la quantité de sucre ne dépasse pas 30 ou 40 grammes, c'est vainement qu’on chercherait à trouver à burine le caractère sucré. Elle ne présente alors que la saveur amère qui caractérise toute urine normale, et qui est due aux 60, 80 ou 150 grammes de substances organiques ou inorganiques qu’elle contient.

Le pesanteur spécifique est d’ordinaire très-considérable, et én rapport avec l’augmentation de sucre quelle contient plus encore qu’avec l’augmentation des autres substances. Cette pesanteur spécifique varie en effet avec les oscillations que présente le sucre. Elle peut tomber au-dessous de la normale, lorsque sous l’influence d étals divers, comme la fièvre, l’inanition, on voit di-

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minuer et même disparaître les proportions du sucre. Le sucre, toutefois, n’est pas seul à modifier l’état de la pesanteur physiologique, il faut tenir compte aussi pour expliquer ces variations de la formation de l’urée, qui, dans certains cas, atteint d’enormes proportions.

Rarement au-dessous de la normale , et seulement d’une manière accidentelle, la pesanteur spécifique est parfois considérable; on l’a vue atteindre 1030, 1050, 1060 et même plus. Lorsqu’elle est à 1050, il n’est pas besoin de procédé chimique pour démontrer la présence du sucre. Que quelques gouttes de ce liquide tombent sur un linge, et l’évaporation suffira pour donner à ce linge un caractère poisseux qui permettra de reconnaître l’existence du sucre. C’est ainsi qu’on peut, à première vue, diagnostiquer le diabète, lorsqu’il est très-prononcé, aux taches olanches que l’urine forme en tombant sur le pantalon.

La quantité d’urine sécrétée dans les 24 heures par les diabétiques est très-variable ; il en est dont la quantité n’est nullement modifiée. Dans ces cas, l’urine n’es' l’ordinaire que momentanément sucrée. Ce sont ces urines qu’on décrit, avec plus juste raison, sous le nom i’urinesglycosuriques ; elles se distinguent des premières, non-seulement par leur peu d’abondance, par leur existence passagère, mais encore par la petite quantité de =>ucre qu’elles renferment, par l’absence de modifications dans les autres éléments constitutifs de l’urine. Elles semblent n’être que l’exagération de l’état glycosurique normal de l’urine; les symptômes généraux qui constituent le diabète font complètement défaut. Ces urines sont donc tout à fait différentes dés urines diabétiques.

L’urine vraiment diabétique, bien que d’ordinaire trèsabondante, diminue parfois passagèrement, sous l'influence de la sueur, ou lors de la diarhée, parfois lors d’états morbides passagers, et à l’approche de la mort. On peut du reste en faire toujours baisser la quantité en dimi-

nuant la proportion des liquides ingérés. On s’est demandé si le liquide urinaire rendu par les diabétiques, et qui parfois est considérable, puisqu’il peut être porté à 5, 10, 20, 30 litres par 24 heures, était en rapport direct avec ces liquides ingérés. Quelques auteurs, comme Fothergill, Frank et Chritison, se sont prononcés pour la négative, et ont pensé que l’eau pouvait être formée de toutes pièces dans l’économie ou qu’elle pouvait être absorbée par le poumon. Cette manière de voir, qui ne s’appuie sur aucune base solide, a été vivement contestée, et il semble résulter des expériences nombreuses de Nasse et de Griesingcr que la quantité des urines rendues est toujours inférieure à celle des boissons, surtout si l’on tient compte, en outre, des parties aqueuses que renferment les aliments solides.

Il pourrait se faire, toutefois, on le comprend, ainsi que le remarque Yogel, qu’accidentellomcnt la somme des liquides rendus surpassât celle des liquides ingérés; mais la différence ne saurait être considérable, car, selon cet auteur, comme elle serait due à l’absorption des liquides qui font partie intégrante de l’économie, et qui sont nécessaires au jeu des organes, s’il en était autrement elle entraînerait rapidement la mort du diabétique.

Le sucre que renferme l’urine glycosurique, aussi bien que l’urine diabétique, est une variété de sucre qui, comme le sucre de raisin, a pour propriété de cristalliser, de subir la fermentation alcoolique et de dévier la lumière polarisée.

