CHAPITRE PREMIER
DE l'affection calculeose.
De nombreuses tliéories ont voulu etpliquer comment la poodn rouge ou ^lise, contenue dans l'urine, se séparait de ce liquide. Jusqu'à ce jour, les conditions de ce phénomèae nous sonl inùiftnue». Nous savons !,gulGment que cette poudre, sou& Tonne deîabk se produit dans lesretns, que par les uretères die descent^l du*!* Ii vessie, où enlînel le peutâlroarrëtée longtemps et en grande quanliti^ Cet état a reçu le nom dogravetU, ou premier degré de la pem.
Magendie ap[K;Ue graveleux, les malades qui expulsent ce* î^le seulement une ou deux l'ois par mois.
Lii gravelle se raonlre en sable ou en grains aaglomérés. de 'liFférentes nuances;. la coloration a du resie peu d'importance. Les couleurs principales sont le rouge vil', semblattle à la brique pil«, la couleur cendrée, et par exception la noirâtre. Lorsque (*s sables onL un certain vulunie, on les [iommn grafiers; et enfin lorsqu'ils sont assez gros pour ne pouvoir pas sortir de la vessie , ils ont reçE le nom de pieires ou de calciiU.
Les élémenU de la gravellese déposent en lames ou en grainâ. formant des masses dont levolumeest très variable. Cesdpux mode peuvent ulterner dans une même concrétion, et on les dislingK l'une de l'autre, par la régularité du dépûl en lames , el par les rugosités ilu riéprtl en grains. Ils sont généralement arrondis ou onlaires; cependant on voit des formes bizarres dues aux attaches as grains sur les aspÀrittis les plus élevées du noyau.
I.«s graviers blancs ou gris sonl nacrés à la surface, et ils midi ronds on ovoides.
Le volume du gravier varie depuis les petits grains que la loupf seule fait distinguer, jusqu'à ceux gros comme des pois; on en a
DK L'APriCnON CALCOLIDSI. 523
vu semblables à des haricots. Leur formation est alors régulière, ils ont séjourné dans la vessie, où ils se sont accrus. En général, le volume est en raison inverse du nombre.
Bien que Ton comprenne difficilement la sortie spontanée des gros graviers allong<^, d'un canal aussi étroit que l'urètlire, il ne peut rester de doutes sur ce fait, de nombreux exemples en ayant démontré la réalité.
Ceux qui ont augmenté de volume dans la vessie sont généralement ovoïdes et renflés dans le milieu.
M. Raoul Leroy (1) réduit à deux les types importants de la gravelle :
l*" La gravelle urique et oxalique, accompagnant les urines à réaction acide.
2"" La gravelle phospbatique, existant dans l'urine à réaction alcaline.
Ces gravelles différentes , mais à volume égal , produisent des effets opposés.
La gravelle d'acide urique, dure et lisse, se déplace facilement dans la vessie, ce qui rend son action sur le col de cet organe faible et sans persistance.
La gravelle phospbatique, granuleuse et moins mobile, se meut lentement, lorsqu'elle est posée sur le col de la vessie, la sensation qu'elle produit est sourde et continue. Souvent on trouve des graviers au fond du vase, ou mêlés au mucus ; ils y sont adhérents. Elle est presque toujours le résultat d*un affaiblissement ou d'une lésion organique de l'appareil urinaire , et rarement d'une colique néphrétique. Les reins, dans ces cas, semblent étrangers aux lésions de la vessie, et des quantités cousidérables de graviers peuvent être expulsées dans un très court espace de temps.
Cette espèce de gravelle qui a souvent des interruptions inexplicables, est quelquefois l'origine d'une pierre qui acquiert rapidement un très gros volume.
Les manifestations de la gravelle varient beaucoup: elles paraissent, puis elles cessent après un temps plus ou moins long, pour se montrer de nouveau, sans qu'on découvre les causes dece retour.Les principales, qui ont reçu le nom de coliques néphrétiques, se succèdent quelquefois très rapidement, puis le malade cesse de souffrir pendant fort longtemps, ou il est complètement guéri. Il en est qui reviennent périodiquement, et ce retour se régularise. Dans ces cas les coliques perdent leur violence , à mesure que la nialadie est
(1) Raoul Leroy, Étude sur la gravelUp 1857, p. 10.
528 UK l'affection C*LC.tlLÉlIS< BT DI Ll LITBOTSITIl.
si l'on n'a )ins atteint rabul, on a an moins obtenu Vimporlaifl résullat de ne plus conlbnrfre les sulvsliincesqai lescooiposml. « d'apprécier les riifftTenws occasionnées par ccrtttins ^tats spècian de l'appareil uritiHirc.
CcssubsiHnct'K sont en grand «ombre, et CmHin (de BcîdelbergI en a trouvé 31 parmi lesquelles il compte les difTcretitea mttiàs animales, coloranli», odorant*», ele.
Tous les l'iéments de l'urinu normAlf* nVnIrent pas dan? M composilion des calculs, k cfluse de leur grande soIuIhIUk; leUqw la créalinine, l'acide liippunijiiG, eU:. Hais on v rcnc^iQtre fouveni des substances qni ne sont jamais dans l'urîiic normale, tels qw le fer, la cysline, l'oxyde santhiquc, etc.
