TABLEAU
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Extrait des- Tables de Haughton. — Media
DES URINES PATHOLOGIQUES
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v and Gaz., 27 octobre 1804.
Acide urique. — Le dosage de l’acide urique peut se faire «à l’aide du permanganate de potasse. Ce dosage est basé sur la propriété qu'a le permanganate de potasse de céder facilement à un corps oxydable l’oxygène qui entre dans sa constitution. En perdant son oxygène, le permanganate se décolore et passe du violet magenta au blanc sale. Pour faciliter l’oxydation de l’acide urique on peut, au préalable, chauffer légèrement le liquide en expérimentation. On y laisse tomber goutte à goutte la solution de permanganate, et l’on ne s’arrête que lorsque la décoloration cesse; l’acide urique est alors entièrement brûlé. L’on peut, connaissant la quantité de permanganate employé et son pouvoir d’oxydation relatif à l’acide urique, en déduire la proportion d’acide urique recherchée. Voici du reste comment on procède :
On prend une. quantité connue d’urine, on la met dans un vase, un matras par exemple, que l’on remplit incomplètement. On ajoute à ce liquide quelques cent, cubes d’acide chlorhydrique destiné à précipiter de ses combinaisons l’acide urique qu’il contient. On laisse le liquide ainsi préparé reposer huit à dix heures, une nuit. Le lendemain les cristaux d’acide urique parsèment les parois du vase. On décante ce liquide, et l'on ne garde que les parties en contact avec l’acide urique, c’est-àdire celles qui se trouvent dans le fond du vase. On ajoute ensuite successivement à ce liquide de la potasse en proportions indéterminées, puis de l’acide sulfurique. 11 se forme alors successivement de l’urate de potasse que décompose l’acide sulfurique ; l’acide urique déplacé est maintenu en dissolution, à l’aide d’une légère élévation de température. , C’est alors qu’on laisse tomber goutte à goutte, dans ce liquide, la solution de permanganate de potasse, dont on a chargé une burette de Molir. On agite de temps à autre, et l’on voit le permanganate se décolorer, au tur et à mesure qu’il Louche ce liquide ; mais il qr-
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rive un moment ou cesse la décoloration; c’est alors qu’il faut s’arrêter, on a brûlé tout l’acide urique du liquide. Cette solution depermanganatejouit d’un pouvoir oxydant dont on a, au préalable, déterminé l’énergie. On sait que chaque division de cette solution contenue dans la burette suffit pour oxyder tant de milligrammes d’acide urique. La quantité de milligrammes d’acide urique que renferme le liquide sera donc, en raison du nombre des divisions de permanganate de potasse, nécessaires à la réaction, c’est-à-dire à la combustion. Ce point acquis, on pourra facilement connaître le chiffre d’acide urique contenu par 1,000 grammes du liquide employé. Si par * exemple on n’a soumis à l'expérimentation que 100 grammes d'urine, contenant 5 centigrammes d’acide urique, il suffira, pour avoir la quanLité d’acide urique renfermée dans un litre, de multiplier ce résultat par dix. L’urine sécrétée dans les vingt-quatre heures étant connue d’autre part, il en résulte qu’on peut indiquer au juste la quantité d’acide urique que sécrète par jour le sujet dont l’urine est en expérimentation -c’est-à-dire qu’il en sécrète autant de fois 0,50 qu’il excrète de litres d’urine.
Ce dosage de l’acide urique à l’aide du permanganate de potasse est loin de donner des résultats aussi précis qu’on pourrait le croire. L’acide urique n’est pas en effet la seule substance capable de réduire le permanganate ; toutes les substances extractives partagent avec lui cette propriété, et, quelque précaution qu’on prenne, on est exposé de mettre à l’actif de l’acide urique des résultats qui lui sont tout à fait étrangers. Aussi est-il préférable, à notre avis, d’avoir recours à l’extraction de cet acide, lorsqu’on veut en connaître exactement la quantité que renferme un liquide.