La quantité en est très-variable : peu considérable dans l’urine glycosurique, elle atteint parfois un chiffre considérable, lorsqu’il s’agit de l’urine d’un diabétique. On a vu des diabétiques rendre 500 grammes, 1,000 grammes de sucre et même plus, au dire de Yogel, en 24 heures. La sécrétion sucrée n’est pas toujours indépendante de l’alimentation; on la voit, dans quelques cas, augmenter à la

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io;>

uite tle l’ingestion de certaines substances, de celles surent qui contiennent des féculents ; le sucre serait égalenent en plus grande abondance, et pour la même raison, lans l’urine de jour que dans celle de la nuit. L’abstinence, ni contraire, en diminuerait la quantité; il en serait de même le quelques états fébriles. C’est à tort, selon Peter, qu’on aurait considéré d’une manière générale la fièvre comme pouvant diminuer la quantité de sucre contenue dans l'urine. Il aurait constaté, lui, que certaines maladies, comme a lièvre intermittente, la variole et la pleurésie n’ont aucune action à cet égard. Mais une telle manière de voir, oour être admise, a besoin d’un nombre de faits plus considérable que ceux qu’il fournit. Il n’en est pas de même les maladies consomptives, qui, comme la tuberculose, ont toujours baisser la sécrétion sucrée. Au moment de la mort, quelle qu’en soit la cause, le sucre disparaît enfin complètement de l’urine. Malgré toutes ces assertions, la [uestion des influences alimentaires ou morbides sur le olus ou moins de sucre contenu dans l’urine a besoin, pour àtre jugée, d’observations nouvelles, et, pour arriver à in résultat satisfaisant, il faudra, à notre avis, étudier le [résultat de ces influences, d’une part sur les urines glycosuriques, et d’autre part sur les urines diabétiques. En procédant ainsi, on verra par exemple que, si l’urine d’un -['lycosurique peut être modifiée d’une notable façon par le genre d’alimentation, l’urine diabétique n’en ressent à oeu près aucun effet. C’est à tort, à notre avis, qu’on avait aensé pouvoir toujours trouver dans le mode d’action des aliments sur la sécrétion sucrée une pierre de touche permettant de reconnaître un diabète, aux différentes phases de son évolution. C’est à tort, lorsque le sucre disparaît de l’urine avec la suppression des aliments, qu’on en conclut que le diabète n’est encore qu’à sa première période ; tout porte à penser que, dans ces cas, il s’agit le plus souvent, non pas d’un diabète, mais plutôt d’uno

simple glycosurie. Nous aurons plus tard à revenir sur cette question, que nous traiterons avec tous les détails qu’elle réclame.

La présence du sucre, qui constitue la seule altération de l’urine glycosurique, s’accompagne chez le diabétique de modifications pathologiques de l’urine, portant surtout sur l’urée, sur le phosphore, le soufre et le chlore. Ces modifications consistent dans l’augmentation de chacune de ces substances. Ce n’est qu’exceptionnellement, et sous l’influence de causes encore mal déterminées, qu’on les voit tomber au-dessous du chiffre normal. Le plus souvent la quantité en est augmentée; c’est même dans cette augmentation qu’il faut, selon nous, rechercher la nature vraie du diabète. L’urée est, de toutes ces substances, celle dont le chiffre est le plus élevé. Thierfelder, Ulile, Mosler l’ont vu atteindre 80, 90, 109 grammes en 24 heures. Celui des chlorures est monté à 29 grammes, celui des phosphates à 13 et celui des sulfates à G grammes par jour.

La proportion d’acide urique paraît également, dans certains cas, surpasser la proportion normale, bien que Prout et Ranke en aient nié l’existence, et que Prout ait regardé la réapparition de l’acide urique, dans l'urine, comme un signe de guérison. Ce qui a pu faire douter de la présence de l’acide urique, c’est qu’il contracte avec le sucre des combinaisons qui en rendent l’extraction difficile ; mais le fait d’observation de Prout n’en a pas moins une grande valeur pronostique, attendu qu’il permet d’affirmer la diminution du sucre. L’acide urique ne réapparaît pas dans f urine, mais il s’y dépose, ses affinités chimiques baissant avec la diminution du sucre.

Ce n’est qu’exceplionnellement que l’albumine se montre dans l’urine diabétique; elle coïncide souvent aveo la disparition du sucre, et loin d’être un signe de guérison du diabète, ainsi que le croyaient Dupuytren et Thénard,

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elle est l’indice d’une maladie grave, d’une néphrite pa- ! renchymateuse qui vient hâter la mort du malade.

