‹ Traité des maladies des reins et des altérations pathologiques de l’urineChapitre 32 sur 38 · D K ( ; K N K I *V K SC K NUES 1 1 K N .VUES · texte numérisé non relu

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aux opiacés; on proscrira parfois des bains émollients.

La pyélite consécutive, manifestation si fréquente des tubercules primitifs du rein ou de ses conduits, ne réclamera pas d’autre traitement que celui de la pyélite chronique en général.

B. Entozoaires.

Il n'est pas d’organe qui ne soit susceptible cle servir au développement des entozoaires. Lerein n’échappepoint à cette règle générale. Les entozoaires du rein sont môme assez nombreux. On y rencontre des vers vésiculaires (cestoides) ou filiformes (nématodes), des trématodes, sans compter les bactéries dont nous avons déjà parlé et qui donnent lieu à une variété de néphrite suppurative.

Ils n’apparaissent pas indistinctement dans toutes les parties des reins. Il en est qui affectionnent le parenchvme lui-même. Tels sont le cyslicerque celluleux de Leuckart, le pentastome de Wagner et l’échinocoque. Il en est d’autres qui n’habitent que le bassinet ou l’uretère comme le slrongle, le spiroptère etle dactylius aculeatus. Il en est un enfin, le distome hématobo, qui des veines rénales peut passer dans le bassinet et dans les uretères. Mais de tous ces entozoaires ceux qui se montrent le plus souvent sont l’échinocoque en Europe et le distome en Afrique. Ces deux espèces cl’entozoaires seront de notre part l’objet d’une élude spéciale. Nous décrirons également , quoique plus succinctement, le strongle qui est I beaucoup plus rare.

Les autres nous paraissent sans intérêt : tel est le cysli- ■ cerque celluleux qui ne se montre qu’cxceptionnellemenl dans le rein; tel est encore le pentastome dont l’existence comme entozoaire du rein ne repose que sur une seule observation, celle de Wagner.

Quanta l’existence du spiroptère et du dactylius aculeatus, elle est fort problématique. Les recherches ré-

centes n’ont pas confirmé les observations de Barnetl, de Lawrence et de Curling. Aussi trouvera-t-on bon que nous nous dispensions d’en parler.

KYSTE HYDATIQUE.

L echinocoque ou plutôt son embryon, dans le rein, comme dans toutautre organe qui lui sert d’habitat, donne lieu au développement d’un kyste parasitaire qu’on a décrit sous le nom de kyste acéphalocyste (Rayer, Lacnnec) et qu’on désigne actuellement sous le nom de kyste hydatique.

Étiologie. — - La cause déterminante du kyste hydatique est probablement unique. 11 semble dû seulement à l’apparition dans l’économie d’un embryon du ténia du chien. Mais en dehors de cette cause déterminante, il existe de nombreuses causes prédisposantes qui tiennent à l’àge, au sexe, à l'hygiène, au climat et que nous allons rapidement passer en revue.

L’àge parait agir comme cause prédisposante, c’est de 20 à 40 ans que se montre le plus habituellement le kyste hydatique du rein. Il peut, quoique très-rarement, se rencontrer toutefois aux extrêmes de la vie. On l’a vu chez des enfants de 4 ans, chez des vieillards de 75 ans, mais il n’y est qu’exceptionnel. Sa fréquence est un peu moins grande chez la femme que chez l’homme, puisque sur une statistique de 49 cas de kystes hydatiques, on en trouve 29 portant sur l’homme et 20 seulement sur la femme.

Il est certaines autres influences qu’on a signalées comme causes de kystes hydatiques, et qu’il est assez difficile de s’expliquer. Tout au plus pourrait-on admettre qu’elles agissent en épuisant l’économie et en la rendant plus apte à faciliter le développement d’embryons ingérés. Tels sont les chagrins, telle est l’alimentation

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insuffisante ou bien une exposition au froid et à l’humidité. Peut-être certaines de ces influences en localisant leur action vers tel ou tel organe créent-elles des conditions favorables à ce développement. Ainsi Rayer a cru pouvoir rapporter le point de départ de certains kystes hydatiques du rein à des chutes , à des contusions portant sur la région lombaire.

