‹ Traité des maladies des voies urinairesChapitre 41 sur 73 · DBS PLAIES DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

DBS PLAIES DE LA VESSIE

communément, c'est le rectum qui est atteint. Dans ces conditions, se forment les fistules vésico-rectales. On a indiqué, comme étant possible, la blessure de Turètlire, de la prostate, des vésicules séminales, du cordon sperma tique, et M. Demarquay a signalé comme une suite de cette lésion, un exemple d'atrophie du testicule.

H. H. Larrey (1) dit qu'un blessé de Crimée a eu la verge emportée par un projectile ; ensuite il s'est établi une fistule rectovésicale, due probablement à une érosion ou à une plaie contuse de la vessie.

De toutes ces complications, les plus graves sont les lésions de l'urèthre et de la prostate, parce qu'elles créent de grandes difficultés à l'introduction de la sonde, et quelquefois même elles rendent le cathétérisme impossible.

Les fractures des os du bassin sont la conséquence de chocs violents produits surtout par les armes à feu. H. Cloquet cite un fait de fracture de la branche horizontale du pubis (2). Percy a vu le col du fiémur fracturé (3) et Larrey a trouvé brisés la tubérosité ischiatique et le sacrum.

Le membre a été paralysé après la blessure du nert sciatique; enfin on a constaté des arthrites pubiennes et coio- fémorales.

On a observé un grand nombre de corps étrangers entrés dans la Tessie; presque tous étaient des projectiles ou des fragments de projectiles lancés par la poudre à canon. On a trouvé également des esquilles provenant des os du bassin.

Larrey a vu un biscaîen fixé dans la paroi antérieure de la vessie, une moitié était en relief dans l'organe, et l'autre moitié était restée en dehors. Celle qui était dans la v^e était recouverte d'incrustations phosphatiques.

Ordinairement, les balles qu'on trouve dans la vessie ont traversé seulement une de ses parois. On a cherché à expliquer l'arrêt de ces projectiles par le ralentissement du mouvement et par la diminution de la force d'impulsion résultant du passage à travers une certaine épaisseur de parties molles ou dures; par la résistance du liquide contenu dans la vessie, et par la contraction instantanée de cet organe.

Quelle que soit la valeur de ces explications, le fait a toujours de graves conséquences, et doit beaucoup préoccu|er le chirurgien.

Les corps étrangers tendent à sortir par la plaie accidentelle, aouvent ils se frayent une issue à travers les tissus; c'est ainsi

(i) Bulletin de la Société de chirurgie, t. VI, p. 3G0.

(2) Journal général de méderine de i^cdillot. 1820, t. X, p. 401.

(3) J<mm. de màL, ptr Corvistrt, I^eroux et Boyer, 1813, t XXVIII, p. 364.

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mières, ce qui explique pourquoi ils croyaient ces lésions fatalement mortelles.

La gravité, quelle que soit la cause de la plaie, dépend surtout de la blessure du péritoine. La lésion du rectum, l'ouverture d'un Taisseau important, et la fracture des os du bassin aggravent la sitnation, selon qu'une de ces lésions ou plusieurs compliquent la plaie de la vessie. Enfin , la présence d'un corps étranger dans cet organe devient consécutivement une cause d'accidents qui se terminent souvent par la mort.

Traitement. — Trois indications importantes doivent préoccuper le chirurgien pour diriger convenablement le traitement des plaies de la vessie : 1** il faut combattre les accidents locaux et généraux ; 2* il faut faciliter l'écoulement de l'urine et arrêter l'hémorrbagie; 3* 11 faut débrider la plaie pour faire l'extraction des corps étrangers:

i* Contre les accidents locaux et généraux on emploie les émissions sanguines; la saignée générale, souvent pratiquée en Angleterre, doit être en rapport avec l'intensité des accidents. Duvergéen a fait huit en peu de temps, et le malade a guéri. Les saignées locales sont moins efficaces, elles sont utiles seulement lorsque la tuméfaction est considérable et douloureuse. On a eu recours aussi aux Tentouses, aux bains prolongés, aux applications émollientes et à la glace.

Lorsqu'il y a constipation , on administre avec ménagement des purgatifs et des lavements laxatifs.

La plaie doit être nettoyée avec soin et débarrassée des corps étrangers qui obstruent son ouverture.