Bien que l’on puisse, à l’aide des caractères énoncés :■ plus haut, soupçonner l’existence d’une urine sucrée, on ne doit l’affirmer que lorsqu’on est arrivé à démontrer, dans cette urine, la présence du sucre. Pour atteindre ce but, on peut avoir recours à divers procédés ; il nous suffira d’en indiquer les meilleurs et les plus simples.

Procédé Moore. — Ce procédé, qui de tous est le plus -simple, consiste dans l’emploi de la solution de potasse caustique. On fait un mélange, par parties égales, de cette -solution et de l’urine cà examiner, puis on en élève la température jusqu’à l'ébullition. Peu à peu le liquide se co- .lore en jaune. Cette coloration devient de plus en plus 'foncée, à mesure que se prolonge l’ébullition ; il n’est pas nécessaire du reste qu’elle dure plus d’un quart d’heure. iEn refroidissant, le liquide brunit encore et ressemble à une infusion de thé très-forte.

Ce procédé, qui est excellent lorsque le sucre est en notable quantité et lorsque l’urine est peu chargée en couleur, cesse d’étre aussi sensible lorsque le pigment uri- :naire est considérable. Il est bon, dans ces cas, de contrôler .les résultats que donne le procédé Moore par ceux d’un autre procédé. De plus, il faut savoir que, par la potasse, et en l’absence du sucre, l’urine se colore lorsqu’elle est j albumineuse ; enfin que la potasse ne décèle le sucre que i lorsque l’urine en contient au moins 3sr pour 100. Il peut avoir aussi quelques inconvénients contre lesquels il est bon d’être prémuni : pendant la coction, il faut savoir que, par le fait de la précipitation des phosphates terreux par ]a potasse, le liquide a de la tendance à être projeté au dehors.

La potasse peut être remplacée par la chaux, par la soude ou par un mélange de potasse et de soude ; les résultats en sont les mêmes : formation d’un acide mêlas-

sique ou sacchalinique (Beale) aux dépens du sucre de i l’urine; il se produirait également de l’acide glucique, acide qui, s’unissant à l’une des bases employées, forme un sel qui donne au liquide la teinte brunâtre caractéristique.

Procédé Trommer , et non Frommherz. • — Ce procédé consiste à mettre, dans l’urine qu’on veut examiner, un mélange de sulfate de cuivre et d’une solution dépotasse. Si l’urine contient beaucoup de sucre, lorsqu’on verse à froid ce mélange dans l’urine il se forme un magma bleuâtre qui bientôt s’éclaircit; le liquide reprend une coloration bleu de ciel par l’ agitation; si l’urine 11e contient que peu ou pas de sucre, le magma bleuâtre qui s’est formé ne se redissout pas. De plus, dans le premier cas, lorsqu’on vient à chauffer, le sucre, en s’oxydant, précipite le cuivre de la solution à l’état d’oxydule jaunâtre. Cette réaction, qui se fait â chaud presque instantanément, pourrait également se faire à froid, mais avec plus de lenteur. Ainsi , dans une urine assez fortement sucrée, on constate, â l’aide de ce procédé : 1° la formation d’un magma bleuâtre, sa disparition du liquide, qui reprend la teinte bleu de ciel; 2° l’apparition jaune rouille du sédiment, formé par l’oxydule de cuivre qui se dépose.

Par ce procédé on a, comme on le voit, deux fois la preuve de la présence du sucre dans une urine, et cette double preuve repose, on ne saurait trop le répéter, sur la formation et la disparition du magma bleuâtre, d’autre part sur l’apparition du dépôt d’oxydule. Il faut se rappeler toutefois que ce procédé ne met pas à l’abri de toute cause d’erreur; ainsi, il peut se faire que l’urine contienne du sucre, bien qu’elle n’en accuse aucune trace au réactif; il peut se faire, d’un autre côté, qu’il y ait réduction d’oxydule de cuivre, avec une urine qui ne renferme pas de sucre. Il suffit, pour obvier à ces résultats, d’en

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connaître les causes. Ces causes tiennent à la constitution même de l’urine.