Les éléments trouves dans les calculs, soit isolés, soit c(inil>inè entre eux, sont les suivants(l) :
Afide uriqoe.
ttrair d'*inmoniaquc
On le Ae rbtxn.
trate di- polg-iH.
Vf* le de luude.
IlraUde iiiagriétU. *.
Oijdf iKiiUiiqu?.
PbMpb«le ammaniaco-niigaénen.
Pkiw^ihtu de cbiui,
Uslièce» aiiimale^
Ou la M de rhaui.
Carbunatf di- chaui.
Carbuuate dr niagi]é«i«.
Hilirc.
liiydo de far.
Bi'niuair d'ammooiaqoe.
OtaUlc d'iminoniaqac.
Pbosiibate de ht.
Miu.
ChlurhTdfBle d'ammoDîaqiir.
Constamment on trouve plusieurs de ces éléments dans l'uriiif normale, tandis ([ue les autres s'y développent seulemert dans i)t* cuudiLiuns palliolo({iques.
Uuelques-uues de ce^i substances sont en très jietite quantitédaw un calcul, par exemple le ter, la silice, elc: il iii est d'antres i\a'ii trouve larenifiil en minime proportion, et qui, dans certaines circunstanccs, constituent ia partie principale d'un calcul : tels <|up le carbonate de chaux et l'oxyde xantliiqiie.
Les combinaisons doces élémenls divers at la manière dont ils« n'Unissent pour l'ormcr lu concrétion sonl très nombreuses.
S'il s'ayil d'un développement régulier, c'est-ii-d ire d'une af:gli>méralion do crislaus ; taiil que les causes agissent dans les mêmeconditions, les cristaux, sans augmenter de volume, se multiplient, saccoleut, et ils loLtmiit des masse.* rarement volumineuses. Ils sont d'autant ,plus ré(;u1icrs, qu'il y a moins de matière animale;
(Il Samurl Bigelow (de Boslon), Rtclxrches sur l«t calctilj de la jxitù. Thhe
CU8SIFICÂTI0N DBS GiLCULS CBUfilItS. 527
cette dernière est indispensable, au contraire, pour réunir les dépôts pulvérulents ; elle provient de Turineoù elle est en dissolution et de la membrane muqueuse qui la sécrète. Très variables en quantité et en nature, les concrétions qui en résultent différent selon qu'il y a plus de matière animale provenant de Turine, que celle sécrétée par la membrane muqueuse; et ainsi se forment ces concrétions de dureté et de composition ditïérenles, telles que Turate d*ammoniaque, associé à Tacide urique, à Toxalate de cbaux et aux phosphates.
M. Civiale a particulièrement signalé un troisième mode de formation à peine entrevu avant lui. a Les molécules salines, dit ce chirurgien, à demi liquéfiées, forment une sorte de gelée épaisse dont la condensation produit, tantôt une masse uniforme, tantôt des globules distincts, tantôt enfin une simple poudre plus ou moins cohérente, suivant l'abondance de lu matière animale glutineuse qui s*y trouve associée. »
Ce mode de formation est particulier aux calculs d*oxa1ate calcaire, et on lobserve également dans ceux d'acide urique mêlés avec des urates et des phosphates, et elles peuvent se produire dans les reins, les uretères, dans la vessie, dans l'urèthre et dans les fistules urinaires.
Acide urique. — Il est rarement pur. Quand on le trouve sans combinaison, c est toujours sous forme cristalline, et jamais en amas amorphe. Les cristaux sont trop petits pour être vus sans le microscope. 11 est diverscîment coloré, depuis la teinte paille jusqu'à l'orange foncée , et il est déposé sur les parois des vases sous la forme de sables rouges ou jaunes. Ces nuances sont conservées dans les concrétions , depuis les cristaux très petits jusqu'aux calculs volumineux. Il est presque toujours accompagné d'urate d'ammoniaque, ou mêlé avec Toxalale calcaire, ou avec des phosphates.
Pour reconnaître ces cristaux quand l'urine est trouble par Turate d'ammoniaque, on chauffe cette urine dans un verre à montre, et les cristaux se dégagent à mesure que l'urate se fond. L'acide azotique les dissout, et le résidu de IVvaporation, de couleur écarlate, devient iH)ur|)re mis en contact avec les vapeurs de l'ammoniaque; on le trouve souvent dans le parenchyme du rein, en petiis cristaux jaunes ou ronges. Quelquefois l'urine en dépose tout de suit*», et à mesure qu'elle se refroidit, la quantité de crwtaux augmente, ou ils restent libn's à l'état de sable, dV' fois ils s'attachent aux parois du vase qu'ils recouvrent d'u»* jaunâtre ou briquetée. Les cristaux isolés sont souvent
528 DE l'aFFëCTIOK CiLCCLBUâB ET bE LA LITB0TBII18,
breux ; on a vu la vessie ci'iblœ de ces puillettes, qui fînUseot pu être d'innombrables calculs miliaires {1).
