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DES ALTÉRATIONS P AT HO LOGIQUES DE L’URINE

DES URINES PATHOLOGIQUES

De tout temps on comprit Futilité qu’il pouvait y avoir à connaître les modifications survenues, sous l’influence de telle ou telle maladie, dans la constitution de l’urine. Cette étude, au début, fut d’abord très^restreinte et en rapport avec le peu d’étendue des connaissances chimiques. Ainsi Hippocrate se contente d’attirer l’attention sur les altérations que subissent tantôt l’odeur de l’urine, et tantôt sa coloration ; et de signaler les changements qu’impriment à l’urine la nature des aliments et la quantité des boissons.

Galien fait voir qu’avec l'âge des maladies, avec leur gravité, les urines sont claires ou épaisses ; de là, la division des urines en urines crues, et en urines cuites ou critiques, division qui pendant des siècles subsista dans la science, et qui marcha de pair avec la doctrine des crises.

MALADIES DES DEINS

Dès 1522, Actuarius chercha cà introduire un peu plus de précision dans l’élude des urines morbides ; il émit l’opinion que l’urine devait être étudiée par couches; il entrevoyait ainsi l’existence des pellicules qui se forment à la surface du liquide urinaire, des nuages qui en obscurcissent plus ou moins la transparence, des sédiments qui se déposent au fond du vase ; mais il 11e signala guère que les sédiments, dont il s’efforça de préciser la nature. 11 appela de plus l’attention des médecins sur la valeur diagnostique et pronostique de certaines colorations anormales de l’urine.

Plus tard Bellini chercha à prouver que toutes les modifications survenues dans les caractères xle l’urine tiennent à la diminution dans les principes aqueux de l’urine; pour ce faire, il condensa l’urine par la chaleur, et il ht voir ensuite que pour lui rendre ses caractères normaux, sa coloration jaune pâle, son odeur peu prononcée, il suffisait de lui restituer l’eau que lui avait enlevée l’évaporation.

Ces déductions pathologiques, toutes fondées sur les caractères physiques de l’urine, ne pouvaient être, en somme, que très-problématiques et très-restreintes ; pour qu’elles prissent une réelle importance, il fallait pouvoir leur donner une extension plus considérable et une base plus sûre. Pour arriver à ce but, il n’y avait qu’une marche à suivre: étudier la constitution chimique de l’urine. C’est en effet à partir du moment où l’on en découvrit les éléments constitutifs, qu’on put se livrer à une étude clinique vraiment lruclueuse de ce liquide ; c’est à partir de ce moment qu’on put faire servir au diagnostic et au pronostic des maladies les résultats fournis par cette étude.

La découverte de ces différents éléments se ht lentement, et ne lut pas 1 œuvre d’un seul homme : ainsi Kenckel découvrit le phosphore, Rouelle l’urée, Scheele l’acide urique, Bergman 1 acide oxalique. Ces découvertes peu à

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peu so complétèrent, par les travaux de Liebig, Fourcroy, Proust, Berzélius etMarcetsur les sels de l’urine; par ceux de Christison , Grégory , Guibourt , Rayer, Shottin , Parkes et Picard sur l’urée. Puis vinrent les recherches de Relier, Schunck et Thudycum sur les matières colorantes de l’urine ; celles de Stœdler sur les matières odorantes.

Mais ces recherches ne furent pas seules cà attirer l’attention des médecins. On comprit, et cela dès les temps les plus reculés, que l’urine pouvait subir des altérations par son mélange avec des substances qui, à l’état physiologique, ne s’y rencontrent pas; ainsi, dans Hippocrate, on voit mentionnée l’altération de l’urine par la présence du pus et du sang. Ce médecin signale la gravité des urines noires, qui ne sont assurément que des urines sanglantes.

Avicenne parle de la coloration des urines par la présence accidentelle de substances médicamenteuses.

Plus tard, en 1776, W illis découvre le sucre dans l’urine ; Contugno et Chruicksank y rencontrent l’albumine ; Berzélius la biliverdine chez les ictériques.

Puis vinrent les travaux de Petentkofer sur les acides biliaires qui, dans certains cas, apparaissent dans l’urine ; ceux de Schultze, Stœdler et Frerichsqui constatèrent l’altération de l’urine par l’acide lactique, par la leucine et la tyrosine.

Leuwenhoecke , en appliquant le microscope à l’étude de l’urine, vint confirmer les découvertes antérieures et démontra les globules du pus et du sang dans les urines purulentes et sanglantes. Cette innovation prépara la voie a des découvertes nouvelles, qui devaient être inaugurées parHenlet. C est en eftet ce médecin qui mentionna le premier 1 apparition dans 1 urine de cylindres d’espèce variée, et qui en lit une des manifestations pathognomoniques des néphrites parenchymateuses. Axyl-Key cou-

tinua, ainsi que d’autres, ces études qui devaient permettre de suivre pas à pas la marche de ces néphrites caractérisées par des cylindres dont la nature change avec l’âge de la maladie.

. Comme on le voit, l’élude de l’urine a de tout temps été faite à un double point de vue : tantôt on a eu pour but de constater les changements dus aux modifications survenues dans les caractères physiques de l’urine, ou à l’altération quantitative des principes constitutifs de l’urine tantôt on étudia les altérations qu’imprime à l’urine l’introduction, dans ce liquide, de principes étrangers à sa constitution. De là deux espèces d’altérations urinaires : 1° des altérations qualitatives et quantitatives; 2° des altérations par introduction de substances étrangères à sa constitution ; nous les étudierons successivement à ce double point de vue.

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