Qu’une urine non sucrée renferme en grande quantité certaines substances organiques, telles que l’acide urique, du mucus, de l’hypoxanthine ou du chloroforme, et ces substances, en s’oxydant au contact de la solution de Trommer, donneront lieu à un précipité d’oxydule de cuivre, analogue à celui que produirait le sucre. Le précipité ne se forme toutefois, dans ces cas, que lorsqu’on prolonge l’ébullition. Ainsi, Robert n’a pu l’obtenir que de cette manière, dans une solution concentrée cl’acide urique.

Dans d'autres cas, l’urine, bien que contenant du sucre, reste insensible à l’action du liquide de Trommer; la réaction, c’est-à-dire le dépôt d’oxydule, ne se produit pas, ou plutôt elle est empêchée par la présence d’acides, tels que les acides acétique, chlorhydrique ou nitrique, qui peuvent se trouver dans l’urine, ou par certaines substances qui, comme quelques variétés d’albumine (peptones), comme la créatine , la créatinine, donnent lieu, au contact de la potasse, à la production d’ammoniaque, qui s’oppose à la séparation de l’oxydule de cuivre.

Il faut dans ces cas, pour parer aux obstacles qu’apporte à l’action du liquide Trommer la présence de certaines substances anormales, ou en excès, en débarrasser d’abord l’urine. Mais il est plus simple, et l’on aime mieux d’ordinaire soumettre cette urine à d’autres réactifs qui permettront de juger les résultats fournis parla liqueur de Trommer. On peut toutefois, sans avoir recours à l’extraction de ces substances, en combattre la mauvaise influence par la potasse en excès. Cette potasse, en se combinant aux acides, empêche, d’une part, leur action diluante sur l’oxyde de cuivre; d’autre part, elle permet de chasser par l’évaporation l’ammoniaque formée accidentellement aux dépens des substances que contient l’urine.

Les réactions de la liqueur Trommer ne sont point dans tous les cas modifiées de la même manière par la présence du sucre dans l’urine. Si le sucre est en excès, le liquide devient jaunâtre, il n’y a pas 'de précipité, ou ce précipité est jaunâtre ; s’il est en pe’tite quantité, le liquide reste bleu, et il tombe au fond du tube un précipité rouge d’oxydule de cuivre.

Il est d’autres causes d’erreur qui ne sont pas moins faciles à éviter que les précédentes. 11 peut se faire qu’on ait employé une trop grande quantité du réactif de Trommer et, dans ces cas, la coloration bleue qui persiste dans le liquide, malgré la désoxydation de quelques parties du sel de cuivre, nuit â la netteté du résultat. Le précipité d’oxydule de cuivre peut être ailleurs exagéré par le dépôt des phosphates, lorsque l’urine en contient en excès; il faut dans ces cas, avant de chauffer le mélange, le filtrer pour en séparer les phosphates. Ce réactif est assurément celui qui permet de reconnaître le plus rapidement les plus petites quantités de sucre que peut renfermer une urine ; il peut décéler la présence du sucre dans une urine qui n’en contient que 0,025 pour 100.

Les causes d’erreur possibles connues, voici comment on procède pour l’employer. Dans un tube on verse les 2/3 ou 3/4 d’un pouce en hauteur du réactif; on chauffe jusqu’à l’ébullition, puis on y ajoute quelques gouties d’urine ; si le sucre est en abondance, il se produit une opacité jaunâtre et, par le refroidissement, un dépôt jaune ou rouge. S’il ne se produit rien, on ajoute de l’urine a peu près autant que de réactif, et si, après cette nouvelle tentative, le résultat est toujours nul, c’est qu’il n’y a pas de sucre.

Procédés de Bareswill et de Fehling. — Ces procédés ne sont que des modifications de celui de Trommer. Ces chimistes n ont eu d’autre but, en proposant ces modifications,

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que de rendre le réactif de Trommer plus sensible. Pour v arriver, ils ont introduit dans ce réactif de l’acide tartrique. Bareswill l’emploie à l’état de bitartarte de pétasse ; Fehling préfère le tartrate neutre. Ces réactifs, plus •sensibles peut-être, que celui de Trommer, et qui condui- -sent au même résultat, à la formation d’oxydule de cuivre, ont un inconvénient, c’est de s’altérer à la longue et de donner lieu spontanément, sous l’influence de la lumière, à un précipité d’oxydule de cuivre. Aussi, lorsqu’on en fait usage, doivent-ils être préparés depuis peu. On peut toutefois éviter ce précipité en maintenant dans le liquide un excès de potasse. Du re- e, avant d’employer ces réactifs, il est bon de les faire bouillir, pour en précipiter l’oxvdule de cuivre qui peut s’v être formé.