Ces kystes, qui sont rares en Amérique, dans l’Inde, sont plus fréquents en France, en Angleterre et en Allemagne. Mais cette rareté relative est probablement étrangère au climat et ne tient sans doute qu’à ce que dans ces pays la cohabitation de l’homme avec le chien est moins intime qu’en Angleterre, en France et en Allemagne.

Anatomie pathologique. — Les kystes hydatiques des reins, comparés à ceux de certains autres organes, sont relativement assez rares. Sur 238 cas de kystes hydatiques réunis par Davaine, cet auteur en trouva 166 qui siégeaient dans le foie, 42 dans le poumon et 30 dans les reins. Le rein n’arrive donc qu’en troisième ligne.

Le kyste hydatique rénal est ordinairement plus fréquent à gauche qu’à droite. Sur 37 cas de kystes hydatiques, 23 ont été trouvés dans le rein gauche. C’est le plus souvent aux dépens de l’une des extrémités qu’ils se développent. Ils semblent naître dans la substance corticale, mais il n’est à cet égard rien de parfaitement établi, attendu qu’à l’autopsie on ne peut guère observer que des kystes très-considérables qui intéressent autant la substance médullaire que la substance corticale.

Le kyste hydatique du rein ne présente rien de spécial à signaler ni dans la structure de ses parois ni dans les caractères des échinocoques contenus dans la poche hydatique; aussi ne nous attarderons-nous pas à en donner une description superflue. Il n’en est pas de même du liquide au milieu duquel plongent les vésicules filles

ou les échinocoqucs. Il doit à la nature de l’organe quelques modifications de constitution dignes d’être men tionnées.

La quantité de liquide varie avec le volume du kyste, qui parfois peut en contenir plusieurs litres. Ce liquide ne renferme aucun élément morphologique ; il ne se coagule ni par la chaleur ni par les acides. L’analyse en a été faite par bon nombre d’auteurs, qui sont unanimes à reconnaître que dans tous les cas il renferme d’énormes proportions de chlorure de sodium. Ce sel n’est pas toutefois le seul qu’on y rencontre.

Ainsi Bœdeker a trouvé pour 100 grammes de liquide 1,08 de tartrale de soude et de potasse, 0,52 de chlorure de sodium, 98,40 d’eau. Barker y a rencontré, et c’est là ce qui le distingue du liquide des autres kystes hydatiques, de l’acide urique, de l’oxalale de chaux et du phosphate de soude; Queket du phosphate ammoniacomagnésien cristallisé. Enfin Lucke et Heintz y ont constaté l’existence du sucre de raisin. On comprend très-bien la pénétration de ces différentes substances de l’urine dans ces kystes lorsqu’on se rappelle la grande puissance de dialyse dont jouissent leurs parois, ainsi que l’a démontré l’expérience que Cruveilhier fil avec de l’encre.

Dans le rein, comme dans tout autre organe, le kyste hydatique passe successivement de la période d’état à la période de sénilité, qui coïncide avec l’altération et la résorption du liquide, la mort des écliinocoques et la régression graisseuse de ses parois. Nous ne décrirons pas les différentes phases anatomiques que parcourt le kyste hydatique à ces deux périodes de son développement. Nous ne pourrions que reproduire ce qui a trait à tout kyste de cette nature, quel qu’en soit le siège.

Lorsque le cours de son évolution est brusquement interrompu par certaines complications , telles que l’inflammation ou des ruptures, il se produit des

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altérations qu’il est important de connaître, et que nous indiquerons rapidement. Les ruptures peuvent survenir par le fait seul de la distension du kyste; elles peuvent n’ètre qu’une des conséquences de l’inflammation.

Lorsqu’il en est ainsi, on constate à l’autopsie que le liquide du kyste, au lieu d’être clair, transparent, est opalescent et même tout à fait purulent. Les vésicules ont perdu leur teinte habituelle, et les échinocoques sont morts. Les parois du kyste sont épaissies, l’injection en est considérable, et lorsque la mort n’a pas été trop rapide, ces parois peuvent avoir subi la dégénérescence graisseuse.

