DÉGÉNÉRESCENCES R É N A L E S
n’est en effet aucune de ces hémorrhagies qui ne s’accompagne d’une altération plus ou moins prononcée de l’urine, tandis que dans l’hématurie carcinomateuse, la présence du sang en constitue le plus souvent la seule altération.
Pronostic. — La terminaison du cancer du rein est dans tous les cas, quelle qu’en soit la forme, quelle qu’en soit la rapidité d’évolution, toujours fatale. L’issue en est toutefois au moins trois fois moins rapide chez l’adulte que chez l’enfant.
Pour quelques auteurs, l’hématurie en précipite la marche. Roberts ne partage en rien cette opinion, et il pense que le cancer avec hématurie se prolonge aussi longtemps que le cancer sans hématurie.
Pathogénie. - On s’est demandé quel était le point de départ du cancer du rein, et l’on doit avouer que la question est loin d’èlre résolue. Les uns, en effet, le placent dans l’épithélium des canalicules urinifères (Waldeyer, Klebs, Rindfleisch et Knoll) ; les autres dans une hyperplasie spéciale des cellules plasmatiques du tissu conjonctif (Morel, Corail et Ranvier, Johnson).
Nous n’hésitons pas à nous ranger à la dernière de ces opinions, à regarder comme cause du cancer primitif l’hyperplasie spéciale des cellules plasmatiques, et cela pour plusieurs raisons. D’abord les masses cancéreuses sont loin de se présenter toujours à l’état lobulé, comme le veut Rindfleisch; le plus souvent elles sont constituées par des noyaux épars qui ne rappellent qu’incompléternent' la lobulisalion rénale. D’un autre côté, l’hyperplasie cancéreuse interstitielle ne s’oppose nullement à ce qu’on retrouve au milieu des éléments nouveaux des traces de canalicules urinifères en voie d’atrophie. Enfin cette opinion qui rapporte le point de départ du cancer à l’hvperplasie des cellules plasmatiques du tissu connectif
intercanaliculaire est plus en rapport avec les découvertes nouvelles ayant trait aux néoplasies (Cohnheim).
Traitement. — Le traitement dirigé contre cette affection ne peut être que palliatif.
On combattra la douleur par des bains tiédes, par des applications émollientes sur le point qui en est le siège.
Lorsque l’hématurie est abondante, on devra chercher à en diminuer l’intensité, en plaçant de la glace sur la tumeur, en faisant prendre au malade des médicaments astringents. Les auteurs anglais prescrivent en outre des lotions d’acétate de plomb, mais ils n’interviennent que lorsque l’hémorrhagie est considérable, se gardant bien de la combattre lorsqu’elle est légère, cette hémorrhagie pouvant être, à leur avis, d’une certaine utilité pour le malade.
11 faudra en outre remédier aux accidents qui peuvent résulter de la coagulation du sang dans la vessie ou dans l’urèthre, en ayant recours au cathétérisme, à des injections d’eau tiède dans la vessie.
Cette médication symptomatique devra être complétée, surtout à la fin de la maladie, s’il existe de l’insomnie, par des préparations opiacées ou chloroformées.