Nous ne pensons pas devoir entrer dans des détails relatifs à la composition intime de ces liquides, dont on trouvera la formule dans tous les traités de chimie ; il ne nous semble pas non plus nécessaire de nous étendre sur leur mode d’emploi, qui est le même que celui du réactif de Trommer.

Procédé Bottger. — Ce procédé, tout différent des précédents, mérite quelque attention. L’emploi en est facile, et l’on peut à l’aide de ce procédé contrôler les résultats fournis par les réactifs qui ont pour base les sels de cuivre. Il repose tout entier sur la propriété que possède le sucre de donner au nitrate basique de bismuth une coloration noire. Il est nécessaire toutefois, lorsqu’on veut avoir recours à ce procédé, de débarrasser l’urine de l'albumine qu’elle peut contenir, attendu que comme le sucre elle communique au bismuth une teinte noirâtre de sulfure d’albumine. Il faut aussi s’assurer que le malade n’a pas été soumis à une médication ferrugineuse, mercurielle, car M. Jaccoud se serait assuré que ces sels, éliminés par l’urine, jouissent de la même propriété que l'albumine. Ces précautions sont les seules à prendre, car il

n’est aucune des substances de l’urine qui puisse agir sur le bismuth.

* On met dans un tube, et par parties égales, de l’urine et du carbonate de soude en solution ; on peut employer aussi la potasse en crayons ; on y ajoute une quantité plus ou moins considérable de sous-nitrate de bismuth, puis l’on chauffe le tout. Si dans ces conditions le mélange prend une teinte noirâtre, on peut affirmer qu’il existe du sucre.

A côté de ces procédés, qui seuls sont utiles, et qui dans tous les cas permettent au praticien de se prononcer sur la nature d’une urine, il en est d’autres, et en trèsgrand nombre, que nous ne voulons que signaler ; tels sont les procédés de Krause, deMulder, de Maumené, de Neubauer et de Vogel.

Dans le procédé de Krause, on reconnaît la présence du sucre dans un liquide à la teinte verte ou d’un vert bleu que prend ce liquide, mélangé de bichromate de potasse et d’acide sulfurique, lorsqu’on en élève la température.

Le procédé de Mulder, que conseille M. Jaccoud, repose sur la propriété que possède la solution de carmin d’indigo, alcalinisé avec du carbonate de soude, de communiquer à l’urine chauffée, et en tombant goutte à goutte, une coloration qui, primitivement bleue, devient verte, puis rouge pourpre, rouge violet et enfin jaune clair, lorsque cette urine contient du sucre.

Par le procédé Maumené, le sucre d’une urine se reconnaît à la coloration noirâtre que communiquent à des bandes imprégnées, au préalable, de perchlorure de fer les gouttes de ce liquide. On trempe des bandes d’étoffe de laine dans une solution de perchlorure de fer liquide; on les sèche au-dessus d’un bain-marie. Lorsqu’on veut se servir de ces bandes ainsi préparées, on y laisse tomber quelques gouttes d’urine, puis on les chauffe audessus d’une lampe cà alcool ; si au niveau de ces gouttes

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j se forme des taches noires, c’est que l’urine contient du i acre.

Neubauer et Vogel conseillent, pour découvrir le sucre 'une urine, d’avoir recours à une solution ammoniacale e nitrate d’argent. Lorsque l’urine dans laquelle on a ersé de cette solution contient du sucre, si on la fait ouillir, il se forme bientôt un dépôt noirâtre d’argent réuit. Ce procédé est infidèle et ne saurait être employé, atejndu que dans l’urine il existe de nombreuses substances ui, telles que l’urée et l’acide urique, jouissent de laproriété de réduire les sels d’argent.

De tous ces procédés, qui, comme on le voit, sont trèst ombreux, nous n’hésitons pas à recommander ceux de lloore et de Trommer, avec ou sans modification, puis celui e Büttger. Dans la généralité des cas, ils suffiront pour < ermettre de reconnaître la présence du sucre, et c’est t ncore de tous les procédés ceux qui donnent le moins I eu à l’erreur. Dans certains cas, toutefois, lorsque le su- : re est en très-petite quantité, ils sont insuffisants et l’on boit avoir recours à des procédés plus minutieux ; tels sont eeux de Leconte et de Bruche. Seulement ces procédés ; ont difficiles à appliquer et réclament des connaissances Chimiques que ne possède pas d’ordinaire le simple clini - || ien ; aussi nous contenterons-nous d’en signaler l’exisjlence.