En se réunissant, ces paillettes forment des graviers nntus dans les reins, ou ils augmentent de volume et Us devienne»! Ah chIcuIs; ou, arrivés dans la vessie, ils ne peuvent en M>rtJr, etiL> deviennent les iioyaux des pierres vésiculeâ.
MM. Stnith et Bigelow ont démontré, par plus de deux coils analyses micro-chimiques, faites sur les calculs du musée Dupuylrai, que', dans plus de la moitié, l'acide urîquc entrait pur ou oumiK élément principal.
Calcul» d'acide urique. — D'une couleur jaunâtre ou ruutitdln. ils acquièrent, lorsqu'on les scie, un beau poli, et ils dounent au poussière semblable à la sciure de bois avec une odeur à'aài» cyanhydrique eu les cbauffaiit leutemeni. Rarement dans le» aïeuls, l'acide urique se montre sous la forme pailletée. On y vuil Ju taches rouges ou jaunes, brillantes, formées par des écailles d'aôlt urique déposcLS en couclies de peu d'épaisseur.
Ij^rsqu'il n'est pas pur, lorsqu'il contient des phospliatta, <» lorsque l'urate d'ammoninque est en petite quantité dans ta fom» tion du calcul, les lamelles d'acide urique sont accolées par leot faces en coucbes plus ou moins épaisses, dont la cassure est pin fibreuse que cristalline. Lorsqu'elles ne sont pas à l'état de piuttt ce sont les concrétions qui ont les plus grandes dimensions.
Urate d'ammoniaque. — ^ L'urate d'ammoniaque forme très ^^^^ ment des calculs sans être combiné avec d'autres substances, bia que de tous les urales c'est celui qu'on trouve le plus souvan M. Bigeluw a constaté sa présence dans presque la moitié de ^ analyses; le plus ordinairement il est mêlé avec l'iicidc uriqvt l'uxalale calcaire et les pbosphaies.
Il est gris cendré et avec les dissolutions alcalines il produit uk forte odeur d'ammoniaque.
L'ralei de potasse, de soude, de chaux et de magnésie. — Ces unie ne forment jamais seuls des calculs entiers.
L'uraiede potasse, à cause de sa graude solubilité, est toujour^M petite quantité; il en est de même de l'urate de soude. L'urdiedt chaux se combine quelquefois avec l'oxalate de cliaux et très raremat avec les éléments fusibles. Après l'urate d'ammoniaque, c'est l'un» de magnésie qu'on trouve le plus dans lescaleuls. âurl57anab« M. Bigelow l'a trouvé 27 lois. Ou a cherche àexpliquersn moiniii» fré(]uence dans la formation des ealctils, par s;i grande sulubii>li
(IJ CItIiId, AffKlion ealculeuif, p- 13.
CLASSIFICATION DES CAIX:ULS URINAIBES. 529
dans Teau ; cette explication n'est pas suffisante, puisqu'il est beaucoup moins soluble que Turate d'ammoniaque.
Cystine. — On trouve rarement la cystine; il y en a seulement un exemple dans le musée Dupuytren sous le n<* 126. C'est un quart de calcul, donné par H. Civiale. WoUaston la découvrit, en 1805, dans un calcul extrait de la vessie d'un enfant de cinq ans. L'ayant rencontrée une seconde fois, peu de temps après, il en donna la description dans les Transactions philosophiques de 1808 (1) ; et M. Civiale, dans un remarquable travail, a complété l'étude de cette substance (2).
Le nom d'oxyde cystique lui fut donné par Wollaston, à cause de la quantité d'oxygène qu'elle contient, et de la facilité avec laquelle elle se combine avec les acides et les alcalis.
Berzelius l'a nommée cystine, la dénomination d'oxyde comme distinctive d'un corps organique étant inexacte, puisqu'il y a de l'oxygène dans presque toutes les substances organiques.
On a proposé aussi, sans avantage, les noms de néphrine, d'oxyde Q^hritique^ d'uronoxyde, d'oxyde vésical, d'oxyde calculeux, et d'oxyde rénal.
M. Gviale, s'appuyant sur une des propriétés caractéristiques de cette substance, a proposé de lui donner le nom de scorodosmine L'usage a maintenu le nom de cystine.
Wilson dit à tort que le calcul de cystine ressemble au calcul de phosphate ammoniaco-magnésien. H est plus compacte et d*une texture granulée, plus distincte que celle de ce dernier. 11 est friable et il se laisse rayer par l'ongle.
La surface sciée fait voir des stries divergentes, qui vont du centre ï la circonférence. Lorsqu'on la brise^ on voit dans la cassure une texture granulée très nette.
La surface externe est très rugueuse.
Les calculs de cystine peuvent avoir un volume et un poids considérables. Le docteur Reynaud a détruit, par la lithotritie, un calcul dont les fragments réunis, pesaient 12 grammes 25 centigrammes.
M. Civiale a extrait un calcul de cystine de la grosseur d'une noix, el deux autres de la même substance, de la grosseur d'un petit œuf de poule pesant 98 grammes; M. Willis a décrit un calcul de cystine pesant 150 grammes , et mesurant 0",081 de longueur (3),
(1) Héraud, De la cystine^ Thèse de MoDtpellier, a"* iOI, 1*' décembre 1856, p. 8.
