MALADIES DE LA PROSTATE ET DE LA VESSIE
B. De la cautérisation de la vessie avec le nitrate d^argent solide.
Lallemand (de Montpellier) a porté le nitrate d'argent en crayon sur la surface interne de la vessie ; on est un peu revenu aujourd'hui de la faveur accordée à ce moyen trop énergique : les réactions violentes qu'il détermine et les résultats incomplets qu'il donne ont diminué la confiance qu'il avait d'abord inspirée.
L'action du nitrate d'argent solide, ne dépassant pas le col de la vessie, ou bornée à la portion prostatique de l'urèthre, est très utile dans les cas de catarrhe du cpl, ou d'inflammation chronique avec surexcitation de la sensibilité de la portion prostatique de l'urèthre; mais vouloir l'étendre jusque sur la surface totale delà vessie, c'est une témérité qui ne sera pas admise dans la pratique, malgré les quelques avantages obtenus.
L'opération faite par Lallemand consiste à vider la vessie d'abord, et à introduire ensuite un porte-caustique courbe d'un gros volume; on fait ensuite sortir la cuvette qui contient le nitrate d'argent, et on la promène sur la face interne de la vessie. On fait rentrer la cuvette dans sa gaîne, et enfin on retire l'instrument.
Lorsqu'on veut cautériser seulement le col de la vessie, ou la portion prostatique de l'urèthre, M. Civiale conseille d'employer une bougie de cire molle de moyenne grosseur, dont un pouce d'étendue est roulé dans le nitrate d'argent pulvérisé : on enduit ensuite l'instrument d'une couche d'axonge et on l'introduit rapidement, jusqu'à ce que la portion de la bougie recouverte de nitrate d'argent soit en contact avec le col de la vessie, ou avec la portion prostatique du canal : on la laisse en place pendant trente ou quarante secondes.
Le porte-caustique de M. Mercier agit plus sûrement que la bougie de cire, et à tous égards il mérite la préférence.
Cette cautérisation est parfois assez énergique pour produire de vives douleurs et de grandes difficultés d'uriner. Les douleurs augmentent surtout pendant que sortent les dernières gouttes d'urine, qui sont suivies de quelques gouttes de sang. Il faut donc faire ces applications en petit nombre, et les éloigner les unes des autres au moins de quinze à vingt jours.
H est prudent d'introduire une bougie de cire pendant quelques mhiutes avant de cautériser. On évite de la sorte les difficultés qu'on peut rencontrer, soit à cause d'une constriction spasmodique des
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muscles qui enveloppent la portion membraneuse, soit à cause d'une courbure trop exagérée au niveau du bulbe. ^
Les rétrécissements de Turèthre sont souvent la cause qui produit le catarrhe vésical, ainsi que nous Tavons déjà dit; ce serait perdre un temps précieux que de chercher à guérir cet état de la vessie avant d*avoir recalibré Turèthre.
La diminution de la souplesse du canal de Turèthre et même les rétrécissements à leur début exercent une grande influence sur la vessie, et sont des causes fréquentes du catarrhe de c^t organe, i mesure que Turèthrc retrouve ses conditions normales, à mesure que ses parois redeviennent souples, le catarrhe diminue, et il ne tarde pas à disparaître sans qu'il ait été nécessaire d'agir directement sur la vessie. Cependant, dans le cours du traitement, il est utile de faire dans la vessie quelques injections d'eau froide, afin d'en exciter les contractions et afin que l'urine soit expulsée en totalité.
Le catarrhe produit par les maladies de la prostate et du col de la vessie est plus grave que celui qui est entretenu par les rétré» cissements de l'urèlhre. Sa marche lente et insidieuse trompe facilement les prévisions du médecin, et les difQcultés sont grandes pour dégager ce qui appartient exclusivement à l'état morbide de la prostate, de l'influence secondaire que celle-ci a exercée sur les parois de la vessie.