Dosage. — Il peut, dans certains cas, n’ètre pas suffi—

- ant de reconnaître la présence du sucre; il peut y avoir utilité au point de vue de la maladie, dont la glycosurie l’est qu’une des expressions, de savoir quelle est la quani té de sucre que l’urine renferme par litre.

Pour connaître cette quantité de sucre, il est différents 1 noyens que peut utiliser le médecin. Il peut avoir recours j t la fermentation, qui permet de reconnaître l’existence du •ucre et qui en même temps donne la facilité de le doser;

il peut employer le polarimètre, enfin il peut en faire l’extraction. Mais ces moyens sont assez peu pratiques et difficiles amener à bonne fin ; aussi préférons- nous, dans ces cas, avoir recours au dosage à l’aide de la liqueur titrée de Fehling ou au procédé de Vogel.

‘ Henri Prout et M. Bouchardat crurent pouvoir doser le sucre de l’urine à l’aide de l’augmentation de la densité que présente habituellement toute urine sucrée . Mais ces procédés, qui dans certains cas sont impraticables, puisqu’il arrive parfois que la densité de l’urine est diminuée, loin d’être augmentée, ne peuvent donner, lorsqu’ils sont susceptibles d’être employés, que des résultats tout à fait inexacts. Il est en effet actuellement prouvé que la densité de l’urine glycosurique tient presque autant à l'augmentation de l’urée qu’à la présence du sucre ; aussi ne nous arrêterons-nous pas à les décrire.

Procédé Fehlincf. — Les résultats que donne le dosage des substances sucrées à l’aide de la liqueur de Fehling, qui n’est autre que le réactif de Trommer modifié, seraient même, suivant quelques auteurs, Benle par exemple, préférables à ceux que fournissent, et la fermentation et la polarisation. Entouré de moins de chances d’erreur, lors même que ce réactif est manié par une main inexpérimentée, ce «procédé donnerait des résultats plus exacts. Il suffit, pour utiliser ce procédé de dosage, d’être fixé sur la capacité de réduction de la liqueur qu’on emploie; or, la liqueur de Fehling est préparée de telle sorte que 10 centimètres cubes de cette liqueur sont réduits par 5 centigrammes de glycose. Pour opérer, on charge de ce réactif une burette de Mohr; on chauffe, dans une capsule ou dans un matras, une quantité déterminée d’urine à analyser; on y laisse couler goutte à goutte la liqueur de Fehling, et l’on agite de temps en temps le mélange. Of ne doit s’arrêter que lorsque, de nouvelles gouttes de la liqueur de Fehling arrivant sans se décomposer dans le

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| quitte, ce liquide commence à se colorer en bleu. Il suffit | ors, pour connaître la quantité de sucre renfermée par i urine, de voir quelle quantité on a employée de liqueur 1.3 Fehling. Le liquide urinaire expérimenté contiendra < • utant de fois 5 centigrammes de sucre qu’on y a versé de is 10 centimètres cubes du réactif. Que cette urine ait j ûcessité 20 centimètres cubes pour que tout le sucre en , nit réduit, c’est quelle contenait 10 centigrammes de , . icre. Gomme on a, au préalable, déterminé la quantité I » 3 l’urine employée, si, par exemple, on en a pris 50 cenmètres cubes, la totalité de l’urine rendue parle malade : î 24 heures contiendra autant de fois 10 centigrammes ■ 3 sucre qu’elle contient de fois 50 centimètres cubes urine. Si le malade en rend 10 litres, la quantité de sucre nntenue dans cette urine sera de 20 grammes par jour.

Procédé Vogel. — Le procédé que conseille Vogel pour ppréeier la quantité de sucre que contient une urine est pusé sur la teinte plus ou moins foncée que communique un liquide le sucre traité par la potasse. C’est un dosage iir coloration. Voici comment il procède : il prépare des l'pes de coloration connus, et établit avec ces types une chelle de coloration graduée de telle sorte que la coloration de tel type correspond, par exemple, à 1 centirramme de sucre par centimètre cube; celui qui vient au- •'3SSOUS d’une coloration par conséquent moins vive ne enfermerait que 5 milligrammes de sucre par centimètre ube; on peut continuer de cette manière à avoir des «•pes de coloration ascendants ou descendants; une diurne suffisent.