Les ruptures qui souvent accompagnent cette inflammation, mais qui peuvent exister sans elle, sont multiples et diverses.

C’est le plus souvent dans le bassinet que se fait la rupture. Sur 67 cas de kystes rompus, réunis par Béraud, Frerichs, Tomowiez, Zinkeissen, on en trouva 48 en communication par une ou plusieurs ouvertures avec le bassinet. Dans les autres cas, le liquide contenu dans le kyste s’était épanché dans le tube digestif, le plus souvent dans l’intestin (Pascal, Barthez) ou dans les bronches (Fiaux, Béraud). Le péritoine n’est que rarement en cause dans les faits de rupture de kystes hydatiques rénaux.

Ces ruptures sont précédées par la formation d’adhérences qui unissent le kyste et l’organe avec lequel doit s’établir la communication. Parfois les parois du kyste et celles de l’organe sont accolées si intimement, qu'il n’existe qu’une simple ouverture. Mais, d’autres fois, cette communication ne s’établit qu’à l’aide de fistules dont le trajet est souvent très-long. Il en est ainsi lorsque la perforation a le poumon pour siège (Fiaux, Béraud, Turner). Parfois même ces trajets (îstuleux sont multiples, comme dans le cas de Turner.

La rupture du kyste, au lieu d’être interne, peut se

MALADIES DES UEINS.

faire à la surface des téguments (Rayer, Davaine). On trouve alors clans les masses musculaires intéressées des restes plus ou moins bien conservés de vésicules hydatiques ou d’échinocoques.

A la suite de ces ruptures, le kyste s’affaissant, il n’est pas rare, à l’autopsie, de le trouver plus ou moins atrophié.

Avec les kystes hydatiques des reins se rencontrent souvent d’autres altérations qui portent, les unes sur le tissu rénal avoisinant, les autres sur des organes plus ou moins éloignés.

Le kyste hydatique peut donner lieu à une néphrite parenchymateuse ou interstitielle (suppurative ou hyperplasique), le plus souvent localisée à son pourtour. Paisible de son développement exagéré, le rein peut avoir complètement disparu et n’étre réduit qu’à une coque libreuse, l’autre rein s’étant hypertrophié.

On peut entin trouver d’autres kystes hydatiques en même temps dans le foie, dans la rate, dans le tissu cellulaire du bassin. On rencontrerait aussi fréquemment chez les individus atteints de kystes hydatiques du rein des calculs (Parmentier), des tubercules pulmonaires (Jenner, Baron, Rippault). Ces derniers auteurs, en se basant sur les faits de tubercules concomitants, ont même cherché à établir entre le kyste hydatique et la phthisie pulmonaire certains rapports de cause à effet que rien jusqu’à présent ne justifie.

Symptomatologie. — Le kyste hydatique du rein peut être méconnu pendant toute la durée de son existence : on ne le soupçonne que lorsque la tumeur qu’il forme acquiert un certain volume. Les symptômes qui le caractérisent sont la tuméfaction, au niveau de la région lombaire, d’une part, et d’autre part une sensation douloureuse plus ou moins nettement définie.

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La tumeur lombaire formée par le kyste hydatique du rein peut cire située plus ou moins haut. Elle peut avoisiner le foie ou la rate. Elle peut se manifester, au contraire, dans le bas de la région lombaire, ou vers le bassin. Cette différence de siège est en rapport avec le point de départ du kyste rénal, qui tantôt se développe aux dépens de l’extrémité supérieure du rein et tantôt aux dépens de son extrémité inférieure.

Au niveau de cette tumeur, la région lombaire est saillante, au lieu d'étre déprimée. Le flanc de ce côté, comparé à celui du côté opposé, est notablement élargi. Celle tumeur est globuleuse, molle, dépressible, élastique et manifestement fluctuante. La matité qui, en arrière, existe dans toute son étendue, se retrouve également sur le côté. Elle peut même se rencontrer en avant, si la tumeur est considérable, et lorsque le côlon, rejeté sur les côtés, ne la sépare pas de la paroi abdominale. La percussion fournit dans certains cas un signe pathognomonique, le frémissement hydatique.

