EDtrtc du trocatt ta( la tch
On a recommanda de glisser dalis la canule d'argent une tonde flexible, (Ju'on laisse dans la plaie, après avoir relire la première; la sonde flexible se moule aux diB'érentes formes de l'intestin, et elle ne s'oppose pas à la sortie des matières fécales. On a cru aussi que la canule à demeure dans le rectum ne pouvait être supportée sans une gnnde gène; en conséquence on l'a retirée préfénint recommencer la ponction, si elle était de nouveau nécessaire.
l PROSTATE ET DK L» TBSfilE.
S KXII. — Ponction |X«iaéatle.
On se sert pour faire celle opéralion d'un tro«art droit, et on place le malade comme pour faire l'opération de ia taille latéralisée.
Procédé opératoire. — Ou détermine d'abord le lieu où b (lonfr lion doit ôtre faite. C'est sur la partie moyenne d'une ligne, qui, partant du raplié, a 25 millimètres au-devant de l'anus, coupe lu partie moyenne d'une autre ligne tirée de cet orifice et atlaoli l'isL-hion.
A lu jonction de ces deux lignes on enfonce le trocart droit, p»rallélementà l'axe du corps; passant en dehors de la prostate, il»five il la vessie par le côté de son bas-fond.
On ne pratitjue plus la ponction par le périnée, il cause de la dit ficulté de son exécution , des dangers auxquels elle eitpose W mtlade, et de son résultat, qui, complètement lieureux, ne difiêre pM de ceini obtenu par des méthodes plus simples et moins dangereuses. Pourquoi en effet s'exposer, alors qu'on peut faii-e ditfêrerorocnt, i ouvrir les vaisseaux du périnée, à lacérer les nerfs qui les aotHiK pagnent, el à pro<tuirede graves lésions, pour peu qu'on luisse dévier la pointe du Irocuit. Dirigé en dehors, il peut glisser sur lescdtè de la vessie ; diH[;é en aiant, il peut ouvrir le plexus veineux ealR les puLiiset li\ vi-ssie; portée» arrière, il peut perforer les vrsicula séminales et le rectum ; el enfin , le malade est forcé de garder le lit tout le temps ([ue la canule reste en place.
Appréciai ion. — En dehors du cas particulier signalé par M.Néiiton, la ponction sus-pubienne est une opération facile à faire; U nature des tissus el leur peu d'épaisseur rendent son exécution npide et peu douloureuse; et le chirurgien n'a pas besoin d'assistants. En se couchant sur l'un ou sur l'aulre côté, le malade paît aisément vider sa vessie , et la présence de la canule dans la plùï ne l'empêche pas de se lever, de rester assis ou de se promener dans sa chambre. Eniin, la cicatrisation de la plaie se fait avec une grande rapidité.
Il est important de ne pus donner trop de longueur à la cannlt qui doit rester dans lu vessie , la pression qu'elle exerce sur le basfond peut faire une perforation pénétrant dans le rectum , ainsi que Sharp en rapporte un exemple (1). Afm de se mettre à l'abri de ce danger, on a donné le conseil de placer dans la canule d'argeot une sonde flexible, plus longue que l'instrument de métal, et pro-
(1) Sbarp, Rtckerchei critUiues sur la chirurgie, 1T5I, î vol. in-lS, p. )i*.
DE LA ilTINTlON D'UHINE. 469
tégeant les parois de la vessie contre une érosion. Il est facile de fixer la sonde, qui, enfoncée jusque dans le bas-fond, n'en sort plus, quelle que soit la contraction de la vessie. Lorsque le malade veut uriner, il dénoue le bandage et il ôte le bouchon de la canule ; il peut aisément faire des injections dans la vessie; enfin, il peut garder longtemps cet instrument, ce qui permet de chercher à l'aise le rétablissement du passage des sondes par Turèthre. Il est nécessaire de changer la canule tous les trois ou quatre jours, afin d'empêcher les incrustations pliosphatiques qui se font sur son extrémité.
La ponction par le rectum est facile à exécuter, et elle est peu douloureuse, elle a été très prônée par Hoin, chirurgien de Dijon, dans un mémoire, imprimé dans le Journal de chirurgie de Desatdt (t. Il» 1791, p. 281). Cependant, il ne faut pas que la facile exécution el son absence de danger fassent perdre de vue ses inconvénients, suites inévitables de ce procédé. Le séjour de la canule dans le rectum est fort incommode; elle exige beaucoup de soins pour faciliter la sortie des matières fécales , le malade doit rester au lit ; et elle provoque des ténesmes et de faux besoins d'aller à la garderobe. On ne voit aucun de ces inconvénients après la ponction sus-pubienne, qui atteint le but, qui soulage les malades aussi sûrement, aussi promptement que la ponction par le rectum ou par le périnée.
Nous n'hésitons pas à donner la préférence à la ponction suspubienne. Néanmoins, deux conditions peuvent rendre la ponction sus-pubienne, sinon impossible, au moins très difficile. C'est d'abord lorsque le malade est très gras , et ensuite lorsque la vessie, ne se laissant pas distendre , ne peut pas s'élever au-dessus des pubis. Dans le premier cas, ou a conseillé d'inciser les téguments avec le bistouri,jusqu'auxmuscles abdominaux. Cette grave complication du procédé opératoire peut rendre plus facile l'entrée du trocart, mais elle ne diminue pas les difficultés pour maintenir la sonde ; et dans le second cas, on ne possède aucune donnée certaine pour atteindre la vessie. Dans ces deux états, heureusement exceptionnels, la ponction par le rectum doit être préférée à celle faite au-dessus des pubis.
La ponction de la ves$ie est donc, dans notre sentiment, une opération très exceptionnelle, et qu'on doit se décider à faire seulement lorsque la distension de la vessie ne permet plus d'attendre. Nous ne pouvons pas adopter les principes de quelques chirurgiens, et particulièrement de Gerdy (1), qui prétendent que la ponction de la vessie est sans danger, et qu'elle n'entraîne aucun inconvénient.
(i) GazeUe du kôpUaux, i8S3, p. 272.
472 MALAKIES DE LA PROSTATE BT OB LA TESStl.
des intervalles plus ou moins éloignés parjetsinvolonuires, ot plœ particulièrement lu nuit. Celte forme a reçu le nom d'incontinence nocturne, elle est un triste privilège de la jeunesse ; Unds que c'est principalement dans l'ftge avancé qu'on observe l'incouti* nence produite par des altérations des organes urinaires.
Quant à cette forme, attribuée à la paralysie de l'oigne, je crois qu'en dehors des lésions du système nerveux comme pour la r*l*otion d'urine, on ne peut pas produire un seul fait de paralvn essentielle isolant la vessie au milieu des autres appareils fonctionnant avec régularité. Dans ces cas encore, l'incontinence serûtpir regorgement, et non par un relâchement du col, laissant sortif l'urine à mesure qu'elle entre dans la vessie.