Pour construire cette échelle de types de coloration, on ’-end des tubes ayant tous le même diamètre, la même npacité. Vogel prend des tubes de 250 à 500 centimètres ubes. Ces tubes choisis, on prépare une solution de sucre untenant, par exemple, 1 centigramme par centimètre ube. On traite celte solution par la potasse, et l’an ob«

lient une coloration brune. Cette coloration est celle que la potasse donne à un liquide qui contient 1 centigramme de sucre par centimètre cube. Si avec ce liquide on remplit la moitié seulement du tube suivant, et qu’on l’étende d’eau de manière à ce que le tube soit entièrement plein, on aura un tube contenant un liquide dont la coloration est de moitié moins intense que celle du tube précédent. Ce liquide ne renferme plus que 5 milligrammes de sucre par centimètre cube, et sa coloration est en rapport avec la quantité de sucre qu’elle contient. On peut, on le comprend, multiplier à l’infini le nombre de ces tubes, dont la coloration variera avec la quantité plus ou moins grande du sucre contenu dans la solution. On a ainsi des tubes colorés dont le liquide contient par centimètre cube 5 centigrammes de sucre, 1 centigramme 5 milligrammes, etc. Lorsqu’on veut, à l’aide de celte échelle de coloration graduée, doser la quantité de sucre contenu dans une urine on prend une quantité déterminée de cette urine, 10 centimètres cubes par exemple ; on les chauffe avec de la potasse, et l’on obtient une coloration dont il s’agit d’apprécier la valeur. On met cette urine colorée dans un tube analogue à ceux qui contiennent ces différentes solutions de sucre, préparées à l’avance. Il est rare que cette coloration soit tout à fait la même que celle de l’un ou de l’autre de ces tubes. Elle est, par exemple, moins intense que celle des tubes qui contiennent 5 centigrammes de sucre par centimètre cube. Elle l’est plus que celle des tubes qui contiennent 1 centigramme par centimètre cube. On étend d’eau le mélange, qu’on expérimente jusqu’à ce que sa teinte soit celle du liquide qui contient 1 centigramme de sucre par centimètre cube. Si, par exemple, on a été obligé d’ajouter 20 centimètres cubes pour arriver à ce résultat, c’est que l’urine dont on veut connaître la capacité sucrée contient 3 centigrammes de sucre par centimètre cube, c’est-à-dire 30 grammes de sucre par litre.

DES URINES PATHOLOGIQUES

Bien que ce procédé ne donne peut-être pas des résultés aussi précis que le dosage par la liqueur de Fehling, a l’avantage , les types de coloration constitués , être, suivant l’auteur, très-expéditif, et son exactitude t d’ordinaire suffisante pour apprécier les variations qui *u vent survenir d’un jour à l’autre dans une urine suée. Le seul travail un peu long qu’il nécessite est la nstruction de ces différents types de coloration, qui, ae fois établis, peuvent se conserver très-longtemps, es mois, des années, lorsqu’on a la précaution de tenir rs tubes fermés, dans un endroit froid, et à l’abri de la :mière.

Il est un procédé de dosage sur lequel Robert a, dans îs derniers temps (1860-61. Memoirs ofthe Manchester t. and phil. Society. Ed. Monthly), appelé l’attention. Par ; procédé on dose l’urine par la différence de densité îe présente l’urine sucrée avant et après la fermentaon du sucre. Hensley aurait trouvé que chaque degré 3 densité perdu par l’urine correspond à 1 gramme de îcre perdu par 30 grammes d’urine. Ce procédé, qui 3ut être utilisé, a l’inconvénient d’être un peu compliqué, nécessite au préalable la fermentation. On pourrait •river de cette manière à reconnaître dans l’urine des ’oportions minimes de sucre, moins de 1 gramme pour

Urine inositique. — L’inosite, qui parfois remplace ans l’urine glvcosurique le sucre de raisin, est un sucre ui diffère du précédent en ce sens qu’il ne fermente pas.