La douleur que détermine le kyste hydatique est parfois assez obtuse. Elle peut ne consister qu’en un sentiment de pesanteur. Parfois il y a véritablement douleur , et lorsque la tuméfaction est nulle ou peu considérable, cette douleur peut être attribuée à un lumbago (Parker), à une affection hépatique (Evans). Celte douleur peut être très-vive. On l’a vue alors s’exaspérer par la pression, par la marche. Il arrive parfois que le malade ne peut supporter ses vêtements (Evans). Dans certains cas, cette douleur s’irradie sur le trajet de l’urèthre (Zenkeissen). L’urine est le plus souvent parfaitement normale. On n’y trouve d’albumine que lorsque le kyste s'est compliqué de néphrite parenchymateuse (Sievcking). Parfois elle contient du sang.

A ces symptômes caractéristiques de la période d’état succèdent au bout d’un temps plus ou moins long des

phénomènes qui varient suivant le mode de terminaison du kyste. Tantôt la tumeur s’affaisse peu à peu sans qu’apparaisse aucun autre trouble, sans qu’il se produise de rupture. On est alors en droit de supposer que la guérison survient par la sénilité du kyste. D’autres fois on voit la tumeur devenir plus sensible, en même temps que se manifestent des symptômes généraux plus ou moins graves. Il en est ainsi lorsque le kyste est pris d’inflammation.

Ces symptômes inflammatoires peuvent être suivis de rupture. Mais ils peuvent causer la mort sans la produire. D’un autre côté cette rupture, et c’est même le fait le plus habituel, peut arriver, ainsi que nous l’avons dit plus haut, sans avoir été précédée d’inflammation, le liquide est alors clair et transparent. Les symptômes qui l’accompagnent varient suivant l’organe que cette rupture met en communication avec le kyste; Souvent ils sont précédés d’une sensation de déchirure. La plus intéressante de ces perforations est sans contredit celle qui met en communication le kyste et le bassinet.

Avant d’arriver à l’extérieur, ces débris de vésicules ou d’échinocoques entraînés par l’urine déterminent certains accidents qui tiennent à la difficulté qu’ils ont à parcourir les conduits qu’ils traversent. Ces accidents peuvent durer 9 jours (Bence Jones), 24 heures (Tomowiez).

Après avoir persisté un certain temps, ils peuvent disparaître, pour se montrer de nouveau lorsque de nouvelles vésicules sont expulsées du kyste. Ce retour des douleurs peut avoir lieu au bout de quelques jours, de quelques mois. Dans le cas de Tomowiez, elles ne reparurent qu’au bout de trois ans. Parfois elles se reproduisent chaque année à la même époque. Dans un cas de Vigla, elles apparaissaient en janvier.

Le nombre des vésicules rendues par l’urèthre est excessivement variable. Parker vit un malade en rendre

70 à 80 clans l’espace d’un an. Evans en put compter chez un autre plusieurs centaines. Dans un cas qui appartient à Weilenkampf, le malade expulsait à chacune de scs attaques de 50 à 60 vésicules.

En même temps que se produit la rupture, on remarque que la tumeur formée au niveau de la région lombaire s'affaisse et que cet affaissement est en rapport avec la quantité du liquide expulsé. La rupture faite, l’avenir du kyste est très-variable. D’abord la perforation peut s’obturer et le kyste se reproduire, c’est ainsi qu’on doit expliquer l’apparition intermittente de ces vésicules hydatiques dans l’urine, comme l’ont observé certains auteurs et comme nous avons eu nous-mème l’occasion do le constater chez un de nos malades. Le kyste reproduit peut s’ouvrir vers un autre organe, il peut mémo exister deux perforations qui le mettent en communication en même temps avec le bassinet et l’intestin, ou avec le bassinet et les bronches, avec la peau.