On emploie d’ordinaire, pour arriver à ce but, l’acide acétique ou l’acide chlorhydrique, que l’on verse en excès dans une quantité d’urine connue; on laisse le mélange
pendant vingt-quatre heures au repos. L’acide urique se dépose en cristaux, au fond du vase et sur les parois ; le lendemain on filtre ce liquide; les cristaux retenus sur le filtre, séchés et pesés, indiquent la quantité d’acide urique contenue dans l’urine. W. Vernon Harcourt, après avoir démontré qu’en agissant ainsi on s’expose, lors même qu’on a concentré l’urine, à de nombreuses erreurs, propose un procédé qui lui aurait donné les résultats les plus satisfaisants : il commence par neutraliser le tiers ou le quart de l’urine rendue, employant à cet effet l’acide chlorhydrique quand elle est alcaline, le carbonate de potasse quand elle est acide; il réduit ce mélange à 45 grammes par l’évaporation ; il y ajoute ensuite 12 grammes d’acide chlorhydrique, 45 grammes d’alcool. Il filtre. Le dépôt qui reste sur le filtre , pesé au préalable, et qui rfest formé que d’acide urique, est lavé d’abord avec de l’alcool, puis avec un mélange, par parties égales, d’acide acétique et d’eau. Le filtre et l’acide urique sont ensuite séchés et pesés.
Chlorures. — C’est à l’aide des sels d’argent, et principalement du nitrate d’argent, qu’on arrive à doser les chlorures. Le procédé est basé sur la propriété qu’ont ces sels de former, au contact des chlorures, des chlorures d’argent insolubles. Quelques médecins pensent qu’on peut juger de l’abonclance des chlorures pac la hauteur du précipité qu’ils forment ; ce moyen, qui n’est nullement scientifique, est tout à fait insuffisant.
Il faut, pour arriver à un résultat exact, que le nitrate d’argent employé n’ait déterminé de précipité qu’en agissant sur les chlorures; il faut qu’on puisse être averti du moment où tout le chlore contenu dans l’urine est passé à l’état de sel d’argent , de manière à ne pas être exposé à rapporter à des chlorures d’argent des précipités d’autre nature, dus par exemple au phosphate d’argent,
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qui ne se forme que lorsqu’il n’exisle plus de chlore à décomposer dans l’urine. Pour arriver â ce but, on mélange au liquide cà expérimenter un sel moins impressionnable que les chlorures, mais plus facile à décomposer que les phosphates, au contact des sels d’argent. Le sel qu’on choisira de préférence devra fournir des réactions facilement appréciables ; le chromate de potasse remplit parfaitement toutes ces indications : c’est celui qu’on emploie. Les sels -d'argent qu’il forme sont d’un rouge brique intense ; aussi est-on facilement averti clü moment exact où commence à s’établir cette réaction nouvelle : tout le chlore est alors précipité, et les phosphates ne sont pas encore décomposés ; le précipité blanchâtre cailleboté, soluble dans l’ammoniaque appartient tout entier au chlorure d’argent.
Pour déterminer à l’aide de ces réactifs la quantité de chlorure contenu dans un liquide, voici comment on procède : on commence par prendre une quantité connue du liquide à expérimenter, soit par exemple 100 centim. cubes d’urine; on ajoute à ce liquide, avant de le soumettre à l’action du nitrate d’argent, une quantité plus ou moins considérable de chromate de potasse, quelques gouttes. Le liquide étant ainsi préparé, on y laisse tomber goutte à goutte, et d’une burette graduée, le nitrate d’argent qu’elle contient; on suit chacune de ces gouttes, qui, au contact du liquide urinaire, forme une masse blanchâtre qui constitue le précipité ; on agite le liquide de temps à autre, et l’on continue à laisser tomber le nitrate d’argent jusqu’à ce qu’on voie se former, dans le liquide, non plus un trouble blanchâtre, mais un précipité rouge brique. Ace moment, tous les chlorures que contenait ce liquide sont décomposés et ont été précipités à l’état de chlorure d’argent. La teinte rouge indique que, si l’on continuait à verser la solution de nitrate d’argent, il se formerait des sels nouveaux, des chromâtes d’abord, puis
des phosphates. On s’arrête donc, et l’on peut, en comptant sur les parois de la burette la quantité de nitrate d’argent employée, connaître la proportion de chlorures que renferment les '100 cent, cubes d’urine employée; car, ainsi qu’on a dû le déterminer auparavant, on sait que chaque division de la solution est capable de précipiter une quantité connue de chlorures, 5 centigrammes par exemple. Si l’on a été obligé d’employer 10 divisions de la burette, c’est que le liquide dont on faisait l’étude renfermait, pour 100 grammes, 0,50 de chlorure.