Si cen'est l'Incontinence nocturne dont les causes sont inconnues, maigre les explications diverses qu'on eu a données, cette infirmiU; quelle que soit sa forme, n'est qu'un symptôme d'une ou de pi»sieurs altérations de l'appaieil urinaire.
§ I**. — De riacanllBeBee ■■e<wr»c
Cette affection est très irequente dm les enfants, et rarementellr persiste dans l'Age adulte.
Elle a lieu pendant le sommeil et sans le savoir, CertaÏDs sajeti rdvenl qu'ils urinent ; le iKtâuiii s'en lait sentir, et il a été satisUit. Ce second élat est sans tloule différent du premier, mais le rréului est le même, le malade urine an lit sans le vouloir.
Les causes de celte intirmilé momentanée sont encore inconnues, et faute d'une e\plicaiioii plus satisfaisante, M. Trousseau t'allribue
On a cru que la constitution lymphatique y était prédisposa;. M. le docteur Hondière prouve l'erreur de celte opinion. Tous les malades qui ont réclamé ses soins pour guérir de cette inBrmilé étaient forts, avaient les chairs fermes et sans traces de coostitutioo lymphatique; d'où il a conclu que ce n'était pas la faiblesse de l'organisme, mais l'alonie d'un seul oi^anc qui produisait cette inhrmité-
Cette conclusion ne semble pas pouvoir être acceptée. Que devient l'atonie pendant la veille, et par quel privilège la vessie seule estelle frappée d'atonie pendant le sommeil, alors que tous les autns organes fonctionnent normalement?
L'époque de la puberté ne fait pas toujours disparaître cette iniirmilé, ainsi qu'on le croit généralement ; j'ai vu des jeunes filles de^ix-huit à vingt ans, bien réglées, et qui urinaient la nuit saus a
DB L'iNCONTUIIHCB D'CiUU. &73
avoir la oonscieBoe. Quelquefois* il est vrai, l'apparition des règles a régularisé les fonctions de la vessie.
On a eu recours à une grande variété de moyens pour guérir llnoontinence d'urine, et l'on est généralement peu d'accord sur leur constante efficacité. Il faut cependant excepter de cette incertitude les injections et les irrigations continues faites dans la vessie.
On doit foire ces injections, comme elles ont été décrites déjà en parlant du traitement de la stagnation de l'urine.
La composition du liquide à injecter a été modifiée de bien des manières, et c'est jusqu'à présent l'eau ordinaire très froide qui a produit les meilleurs résultats.
Le traitement de l'incontinence d'urine ne peut pas être le même pour tous les malades, et si l'on a souvent échoué, c'est pour ne pas avoir porté un diagnostic précis, et pour ne pas avoir reconnu la cause véritable.
Dans un travail publié en 18/iO (1), M. Devei^e a donné une liste des moyens employés, et quil tous sont recommandés par les chirurgiens qui y ont eu recours; cependant, il faut bien reconnaître que les succès annoncés ne se sont pas reproduits assez souvent pour que ces moyens puissent être de nouveau conseillés d'une manière générale.
Nous donnons cette liste comme un document curieux :
Bains froids par immersion, Dupuytren (1812).
Bains froids de 18 à 20 degrés, MM. Guersant père et Baudelocque (1837).
Bains aromatiques, Lallemand (1836), Devergie (1837).
Bains ferrugineux, Tortual (1829).
Application de douches, Sœmmering(1822],
Bains de mer, Underwood (1836).
Bains de pieds froids, Sœmmering (1822).
Frictions aromatiques, Sœmmering (1822) , Devergie aîné (1837).
Muriate d'or, Grœtzner (1833).
Poudre de Dower, Bruck (183&).
Ventouses sèches au périnée, Carrère (1826).
Teinture d'iode, Carter (1828).
Pétrole, Feichtmayer, Michaelis, Rust (1834).
Sabine et camphre, Hom (1824).
(1) Devergie, De Vimcontmeiice d^ urine et de um traéiemetU rationnel jMr la méthode des injections, 1840, io-S.
&7t UALADIES DE l,k PH08T*TE BT DE L* rBSSIB.
Éoorc« astringente du Brésil, Merrem (1828).
Crposrtt.;, Meyer (1835).
Alun. Selle. Herz (1829).
Aconit, Grading, Howshipp (1B23 et 1BÎ5).
Canthni-ides en poudre, {.eiger (1781}; Ricliter, Baumes (1U6), Slnllcr, Morillon, DicksoD, Howshipp de (1829 à 183b] ; oèieiVI (1837), Baudelocque (1837). J
Cantlmrides unies au rus toxicndendrum, Dierr (1833). 1
Teintures de cantharides avec bannie du Pérou, Koop (1830). '
Canlharides unies au fer, Leutiu, Dreysaig, Kopp, fc^ta, lUlliiy (1829). Meisser (1835), Devergie (1838).
Toniqut's sous diverses formes unis au fer, Gucrsanl pèn> {WVt^ Mondière et Devergie (1838).
Quinquina, aluu et eaui gazeuses, Hutn]e(t802),
Injections d'eau de chaux, Foot (180(i), Rogel (1826.
Injections froides, Foot [1804), Devergie (18X5).
Injections émollientes, Troja, Sœminerring (1822).
Injections d'eau végélo-mUiér^IOiGoulard (1186), D«ver^(tUTi Injections dç teinture de cunlbarides, Devcrgi^e sAxxv (ISSÎJ. Injections balsamiques, Devergie aîné (1831)}.
Injections et applications do teiniurc de cauUitindM dâni l'artilirc, L8ir[1836).
Noix vomiiiut', Mauricct, Magendie, Trousseau, Schaible, Maidière. Deslandes, Devergie (de 1832 à 1838). Cbercluari [183*!.
Vésicatoires sur la rùgioti lombaire, Dickson, l^alt, Devergie aloc.
Compression de l'urèthre, avec une bougie fixée dana l'urèlhre, Hyslop(1815).
Compresseur de l'urèthre, Lahal (183'i), Devergie (1838) cl ault*
MesfmbrifantAmium fristollisatumtVieaal (1822),
Tannin, Godard (1837).
Quojisîa aimra, uni aux loniquos, il la noix vumique et au fe, Roniangé(1839).
Électricité, galvanisme, éleclro-punctiire, Labat, Fabrê-Palsptat (1837), Devergie (1838).
SI. Civiale dit (1) avoiremployé la plupart des liquiijes indiquésur lus auteurs ; l'eau ordinaire à une basse température lui a péDénlemciit réussi, et surtout elle n'expose pas les malades aux grov» perturbations que produisent parfois les différents liquides exduny.