• a présence est assez difficile à démontrer. Pour la coni.ater, il est nécessaire d’avoir recours à certaines mani-

• ulations chimiques que nous rappellerons en deux mots.

faut avant tout, pour employer sans cause d’erreur le •âactifde l’inosite, débarrasser l’urine de l’albumine et I u glycose qu’elle peut contenir. Il faut ensuite faire éva- ■ orer l’urine ainsi préparée, puis on y laisse tomber une

ou deux gouttes d’azotate de protoxyde de mercure; il se fait alors un précipité jaunâtre qui s’étend rapidement; après dessiccation, le résidu est blanc jaunâtre ; si l’on continue à chauffer, il devient d’un rose plus ou moins foncé; en le laissant refroidir, la' couleur rose disparaît, et reparaît si on vient à le chauffer de nouveau.

Lorsqu’on veut l’extraire d’une urine dont on a séparé l’albumine qu’elle pouvait contenir, à l’aide de l’acétate neutre de plomb, on traite cette urine par le sousacétate de plomb, puis le liquide filtré par l’acide suifhydrique. Il suffit alors d’agir par l’alcool sur le liquide débarrassé des' sulfures pour voir, de cette solution, se déposer des cristaux sous forme de choux-fleurs, cristaux qui ne sont autres que des cristaux d’inosite.

L’urine sucrée, comme on a déjà pu le voir par la description que nous en avons donnée, n’a pas toujours la même valeur diagnostique. Tantôt, en effet, elle ne présente que des modifications insignifiantes dans sa constitution ; le sucre qu’elle contient en petite quantité en est la seule caractéristique ; elle constitue, dans ces cas, l’urine glycosurique. Elle n’est point, à proprement parler, l’expression d’une maladie. On la rencontre, ainsi que nous le verrons, dans les affections de nature et de siège les plus divers. D’autres fois, l’urine sucrée est profondément modifiée ; la proportion des éléments quelle contient présente de nombreuses et considérables altérations, que déjà nous avons signalées et sur lesquelles nous reviendrons. Ce sont ces altérations qui donnent à cette urine dans le diabète sa véritable caractéristique, la glycose n’en étant pour ainsi dire qu’un accident. C’est dans ces conditions que l’urine sucrée revêt un véritable caractère pathognomonique, et qu’elle mérite à juste titre le nom d’urine diabétique. Elle n’est en effet que 1 expression indirecte d’une maladie grave qu’on décrit sous le nom de diabète, et qui paraît avoir pour point de

DKS URINES PATHOLOGIQUES.

part la désassimilation des éléments azotés constitutifs l'économie. (Considérations théoriques et thérapeutes sur le diabète. — Gaz. liebdom., 1873.)

.La quantité de sucre que renferme l’urine n'est pas üjours la même; elle présente des variations qui, nsi que nous l’avons dit, sont en rapport avec l’alimenuion, avec certains processus morbides. Lorsqu’elle est nsidérable, alors même que l’urine ne présente pas les ractères de l’urine diabétique, elle doit inspirer des jquiétudes et en faire craindre l’apparition. Il en sera même si l’on constate pendant longtemps la présence i. sucre, l'urine simplement glycosurique n’ayant d’ormaire qu’une existence passagère.

^Lorsque l’urine est franchement diabétique, c’est-à-dire Tactérisée non-seulement par la présence du sucre, .uvent en proportion considérable, mais encore et surut par les altérations quantitatives de l’urée, des chloirres et des phosphates, la quantité de sucre rendue par |. malade est également digne de tout intérêt. Si la quan- ,é est considérable, si la médication est impuissante à . faire baisser le chiffre, le pronostic est grave et la prér.mce du sucre est la preuve indirecte de la détérioration kofonde de l’économie. Mais la glycosurie n’étant dans I diabète, pour ainsi dire, qu’un phénomène’accessoire, il ut se faire que le sucre disparaisse de l’urine sans que ur cela s’arrête la maladie. C’est ce qui arrive sous i nfluence de maladies accidentelles, de certaines médicatans qui, ayant prise sur la glycosurie, ne peuvent rien > r le diabète. Ce qui caractérise en effet le diabète, ce ■ -est pas le sucre que contient l’urine, ce sont les modifi- 3 lions profondes qu’elle présente dans les éléments qui constituent. Toutefois, la cessation du sucre, avec per- 'Stance de signes généraux graves, indiquant la cessation f îs sécrétions, celle du foie entre autres, peut être l’indice une mort prochaine.

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