MATIÈRES ORGANIQUES AZOTÉES. XXIII
Chez le vieillard on voit baisser d’une façon notable le chiffre moyen de l’urée; il n’est guère que de 10 gr. par 24 heures, ce qui tient.à la diminution que subit, avec lage, l’étendue des combustions. Car, il ne faut pas l’oublier, les variations qui surviennent dans la formation de l’urée constituent les oscillations thermométriques par excellence des destructions azotées qui se produisent dans l'économie. C’est en étudiant ces ■variations à l’état pathologique qu’on peut seulement comprendre la nature de certaines maladies, en suivre les phases, et saivent en prédire tantôt la bénignité, d’autres fois la gravité.
L’urée ne semble pas seulement venir des substances azotées fixes de l’économie (Bidder et Schmidt) ; ce qui le prouve, c’est que de même qu’elle augmente avec une alimentation fortement azotée, de même elle baisse avec l’abstinence : après 24neures de jeûne l’adulte n’en rend plus que 18 grammes, et au boit de 18 jours d’abstinence il n’en fait plus qu’un gramme par jour. Toutefois on pourrait admettre que dans ces cas la diirinution de l’urée tient à ce que la rénovation des tissus baisse parle fait seul de la diminution des aliments azotés (Bisihoff). Elle diminuerait également en été (Kaup) ; sous l'influence de certaines boissons, comme le thé, le café; à la suite de l’ingestion de certains médicaments, dits d’épargne. Il es. bon de noter ce fait, car nous aurons à l’utiliser contre les maladies qui sont entièrement dues, comme le diabète, à la destruction exagérée des substances azotées fixes de l’économie.
La sécrétion de l’urée est nécessairement liée à l’existence ; elle ne cesse qu’à la mort.
L’urée se rencontre un peu partout, ce qui ne saurait militer en laveur de l’opinion d’Oppler et de Za'esky, qui croyaient pouvoir en attribuer la formation exclusive aux reins ; il résulte en effet des recherches plus récentes dues à Grehant et à Meisner, la confirmation des opinions émises déjà par Prévost et Dumas: c’est que si le rein est chargé presque.exclusivement d excréter 1 urée, substance formée dans d’autres organes , il ri agit comme organe formateur que dans des limites trèsrestreintes.
L urée formée dans toute l’économie, et seulement expulsée par les reins, devait être recherchée et trouvée dans le sang.
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On l’y rencontre en effet. Déjà Christison etGregory l’y avaient1 constatée. Picard a dans ces derniers temps cherché à en déterminer la proportion, il donne comme moyenne de l’urée contenue dans le sang 0,016 pour 100 gr. de sang. lia cherché à préciser, en se basant sur ce chiffre et sur la vitesse de la circulation, la quantité d’urée qui traverse les reins en 24 heures. Il croit qu’on peut l’estimer à 56 grammes Milne- Edwards la croit plus élevée, et la porte à 120 grammes.
L’urée peut être considérée comme représentant la substance azotée, dont la combustion est la plus complète. Ne poivant préciser avec exactitude quel est le siège de cette combustion, qui, sans nul doute, est propre à bien des tissus, peut-être à tous, on a cherché à déterminer quelle était la substance intermédiaire aux substances albuminoïdes et à l’urée: Kuhne croit la trouver dans la leucine et la tyrosine, Vogt dans l’acide urique, Hermann dans la créatine ; Béchamp admet qu’elle peut se former de toute pièce par la combustion de l’albumine. Une telle diversité d’opinions porte à penser que l’urée n’est très-probablement que le résultat de la combustion de différentes matières azotées, dont la nature varie suivant que l’urée provient de la combustion du tissu musculaire, du tissu connectif ou d’un autre organe quelconque.
L’urée jouit de propriétés diurétiques manifestes; à lnute dose elle devient toxique. Injectée aux animaux elle se transforme au carbonate d’ammoniaque. C’est le résultat de semblables expériences qui a donné à Frerichs l’idée d’émettre sur l’urémie une opinion que nous aurons plus tard à examiner.
A. urique. — L’acide urique est, après l’urée, la substance qui rendue par l’urine contient le plus d’azote; il en renferme 35 pour 100.
Cet acide, qui depuis longtemps a été décrit sous le nom d’acide lilhique, a été découvert en 1788 par Priestley.
Pour quelques-uns, pour Liebigentie autres, il serait libre dans l’urine ; pour la généralité des chimistes, il y serait combiné aux bases qu’elle contient. 11 ne s’y trouverait même jamais que sous cette forme, suivant Rayer.
Peu soluble dans l’eau (1 pour 1000), il est insoluble dans l’éther et dans l’alcool.