L'eau froide, jusqu'à près de léro, ne provoque cepei)dai)t pas toujours les contractions de la vessie qui sont indispensables pour guérir rincontinenee.
Il) CÎTiBle, (oc. cit. t. m, 1851, p. 385.
Dl L'lNCO!fnNBNCE D'UIINB. A75
Lorsque l'état le permet, on associe aux injections d'eau froide des bains froids et des immersions répétées, également froides, des applications et'des douches froides sur le périnée, les pubis, la partie interne et supérieure des cuisses et sur le bas de la colonne vertébrale.
Si le malade ne peut pas être soumis aux douches et aux bains froids, il faut avoir recours aux bains aromatiques, aux bains snlAireux et aux douches sull\irées chaudes*
Ces différents moyens doivent être employés longtemps, mais il est avantageux d'en suspendre l'effet pendant quelques jours, à différentes époques du traitement, afin que la peau puisse continuer à les supporter. En général, c'est tous les jours ou tqas les deux jours que les douches doivent être données.
Les chirurgiens n'ont pas tous adopté les mêmes règles, soit pour le mode d'administration des injections, soit pour le dosage des médicaments qui les composent. Si quelques-uns ont reculé devant l'introduction dans la vessie de l'eau simple, ou légèrement stimulante, d'autres n'ont pas hésité à y porter jusqu'à soixante gouttes de teinture de cantharides^ plusieurs onces de baume de copahu, une solution à haute dose de nitrate d'argent, voire même le nitrate d'argent à l'état solide.
Ces injections ont aussi été répétées coup sur coup par les uns, et ces médicaments si énergiques ont été laissés dans la vessie par les autres; et afin de faciliter leur séjour dans la poche urinaire, on les a réduits à la quantité de deux à trois onces de liquide : mais il en est résulté plusieurs fois de violentes réactions et des accidents graves. Sans doute il est des malades qui les ont supportées, mais ces quelques succès ne peuvent pas faire loi pour encourager «les témérités souvent préjudiciables. Laguêrison de ces affections anciennes ne peut être obtenue que par un traitement très long, et conduit avec une grande prudence.
Ce qu'il faut recommander, lorsqu'on commence le traitement de l'incontinence d'urine, c'est de ne pas généraliser les méthodes et de ne pas s'étayersur ce qu'un médicament a déjà réussi. Loi'squ'on a reconnu la cause qui entretient rincontinence,' il ne faut pas non plus abandonner un moyen employé, parce qu'il ne donne pas tout de suite des résultats avantageux. C'est singulièrement compliquer la position du malade que de changer souvent de médicatiop ; mais lorsqu'on a bien reconnu à quelle espèce d'incontinence on a affaire, il faut persister longtemps dans le moyen adopté.
Les révulsifs seront très utiles si la maladie dépend d'une lésion de la moelle épinière : les vésicatoires volants, très souvent répétés, sur l'hypogastre, le sacrum, sur la région lombaire et sur la partie in-
Z|76 HAI.4DIBS DB l.A PHOSTITB BT DE LA VEaSIB. ^|
terne des cuisses, tes Trictions avec la pommade stilMée, produisml aussi de bons efTets : un moyen puissant, et qui mérile de Rxer l'alteotion des praticiens, c'ast l'application répétée tous les joon, li'uB petit moxa, qu'on fait avec un morceau d'amadou de la grandeur d'un demi-franc, placé au bas de la colonne vertébrale.
Les médicaments pris à l'intérieur sont à peu près inutiles, nrfmc lorsqu'ils sont assez actifs pour produire uue forte perturbatiiii C'est en vain qu'on a administré l'alun, la créosote, les cantlmniln, la strychnine, le sublimé, etc. Ces agents si puissants onl plutôt ébranle la santé générale, qu'ils n'ont amélioré l'état de ii vessie.
Lorsque l'incontinence est produite par une excessive irrilabilitr de la vessie, par une contraction permanente de cet oi^ne. [ur son raccornissement, ou bien encorepar une inflammation din*nique du col et de In portion prostatique de l'uréthre, on doit <-wptoyer tes opiacés, la twlludone, la jusquiame, en petits lavemmu froids, l'eau de pavot, les bains tièdes prolongés et les boissons d^ layantes.
L'introduction de bougies de cire molle, faite tous les jours j»*dant deux ou trois minutes, dîrhinue rapidement l'excessive senitbilité du col de la vessie, et j'ai vu des incontineaces disparaîlreu bout de quinze jours par la seule application de ces bougies, bdc avec précaution.
L'incontinence, ainsi que nous l'avons dit, peut ausiïi dépendra d'une déFormalioii du col de la vessie, produite par l'hypertroplûf partielle ou tolale de la prostate : alors on rencontre souvent <1^ grandesdifiicultés pour introduire les instruments dans laves^: mais lorsqu'on a réussi à faire passer des bougies de métal d'un grui volume, on améliore rapidement la situation du malade. Ces bougia répriment la tuméfaction de la prostate, ramollissent les induratiùos du col, et si elles ne guérissent pas complètement, elles diminueTil de beaucoup la oortie involontaire de l'urine, en ce que leur passagt répété permet à la vessie de se vider complètement. En pareille circonstance, il est utile de vider la vessie matin et soir, à t'aide de la sonde.
laissée à demeure pendant un mois ou six semaines , la sonde a servi aussi à ramollir ces indurations du col. Mais il faut, avini de se déterminer à employer cette méthode, bien voir si ses inconvénients ne sont pas plus à craindre que la longueur de temps exigée par la méthode des introductions répétées et de peu à( durée.
Les malades qui souffrent de la pierre sont souvent att^ots d'io-
Dl L'iNOORTniKIfCB D'UtlNI. 477
continence. L'irritation continuelle que la pierre produit sur le col de la vessie rend impossible le séjour de l'urine ; les besoins de la rendre sont si rapprochés, qu'ils constituent une incontinence. Dans ce cas, les émissions répétées sont accompagnées de douleurs ; parfois aussi l'incontinence est complète, et alors, le liquide sortant sans effort, le malade ne s'en aperçoit que lorsque son linge est mouillé.
Le traitement dans ces cas ne doit pas être dirigé contre l'incontinence^ c'est l'affection calculeuse qu'il but attaquer; et lorsqu'on emploie la lithotritie, après une ou deux séances, souvent l'urine cesse de couler involontairement.
On ne doit donc pas perdre de temps à faire essayer différentes médications qui, à coup sûr, sont inutiles. Il faut tout de suite introduire une sonde dans la vessie, et une fois le calcul reconnu» on doit procéder à s» destruction ou à son extraction.
S ni. — Tralteneai 4e riMoatlMiMe ■•cfrae dm ParfaM.
