DE LA YALVL'LB MUSCLLAIRE DU COL DE LA VESSIE
Par une légère impulsion en avant, Tinstninient arrive au col de la vessie où il est arrêté par la valvule. On doit de nouveau abaisser lentement le pavillon du cathéter jusque entre les cuisses du malade en môme temps qu'on le pousse en avant : le talon de la courbure affaisse la valvule, passe par-dessus et pénètre dans la vessie. On Ty fait entrer jusqu'à 3 ou 6 centimètres de profondeur. On renverse la portion recourbée vers letrigone, et en maintenant la tige horizontale, on attire la portion recourbée contre la lèvre postérieure du col, contre laquelle on la tient solidement. Enfin on lui fait parcourir circulairement toute la surface de Torificc uréthro-vésical. Si dans ce mouvement de rotation le bec de l'instrument n*est pas arrêté, et si en tirant sur la lèvre inférieure du col il est fortement accroché, il ne reste plus de doute sur la nature de l'obstacle qui s'oppose à la sortie de Turine. La certitude est plus grande encore lorsqu'on établit les différences qui existent entre les sensations fournies par les tumeurs, la valvule prostatique et la valvule musculaire.
Ces différences seront décrites dans le cliapitre traitant des tumeurs prostatiques.
Lorsqu'on retire l'instrument, apri*s avoir relevé son bec, on doit su ivre attentivement sa sortie de la vessie ; en rentrant dans la portion membraneuse, il donne la sensation d'un échappement, dû à son passage brusque sur un obstacle qu'il abandonne subitement.
On voit donc que le cathéter explorateur de M. Mercier est le seul instrument qui puisse fournir les données nécessaires pour reconnaître la valvule musculaire du col de la vessie; et que les sondes ordinaires, les bougies de cire ou à empreintes, sont sans aucune valeur pour ce cas spécial.
Traitement, — Préparation du malade, — Ce traitement consiste tians la section de la valvule. Cette opération est rarement suivie d'accidents graves, à la condition d'y préparer convenablement le malade. On sait que les manœuvres exécutées dans les voies urinuires, et principalement au col de la vessie, ont souvent pour résultat des accès de fièvre violents et des hémofrhagies abondantes. Il est donc important de savoir s'il n'existe pas quelque prédisposition qui, favorisant l'un ou l'autre de ces accidents^ crée de sérieux embarras, l'opération étant terminée.
Pendant le traitement préparatoire, si on a remarqué que le malade est disposé aux accès de fièvre, il faut donner le sulfate de qui-*^ nine pendant les quelques jours qui précèdent l'opération.
Si le malade souffre de ténesmes du rectum ou de la vessie, on doit cherdier à les calmer par des lavements, petits et souvent renouvelés, par des bains de siège, par des boissons délayantes.
MALADIES DE L URÈrURE.
Il Cdt prudent que le malade ne fasse pas des efforts pour uriner, c'est en introduisant une sonde pour vider la vessie, qu'il évitera la reproduction de ces ténesmes qui disposent à riiémorrhagie. Lorsqu'il existe quelque cause d'bémorrhagie, M. Mercier conseille de faire prendre au malade, la veille de ropératioii^ de deux heures en deux heures, un quart de verre d'une infusion de quinquina contenant 2 ou 3 grammes d'acide sulfurique concentré par litre. Cependant cette préparation, utile contre l'hémorrhagie, augmente quelquefois l'irritation de la vessie (1).
Enlin^ le jour de l'opération, le malade doit prendre le matin un lavement pour vider le rectum, et après il prend un quart de lavement laudanisé, qui ne doit pas être rendu ; et pour que ce petit lavement ne soit pas expulsé, on vide d'abord la vessie avec une sonde.
Incision de la valvule musculaire, — L'incision de la valvule musculaire du col de la vessie, faite pour la première fois par M. Mercier, a, comme toutes les opérations nouvelles, passé par des phases diverses, et les différentes modifications vraiment utiles qui 1 ont fait admettre dans la pratique sont également dues à ce chirurgien.
Les premiers instruments ayant pour but l'excision datent de 1837 et 1838, et it en est fait mention dans les Bulletins de la Société anatomique de 1839. Depuis, ayant appliqué l'excision particulièrement aux valvules prostatiques, M. Mercier a employé rincistoo pour faire disparaître les valvules musculaires. Cette dernière opération a aussi été modifiée d'une manière si
heureuse, qu'elle est aujourd'hui une des manœuvres les plus précises qu'on exécute dans la profondeur des organes urinaires.
Inciseur à lame fixe (fig. 8). — Cet instrument, qui agit comme un bistouri, attaque la valvule par son bord libre; il la divise en avançant vers sa base. Dans l'épaisseur de la tige B, tout près de la 'courbure, il y a une lame A qu'on i>eut faire saillir à volonté de 2, U et même 6 millimètres (2), sans que la pointe de cette lame se dégage de la gaine qui la protège.
Après l'avoir introduit dans la vessie, on tourne le bec en bas et on l'attire jusque contre la valvule afin de la reconnaître. On enfonce l'instrument dans la vessie, en le maintenant dans la même position, et l'on fait saillir la lame A. Il suffit ensuite
( I ) Hecherchessur le traitement des maladies des organes urinaires. i 856, p. 233. (2) Mercier, loc, cit., p. 258.
Fie. 8.