Le kyste perforé peut d’autre part s’affaisser et guérir, c'est ce qui se passe fréquemment lorsque la rupture se fait dans le bassinet. Il peut enfin s’enflammer et devenir la cause d’un marasme qui entraîne plus ou moins rapidement la mort du malade.

Diagnostic. — Déjcà nous avons fait en partie le diagnostic du kyste hydatique à propos de l’hydronéphrose, aussi nous contenterons-nous en ce moment d’attirer l’attention sur certains signes qui sont, à ce point de vue, d’une valeur capitale.

Lorsqu’il existe', en effet, quelque doute sur la nature de la tumeur rénale, il faut se rappeler l’utilité qu’on peut retirer de la ponction faite à l’aide d’un trocart capillaire. La constitution toute particulière du liquide que fournit la ponction lorsqu’il s’agit de kyste hydatique lèvera tous les doutes.

Les résultats ne sont insuffisants que lorsqu’on agit

sur un kyste enflammé, car ce liquide peut alors contenir de l’albumine; mais ici encore on a des chances de trouver des débris d’échinocoques, tels que des crochets, qui dissipent toute hésitation.

Au même point de vue que la ponction, doit être utilisée la rupture delà tumeur et par suite la sortie des vésicules ou des échinocoques, qui peut avoir lieu par différents organes ; mais on est dans la nécessité de se demander si ces vésicules ou échinocoques viennent bien réellement d’un kyste rénal. On n’a alors pour trancher la question que l’existence d’une tumeur qui, bien et dûment constatée au niveau de la région lombaire, s’est affaissée au moment de la rupture.

Pronostic. — Sans avoir la gravité du kyste hydatique du foie, le kyste hydatique du rein n’est pas sans danger. Les ruptures qui se produisent souvent peuvent être suivies d’une mort parfois rapide. Il peut aussi devenir le siège d’une inflammation entraînant lentement et sûrement la mort du malade.

Pathogénie. — Il est actuellement avéré que les kystes hydatiques sont dus au développement, dans les organes qui en sont le siège, de l’embryon d’un ténia. Ce ténia, ainsi qu’il paraît démontré, ne serait autre que le ténia du chien.

Pour que se montrent ces kystes, il faut do toute nécessité que cet embryon pénètre jusqu’à ces organes. Celle introduction se fait par l’intermédiaire du tube digestif. Pour quelques auteurs il serait nécessaire que cet embryon arrivât tout formé; pour d’autres il suffirait qu’aux aliments ingérés fussent mélangés des œufs de ténia. Ces œufs seraient susceptibles de passer à l’état d’embryon dans le tube digestif lui-même. Quoi qu’il en soit, c’est à l’état embryonnaire et sous forme d’une vésicule armée de six crochets que le ver vésiculaire qui doit donner

naissance au kyste hydatique passe de l'intestin dans le sang. Charriés par le sang, ces embryons à l’aide des crochets dont ils sont pourvus se Fixent dans tel ou tel des organes qu’ils traversent, et là donnent naissance en se développant à une poche; celte poche n’est autre que le kyste hydatique, c’est dans l’intérieur de celte poche ou vésicule mère que se développent les vésicules Filles et les échinocoques et que se forme le liquide.

Traitement. — Le traitement conseillé contre le kyste hydatique du rein est médical ou chirurgical. Le traitement médical consiste dans l’usage de médicaments destinés à tuer l’échinocoque, comme la térébenthine (Roberts) et l’iodure de potassium (Babington).

L’électricité que conseille Michon n’a pas d’autre but. Mais ce traitement ne doit inspirer qu’une médiocre conFiance. Toutefois il est bon d’y avoir recours, ne serait-ce que pour occuper l’esprit du malade, attendu que ce qu’on peut faire de mieux, sauf indication spéciale, c’est de tarder le plus longtemps possible à employer le traitement chirurgical. On a en effet des chances de voir le kyste se rompre dans le bassinet, et cette rupture est presque toujours suivie de guérison.