Pendant les premiers jours, le régime doit être très sévère; il faut défendre de prendre des aliments solides, surtout lorsque le rectum est blessé. Les liquides doivent être donnés en petite quantité, et si la soif est vive, on placera des morceaux de glace dans la bouche.

. Il importe beaucoup de poser le malade de telle sorte que Turine s'écoule par la plaie, le plus facilement possible. On ne peu rien dire de précis sur ce sujet : devant varier selon le siège de la lésion, il faut laisser à l'expérience du médecin le choix de la position la plus convenable.

2* Le plus pressant est d'évacuer l'urine en introduisant une sonde par l'urèthre ou par la plaie. Dupuytren , Larrey, Cooper ont beaucoup insisté sur la nécessité d'avoir promptement recours à la sonde. La vessie n'étant pas distendue, se contracte, et les bords tic la plaie se mettent en contact. On doit préférer les sondes

88S iiàUDiBS St Lk PROStltS ET bi U VISUI.

flexibips aux sondes rtgidtM, et on doil les renouveler loas les deoi ou Iroià JDUrs, afin d'empticher les iiicnistations phosphatiques

La soude à demeure est particulièrement indiqui'e lorsque l'aiftlirc a été Atteint; elle prévient ta formation d'un rétrédssemflil trauniatique, qui peut oblitt-rer complclemciit l'urèthre. Larnj conseille de la placer dès le premier jour. lors(luf la plaip est fiil« par une arme a Feu; après quelques jours, il vaut mieux sonder te malade plusieurs fois dans les vingt-quatre heures, aiiii d'i:Tîi«r om trop vive irritation, et vers le iiuillèmêjour, époque de la cbuledd esciiares, il i'aut la pincer de nouveau à denfeure, afin d'emptdH l'tuliltralion urineuse.

Lorsque les plaies sont laites par des inslruraenls traiirhanl; m piquants, la sonde doit rester à demeilre jusqu'à la cicatrlsdUoD àl la blessure.

L'iiéniorrlia^jic réclame aussi toute l'attention du cbirurgi^;fl elle est interne, si des caillots sont accumulés dans la vessie, il fam agir ainù que uous l'avons dit, en décrivnnt le trdîtemenl de l'h^ maturie , et si elle e'^t externe, si elle est produite par la lésion it l'artère épigastrîque. il I'aut placer une ligature sur ce vaisseau.

3° Le débridemenl, rarement utile lorsque les plaies sont faild par des snoes blanclies, est trèt souvent indispensable lorsqu'elle sont produites par des armes à feu.

S. Cooper conseille de le fairi;dans le seul but d'évacuer l'urine, d'autres lecroient inutile lorsqu'il est possiblede faire lecathétWimr et Larrey, qui eti est purtisun, a en vue non-seulement l'ôvacuatiDit de l'urine, mais encore la sortie ou l'extraction des corps étrangt^ Ce célèbre chirurgien dit avec raison que, pfjur avoir négligé de faire des débridements, on a dû, plus lard, pratiquer des opératiuoi hasardeuses afin d'enlever les corps étrangers.

Il fout donc faire sans hésitation ces dêbridements lorsque l'onverlure externe de l9 plaie est petite, et lorsque son trajet est sinueux et irrégulier.

Le débridement est une indication importante, il doit dire fdit le plus tdl possible

Quelques-uns ont préféré faire la taille, craignant ne {ws atteindre le corps étranger i>ar le débridement et redoutant surtool les suites d'une incision dans des tissus enflammés.

Lorsqu'il y a deux plnies, l'extraction peut se faire par l'une la l'autre, et lorsqu'il n'y en a qu'une, onn été dans la nécessitéde faire une contre-ouverture dans te point le plus déclive.

Nous pensons que la taille doit être réservée pour les cas on l'extractioii n'est pas possible malgré les débridements, qoi, dans

DtS ttXRMikS DE LA ttSSlt. Hi

toutes les circonstances, ont été utiles, en livrant une large issue à l'urine.

La taille doit être faite généralement plusieurs semaines après l'accident; cependant Larrey, pressé par la gravité de la situation, a dû la pratiquer une fois quatre jours après la blessure.