(2) Mémoire sur let calculs de cystine^ io Traitetneni médical ci préservatif de
lu pierre, 1840.
(8) Geinette médicale de Paris. 4850, p. 809.
S30 DB l'afpiction calculbdsb bt m LA LrraotRiTtB.
et M. Lenoir a opéré à Meaax deux enfants de la même famille ayant des calculs de cystine.
Oxalate de chaux. — L'oxalate de chaux est rarement à l'état de pureté, il est presque toujours mêlé avec Tacide urique, avec Tarate d'ammoniaque, ou avec le phosphate de chaux.
Les calculs de cette espèce sont gris et souvent d'un brun noirâtre. La coupe montre des couches ondulées dont la couleur varie. Lear surface externe est couverte de granulations arrondies, rarement aiguës, souvent volumineuses et semblables à celles des mûres.
H. Bigelow cite un exemple de calcul mural, appartenant an musée Dupuytren, contenant peu de matière 'colorante, ayant tous les caractères d'un calcul cristallin, et composé de cristaux blancs et transparents. Cette espèce est très rare. L'oxalate de chaux qui les compose est presque pur.
Les calculs d'oxalate de chaux , formés de globules noirs accolés les uns aux autres, grossissent assez rapidement. Ceux, au contraire, qui sont en masses compactes dont les grains sont applatis, se développent lentement.
Ces pierres ne sont pas toujours solitaires, ainsi qu'on le dît. Befanas a rapporté le fait de quatre calculs d'oxalate calcaire, extraits atec succès. Lorsque leur organisation ne s'est pas faite en lamelles superposées, ils ont peu de consistance, tant qu'ils restent dans la vessie; ils durcissent beaucoup par la dessiccation. Les pierres granulées sont friables, et presque aussi faciles à morceler que les calculs phosphatiques.
Phosphate ammoniaco-magnésien, — C'est de tous les sels celui qu'on voit le plus souvent cristallisé dans les calculs. On le tronve principalement à leur surface, dans les fissures et dans les cavités que les couches laissent entre elles lorsqu'elles sont disjointes. Les cristaux qui le composent se forment promptement, ainsi que l'ont démontré les faits où le b/oiement d'une pierre n'a pu être achevé. La taille ayant dû être faite , on a vu les fragments encroûtés de phosphates. A l'état de pureté, les cristaux sont parfaitement blancs; mêlés à du phosphate calcaire, ils sont ternes; leur forme est indécise, et leur volume est plus considérable; il est toujours très friable. Cependant quand, par exception, ce calcul a une texture cristalline , à grain serré, il est très dur.
Ces concrétions se dissolvent facilement dans l'acide acétique, chlorhydrique et sulfurique.
Les calculs phosphatiques augmentent rapidement, en quelques mois ils acquièrent un volume considérable. Ils sont toujours le résultat d'une inflammation de la muqueuse. La litbotritie mal faite,
CLASSIFICATION DBS CALCULS CRINAIRKS. 531
laissant des fragments de pierre dans la vessie, est une cause active de la production des phosphates. Des malades ont rendu des fragments blancs, quelques semaines après une dernière séance qui avait produit seulement des fragments rouges (d'acide urique). Lorsqu'on L brise ces fragments blancs, on voit que la croûte seulement est : blanche, et que le noyau est rouge et d*acide urique. r Lorsqu'une pierre a enflammé la muqueuse de la vessie, les cou* F «hes nouvelles sont formées de phosphates. 11 en est de même pour Y les corps étrangers introduits dans la vessie; dès que leur contact : a produit l'inflammation de la muqueuse, les dépôts qui les recou- Trent et les enveloppent sont toujours formés de phosphates. La ' cristallisation de ces phosphates est d*autant moins régulière que l'inflammation est plus vive, ces pierres sont amorphes lorsque l'inflammation est intense.
S !*'• — Bwfcaf çga des ««lc«U
On trouve des substances sans forme régulière , solides , molles ou difHuentes, qui concourent à la formation des calculs. Les sub- .. stances solides sont des sables libres, ou des amas plus ou moins ?" considérables de sables, déposés par l'urine : ils varient par leur r leur couleur et par leur composition. « lis sont blancs, rouges, jaunes, brun acajou, et même noirs. ^ Ces colorations diverses résultent de leur mélange avec les prinmg feipes colorants de Turinc, ou avec des purpurates de soude et d'am
tnoniaque (1).
s Ils sont formés d'urate de chaux, de soude et d'ammoniaque, de :«■ pbospliate de chaux, pur ou uni au phosphate ammoniaco-magné- ^ Uien. Rarement on y trouve l'oxalate et le carbonate calcaire.
- : Ces sables ont été trouvés en quantité considérable dans les reins, î les uretères et dans la vessie. Lorsqu'ils s'agglomèrent et s'aggluti-
f nent, ils produisent des graviers aux formes les plus variées, et
^1 dont le volume souvent d'une tête d'épingle peut dépasser celui
^ d'un pois. A cause de leurs diflerentes colorations on a distingué
.. des gravelles grises, jaunes, rouges et n^res. Presque toujours ils
. sont composés d'urate d'ammoniaque pur ou mêlé avec de l'acide
. urique ou avec des phosphates.