La thérapeutique de cette infirmité est pleine d'incertitudes (1), et les nombreux moyens si vantés par quelques médecins sont généralement impuissants dans la grande majorité des cas. Nous les indiquerons sommairement, en signalant ceux dont Faction parait avoir été plus constamment efQcace.
Les moyens moraux, niais ou cruels, toujours sans effets, ont eu pour but d'impressionner fortement le moral des sujets. Espérant {Mroduire une perturbation salutaire du système nerveux, on a fait écraser par des enfants des souris vivantes, on les a fait assister au lit d'un mourant ou toucher sa main glacée.
Les toniques ont été employés par ceux qui attribuaient à une faiblesse générale ce trouble fonctionnel. Les toniques généraux sont restés à peu près sans action. Les excitants spéciaux ont quelquefois été utiles, soit qu'ils aient agi directement sur les organes urinaires, soit qu'ils aient atteint d'abord les organes génitaux, et secondairement les organes urinaires.
La cantharide d'abord, et ensuite le sous-carbonate de fer, ont produit de bons effets (2). Les bains froids, à 18 ou 20 degrés, ont été recommandés par Baudelocque et Guersant(3); Dupuytren y • ajoutait l'immersion (6).
(i) GazeUe médicale^ min 1837, p. 145.
(21 BibUothèque médicale, t. LXVU, p. 388.
(3) Bulletin de thérapeutique, 1836, p. 302.
(4) Sauvette IribUothèque médicale, 1828, t. U, p. 121.
476 HILADIES DE LA PKOSTATS Kl DE LA VtâSIE.
Les bains aromatigues ont été conEeilIcapar Lallea»ii<l, i{ui dilea avoir toujours obtenu de bons résultats- L'ainiilioralîon iie se muii- Teste pus avant le huitième ou le dixiëme bairii cl lreiil« bmat saH quelquefois nécessaires pour arriver à la guériBon. Il les prtpanA de U manière suivante : de l'eau bouillante est versée «ir (|ailraM cinq poignées d'épices aromatiques, qu'on couvre usactMHal il qu'oD laisse refroidir jusqu'à température agréable. On aioUe n verre d'eau-de-vie en plaçant le malade aubaÎD, on lecoiim,etSi reste tant qu'il s'y trouve bien. Sorti du bain, on le frotte avec de k fianellfi et on l'Iiabille clmudement. Après cinq ou «x bains, onsii^ mente la quantité de plaiitcset d'eau-de-vie. Ou mettra ploâevn jours d'intervalle entre chaque bain, si les premiers pitutuitem uu trop grande e\ciluIioii.
L'Hectricité a toujours été inutilement «uiployée par t^U(THiil{l^ Webster el Hauduit semblent avoir obtenu quelques sucnàs en linil des étincelles le long du raphé et près de la symphyse des pubêî!!.
Les moxas et les vpsicatoires , placés bu sacrum , ont fait rowi cettâ IttHhnité, ainsi que la teinture de canttiarides portée dafu li riigion profonde di- l'urèlUre.
La noix vomiqae, employée avoc succ&s, u Ëgalenifflit ét^ alilc à Hondlfire, qui a administré rextraîl alciwlique rralctienwnt |<t- {HTé, et qu'il a fuit prendra eu pilules, faites de la iiiani^n.- nrivante :
Eitrsit de nuii Tomique 4 ceDligrammet,
Oiydc Doir de ftT i gramme*.
Faites 2i iiilulcs a prendre Irais pir juur.'
Veairail df belladone a été recommandé par M. Tronsseii D'autres praticiens, tels que MM. Bretoiineau, Morand, Blaclie.iiglada, ont aussi eu recours à ce médicament, et quelques-uns di^ ne pas avoir eu toujours à s'en louer. Il est probable que ck «r succès sont dus au manque de persévérauce clatis l'emploi du œfdicjimunt. Pour qu'il ne reste pas de doute sur la tuédicatioafa célèbre professeur de l'école da Paris, nous rapjiorlerons <piclqiio détails d'une leçon clinique (3).
Une jeune fille de dix-neufans a commencé à pisser au lit à l'Jf de huit ans. Depuis cette épo(]ue, ses règles sont venues et a'ffli pas modiiié sou état. Elle urinait au moins dciis fois chaque naît
•s vifdicalei, t. SXIV, p. 2»l.
ilion dâ i'éteetriciti à larl de guérir. Ljoo, KB
(3) Jamiin et Waho. AmnwUre ie mtiecme ri dt chirurgie, 18U| p. SI.
DB L*1NG0NTIN1NCB D*IJ1I1II. &79
II y a huit mois, H. Trousseau lui prescrivit la belladone pour la première fois. Elle prit i centigramme d'extrait alcoolique de cette plante, puis 2, puis 3, puis ^, puis 5 centigrammes à la fois; dès les premières semaines de celte médication, il y eut une amélioration assez notable. Au lieu d'uriner deux fois par nuit, elle n'urinait qu'une fois ; elle restait même deux ou trois nuits sans uriner ; puis l'incontinence reparaissait encore pendant cinq à six nuits. M. Trousseau insistait alors sur le traitement. 11 portait la dose d'extrait de 5 à 6 centigrammes à 7 centigrammes, à 10 centigrammes. La malade passa vingt-deux nuits sans uriner. L'incontinence se montra de nouveau pendant trois nuits, puis il y eut dix nuits excellentes. La dose d'extrait fut portée à 15 centigrammes. La dernière fois que cette jeune fille a été visitée, il y avait trentequatre jours qu'elle avait cessé d'uriner la nuit, et c'était après huit mois de traitement. Ceci prouve avec quelle patience il faut insister sur cette médication. Mais, d'un autre côté, on y est facilement porté par Tamélioration rapide que produit la belladone, et par la certitude où l'on est qu'il y aura, sinon guérison absolue, du moins un soul<igement à continuer une médication dont vingt ans d'expérience ont démontré Tinfaillibilité.
« Nous ne nous en tiendrons pas, ajoute M. Trousseau dans sa Leçon clinique^ à ce résultat; déjà nous avons porté la dose d'extrait de belladone à 16 centigrammes. Si la malade reste un mois sans pisser au lit, nous prescrirons 17 et 18 centigrammes d'extrait. Puis, si trois mois se passent d'une façon normale, nous diminuerons la dose du remède, mais sans cesser l'administration de celui-ci. II nous est arrivé quelquefois de lâcher pied, et les accidents ont reparu, de sorte que nous nous sommes imposé la loi, môme après cinq mois de guérison, de continuer l'usage de la belladone encore quatre, cinq, six mois et plus. Il en est de cette névrose comme de l'épilepsie : nous l'avons poursuivie parfois pendant trois ans, et toujours les malades ont eu à s'applaudir de cette ténacité. »
S nr. — TralteaMMt palUAtlff 4e rin«oatlMeaee é*uHmé.
