‹ Traité des maladies des reins et des altérations pathologiques de l’urineChapitre 23 sur 38 · Lithiase alcaline · texte numérisé non relu

Lithiase alcaline

De même que l’acidité prononcée de l’urine peut -être l’expression symptomatique cle deux espèces de lithiase caractérisées, l’une par l’augmentation absolue ou relative de l’acide urique, l’autre par l’apparition accidentelle dans l’urine d’un acide qui ne s’y rencontre pas à l’état physiologique ou qui ne s’y rencontre qu’en de minimes proportions (Roberts) , de même aussi l’alcalinité de ce liquide peut être le point de départ de deux variétés de lithiase très-distinctes des précédentes et qu’on décrit à tort sous le nom générique de lithiase phosphalique. Il serait plus rationnel en effet de les décrire sous le nom générique de lithiase alcaline comprenant deux variétés, la lithiase calcaire et la lithiase ammoniacale : la première, caractérisée par la formation des concrétions salines ayant pour base un des éléments normaux de l'urine, la chaux (carbonate et phosphate de '■haux) ; la seconde due à l’apparition dans l’urine d’un élément nouveau, l’ammoniaque, qui en s’unissant à . la magnésie donne lieu à des concrétions de phosphate ammoniaco -magnésien. Ce qui nous porte à admettre cette distinction, c’est que- les causes et les symptômes de ces deux variétés de lithiase sont différents.

LITHIASE CALCAIRE.

Les phosphates de chaux apparaissent dans les sédi- ! rnents, tantôt a l’état de phosphate bi'basique que l’oiy

désigne aussi sous les noms de phosphate acidulé de chaux ou de biphosphate, tantôt à l’état de phosphate tribasique.

On les reconnaît aux caractères qui leur sont propres. Les sédiments qu’ils forment peuvent se produire clans l'intérieur des conduits urinaires ; l’urine estalors trouble, au moment de son émission. D’autres fois, ils ne se forment que lorsque l’urine laissée au repos s’est refroidie. Les concrétions que forment ces sels terreux peuvent être primitives et ne contenir que ces éléments. Le plus souvent elles n’apparaissent que secondairement à d’autres concrétions ; elles forment alors des calculs mixtes composés d’acide urique ou d’oxalale de chaux et de phosphates. Ce sont ces calculs primitifs d’acide urique et d’oxalate de chaux qui jouent le rôle de corps étranger et irritent la muqueuse. Ils produisent ainsi consécutivement l’alcalinité de l’urine qui entraîne le dépôt des phosphates à leur surface. Que cette inflammation vienne à diminuer par suite d’un traitement ou par le fait seul de la tolérance de la muqueuse pour le corps étranger, et l’on verra, si les causes do la lithiase urique ou oxalique persistent encore, l’urine redevenir acide, et de nouveaux dépôts d’acide urique et d’acide oxalique se faire audessus de la couche des phosphates. C’est ainsi que se produisent les couches alternantes d’acide urique et de phosphates. La couche de phosphates sera d’autant plus épaisse que l’inflammation, dont on peut juger la persistance parl’acalimté de l’urine, aura duré plus longtemps. Pendant foute la durée de cette alcalinité, les dépôts d’acide urique font complètement défaut, l’acide urique étant entraîné à l’état d’urates.

Les phosphates qui, se déposant dans les urines non ammoniacales, peuvent donner lieu à des calculs sont les phosphates de chaux bibasique et tribasique et le phosphate de chaux et de magnésie. Le phosphate de chaux

LITHIASE L' Kl N Al UK .

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