Les graviers d'oxalate calcaire sont assez rares ; on a remarqué
- . qu'un môme sujet n*en rendait plusieurs qu'à des intervalles éloi-
gnés. Cependant les noyaux de calculs sont fréquemment iorm^ d'oxalate calcaire, et les calculs eux-mêmes sont le résultai
V^ . (i) GiYitle, TraUé ie VafficUfm calaOmue, 1888» t yol. iB-8^ |toi
tité de phosphate de chaux. » La gravelle phosphatiq celle qui est formée dans les reins, est très rare. L' tratne est trouble et peu colorée.
On sait que les graviers d'acide urique et d'urate sont fréquemment arrêtés dans les reins, et qu'ils y volume. On en a trouvé aussi d'oxalate calcaire et calcaire, il est prouvé aujourd'hui, malgré ropinion tenue par Brande, que toutes les espèces de calculs ] mer dans les reins.
S II. — SvbsteiMea ■••lies om IMpildes ^em 4
La substance terreuse est, dans certains calculs, sip et la matière animale y est en si grande proportion qu touchant avec les instruments explorateurs, on ne difficilement reconnaître ces masses molles et difflw ordinairement des phosphates : on a trouvé aussi des Tacide urique; ces derniers étaient de petits gravi< une matière animale très molle, ou attachés à la surfao calcul qu'elle revêt d'une couche cornée.
A Tair, ces substances terreuses et phosphatiques rapidement, et ce n'est pas seulement dans raffectio mais encore dans le catarrhe vésical , qu'on les voit e quantité.
Chez les goutteux, les urines crétacées sont fréq rencontré ces dépôts dans les reins et dans les uret sans calculs. Ils sont généralement formés de pliospha d'urate d'ammoniaque.
I\ <<h««rm/-.r* 9 , \ t r^
CLAS6inCATI0!f DBS aiCULS UilNAliBS. 53S
lière molle les reconvre, les enveloppe d'an enduit gluant et assez
épais pour que leur rencontre avec le cathéter ne soit pas sentie.
M. Civiale dit avoir vu « plusieurs pierres de natures diverses qui
étaient «nveloppées par des couches de mucosités épaisses, que le
dioc de la sonde laissait dans le doute sur la nature du corps que
l'on venait de toucher. » M. Àndrai a vu cette matière molle revêtir,
! sous forme de membrane, la surface interne de la vessie. Ce sont
I ces masses molles, contenant plus ou moins de substances ter-
i leoses, qui ont reçu le nom de calculs fibrineux et albumineux,
[ Lorsqu'une concrétion quelconque est formée, lorsqu'elle n'a pas
pu être rejetée de l'appareil urinaire, elle agit comme corps étran-
> ger, elle irrite l'organe, elle modifie la nature de la sécrétion dont
les produits, en se réunissant, augmentent son volume.
On a donné le nom de noyau à la concrétion primitive, et celui à*écoree aux éléments surajoutés.
Les noyaux des calculs sont de deux espèces : les uns sont formés dans le corps, et les autres viennent du dehors. Toutes les substances ^pii composent les calculs peuvent se trouver dans les premiers. Le noyau est cette masse, distincte par la couleur ou par la nature de 1b substance, qui reste isolée, et qu'on ne peut plus diviser après <|a'on a séparé les diflerentes couches qui s'emboîtent et qui la re* eoovrent.
Noyaux formés dam le corps, — Lorsque cette masse centrale n'est pM dktincte, lorsqu'on ne peut pas l'isoler de l'écorce, le calcul est dit être sans noyau^ tel qu'on le voit dansâtes calculs d'acide urique por et d'oxyde cystique.
Quelquefois, au lieu du noyau, on trouve une ou plusieurs cavités de grandeur et de forme variables, et contenant presque toujours «ne matière noire, pulvérulente, ou en lamelles. On y a vu ^le- ■MDt une poudre grise, brune ou rougeàtre.
On a cherché à expliquer la formation de ces cavités par le dépôt de sels autour d'une substance végétale ou animale, autour d'un atillot de sang; celles qui ne contiennent rien, pas même une matière colorante, restent un mystère.
Le noyau peut être mobile et entièrement isolé, ou tenir au reste de la pierre par des pointes ou des aspérités, et laisser des espaces fides entre lui et la première couche de l'écorce.
Le noyau n'est pas toujours au centre du calcul ; il est parfois excentrique, et il se rapproche plus ou moins de la drconférenco ou
Ce mucus peut être k l'état de dessiocation et dÎTÎBé e: lement minces, qu'on les a pris pour des poils.
Une pierre peut se iurmer autour d'un caillot d( surtout dans la vessie que ce Tait est facile à se produii avant d'opérer l'archevêque de Paris, dit que la pîe un caillot, parce que, longtemps avant de souffrir < malade avait eu des maux de reins et qu'il avait ] par l'urèlhre. Ces prévisions furent exactes.