On ne doit intervenir chirurgicalement que lorsque le kyste menace de s’ouvrir dans le péritoine ou lorsqu’il gène mécaniquement les fonctions digestives ou respiratoires. On ouvrira encore le kyste s’il vient à s’enflammer. Dans ce dernier cas il n’y a pas à hésiter, il faut avoir recours à l'incision, qu’on pratiquera en arrière, et seulement en avant s’il y a nécessité. Si l’on fait l’incision en avant il faut au préalable, comme pour le kyste du foie et suivant le même procédé, faire naître des adhérences péritonéales.

L’incision faite, il faut à l’aide d’injection faciliter la sortie des vésicules et des échinocoques. On pourra, pour

amener la rétraction de la poche, employer utilement ensuite des solutions astringentes.

Dans le premier cas, la ponction est suffisante, et cette ponction, il tant la faire à l’aide d’un trocart capillaire, et suivant le principe do Murchison. Voici, suivant cet auteur, quel est le mode d’action des ponctions. L’échinocoque ne vit, et par suite le kyste hydatique ne persiste qu’à la condition de contenir une quantité de liquide suffisante à l’existence de lechinocoque. Si ce liquide vient à diminuer l’échinocoque meurt et le kyste entre en voie de guérison. Mais pour que ce liquide devienne insuffisant et ne se reproduise pas il ne s’agit pas de ponctionner toute espèce de kyste. Il faut opérer sur un kyste qui soit encore opte à revenir sur lui-même ; or, pour qu’il en soit ainsi, il faut d’une part, no pas attendre qu’il soit trop volumineux et que ses parois aient par suite de la distension perdu leur élasticité ; il faut, d’autre part, ne pas opérer de kystes qui soient devenus douloureux, qui se soient enflammés, l’inflammation faisant également perdre aux parois kystiques leur force de rétraction ou leur créant des adhérences.

Lorsque au bout de quelques ponctions on voit le kyste reparaître et atteindre un volume presque aussi considérable que celui qu’il présentait avant les ponctions, on doit laisser de côté ce procédé chirurgical et recourir à l’incision

STHONGLE.

Le strongle, très-fréquent chez les animaux, est beaucoup plus rare chez l’homme. Suivant Rudolphi et Brernser, il n’en existerait même que cinq observations parfaitement authentiques dont la plus ancienne, celle de Ruysch, remonterait au xvne siècle. Il est même des auteurs plus difficiles à convaincre, qui pensent qu’on no doit ajouter de créance qu’à trois de ces observations,

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à celles de Ruysch, de Blasius et d’Aubinais. Davaine croit qu’on peut en accepter sept. Il en existerait, suivant Roberts un magnifique spécimen dans le musée du collège des chirurgiens de Londres.

Le strongle géant est un ver cylindrique enroulé sur lui-même et présentant chez le mâle et la femelle des longueurs differentes. Le mâle est plus petit.

Ces vers se rencontrent parfois à l’état isolé dans le bassinet. Ils y sont d’autres fois réunis en nombre plus ou moins grand. On en a trouvé jusqu’à huit à la fois. C’est la femelle fécondée qu’on rencontre isolément (Leuckart). En séjournant dans le bassinet ils entrainent.des désordres qui portent, et sur les conduits urinaires eL sur le rein, et qui ne sont autres que ceux qui se lient à la présence de tout corps étranger. Ces désordres tiennent au développement d’une pyélite ou d’une néphrite, le plus souvent interstitielle. Parfois, le bassinet s’ulcère, il en résulte des cicatrices qui, obturant la lumière des uretères, permettent à l'urine de dilater cette cavité. On peut alors constater l’existence d’une tumeur lombaire plus ou moins considérable, et dans certains cas chez des personnes amaigries, comme celle dont Aubinais rapporte l’observation, on pourrait reconnaître, à l’aide de la palpation, à travers les parois abdominales, au niveau de cette tumeur, les mouvements du ver ou des vers quelle contient.