Phosphates. — On met à prolit, pour doser l’acide phosphorique ou les phosphates, la propriété que possèdent les sels d’urane, l’acétate entre autres, de former avec l’acide phosphorique un phosphate jaunâtre, insoluble dans l’eau. Pour rendre le précipité encore plus appréciable , quelques chimistes , comme Neubauer, conseillent d’ajouter un peu d’acétate de soude qui augmente l’insolubilité. On peut toutefois s’en dispenser, et peut-être avec raison, car cet acétate a l’inconvénient, ultérieurement, de nuire un peu à la netteté de réaction du ferrocyanure sur l’urane en excès. Il fallait que ce liquide, comme la solution d’acétate d’urane, n’eût- d’action que sur les phosphates ; il était nécessaire, en outre, qu’on pût connaître le moment où tous les phosphates sont décomposés. On est arrivé à tous ces desiderata. Mais, avant d’employer la solution d’acétate d’urane, il faut, comme pour les solutions de permanganate ou de nitrate d’argent employées au dosage de l’acide urique et des chlorures, connaître quelle est la puissance d’action de la solution qu’on emploie, c’est-à-dire qu’il faut la titrer, savoir que chaque division de solution d’urane employée précipite tant de phosphates.
Lorsqu’on veut doser les phosphates, on prend un chiffre connu d’urine, puis on laisse tomber goutte à
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goutte dans ce liquide la solution d’acétate d’urane titrée. Au contact de cet acétate, il se forme un précipité jaunâtre, visqueux, de phosphate d’urane. Le liquide urinaire prend une teinte jaunâtre uniforme ; aussi serait-il impossible de savoir, à première vue, quand il faut s’arrêter; on y arrive par le tâtonnement, se basant sur ce fait que lorsque le sel d’urane a précipité tous les phosphates, il reste à l’état de liberté dans le liquide urinaire, n’ayant pas d'action sur les autres composés. Pour reconnaître cet acétate d’urane en liberté, on se sert d’un de ses réactifs, le ferro-cyanure de potassium, et voici comment on l’emploie. Ue temps â autre on expérimente le liquide urinaire qu’on analyse ; on en porte une goutte sur une capsule blanche, et on la met en contact avec une goutte de ferro-cyanure. Si cette goutte, au contact du ferro-cyanure, reste incolore, c’est que tous les phosphates ne sont pas encore précipités, et l’on continue à laisser tomber la solution titrée d’acétate d’urane. On renouvelle de temps â autre cet essai, et quand on arrive â avoir sur la capsule une teinte rouge brun, on arrête l’expérience, cette teinte indiquant qu’il existe dans l’urine de l’acétate d’urane en excès , et que tous les phosphates ont été précipités. Si la teinte que donne cet essai est d’un brun très-foncé, c’est qu’on a de beaucoup dépassé la mesure. La quantité d’urane employée ne répond plus à la quantité de phosphate contenue dans le liquide, et l’on doit recommencer l’expérience. Si la teinte que donne la goutte du liquide urinaire au contact du ferro-cyanure est d’une intensité peu considérable, on peut s’arrêter, et le nombre des divisions d’acétate d’urane employées indiquera la quantité de phosphate, puisqu’on sait que chaque division correspond â un chiffre donné de phosphate. Il suffira, pour avoir la quantité des phosphates contenue dans l’urine, de multiplier ce chiffre par le nombre des divisions. Celle quantité de phosphate rc-
présentera une partie ou la totalité des phosphates rendus dans les 24 heures, suivant qu’on aura examiné à ce point de vue la somme ou seulement une partie des urines.
Sulfates. — Le dosage des sulfates, qu’on néglige assez volontiers dans l’analyse des urines, est cependant d’un véritable intérêt. Leur augmentation, comme celle des phosphates, dénote l’intensité du processus destructif qui préside à telle ou telle maladie. L’intensité de leur production paraît être en rapport direct avec certaines d’entre elles, qui, ainsi que nous l’avons vu, sont encore mal déterminées, et qu’il y a tout intérêt à préciser. Or, ce n’est qu’en renouvelant les dosages de cette substance, qu’en les multipliant, qu’on peut arriver à établir ces rapports ; on ne saurait donc les négliger plus longtemps.
Pour reconnaître la quantité .des sulfates contenus dans un liquide, on peut, lorsqu’on ne veut point avoir recours à l’extraction de cette substance, les doser, comme les phosphates, à l’aide d’un liquide titré. Le liquide titré dont on se sert, et dont on a au préalable mesuré le pouvoir de saturation, est une solution de chlorure de baryum. On sait que chaque division ou centimètre cube de la burette contenant cette solution est capable de précipiter tant d’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte. Pour activer cette précipitation, on opère à chaud. On met dans un vase ou malras la quantité d'urine qu’on veut examiner ; on la chauffe légèrement; puis on y laisse tomber goulle à goutte la solution de chlorure de baryum. Chacune de ces gouttes entraîne la formation d’un précipité qui augmente le trouble du liquide. Après l’avoir de nouveau chauffé, on le laisse un instant reposer; sous 1 influence de ce repos, le liquide s’éclaircit; on y laisse de nouveau tomber goutte à goutte de cette solution de liqueur titrée, et l’on ne s’arrête que lorsqu’il ne se forme plus de précipité. On connaît la capacité de saturation de
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a solution ; on sait le nombre de centimètres cubes qu’on ■n a employé, puisque chaque centimètre cube correspond . une division; on connaît d’autre part la quantité du li- ; unie mis en expérience, on peut facilement en déduire ee chiffre de l’acide sulfurique contenu dans ce liquide et, par une proportion facile à établir, celui de l’acide ulfunque que contient chaque litre d’urine.