Noyoux venus du dehors. — Lorsqu'un corps étrange l'appareil urinaire et qu'il y a séjourné un cer devient le noyau d'un calcul. C'est dans la Tessie qu Ijon a élé le plus ordinairement observée, et c'est pa la plus grande partie de ces corps y ont été introdu d'autres voies leur ont livré passage : ainsi une pi une ouverture communiquant avec le rectam, ou I< matrice ou l'ovaire.
Des aiguilles, des épingles, des poinçons ont Ir trouvés au centre d'un calcul vésical, et l'on ne coni cas de calcul rénal formé autour d'une épingle (1) du corps d'un plitliisique qui n'avait jamais souffert naires, on dtx^ouvrit dans l'un des reins uu calcul meut renflé au centre, long de deui pouces et demi surface. Ce calcul contenait une épingle noire et Bans on ne coitnajt qu'un seul cas de corps étranger veni arrêté dans l'uretère : c'est une épingle incrustée l'uretère droit d'un homme mort dans le marasme. On a vu dételles pierres alloi){;ées être spontané
i CUSSIFICATION DES CALCULS URINAIRKS. 535
« pierre, sans que la vessie semble en être péniblement impressionnée.
ii Cependant ces pointes aiguës entrent souvent dans les tissus, et, traversant ré})aisseur des parois de la vessie, elles laissent géncrale-
H ment une fistule urinaire.
iji Le corps étranger peut être arrêté dans la prostate, et la jx)rtion
H qui reste libre s'incruste de phospliates.
On a rencontré comme noyau de calculs phosphatiques des balle
ii[ qui, à la suite d*un coup de l'eu, ont pénétré et sont restées dans la
iu vessie.
Des fragments d'os ont également servi de noyaux aux pierres
lu Tésicales, soitqu'ils aient pénétrédans l'organe par des plaies d'armes
^ feu, soit qu'ils y aient été introduits volontairement, soit enfin qu'ils
^ à y soient panenus à l'aide d'adbérences établies avec des organes
g voisins, tels que l'intestin ou les ovaires.
^ Des morceaux de bois et des étuis ont été souvent trouvés dans des calculs, ils ont été introduits dans la vessie tantôt dans un but coupable, et tantôt ils se sont brisés pendant des manœu>Tes pratiquées par les malades pour faire cesser une rétention d'urine ; enfin
^ il en est qui ont pénétré dans la vessie en traversant les tissus, à la
' suite d'une chute sur une planche, sur un échalas, etc.
Plusieurs fois ou a reconnu des épis de graminées ayant servi de noyau. Le tome IX des Mémoires de r Académie de chirurgie contient l'histoire d'un homme qui avait introduit un épi d'orge dans son
^ urètlire, afin de faciliter la sortie de graviers : cet épi, incrusté de matières phosphatiques, ressemblait à une grappe de raisin.
^' H. Civiale rapporte le fait d'un homme qui, après avoir rendu des
' graviers, expulsa spontanément une branche de fougère.
' On a retiré de la vessie des bourdonnets de charpie, des morceaux
' de linge ayant servi à faire les pansements d'un abcès à la région
* hypogastrique , ou d'une plaie résultant de l'opération de la ^ taille.
* Des tuyaux de pipe, des fragments de tube de verre ont servi de -* base à la formation de calculs. U. Civiale a extrait un morceau de ' tube de baromètre dont les parois étaient incrustées d'une matière
grise. Ce tube, peu résistant, fut brisé par la pression de l'instruit ment, et le passage de ces fragments aigus dans l'urèthre n'a pas $ produit d'accidents.
# On a également trouvé des haricots, des pois, des noyaux de
# prunes, une noisette, un grain de raisin et une pomme d'api. On a cité le fait d'une femme qui rendait avec l'urine des poils incrustés.
i On a vu dans la vessie d'une femme de vingt-cinq ans une masse de cheveux longs de douze pouces. U. Civiale a retiré de la vessie
I' de
L ro:
536 DE l'affection CÀLCUteunE ET DK L* LlTHOTUtTlE.
des poils Ju pubis inirodutts avec la wnde; ces poils s'ciKWfr lenl, et c'est sans doute ce qui a élé pris pour une graveUe pileux. Les sondes de mauvaise qualitt;, en se brisant dans les v-wes attiiaireii, sont souvonl devenues des causes de calculs. Cet acâdec a eu lieu un grand nombre de Tois depuis qu'on a eni ployé ligutupercha falsiliée pour la Tabrication des sondes et des bougies.
S IV. — Éeoree dca cateala «pln«lre>.
L'écorce des calculs est tantâl lamelleuse et tantôt granulcR selon que les dépôts successifs sont plus ou moins purs. Ainâ, k précipitation restant toujours la même, on ne distingue Biiciuifte' gement, aucune interruption entre le noyau et l'écorce, touuwc le voit dans lescalcuU d'acide uriquecrislallîsé et d'oxyde crit<i|* Si la nature de la précipitaliou change, l'écorce se forme k Tèt granuleux oulamelleux.