On ne peut pas toujours faire cesser l'incontinence d'urine; rhypertrophie de la prostate, l'induration du col, les fongus de la vessie, etc., sont souvent des obstacles contre lesquels tous les moyens viennent échouer. Afin de diminuer les fâcheuses consé* queucesde cette infirmité, on a inventé des appareils destinés à recueillir l'urine à mesure qu'elle s'écoule, ou à s'opposer à sa sortie.
Pour la recueillir, on se sert de vases allongés et aplatis,
A80 «ALADIBS Dl LA PROSTATE BT Dft LA ?ESSIB.
bouteîllex. Ou les fait de cuir, de gomme élastique, de galla-penii, de métal ou de verre, et on les recouvre d'une enveloppe de toik. de coton ou de laine, afin que In peau puisse en supporter le godtact.
On les fixe au moyen d'une ceinture et de liens asse* l(»igs, pour que la verge soit toujours placée dans cet le bouteille, qu'on vide lorsqu'elle est pleine,
Aujourd'hui on a abandonné le métal et le cuir bouilli, et l'on emploie seulement les substances élastiques, légères, et formant peu de volume.
On en a construit également qui peuvent être attacbét;s au bas de La jambe; elles portent un tube flexible de la longueur de la jambe. A l'extrémité supérieure de ce tube, il y a un entonnoir de cumc où d'ivoire destiné à recevoir la verge; l'urine coule dan^ le tuyau, d elle est recueillie dans la bouteille fixée au bas de la jambe; certi^ voir est terminé par un trou fermé par une vis ; lorsqu'il est plein. il suffit de retirer la vis pour le vider, sans qu'il soit nécessaire d'ôler cet appareil.
On a essayé aussi de petits sacs contenant une éponge, du son. etc. Ces moyens, qui ont rendu des services, sont avantageusement remplacés aujourd'hui par ceux qui viennent d'être décrits.
On a beaucoup cherché à empêcher l'urine de sortir, en plaçai sur un point de l'uréUire des compresseurs très variés.
Celui qui a été le plus employé est formé de deux plaques lî'acier mobiles et garnies de peau ; elles sont maintenues par un ii leurs bouts au moyen d'une charnière, el à l'autre, elles sont niinies par une vis; on peut ainsi les éloigner ou le^ rapprocher i volonlé. On place la verge entre ces deux plaques, et l'on cooprirae de manière â empêcher la sortie de l'urine.
Labat a mo<lifié ce compresseur en courbant liss plaques due leur longueur, et en échancranl seulement la supérieure.
Devergie dit que, par l'application de cet instrument, Labat i guéri des incontinences d'urine nocturnes.
Il itxisle encore d'autres compresseurs, agissant tous de la même manière, c'est-à-dire en écrasant la verge entre deux plaqncj solides, au moyen d'une vis à pression.
Dans tous les cas, il ne faut pas abuser de ce moyen : ce n'est pis sans danger qu'on exerce sur la verge un compression permanenle qui meurtrit les tissus et qui produit des indurations qui peuvent dégénérer.
Il est possible de se servir du compresseur pendantquelques heures, lorsque de^ afiàires urgentes exigent la présence du malade ; mais
DB L*HS1IATUE1E. /il8i
il est prudent de l'abandonner lorsqu'on n'est plus soumis aux exigences sociales.
Les compresseurs peuvent donc être utiles employés temporairement, mais il ne faut pas les considérer comme des moyens curatifs.
ARTICLE XIII
DE L'HÉMàTUEIE.
Lorsque du sang sort par Furèthre mêlé avec de l'urine, on dit qu'il y a hématurie. Ce phénomène n'est pas une maladie proprement dite, mais il est seulement un symptôme de différentes altérations de Fappareil urinaire ; il attire vivement l'attention de ceux qui en sont atteints, ils en sont très préoccupés.
La couleur de l'urine qui contient du sang varie depuis la nuance rosée jusqu'au noir, et entre ces deux extrêmes, il y a un grand nombre de degrés qui peuvent être la cause d'incertitudes dans la détermination du fait.
Il y a encore une autre cause d'erreur dans la coloration de l'urine non mélangée de sang : elle est quelquefois si forte, qu'on croit facilement à la présence du sang, alors qu'il n'y en a pas ; et d'autres fois elle est si faible, qu'on méconnaît le sang, quoiqu'il y en ait.
On a dit aussi qu'on pouvait*confondre la coloration de l'urine qui contient du sang avec celle produite par des substances introduites dans l'estomac. Une telle confusion cesserait bientôt en voyant le dépôt caractéristique abandonné par l'urine refroidie, et surtout par son examen au microscope.
• La coloration de l'urine dépend de la quantité de sang épanché, de son origine, soit des veines, soit des artères ; de son séjour plus ou moins prolongé dans la vessie, de Tétat de cet organe et des dépôts qu'il contient. Lorsque le sang est abondant ou lorsqu'il est formé en caillots, la méprise n'est pas possible; cependant il y a telles circonstances où une étude très attentive fait seule connaître la vérité. Le sang peut venir des reins, des uretères, de la vessie ou de la portion profonde de l'urèthre. Il est donc important, avant que de commencer un traitement, de reconnaître le lieu d'où il vient et la cause qui a provoqué sa sortie.
Cette recherche est souvent très difficile, parce que, quelle que soit sa source, il s'accumule dans la vessie, se mêle àrurineetU revêt toujours le même caractère.
Si
Il9,2 HALAtlIES T>lt Ll PltOSTATIt ET DB LA VESSIK.
Lu prutii)ue a recueilli queUjuos lii^pies à l'aide desquels on parvieiit quelquefuis à dégager la vin-ilé; niftis l'abseuc? de àgnes propres l'ait qu'ils ne sont pas toujours utiles ; oti se tromperait donc beaucoup, si l'on acceptait sans crilique tout oe <)ui a>flrMîit sur ce sujet
Les sensalious des malades sont d'un faible secours pctur ai-li-r \e chirurgien. Quelques-uns disent sentir dans la vessie et dans l'urétbre des impressions qui indiquent qu'ils vont urin<.-r du sang, rnii» aucun symplôme particulier nu' donnant l'éveil, on n« pt-ul guère prévoir une tiémalurie d'après renonciation si vague des sen^alioci du malade.
Cependant, si l'on a introduit des insti'uniL-nts dans li-s vuio uriuaires, s'il y a des plaieB, ou si l'on a reconnu quelques allmtlons des organes, on peut dire à peu près de quelle partie de l'i^ pareil urinaire vient le sang.
Assez rare chez les enfants, mCme après des nianœuvri^s dan« en organes, elle est fréquente cliez les vieillards , parre que le sang attlue dans le petit bassin ; sa circulation y est plus dtftlcile que duu l'àgc adulte, la constipation est très souvent persistante , ri surluat parce que, à cet ftge, les maladies des voies urinatres sont nombreuses.