Comme le strongle géant n’atteint habituellement qu’un seul rein, il n’est pas rare de voir l’autre rein s’hypertrophier. Delà une hypersécrétion qui compense les troubles sécrétoires du rein malade. L’urine par ce fait ne semble donc pas diminuée; mais lorsque l’iirelère du côté malade n’est pas obstrué, on la trouve mélangée de pus, de sang, et l’on peut y rencontrer des œufs de strongle, qui seuls permettent de reconnaître la nature de la pyélite.

Le traitement ne consistera le plus souvent que dans

le traitement de la pyélite. Si l’on soupçonne toutefois la présence du ver, on pourra conseiller, comme pour le kyste hydatique, la térébenthine, l’iodure de potassium et le sel de nitre.

DISTOME.

Le distome hémalobc ou Bilharzia hematobia (Cobbold) ne se rencontre dans les conduits urinaires qu’à l’état d’œuf. On ne l’y trouve jamais à l’élat d’embryon (Harley). Il habite la veine rénale et ses ramifications. Il existe du reste dans presque tous les affluents de . la veine porte, aussi détermine-t-il vers l’intestin des accidents qui souvent coïncident avec les troubles rénaux. Ce ver est à sexe distinct et mesure de «3 à 4 lignes de longueur. Il est si commun en Égypte, que Griesinger l’a trouvé 117 fois sur 363 autopsies qu’il fit.

Dans les veines d’un certain calibre, le distonie no donne lieu à aucun accident ; mais lorsqu’il vient à s’engager dans les petits vaisseaux de la muqueuse des bassinets, il en résulte une pyélite plus ou moins intense, ou une hydronéphrose. Ce seraitàla fréquence de ce parasite en Egypte qu’il faudrait, selon quelques auteurs, attribuer la fréquence des calculs chez les indigènes.

Ces trouldes urinaires ne sont peut-être pas les seuls que le distome soit apte à produire. Griesinger s’est demandé si la présence de ce parasite dans les organes uropoétiques n’était pas la cause de l’hématurie dite endémique. Les travaux de Ilarley et de Roberts semblent en partie venir confirmer cette manière de voir.

Griesinger croit que le dislome peut donner lieu en outre à d’autres accidents locaux. Ainsi, il lui est arrivé de voir parfois coïncider avec les troubles urinaires des diarrhées de forme dyssentérique, et il n’hésite pas à en attribuer la cause au distome. A l’autopsie, du reste, il trouvait ces parasites dans les veines de l’intestin.

DEGENERESCENCES ltE N A LES.

Les accidents généraux que peut produire le clislome sont de nature diverse. Tantôt ils sont dus à l’urémie. D’autres fois, ils ressemblent à s’y méprendre aux troubles que détermine la fièvre typhoïde. Dans certains cas, ils rappellent ceux de la pyémie ou de la septicémie. Griesinger pense que ces troubles sont dus à la décomposition et à la mort du distome dont les débris seraient transportés par la circulation dans toutes lés parties du corps. Ce qui pourrait donner quelque créance à cette manière de voir, c’est que dans l’un de ces cas il retrouva des écailles d’œufs de distome dans le ventricule gauche du cœur.

Dans bon nombre de cas, du reste, lors même que les accidents ne se produisent pas, on voit peu à peu l’économie s’affaiblir, et la mort survenir lentement.

Le distome pénètre probablement dans l’économie avec les boissons à travers la muqueuse de l’estomac à l’état de ver, d’embryon ou d’œuf ; Harley ne voit rien d'impossible à ce qu’il y pénètre par les ulcères que présente si souvent la peau.

Le traitement curatif est assez mal déterminé. Ilarley, toutefois, conseille l’usage de la térébenthine, de la fougère mâle et du chloroforme sous forme de mixture. 11 se base pour faire cette dernière prescription sur un fait d’observation. lia remarqué, en effet, que ce médicament donné à un malade atteint de distome provoquait chaque matin l’expulsion par les urines d’une grande quantité d’œufs. Il faut en outre penser que les œufs de distome constituent souvent une cause de lithiase urique ou oxalique, et recommander aux malades l’usage des eaux alcalines.

MALADIES DES UE1NS

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