Les calculs granuleux, comme le sont, par exemple, les tslnk d'o\alate de chaux, laissent voir, après leur morcellement, ri'>'>"' commencé par être des gouttelettes molles Elles se superpiim* entourant le noyau, et, ou elles se confondent en perdant ht forme, et le calcul a une apparence homogène, ou elles restcstAitinctes eu s'aplatissant, et elles ont l'aspect de lamelles înégtlM,t manifestant à la surface externe par des espèces d'épines, ou erii ces gouttelettes condensées en grains arrondis sont creuses. Sn grains sont réunis dans une même substance, le calcul est trte4r si, au contraire, la matière qui les contient a peu deconsi$taiioe,li calculs sont friables cl ils se laissent facilement écraser.
Cette formation granulée se retrouve encore dans quelquisal> culs d'acide urique altéré. On voit à leur surface des granules fi* ou moins adhércnlcs. Ces calculs sont généralement peu réa Les phosphates revoient souvent celle forme granulée. Les calcul» lamtlhux résullcnt (les dépôts réguliers sur !»!■• face d'un noyau. Robert Boylc a comparé ces lamelles superpotâ aux tuniques d'un oignon. L'épaisseur de ces couches varie œrt» dans divers points de leur étendue, leur mode d'union est aussi m variable: ainsi ces lamelles sont tantôt fi peine distinctes à la Ion;*. et tantôt séparées par des intervalles plus ou moins considénble souvent comblés par des phospliates et mis en commoni»!»* avec la surface externe par des fissures. Quelquefois, sur uneroop de ces calculs, on voit des rayons allant à la circonférence et inwrompant la conlinuilé de la couche lamelleuse. Ce sont ces piare <]Ui ont donné le curieux spectacle des ruptures spontanées.
CLASSinCiTION DBS CALCULS UEINA1RES. 537
La différence de densité fait varier la coloration des couches, c*est ce quia lieu surtout dans les pierres d*oxyde cystîque.
Les couches, au lieu d'être identiques, comme pour Tacide urique, l'urate d'ammoniaque, etc., sont souvent composées de substances diverses, c'est ce qu'on a appelé le calcul alternant : ainsi par exemple, Tacide urique recouvrant l'oxalate de chaux, un noyau d*acide urique recouvert d'urate d'ammoniaque et de phosphate.
La texture grenue peut se transformer subitement en texture lamelleuse, cependant cette transition brusque n'est pas ordinaire. On voit entre ces difTérentes couches des dégradations qui préparent la transition. Prout l'établit de la sorte, s'il s'agit de l'acide urique passant aux phosphates par l'urate d'ammoniaque : acide urique cristallisé pur, acide urique compacte et décoloré, acide urique pâle et impur, urate d'ammoniaque, phosphate triple et phosphate fusible (i). Il y a des calculs qui grossissent très lentement, et d'autres qui le font avec une grande rapidité ; en général, l'accroissement des pierres dépend de conditions encore inconnues et de l'état des organes urinaires. H. Crosse, ayant fait des recherches pour avoir une donnée approximative, croit que, chez l'adulte, un calcul d'acide urique ou d'oxalate calcaire croit généralement d'un à deux gros, et rarement plus, par année. Il ne semble pas possible de préciser les conditions d'accroissement des calculs, elles sont si variables, qu'elles échappent à toute observation ; on doit d'autant plus le regretter, que ce fait a une grande importance pour la pratique.
S Y. — ¥olBBM et p«i€to éem calcals «Haalres.
Le volume d'une pierre n'indique pas toujours son poids^ à cause des différences dans sa composition.
Dans les reins^ les calculs diffèrent beaucoup par la forme, par le volume et par le poids, depuis la graine de millet jusqu'à l'œuf de poule. On a vu des calculs dont le volume variait du degré le plus faible au plus gros, en passant par les points intermédiaires. Ainsi les reins de Philippe IV, roi d'Espagne, et de Frédéric III, électeur de Saxe, contenaient un calcul gros comme un œuf de pigeon, et Renauldin a présenté à la Faculté de médecine de Paris un calcul rénal gros comme un œuf de poule.
Le poids le plus commun de ces calculs est de 1 à 4 gros ; on en a vu de plus considérables, tels que ceux trouvés'dans les reins du pape Innocent XI : l'un pesait 6 onces et l'autre 9. M. Civiale dit que c'est probablement à ces énormes pierres qu*il fout rapporter
(I) CiTiale, TraUé de taffectùm cotcmkuie^ p. 61.
53S DE L'AFFBCTlltN CALCULECàB ET DB LA LITUUTtlIll.
la croyance de reius pétriRés, dont quelques purUi.
Dam iei w-ftères, les calcula soal gétiûralemeut pea dével^ipéi dans ces conduits. CeiH^ndaut ou cite, camiiie de rarss emfh lions, des calculs qui avaient te volumo d'une noix. M. Qfwk m a trouvé qui avaient eliacim lu volume d'une grosse nouelle. Il ■ est dont k poids était d'unu demi-once.
