DES PLAIES DE LA VESSIE
Les plaies de la vessie résultent d'une action mécanique extérieure, tandis que les ruptures traumatiques sont produites par l'extension forcée de Torgane, unie à une violence extérieure. Ces lésions, semblables en apparence, doivent cependant être étudiées séparément, parce qu'elles difl^rent beaucoup par les causes, par les symptômes, par les accidents consécutifs et par leur terminaison.
Les plaies de la vessie peuvent être faites par des instruments piquants, tranchants ou contondants. Ces derniers sont particulièrement des projectiles lancés par des armes à feu.
M. Laugier (1) les divise en plaies pénétrantes et non pénétrantes^ selon qu'elles intéressent ou non le péritoine : cette division n'est pas suffisante pour indiquer la différence de gravité. Une plaie qui a complètement divisé la paroi antérieure de la vessie est une plaie pénétrante, et cependant elle n'a pas lésé le p&ritoine, ce qui change le caractère de la blessure et diminue beaucoup sa gravité.
Sans tenir compte de la cause, on peut les diviser en trois variétés (2) :
l"" La plaie peut intéresser seulement une des parois de la vessie, et être simple et unique ;
2" La vessie peut être perforée de part en part, et avoir deux plaies placées sur des points opposés;
3* Simple ou double, la plaie peut être compliquée de lésions des parois de la vessie, des parties voisines, ou contenir un corps étranger.
Le sommet, le bas-fond, les côtés et le col, sont les points de la ▼essie les plus exposés aux blessures.
Causes, — La plénitude de l'organe, en l'exposant aux blessures, en diminue aussi la gravité, en éloignant le péritoine.
« La vessie à l'état de vacuité, dit Larrey, est difficile à atteindre, à moins que la cause n'agisse dans une direction très oblique, ou ne pénètre par le périnée ; dans ce dernier cas, l'état de plénitude plus ou moins considérable a peu d'importance quant à la possibilité d'atteindre le péritoine.
(r Dicticnnaire de médecine en 30 vol., t. XXX, art. Vessib. (2) Houel, Des plaies et des ruptures de la vessie, 1857, îd-S (concours de ragrégilioa eo cblnirgie).
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Dans un l>on travail sur les plaire de la vessie. M. DemarnUBT i fail voir ijue, si le péritoine, en uvan(, iic dtsceitd pas loujuur* » la niiHne hauteur, selon le degré de plénitude de la ves&îe, ai wrière, nu contraire, qudle que soit la quantité de liquide c-ontcna. la position de la membrane séreuse est invariable; le cul-de-sac péritunéal consene avec la ves»e les mêmes rapports, inaiaunuB par l'aponévrose prosluto- péri ton éale dêcrile par* H. Denon- Tilliers.
Les blessures par des instruments contomlants sont plus nombreuses que celles faites par des instruments traiicliaiilii ou piquaot^ Les preidiires atteignent la vessie dans différentes parties, diref»ment ou en passant par des voies naturelles, mais toujours parb partie supérieure ou inférieure du bassin. Cependant JU. Kérauitno a fait connaître l'histoire d'un homme dont la vessie avait été blessée par une baguette de fusil entrée dans le bassin par le trou obturateur.
Des coups d'épée, de baïonnette, de lance, de sabre, etc., tai^nl entrer ces armes dans le bassin par 1'^ pubis ou pr le plancher perinéal, atteignent la vessie dans des dirMtiotis variées, et reudenl la position du blessé d'autant plus critique qu'ils ont lésé le péqloine.
Ces plaies sont moins communes aujourd'hui qu'elles ne réteient autrefois, à ciitise du changement apporté danslesarmes. M. Larrej, qui a vu un très grand nombre de ces blessures, dit que ceui qui en ont été atteints sont morts dans les quarante-huit heures, ii li suite d'une infiltration urineuse, lorwjue le péritoine participait à 1» lésion.
La phjpart de ces plaies sont tortueuses, et les ouverttjr^ tt sont étroites,
hfi cuip^ étrangers, depuis lonfrten)ps renfei-més dans la veaie, ont produit des plaies, en procédant de dedaps en dehors. M. Gaudmont (1) en a fait coimaître un esemple intéressant : la vessie portait quatre plaies laites par un porte-plume; l'une d'elles communiquaitavec unecavité pleine depuset d'urine, et avec le rectum. M. Civialeditquela vessie a été pincée par dpsinstruroents litltotriteurs, qui ont fait des blessures de dedans en dehors (2).
L'ne sonde introduite sans précaution peut perforer la vessie M. Caudmonta rapporté un fait cité par }i. Aug. Bérard, qaien avait été témoin lorsqu'il était interne des hôpitaux. Un de ses collègues appelé pour sonder une malade hydropique, rencontra un
il) BulteliiM tUta SociHéanalomique. Ptri», 1850, p. 355. (21 BalUlm de (fteropsulique, l. XXXI, p- 21 .