Quelques opérateurs ont donné la préférence à la taille sus-puiMenne. Il n'est pas toujours possible de l'exécuter, si on agit avant la cicatrisation de la plaie : la vessie ne peut se distendre et l'opération devient dangereuse. Néanmoins Baudens l'a faite une fois pour retirer un projectile entré par-dessus les pubis, et il a agrandi la plaie accidentelle pour atteindre la vessie.

C'est la taille périnéale qui a été le plus souvent exécutée; si le rectum lésé avait laissé une fistule recto-vésicale , c'est cette voie qu'il faudrait suivre pour arriver au corps étranger et guérir la fistule.

M. Demarquay a extrait, par cette dernière opération, de nombreuses esquilles.

Larrey préférait la taille périnéale, et il voulait qu'elle tût faite avant que le corps étranger n'eût altéré la vessie. Dans le cas contraire, il attendait que l'inflammation tût diminuée.

Tous les chirurgiens sont <raccord pour faire de grandes incisions lors4|u'il y a infiltration d'urine.

On a proposé de faire des cautérisations locales pour cicatriser les plaies de la vessie; Villardebo et Âmussat, opérant sur des chiens, ont cautérisé avec le fer chauffé à blanc des plaies de la vessie qui se sont cicatrisées. M. Pinei Grandclianip a placé des sutures qui ont également donné d'heureux résultats; mais est-il possible de conclure de cc> expériences taites sur des chiens, et d'appliquer ce procédé a l'homme?

ARTICLE V

DES HERNIliS DE LA VESSIE.

La vessie peut se déplacer et former des tumeurs à l'anneau inguinal, à l'arcade crurale, au périnée, dans le vagin et môme au trou ovalaire.

Ces tumeurs, nommées cyslocèles, souvent inconnues, se développent à toutes les épo()ues de la vie; néanmoins elles sont plus fréquentes dans l'àgc atlulte quedans la vieillesse.

Elles sont parfois la cause de graves erreurs dans l'appréciation des symptômes de quelques maladies, et elles peuvent créer de

ibk Maladies de la prostate et Dfi la vessie.

grandes didicultés dans la pratique de quelques opérations, elparll^ culièrement dans celle du catbétérisme.

Il est donc néôessaire de connaître ces déplacements, afin de rectifier ces erreurs et d'amoindrir ces difficultés.

S 1*'. — ■craloi vénicales chcs l'homme.

Le déplacement de la vessie, par l'anneau inguinal, est la hernie qu'on observe le plus communément chez l'homme; il peut se faire en même temps des deux côtés. La tumeur contient tantôt la vessie seulement, tantôt la vessie, l'intestin et l'épiploon. La réunion de ces divers organes produit des tumeurs qui varient par le volume, par la dureté, par la direction vers le scrotum et par les accidents qu'elles développent.

Souvent le sac herniaire est double, sans être complet (1), ce qui rend le diagnostic difficile. Il est exposé à être involontairement incisé, ce qui est arrivé à H. Roux.

La hernie de la vessie au périnée est très rare chez l'homme ; dans un tait rapporté par Pipelet, la tumeur, grosse comme un œuf, rentrait par la pression des doigts, et laissait au périnée une dépression arrondie assez profonde pour y loger une noix.

Le plus petit effort la reproduisait, et afin de mieux uriner, le malade la comprimait légèrement avec la main.

Le cystocèle a été confondu avec des hernies simples, avec l'hydrocèle, avec un abcès, etc., etc.

La vessie contracte des adhérences solides dans la tumeur. M. Civiale en a vu de très fortes, quoique les tumeurs ne fussent pas volumineuses, et qu'aucun accident ne les eût fait soupçonner pendant la vie.

$ 11. — ■ernles véslcaleii chcx la femme.

Cet accident est plus fréquent chez la femme que chez l'homme.

Verdier a rapporté des faits dans lesquels le sommet de la vessie s'était engagé dans les ouvertures et sous les arcades crurales. La vessie se déplace facilement vers le périnée ou dans le vagin, lorsque pendant une grossesse elle est'comprimée de haut en bas; et après l'accouchement, il peut se produire une hernie vaginale, qui devient la cause de graves accidents.

Chez quelques vieilles femmes, le bas-fond de la vessie fait hernie, entraîné par le vagin qui, renversé, apparaît en saillie entre les grandes lèvres. H. Civiale a vu trois tumeurs de cette espèce.

(1) Civiale, loc, cit., I. III, p. 147.

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