Bien qu’on puisse en général, surtout à la longue, arrèsrà temps l’opération, c’est-à-dire ne laisser écouler -.ans le liquide que la quantité de solution nécessaire pour récipiter tous les sulfates , il arrive parfois qu’on n’a •oint atteint ce but ou qu’on est allé au delà; car à la fin • ke l’opération, le précipité que forment les gouttes de so- : ution en tombant dans l’urine est -peu intense. Pour aprécier l’exactitude de celte opération on se sert d’une olution de sulfate de soude, qui a pour propriété de préipiter la baryte des liquides qui la contiennent, à l’état 14e chlorure. On doit ne se servir pour cette épreuve que i 1 'une solution de sulfate de soude, dont on connaît égai eemcnt le pouvoir saturant, c’est-à-dire dont chaque ceni imètre cube précipite une certaine quantité de baryte.
Lorsqu’on veut savoir, à l’aide de cette solution, si la. uantité de baryte n’est pas en excès, on en prend une aaible quantité de l’urine expérimentée, et on y laisse
I omber quelques gouttes de solution de sulfate de soude. Pi le liquide reste clair, c’est que la baryte employée est
nsuffisante et qu’il existe encore de l’acide sulfurique à ■ aturer, ou bien c’est que la somme de baryte correspond xactement à l’acide sulfurique contenu dans l’urine. Pour apprécier quelle est celle de ces deux hypothèses que j. on doit accepter, il suffit de rejeter ce liquide dans le f aatras et de continuer l’expérience. Si, à la chute de
II outtes nouvelles de chlorure de baryum, il se forme un nouveau précipité, c’est que tout l’acide sulfurique n’avait nas été saturé. Si ces gouttes ne donnent aucun préci-
pité, c’est que l’opération était terminée et qu’on était arrivé à la limite de la baryte nécessaire pour saturer l’acide sulfurique du liquide.
Si au lieu de ne fournir aucun précipité le sulfate de soude ou liqueur d’essai blanchit le liquide expérimenté, c’est que l’on a laissé tomber dans ce liquide une trop grande quantité de la solution de baryte. Il reste alors de deux choses l’une à faire : ou bien on recommence complètement l’expérience, en suivant la marche que nous venons d’indiquer, renouvelant de temps à autre les essais que nous venons de décrire; ou bien on verse, goutte à goutte, le sulfate de soude jusqu’à ce qu’il ne produise plus de précipité. On a de cette manière saturé la baryte qu’on avait mise en excès, e.t il suffit de déduire cet excès delà totalité de la baryte employée, pour avoir le chiffre exact de la baryte nécessaire à la saturation de l’acide sulfurique qu’on cherche à déterminer.
/tllcrations de l’uriue par l’iiil roduction de substances étrangères à sa constitution.
Après avoir décrit les altérations de l’urine qui sont dues à des modifications quantitatives des substances qui s’y trouvent à l’état normal, nous arrivons à la deuxième classe des altérations de l’urine, à celles qui sont constituées par l’introduction clans ce liquide de substances étrangères à sa constitution. Ces substances sont d’espèces différentes : tantôt elles viennent de l’économie, comme l’albumine, le pus, le sang; tantôt elles se forment de toutes pièces dans le liquide urinaire, comme les champignons , les algues ; celte dernière variété d’urine pathologique existe rarement à l’état frais; elle a déjà été de notre part l’objet d’une mention qui nous permet de n en pas faire en ce moment une étude spéciale ; tantôt enfin elles viennent du dehors et, absorbées par Tintes-
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tin, par la peau ou par le poumon, elles ne font pour ainsi dire que traverser l’économie. C’est ici que se trouvent les altérations de l’urine caractérisées par la présence dans ce liquide de substances médicamenteuses ou toxiques. Ces altérations n’ont pour nous qu’un intérêt secondaire.
Les altérations de l’urine caractérisées par son mélange avec des substances étrangères à sa constitution •peuvent être rangées et décrites sous trois chefs :
A. — Des urines albuminuriques ;
B. Des urines sucrées ;