MATIERES ORGANIQUES AZOTEES.
L’acide urique n’est pas seulement sécrété par l’homme, on le rencontre également chez les herbivores, à la période d’allaitement; plus tard il est remplacé chez ces animaux par l’acide hippurique, qu’on trouve parfois chez l’homme. Chez les oiseaux et chez les serpents, l’acide urique constitue presque à lui seul l’excrétion qui chez eux remplace le liquide urinaire.
La quantité qui se forme quotidiennement, et à l’état physiologique, est en général chez l’homme peu considérable ; la moyenne est d’ordinaire de 0,50, parfois de 1 gr. Il dépasse rarement ce chiffre, si ce n’est toutefois lorsqu’on se soumet à un régime exclusivement animal, comme l’ont fait Leheman et B. Jones, ou à la suite d’un excès alcoolique accidentel, et encore dans ce cas l’augmentation est peut-être plus apparente que réelle. Cette augmentation apparente serait due, selon nous, à la présence de l’alcool rendu parle rein. L’alcool, ainsi que l’ont démontré MM. Lallemand et Perrin, continue pendant quelque temps à être éliminé par le rein. Or l’acide urique est, on le sait, insoluble dans l’alcool; il n’y a rien alors d’extraordinaire à ce qu’il apparaisse dans ces urines , sous forme de dépôt, au lieu d’y rester en dissolution.
Comme l’urée, l’acide urique existe dans le sang. Stahl et Lieberkuhn l’y ont rencontré à l’état physiologique ; Garrod 1 y a trouvé à l’état pathologique, dans de grandes proportions. Comme pour l’urée, on a recherché quel pouvait être le point de départ de l'acide urique ; Sherer et Ranke, se fondant sur 1 augmentation de cet acide à la suite de fièvre intermittente, croient que c’est dans la rate qu’il se forme. Cloetta ne serait pas éloigné de croire que c’est dans le poumon qu’il se produit. Nous répéterons ce que nous avons déjà dit à propos le ! urée: c est qu il est actuellement impossible, en se basant sur les recherches récentes qui surtout ont eu pour but l’étude des combustions azotées ou non azotées, de leur assigner un siège déterminé, et nous serions porté à penser que, comme l’urée, l’acide urique peut se ‘produire aux dépens de toute substance azotée quel qu’en soit le siège, et qu’il peut résulter tantôt de la combustion d’une substance azotée hxe, faisant partie de l’économie, tantôt de la combustion ? Une substance azotée mobile, encore en circulation dans
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On n’est pas mieux renseigné relativement aux conditions qui en font varier les proportions : on ne sait pas quelles sont les causes qui tantôt permettent aux substances azotées d’arriver aux derniers degrés de la combustion, cà l’urée, qui d’autres fois au contraire limitent cette combustion à la production de l’acide urique.
Lorsqu’on vient à injecter de l’acide urique à des animaux on constate, ainsi que l’a fait M. Gallois, qu’il passe à un élat de combustion plus avancée, et qu’il donne comme produit de l’urée et de l’acide oxalique. Peut-être pourrait-on utiliser cette expérience et y chercher, à l’aide de procédés appropriés, le moyen de prévenir chez les goutteux les dépôts d’urates, en augmentant la combustion de l’acide urique en excès, en facilitant son passage à l’état d’acide oxalique, en créant en somme une diathèse oxalurique, dont nous aurons plus tard à examiner la genèse.
L’acide urique est remplacé chez les herbivores par un acide voisin, l’acide hippurique. Cet acide, découvert par Liebig, cristallise en prismes dièdres : il ne se rencontrerait chez l’homme qu’à l’état morbide (Boucliardat). Wallaehs toutefois le regarde comme s’y trouvant à l’état physiologique. 11 n’a été du reste que l’objet d’études peu importantes, et n’a, à notre point de vue, qu’un intérêt secondaire.
ülatièrcs organiques non azotées.
Les matières organiques non azotées que renferme l’urine physiologique et qui méritent de notre part une mention spéciale sont: 1°. la graisse ; 2° le sucre; 3° un acide, l'acide oxalique ; 4° le mucus.
Ces matières ne présentent à l’état physiologique qu’un médiocre intérêt. Elles ne sont jamais contenues dans l’urine qu’en de si faibles proportions, qu’on peut presque les regarder comme étrangères à sa constitution ; c’est ainsi que. nous envisageons l’apparition du sucre et de la graisse en excès.
La graisse s’y rencontre surtout à la suite des repas, lors de 1'jngestionde certains aliments. Elle s’y trouve à l’état molécu-