‹ Traité des maladies des reins et des altérations pathologiques de l’urineChapitre 4 sur 38 · MATIÈRES ORGANIQUES NON AZOTÉES · texte numérisé non relu

MATIÈRES ORGANIQUES NON AZOTÉES

luire, ainsique l'a signalé Lang, et ne présente dans saconstitut ion rien d’intéressan t à mentionner. Au moment de l’émission de l’urine seulement elle diminue la transparence de ce liquide. Lorsqu’on le laisse reposer, elle gagne les parties supérieures, et forme à sa surface une couche plus ou moins épaisse, qui, dans certains états morbides, est parfois assez considérable, et qu’on décrit sous le nom de cremor. Cette couche graisseuse, qui sera de notre part l’objet d’une étude spéciale, se dissout dans l’éther, qui rend à l’urine sa transparence normale.

Le sucre, comme la graisse, serait une des substances organiques qui toujours se rencontreraient dans l’urine. Cette assertion, soutenue par les uns, combattue par les autres, semble actuellement ne pouvoir plus donner lieu à conteste. Il résulte en effet des recherches de Brucke et Leconte que toute urine contient du sucre. Seulement elle n’en contient que des traces, 1 gr. au plus pour 1,000. Il résulte également de ces recherches que la constatation de ce sucre est impossible à l’aide des moyens généralement employés, lorsqu’il s’agit d’urines sucrées pathologiques et contenant du sucre en plus grande proportion , ou du moins renfermant plus de 1 gr. de sucre pour 1,000 gr. d’urine. Ainsi les procédés de Bareswili, Bernard, ne décèlent pas la faible proportion de sucre contenue dans l’urine physiologique. Le polarimètre luimême est insuffisant, et la fermentation ne donne que des résultats difficiles à constater. Il faut, pour arriver aux résultats de Brucke et Leconte, avoir recours à des manipulations qui sont du ressort de véritables chimistes, et dont l’exposé serait ici tout à fait déplacé.

Lne substance qui, comme le sucre, a été par quelques médecins regardée comme un des éléments constitutifs de l’urine physiologique, cest l’albumine. M. Gigon s’est fait le défenseur de celte idée, mais sans fournir à l’appui de son opinion de preuves suffisantes. Les auteurs qui ont repris ce thème sont arrivés à un résultat opposé, et il est actuellement asse* unanimement accepté que la présence de l’albumine dans burine constitue un fait pathologique. L’un d’eux même, Kulme, fait voir qu’il faut bien se garder de prendre pour de l’albumino la mucine qui parfois se trouve dans l’urine; car cette

URINES NORMALES

substance, qui présente avec l’albumine quelques caractèrescommuns, se comporte tout autrement avec la chaleur et l’acide nitrique.

L’acide oxalique, qui appartient au groupe des substances: non azotées et que Walshe a rencontré chez l’homme 28 fois sur 100, et chez la femme 33 fois sur 100, a été aussi considéré par quelques auteurs comme un des éléments constitutifs de burine normale. Pour d’autres, Golding Bird et Bence Jones, il ne serait que l’expression d’un état pathologique qu’ils décrivent sous le nom d’oxalurie. Nous aurons* plus tard à revenir sur cette question à propos de la lithiase i oxalique, et cà discuter la valeur de cette opinion. Ce qu’il y a de certain, c’est que chez l’homme l’acide oxalique se produit avec la plus grande facilité. On le voit apparaître dans burine, sous forme cristalline, à la suite de l’ingestion de certains végétaux : oseille, tomates (Morichini); chez les animaux herbivores il constitue un des éléments fixes de burine.

' Lorsqu’on l’injecte en petite quantité, il est brûlé et fournit de beau et de l’acide carbonique; lorsqu’on l’injecte en excès, il devient toxique (Bucheim et Protrowsky).

Matières inorganiques.

Les matières inorganiques qui dans burine ne représentent guère que le quart des matières solides sont des chlo- < rures, des phosphates et des sulfates.

Le chlorure de sodium se trouve dans burine de l’homme en notables proportions. 11 est sécrété journellement par burine à la dose moyenne de 8 à 10 grammes. Le chlorure de potassium n’y est qu’en faible proportion.

Le chlorure de sodium est très-soluble dans beau chaude ; mais il se dépose par le refroidissement, sous forme cristalline.

Chlorures. — Les chlorures viennent surtout de l’alimentation et sont influencés manifestement par les variations qu’on lui imprime (Lehman). Au bout de cinq jours d’abstinence, an n en trouve presque plus de traces ; c’est ce qui explique en partie leur disparition, avec la diète qu’on impose aux malades

Page 1