‹ Traité des maladies des voies urinairesChapitre 19 sur 73 · DE LA VALVULE MUSCOLAIRE DO COL DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

DE LA VALVULE MUSCOLAIRE DO COL DE LA VESSIE

(le le ramener jusqu'à ce qu'il soit arrêté au col vésical, ce mouvement (l'arrière en avant suffit pour diviser la valvule. On repousse ensuite l'instrument ouvert afin de compléter la section; on bit rentrer la lame dans sa gaine, en pressant sur le bouton de l'extrémité manuelle de l'appareil, et, après avoir reporté en haut le bec de l'instrument, on l'extrait lentement et avec précaution.

Cette opération se fait rapidement lorsque la valvule est résistante; mais quelquefois cette dernière est molle, flottante, et elle se dérobe à la lame qui ne peut l'entamer. C'est pour remédier à cette incertitude que M. Mercier a fait connaître, en 1867, un instrument nouveau (Gg. 9) qui agit avec une grande précision (1).

Inciseur à lame courante. — La lame A de cet instrument est coupante sur toute sa circonférence, et elle est portée par une tige aplatie qui glisse dans la gaine C. Deux vis de pression, placées à l'extrémité manuelle de la gaine, permettent de tenir la lame solidement enfermée dans la courbure, de la faire sortir par le talon B, et de la faire agir sur la convexité en limitant sa course.

^Manuel opératoire. — Apres avoir fait une injection d'eau tiède dans la vessie, on introduit l'instrument, dont la lame est solidement enfermée dans la gaine par les vis de pression. On tourne le bec en bas, et ou l'attire contre la valvule. On ouvre la Fk« 9.

vis à la droite de l'opérateur, et on tire le bouton fixe au mandrin : la lame se dégage de la gaine, et elle parcourt un espace d'un centimètre et demi à peu près (fig. 9). Par ce premier mouvement, on incise la valvule dans une partie de sa hauteur, et ce qui eu reste intact se place forcément entre le bec recourbé de la gaine et le dos de la lame. Ensuite on repousse la lame dans sa gaine, et Ion coupe par ce ^second mouvement la partie restée inUicte. On répète cette manœuvre deux ou trois fois, en maintenant immobile la tige de la gaine, et, après avoir fait rentrer la lame, on ferme la vis, et on retire l'instrument.

Il est nécessaire de faire remarquer que, malgré la course de la lame, la valvule n'est pas entièrement coupée, surtout à sa base et vers le vérumontanum. On s'en assure en agissant avec l'instrument fermé, comme on le fait avec le cathéter explorateur; c'est-à-dire qu'avec le talon on cherche si l'on n'est par arrêté pas une saillie du côté de l'urèthre qui gène l'entrée dans

(t) Hecherclies sur le traitement des maiadies des orgaties ur inaires, 1856, p. 216

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ia vessie. Si elle existe, on appuie contre elle le talon de Tiuslrument, le bec étant tourné en haut, on ouvre la vis à la droite de Topérateur, et en poussant en arrière le mandrin qui porte la lame, on fait faire à celle-ci, sur le talon de la courbure, une saillie de de 2 ou 3 millimètres B ; ensuite on achève la section en relevant vers le ventre la tige de Tinstrument auquel on imprime, avec grande précaution, quelques mouvements de va-èt-vient.

Suites de ropératimt. — Hémorrhagie, — Aussitôt l'incision tenni* née, le sang coule, s'ama^ dans la vessie et se forme en caillots. Les besoins d* uriner deviennent quelquefois très pressants, et ils sont difficiles à satisfaire. Il est prudent d*introduire une sonde pour vider la vessie, au lieu de laisser le malade se li>Ter à des efibrts impuissants, et nuisibles en ce qu'ils activent l'écoulement du sang. M. Mercier a donné avec raison le conseil de faire dans la vessie une injection d'eau froide, après avoir extrait les caillots qui y sont accumulés; ensuite il est rare de voir se reproduire les ténesmes et la fréquence des besoins d'uriner. Ordinairement l'héinoiThagie diminue rapidement, et au bout de trois ou quatre jours les urines sont à peine colorées de sang, si même elles n'ont repris leur cou* leur naturelle.

Les suites de l'opération ne sont pas toujours aussi simples que nous venons de le dire. Quelquefois l'héniorrhagie est très abondante, et elle se produit alors qu'on était fondé à la croire définitivement arrêtée : je l'ai vue reparaître le quatrième jour, avec une intensité inquiétante; et je dois dire néanmoins que, quelle qu*ait été son abondance, j'ai toujours pu l'arrêter, soit en plaçant une sonde de 6 à 7 millimètres de diamètre, soit en faisant des injections d'eau froide dans la vessie, soit enfin en combinant ces deux moyens.

M. Mercier a également vu des hémorrhagies considérables dues, sans aucun doute, à des amses constitutionnelles, telles que la trop grande fluidité du sang, le tempérament lymphatique, etc. Il hni tenir compte aussi de l'état de la vessie, qui, très irritable, se contracte avec violence, produit le ténesme et favorise la sortie du sang par la plaie.

La fièvre, suite ordinaire des opérations faites dans les voies unnaires, ramène ou augmente souvent la perte de sang ; et enfin l'introduction d'une sonde trop volumineuse, faite trop tôt ou sans les précautions indispensables, est une cause fréquente de cet accident.

L'opération terminée, le malade doit évacuer sans sonde l'eau de l'injection. Afin de diminuer l'action des causes qui influent sur l'écoulement de sang, c'est couché sur le côté, et sans faire d'efforts^ qu'il rendra cette injectiion, Si le liquide sort facilement, s'il n'est

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