S I". — némarrhdKlr d«ii r«-liH rt des ar^térr».
Les reins et les uretères peuvent être le siège de l'hémurrhape lorsqu'ils sont atteints de désorganisation, ou lorsque des blessures et des contusions profondes ont agi sur la région lombaire.
La prt'-sence de calculs dans clb organes peut encore provoquer l'écoulement du sang; mais lorsqu'il sort par l'urèthre, aucun si;;ne particulier ne peut le l'aire distinguer du sang donné par toute autre partie de l'appareil urinaire,
On a attribué aux reins, sans en donner la preuve, les hémorrliigies dites critiques, et celles qui sucdulent à de^ suppressions Je règles ou *i des llux liémorrlioûlaires. Cliei des vieillards, avaul ii-^ gltgé de faire l'exploration de l'appareil urinaire, on a attribue aiii reins ce qui très probablement était le résultat d'une affection de la vessie ou de la prostate, coïncidant avec ces suppressions; et poar justifier cette opinion, on a dit que, « dans l'hémorrhagie provenant Il des reins, le sang est plus intimement mêlé à l'urine. « Où est le point de comparaison 1 Lorsqu'on a sous les yeux de l'urine coiilenant du sang, quels sont les moyens de savoir <|ue ce sang est plus ou moins intimement mêlé à l'urine? Un a dit encore que cette bé-
Dk L^HÉVATUtllE. 683
inorrhagie est précédée d'une altération de Turine. Mais, ainsi que le fait remarquer M. Mercier, appelé pendant Fécoulement du :>ang, on ignore quel était auparavant Tétai chimique de l'urine ; on est donc dans l'im|)ossibilité de connaître si l'urine a été ou non altérée avant l'apparition de Thcmorrhagie ; et parvint-on à le savoir, on n'en serait guère plus avancé, puisque la cause la plus légère t'ait varier l'état de l'urine, et qu'on n'en connaît pas despécialeà l'hémorrhagie,
La forme des caillots a fait croire à quelques-uns que le sang venait des uretères, parce qu'ils étaient effilés et très allongés. La même chose se produit souvent lorsque le sang venant de la vessie est rendu par l'urèthre, ou par une sonde. L^ caillots s'allongent comme s'ils passaient à travers une filière.
Je crois qu'il est plus vrai de dire qu'il y a encore une grande incertitude dans les moyens de savoir d'où vient le sang; qu'on a admis trop légèrement l'hémorrhagie rénale, et que, grâce aux explorations récentes, qui découvrent avec plus de certitude les lésions de l'appareil urinaire, on doit admettre la grande rareté de l'hémorrhagie des reins.
<; n. — BéMorrliacle en la vcMde.
Le sang vient de la vessie lorsque cet organe est altéré dans sa texture par un cancer, des fongus, ou par une ancienne inflammation. Quelquefois aussi il y a des complications, et le sang peut provenir des reins ou de la portion profonde de l'urèthre, en même temps qu'il suinte de la vessie.
Lorsque cet organe est raccorni, lorsqu'il se contracte avec violence ou lorsqu'il est modifié par une injection caustique, 1e$angne paraît pas sortir plus particulièrement d'un point que d'un autre; mais si une pierre fatigue le col par des frottements, c'est ce point limité qui laisse échapper le sang. 11 peut encore sortir d'une autre partie de la surface vésicale, qui se contracte avec force sur une pierre volumineuse.
On peut être fondé à croire que le sang vient de la vessie lorsque, après y avoir fait une injection d'eau, la dernière quantité de cette injection sort toujours teinte de sang. Il faut se servir d'une sonde pour évacuer le liquide; laute de cette précaution, on reste dans le doute, et l'on ne peut pas savoir si la coloration est due au sang provenant de la vessie ou de la portion profonde de l'urèthre.
Le sang venant de la vessie parait ordinairement à la tin de l'émission de l'urine ou de l'injection; le jet de liquide, clair d'abord, se colore ensuite de plus en plus.
HiUDlKS DR Lk FROâTATE ET DB Ul VSSSII
$ III.— B«DiorrhBKle de rDr*«l*rr.
Lu simg peut provenir de la partie aiitcrieiire de l'urêllire ou d« ta portion [iroioii<!e. C'esl seulement ce dernier cas qui a été nommé htiualurie, parce que le sang reflue et s'accumule daos la vessie, où il se mêle à l'urine. Lorsqu'il vient de la portion anlérieureducanil, ou dit qu'il y a liémorrhtigie de l'urêtlire.
Il ne peut pas y avoir de doute sur le lieu de provenance, pam qu'il est facile d'explorer celte portion aiitérKurr de l'oriTllire, * qu'on sait que (lusoptirations y onlété faites, ou qu'elle a et^ lésée par dea violences extérieures.
La manière dout le sang sort dans ce cas aide au dta^niuslic: il coule laiis nélange il'uHne, par (gouttes rapprochées ou par jd; il n'y a pas de besoins li'uriner et pas de conlractioiis de la v<;uic. ' Ordtnairemenl de peu de durer, wlte hémorrbagie peut se rem»vcler plusieurs fuis après que le malade a uriné.
L'incertitude peut exister lorsque le sang vient de la porlion profonde de l'urèt lire. Il est facile de se tromper et de croit c qu'il virM de la vessie AKn de faire cesser i:e doute, on injecte rie l'eau dam li vessie à plusieurs reprises : il arrive un moment o£i elle sort uu coloration, lorsque l'urélhre est le siège de l'hémorritagie. Sil'oa iniecte une nouvelle quaiililé d'eau, et si Ion ramène le bout de !i Sonde 'Uns la portion profonde du cai>al, el qu'après l'y avoir lai^îa quelque lenips on la repousse dans la vessie, le premier jet de liqoiiie est coloré par du sang, tandis que le reste de l'injection est incolore
S IV. — Cnnaea c( pronostic de l'hénMHrle.
L'iiémaluriu est produite par des graveiles dans les reins et d»» les uretères, par la présence d'une pierre ou d'un corps étranpr dans la vessie et dans l'urêtlire.
Les violents effurls pour uriner et la rétention d'urine, I hvpfitrophie de la proslale el le développement des vaisseaux autour lit coi, qui l'accompagnent presque toujours, provoquent la »« du sang.
Les contusions, les plaies, les fausses routes, les fongus, le camw, les polypes muqueuK(l) de la vessie tt la désorganisation des rrim. ont pour conséquence ordinaire des liémorrhagies plus ou laoiiii abondantes.
DE l'ibmatueii. 685
L^inflaroniatioii et la surdistension de la vessie ont aussi une grande influence : cette dernière n'agit pas directement, mais son état prolongé enflamme les tissus, et, par suite, elle produit l'hématurie. Cependant Texhalation sanguine, suite de l'inflammation, est généralement peu abondante.
