MALADIES DB LA PROSTATE ET DE LA VESSIE
ces cas, on voit plus souvent des eschares que de simples rnptores de la vessie.
Anatomie pathologique, — La résistance de la couche musculaire de la vessie n'est pas la même dans ses différentes parties : c^ta membrane laisse des intervalles, excepté au trigone, ou^ plus épais, les faisceaux sont rapprochés et ne laissent entre eux aucun espace libre.
Sous l'influence de fortes contractions, lorsque l'urine n'a pas une libre issue, la membrane muqueuse s'engage dans les espaces qui séparent les fibres musculaires et elle vient au dehors de l'organe se mettre en contact avec le péritoine. 11 faut donc que la rétention ail eu lieu (1), et que de violentes contractions aient agi sur la muqueuse pour la déplacer. M. Cruveilhier dit n'avoir jamais vu une vessie à cellule sans hypertrophie.
Ce qui caractérise cette hernie tuniquaire, c'est de ne pas être doublée par la couche musculaire, elle ne peut se vider, et par là s'explique la facile formation des calculs dans leur intérieur.
M. Richard a présenté à la Société anatomique la vessie d'un vieillard qui a succombé à une inflammation violente de cet organe. Depuis longtemps il y avait rétention d'urine produite par l'hypertrophie du lobe moyen de la prostate.
Au fond de la vessie, on vit une cellule formée par la membrane muqueuse, faisant hernie, à travers la couche musculaire, et corn* muniquant largement avec la cavité vésicale; la cellule contenait une grande quantité de petits graviers, et il n'en existait pas un seul dans l'organe (2).
La forme de ces cellules est arrondie ordinairement; on en a vu d'allongées en forme de doigt de gant; leur capacité varie depuis la petite dépression, qui semble être creusée dans l'épaisseur des parois de l'organe, jusqu'à ces cavités vastes qui égalent celle de la vessie.
L'ouverture est aussi très variable, tantôt elle est très large, tantdt elle est si petite qu'on la découvre seulement après un examen attentif, elle est enfermée entre deux colonnes charnues. Cette diflérence de grandeur fait comprendre comment un calcul, après avcnr été reconnu, a échappé aux recherches suivantes, cette ouverture permettant un passage facile de la vessie dans la cellule.
Les parties de la vessie où se font les ruptures varient selon que les lésions sont traumatiques ou spontanées.
Les ruptures traumatiques sont presque aussi fréquentes k la face
(1) Mercier, Gazelle médkdle^ 1836.
(2) Bulletins de la Société anatomique, 1845, p. 205.
DK U RUPTTIRS VË LÀ VISSIB. S6S
anténeare qu'à la postérieure ; mais ces dernières sont toujours compliquées de la déchirure du péritoine et de Tépancheroent de i'arine dans la cavité péritonéale.
Dans le nombre de trente-sept faits de rupture traumatique làmispar M. Houel, on voit que quinze avaient eu lieu à la face postérieure et communiquaient avec le péritoine. Douze étaient placées dans la face antérieure sans communications avec la séreuse tbdoroinale, et trois sur les faces latérales, une seule communiquait tiecle péritoine; trois de ces ruptures étaient doubles, dont deux phoées au sommet de la vessie.
Une double rupture s'était faite, Tune à la face antérieure, et Fintreà la face postérieure de Torgane; enfin deux ruptures sans indication de siège, mais en communication avede péritoine.
S les ruptures de la face antérieure et dé la face postérieure de la loôe sont presque égales en fréquence, les dernières ont toujours on degré de gravité que n'ont pas les premières. Dans celles-ci l'urine s'épanche seulement dans le tissu cellulaire du bassin, tandis qoedans celles-là elle envahit le péritoine. Dans ce dernier cas, quelle fie soit la variété de la rupture, les désordres sont les mêmes.
Longueur de la déchirure. — La déchirure varie de 1 à 12 centimètres; elle peut être longitudinale ou transversale ; la première direction est la plus commune, et c'est aussi la moins défavorable. Indifférence de direction des fibres musculaires des couches char- OM de la vessie diminue l'écartement des bords de la plaie, et cmpédie l'urine de sortir complètement et avec impétuosité.
C'est surtout lorsque la déchirure a lieu sur la face antérieure (|Qe la direction longitudinale est favorable. La sortie de l'urine est lente et isolée par le tissu ceiiulaira Elle reste loin du péritoine, et elle ne donne pas lieu à la grave complication de la péritonite.
Si, dans quelques circonstances, l'urine épanchée reste circonscrite dans le tissu cellulaire du bassin, on l'a vue quelquefois remonter derrière les muscles abdominaux et atteindre l'ombilic. Cet épanchement limité a la forme d'une tumeur globuleuse dont l'enve* bppe est formée par le tissu cellulaire condensé et par les productioDs plastiques d'un aspect lardacé, suites de l'inflammation.
C^te poche, en communication avec la vessie affaissée, esttapissée d'nne membrane ayant l'aspect des membranes muqueuses ; elle contient un liquide urineux souvent mêlé de sang (1).
L'urine épanchée ne pouvant revenir dans la vessie, par suite d'oDe occlusion accidentelle de l'ouverture de communication et
(1) Houel, Dm ptakt et des déchirures de la vessie, p. 67.