Lorsqu'on a reconnu les éléments divers qui occasionnent le catarrhe, on doit les attaquer immédiatement, en ne perdant pas de vue que le catarrhe n'est qu'un effet, et que les moyens dirigés contre lui seul sont complètement inutiles. Il faut donc commencer pardiminuer la sensibilité (le l'urèthre, en y introduisant des bougies tie cire molle pendant quelques jours, et il faut vider la vessie deux fois chaque jour avec la sonde flexible à courbure fixe. Après chaque cathétérisme, ou fera quelques injections d'eau tiède d'abord et froide ensuite, pour débarrasser la vessie du dépôt muqueux qu'elle contient. Ensuite il faut s'occuper du traitement de la cause du catarrhe, ainsi qu'il a été dit.
Le catarrhe vésical est très souvent une conséquence de la présence d'une pierre ou d'un corps étranger dans les voies urinaires.
Une fois le calcul ou le corps étranger reconnu, il ne reste pas d'incertilute sur le traitement à employer ; c'est le calcul ou le corps étranger qu'il faut atteindre le plus tôt qu'on le peut. Cependant le catarrhe peut persister après l'extraction du corps étranger et produire ensuite une pierre nouvelle.
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Dans lus cas de ce genre, in peisi^tance du calarrlie doit «rt attribua i^ des désordres causés par le corps étranger ou par Top»ration qui r élé laite. On doit alors rechercher avec attention ti nature des lésions qui entretienneut la sécrétiou muqueuse, lEin d'employer une mêdicalion appropriée à chacune d'elles.
Pendant le traitement du catarrhe véaical, on voit somenl sorvenir quelques accidenis peu graves à la vérité, mais^^iîgtSDlili repos, et une suspension de toute médication active.
Le gonflement des testicules est fréquemment produit par lej»sage des sondes et des bougies, lorsque l'intlanimation a soa srà près du col de la vessie et dans la portion prostatique de rurèthn. Quelques jours de repos, des applications froides et de IrfKi purgatifs, suffisent pour le faire disparaître.
De même que dans plusieurs maladies des voies urînaires, le tmtement du catarrhe vésical occasionne parfois des frissotis ri an accès de fièvre qui simulent les accès de la fièvTe intermittente. Ce accès se reproduisent souvent plusieurs fois ; il faut alors snspmin toute espèce de traitement et ils ne reparaissent plus. Les cas qui. par leur ténacité, rendent nécessaire le sulfate de quinine. »■ néanmoins très rares.
La rétention d'urine momentanée esl aussi un accident qait produit souvent pendant le traitement du catarrhe; il est focilï^ porter remède : il est égidemenl important de ne pas attendrt afin que la vessie n'ait pas à soulTrir des efforts insolites qa'db fait pour expulser l'urine.
L'incontinence d'urine survient aussi quelquefois pendaat k traitement du catarrhe ; elle est ordinairement de peu de et elle doit être combattue par les moyens rapportés dans l'ulîdi relatif au traitement de l'incontinence, p. Ù73.
Lorsque le catarrhe persiste malgré les médications tes pta actives, les eaux minérales peuvent être efGcaces. On a vanté mesure un grand nombre d'eaun ; mais on doit reconnilR que les eaux sulfureuses, ferrutiineuses et alcalines onl soanS donné d'heureux résultats, et j'ai pu, un grand nombre de te constater l'utililé des eaux d'Ëvian prises alterna livemenl H* celles de la source d'Amphion.
En résumé, le traitement du catarrhe de la vessie ne peut être établi d'une manière générale ; par cela même que 3 ° rai vésical n'est point une maladie esseiiticlle, mats bien an syiiiptAn d'une ou de plusieurs autres maladies des voies urinaires, letnê tement ne peut donc pas être le même pour tous les cas.
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Il faut d'abord que les recherches aient bien établi la nature de la lésion qui le produit, et c*est quelquefois une très grande difficulté à vaincre. 11 faut aussi que les indications soient bien déterminées, et c'est seulement alors quon décide le mode de traitement spécial qui doit être adopté. C'est à ces conditions qu'on parvient à diminuer le nombre des revers éprouvés dans le traitement du catarrhe chronique de la vessie; chez les vieillards particulièrement.