Chez les vieillards, l'abus du coït, l'usage des cantharides et des diurétiques, les injections irritantes, i'exerciire prolongé du cheval et de la voiture mal suspendue, sont des causes actives de cet accident. Néanmoins il faut être certain qu'il n'y a pas d'altération dans une partie quelconque de l'appareil urinaire, pour admettre avec confiance l'usage de la voiture et l'exercice du cheval comme une des causes de l'hématurie.
Dans les cas où l'on ne trouve pas de corps étrangers ou une lésion de tissus pour l'expliquer, M. Mercier pense qu'elle est due à la muqueuse congestionnée, et froncée par la tunique musculeuse, qui en exprime le sang comme d'une éponge.
On a aussi attribué une certaine influence à la goutta, à l'afiection herpétique, aux hémorrhoïdes? Sans doute on a vu l'hématurie chez des maladeiï atteints de ces diverses affections, mais je ne crois pas que seules elles aientsur l'appareil urinaire une action aussi spéciale.
H. Mercier se demande, en l'absence de toute cause appréciable, «s'il ne pourrait pas arriver qu'épaissies, indurées par Thypertrophîe et Finflammation, les parois vésicales fussent incapables de se res.^rrer ; et si, lorsqu'on a complètement évacué leur contenu par des pressions sur Tliypogastre, eHes ne pouvaient pas, en vertu de leur élasticité, exercer une succion sur leur propre muqueuse? »
Elle peut aussi être leflet d'une diatlièse, ainsi que le prouve le fait suivant publié par M. Mercier : « Un homme d'un tempérament lymphatique, à chairs molles et blafardes, avait eu, après une opération dans l'urèthre, une hémonhagie qui avait causé beaucoup d'embarras au chirurgien. M. Mercier passa une sonde qui élargit fortement le canal, mais sans causer le moindre désordre, et néanmoins il eut encore une hémorrhagie. Cette circonstance inspira des craintes relativement à la section d'une valvule qui gênait le cours de l'urine ; néanmoins il fallut s'y résoudre, et l'on dut combattre encore une hémorrhagie très abondante. »
On voit aussi les accès fébriles qui compliquent les anciennes maladies des voies urinaires être suivis d'un pissement de sang.
Enfln on attribue sans preuves une action au céleri, à fail et aux asperges. M. Civiale dit que rhématurie s'est reproduite assez souvent chez un malade qui faisait un usage immodéré de trufles, pour qu'on ne pût avoir de doutes sur leur influence.
A86 MALADIES DE l.i FRUSTiTS ET DR LA VKSSU.
Le séjour dans les pays iliBuiis y |>rédispose, et les l'hîrurgiuu miliUiir<â ont vu en Egypte des pissuiuenls de sang «lus ù U luiiitc tenipi^rmure de ce pays ; elle est li'équeiiU> sous It^ lropitiu«&.
Prmuii'tic. — L'Iiématurie n'est gruve qu'on raison de- la leâii» qui l'a produite. Ainsi, lorsqu'elle esc la (H>usLt|ueiicv d'une alténtion (les ceins ou de lu vessie, on doit en wlouler les EUiU«. Si. au contraire, elle reconnaît pour caiist l'usage de substances îriUaiitis., des excès, etc., elle est sans inifiortauce et elle cesse facilement eo faisuiil disparaître ces causes.
Elle peut être assez. |>ersistante poilr compromettre la vie, et l'a doit tenir compte des dilTérences des constitutions. Certains nulades peuvent gierdre une grande quantité de saug sans danger, tandis que d'autres sont très compromis [tar une émission inugs considérable.
L'IiéniHturie doit toujours être prise en considération par le nwdecin, soit pour rassurer le ni«lade lorsqu'elle doit titre sans tw;séquence, soit pour agir avec promptitude lorsqu'elle est la conséquence d'une lésion des tissus.
S'il eât rare, ainsi que le disent Desault et (Uiupart, qu'elle «il une aOection dangereuse, ounedoit passe dissimuler que. si clic m reproduit, elle compromet la vie du malade par L'épui&eineiiL pngressif.
Enfin il faut tenir compte d'une disposition parliculière qui peoi être congénitale, ainsi que le l'ait riiniuniiicr M. Mercier, ou acquiic par des exci's; cl, dansées deruiers mi, cette liemorrhagie peut avoir des suites funestes.
S V. - Tr«l(BiB*-Bt de rhémstarl*:.
Le traitemeiii de l'hiimidurie a varié selon les nombreuses liypotlièses imugiiièes pour expliquer les causes de ce pliéiiomène. Ci& seulement ilepuis qu'on a appris à explorer l'appareil urinaireeti distinguer li^s différentes l&sious, qu'on s'est arrêté à l'emploi it moyens dégagés en grande partie de tout ce qui était le produit if l'imagination.
Aux manœuvres chirurgicales on a joint l'administration d* riuelfjues médicaments dont i'espérience a prouvé l'eflicacilé. Il hiX donc diviser celle ratnlicaliuii en Irailemenl local et eu iraiteniaK général.
A. Traitement locnlrle l'/n-mntwie. — Il est nécessaire d'agir Je le iléhiil. fin s'assurera immédiatement de l'état de la vessie, afin de la débiirriisser dus caillots sanguins, si elle est distendue.
DB l'ebmatoiuk. 4ft1
Lorsque rhémorrhagie ne se fait pas rapidement, et lorsque le sang ne se coagule pas en niasse, une grosse sonde percée de larges ouvertures suffit |)our donner issue aux caillots ; on fait plusieurs injections d'eau, aOn de débarrasser la vessie, et ordinairement cet accident n'a pas de suites. Il faut avoir soin de répéter le cathété* risme assez souvent pour que la vessie ne soit jamais distendue; après deux ou trois jours de l'emploi de la sonde, on fait des injections d'eau tiède d'abord, et froide ensuite, et ces moyens suffisent généralement dans les cas simples.
H. Civiale a donné de sages conseils pour faire l'introduction répétée de la sonde : il est utile de les vulgariser, afin d'éviter aux praticiens la reproduction des accidents si fréquents dans ces cas.
C'est avec la plus grande circonspection qu'il faut introduire et retirer la sonde, afin de régler l'évacuation de l'urine. Le diamètre de l'instrument de gomme à courbure fixe, doit être de 6 à 5 mil* limètres.
Si le besoin d'uriner, si un spasme et des douleurs surviennent pendant l'introduction, il faut arrêter la marche de la sonde. On fait ensuite une légère pression, et ordinairement elle avance et elle entre dans la vessie. îl peut alors se présenter detix choses : ou l'urine est lancée avec force, ou elle coule en bavant. Dans le premier cas, il faut empêcher la vessie de se contracter trop fortement en plaçant le doigt sur l'ouverture de la sonde, afin d'interrompre le jet d'urine pendant quelques secondes. Cette petite manœuvre sera répétée plusieurs fois, si après une première et une deuxième, la projection de l'urine était la môme.
Dans le second cas, l'urine coule lentement; la vessie a perdu sa force contractile ; il faut lui venir en aide en plaçant la main à plat sur le bas-ventre et en appuyant de manière à faire sortir l'urine.
La seule introduction de la sonde donne tout de suite des renseignements utiles sur l'état des organes urinaires; elle indique l'état de l'urèthre, s'il est libre ou non, et quelle est sa direction ; et elle fait connaître enfin l'augmentation ou la diminution de la contractilité de l'organe.
Après trois ou quatre heures, si l'urine ne sort pas, quoique le malade sente le besoin d'uriner, il faut introduire la sonde de nouveau, et répéter cette opération pendant plusieurs jours.
On fera les injections lorsque la sonde est bien tolérée, et lorsque l'époque des accidents qu'elle produit est passée. On oommenoe utf l'eau simple ou émolliente et légèrement narr de graine de lin et de t^es de payoto
490 HALiDlES DK Lt mOSIàTS KT BK LA VKSSIK.
au ddiors deux kilogramme» de caillots dont Les ileniiejs èuin blancs, et privés de leur malière colorante.
Il résulte des faits jiubliés par M. Leroy que l'introditctiaii ttfda d'une sonde eu gomme, à lourburu fixe et sans mandrin tic jai»duit pas d'irritation, et qu'elle peut être renouvelée uu ^nd nunbre do lois sans inconvéaient.
Cautérisation avec le nilralt d'orient golide. — Souvent conseille^ la caulérisalion avec le nitrate d'argent solide, n'avait, je crois, pa encore élé employée contre l'hématune, lorsqu'en 1S&7,U- prufesseur Lallemand la pratiqua dans le service de H. Raynt a l'iùftal de la Charité. Il s'agissait d'un lionime âgé de cinquante i-t ua ans, qui, après s'être livré pendant buil jours à toutes saMa d'excès, sentit bientôt des douleurs en urinaut; et l'urine qui mtait claire au commencement, se colorait iiiscnslbltimciit en rxia jusqu'à ce qu'enfin les dernières gouttes semblaient être du MUfiNu. Les besoins d'uriner se reproduisaient de vingt-cinq à trcnlabi par jour.
M. Rayer prescrivit le st;igle ergoté à la dose de 60 centigniBme; les accidents augmentèrent : on fit prendre ensuite à ce niïliifl l'eau de goudron, et la teinture de canttiaride , sans résullBl«i(Utageux; enlin Lallemand , après un catbétérîsnie, recuaBUtiu plus grande capacité de la vessie, et une sorte d'état fongueni de» parois; il fit la cautérisation de cet organe avec le nitriile solidiSt, la douleur fut très vive , et il sortit une certaine quantité de sas^ On mit le malade au bain et les douleurs cessèrent.
Ln santé s'améliora rapidement, les urines ne continrent plusilf globules sanguins, et les besoins d'uriner furent moins frétiutnli Cependant l'hématurie reparut sans douleur. La cautérisation fal faite de nouveau, el enfin on la répéta une troisième fois. A dater i ce moment, il n'y eut plus de sang dans les urines.
M. Mercier a fait la cautérisation de la vessie avec des injeciioc de nitrate d'argent à fortes doses pour arrêter une bémalurie •jai l'ut suspendue par une seule injection. Elle diminua aussi l'irritalu delà vessie.
Emploi du copahu et du poivre de cuùébe. — M. le docteur ArdU a publié dans la Gazetio med. sarde (1851} l'histoire d'un iwrniM de trentc-(|uolre ans, se livrant avec excès aux boissons alcoolique Une hématurie, survenue sans cause appréciable, amena le nialailt à l'hôpital : les urines noires, sanguinolentes, en quantité normale, déposaient par le repos des fiocons tibrlneux mélangés rie matii« colorante. On lui fil prendre d'abord 40 centigrammes d'ergitiuit matin et soir, et la liniouade alcoolisée; ensuite on éleva la duî^
DK l'hemàtubii. &91
d'ergotipe à un gramme 60 centigrammes, sans qu'au sixième jour rbémorrhagie fût arrêtée. Les sangsues, la poudre de ratanhia et les purgatifs furent inefTicaces. Enfin, M. Arellu prescrivit deux bols de copabu et de cubèbe , composés de cinquante centigrammes de copahu, et de trente-cinq de cubèbe. L'alimentation fut substantielle. Peu à peu les urines s'éclaircirent et au bout d'une semaine, elles avaient repris leur couleur normale.
Emploi de la teinture d'iode, — L'efficacité de la teinture d'iode contre une forme particulière de l'hématurie a été démontrée par M. le docteur Wareningue (de Rotterdam).
Lliistoire du malade à qui on a admistré ce médicament doit être rapportée, pour faire connaître les bons effets produits par ce médicament (1).
Observations. — Un vieillard de quatre-vingts ans, d'une très bonne santé, éprouvait depuis une dizaine d'années, de&^difficultés à uriner, alternant avec une incontinence et de très vives douleurs. Le diagnostic fiit incertain ; les différentes médications ne réussirent pas, si ce n'est lecathétérisme, qui produisait une amélioration temporaire. Quelquefois la sonde était arrêtée dans sa marche par une étreinte oonvulsive. Les urines, d'aborrl claires, devinrent troubles, chargées de mucosités, et enfin elles furent sanguinolentes.
Après avoir employé sans succès les moyens usités en pareil cas, M. Wareningue résolut de faire une injection de teinture d'iode; il fit un mélange, composé de trois onces d'eau froide, et d'un gros de teinture d'iode, dont il injecta la moitié dans la vessie; deux minutes après, le malade sentit quelques douleurs, le reste du mélange fut aussi injecté. Une demi-heure après il y eut une forte réaction, et pendant quelque temps les douleurs furent très vives. Une heure après le calme revint; le malade pouvait rester assis sur son lit, et retenir les urines qui ne contenaient plus de sang.
Il fiit revu huit mois après, et l'hématurie n'avait pas reparu. M. Mercier a aussi employé (a teinture d'iode , mais après des faits comparatifs, il lui préfère aujourd'hui le nitrate d'argent à doses élevées.
Quand l'hémorrhagie est due à un développement vasculaire du ool de la vessie, il faut promener sur cette partie le nitrate d'argent fondu, à l'aide du porte-caustique de M. Mercier, qui est, ainsi que je l'ai déjà dit, celui qui agit le plus sûrement sur un point déter- Bùné.
Cette hématurie est souvent accompagnée de besoins fréquents
(1) Ànnalei de la Société médico 'Chirurgicale. Bruges, 1842.