Dana la veaie, )^ grosseur des calculs vésicaux est exlrAmeMtt variable, leur volume est depuis la plus petite gravelle jusqu'i ■ concrétions qui pèsent plusieurs livres. H est surtout imponul d'appréciei' approximalivenient lu volume plus utile s oonultn pour la pratique que le poids, C'est du volume que dépend le clnii de la niétliodb opératoire, du procédé et des instruments. Lei calculs d'acide uriquc lisses, polis et très durs grossissent lentcmce); ceux qui sont rugueux, légers et friables acquièrent en peu <!« toi;) un grand volume, et ils se reproduisent facilement.
Le poids n'est pas toujours eu rapport avec lu volume, et c'ait tort qu'on a voulu révnluiT à uneoucc par pouce ; il d^Mod i» substances qui composent le calcul et de leur plus ou nirâns graudt pureté. Ceuii qui sont formés d'une seule substance d^pus«eiit tutment un volume médiocre, excepté les pierre» phospbaiiques.
Extraits de la vessie et dessécliés, leur {KùtU diminua par l'n» poratiièii du liquide qu'ils conticuncnt. Ainsi l'un cile eomai exemple des calculs qui, en vingt ans, ont été réduits de 24 onoa à 31. Cependant il tiiut remarquer que la diminution du ptûds rilt retrait de la surface ne sont pas toujours les mâmes pour toutes les vfinétcs. A peine sensible dans les calculs compactes, a leiliut cristalline, elle est très forte dans les concrétions terreuses ou spofr gieuses. On a trouvé de grosses pierres chezde très jeunes enfuiU, mais, en général, c'est chei! les adultes et chez les vieillards qu'd rencontre les plus volumineuses.
Le volume le plus ordinaire des pierres varie depuis la grossou d'une amande, d'une noix, jusqu'à celle d'un œuf de poule; c'ti par une rare exception qu'on rencontre des pierres plus voIuhûn eu ses.
Dans l'urkkre on a vu des calculs entiers de vingt-deux l^ûes d( longueur sur quatre lignes d'épaisseur. On cite encore des calcula rendus par Turèlbre, ayant la grosseur d'une noisette et même d'unt petite cMtaigue[1). Plus volumineux, ilsnepeuvents'écbuppffqu par une incision ou par un abcès.
(1) Civiale, De l'affKlion caiculeust, p. 130,
CUSSIFICUION DIS ULCOLS UaiNAIRfS. 539
Dans laprostaie ces concrétions acquièrent une certaine dimension ; M. Civialc en a extrait par les procédés de la litliotritie, qui avaient l'une sept lignes de longueur sur quatre de largeur et trois d'épaisseur ; et une autre de forme quadrilatère et légèrement arrondie, ayant cin(| lignes dans un sens et quatre dans l'autre.
Dans le prépuce^ les concrétions varient beaucoup de volume el de poids ; il en est qui sont à peine grosses comme des tètes d'épingles, et d'autres qui ont atteint cinq pouces de longueur; les plus communes ont de trois à sept lignes de diamètre.
Calcul du poids de 22& grammes entre les deux feuillets
du prépuce {\).
OBSiavATion. Un paysan de l'Ukraine, Agé de dix-neuf ans, se présenta à la Clinique chirurgicale du l'Université Karcoflf. D'une constitution robuste, et jouissant d'une parfaite santé, il avait un pénis d'un Yolumeet d'une forme eitraordinaires, la paume de la main pouvait à peine l'embrasser ;ilétaitd'une pesanteur considérable, et il avait la dureté de la pierre. Le phimosis était complet, la presque totalité de l'urine sortait en jet par l'orifice du prépuce, et une partie s'échappait par une ouverture petite située au côté droit de la tumeur. Un stylet introduit dans cette ouverture , louchait à nu un calcul, et introduit dans l'ouverture du prépuce, il ne rencontrait le calcul dans aucun point ; il n'était donc pas logé, comme le sont ordinairement les calculs préputiaux » c'est-à-dire entre le gland et les téguments qui le recouvrent.
A peine âgé d'un an, il fut pendant plusieurs jours en danger de mort, causé par une rétention d'urine subite , les urines reprirent leur cours, et les parents remarquèrent une petite dureté, du volume d'un petit pois , le long de la face inférieure du membre. Cette dureté augmenta peu à peu, sans produire de souffrances, jusqu'à l'âge de quuize ans ; alors il y eut de la douleur à chaque émission de l'urine, la peau s'entlamma, un petit abcès s'ouvrit, les douleurs cessèrent, et il resta le petit pertuls latéral.
11 est probable que lorsqu'à l'Âge d'un an , ce malade eut une rétention d'urine, un calcul ne put franchir la fosse naviculaire , il usa les parois du canal, et en contact avec le tissu cellulaire souscutané il détermina la formation d'une cavité dans laquelle il se développa. C'est seulement à TàgQ de quinxe ans qu'il ae fit un mouvement inflammatoire, accompagné de douleurSi laitaant W»
(1) BulMns de la Sociilé anatomiq^, t8f4» p. f 6,
5&2 DE l'affection CALCCLÉtTSB ET DÉ LÀ LtTBÔtEITtK.
M. Civiale a fait connaître un fait remarquable de sept calculs uréthraux colorés en gris-jaune, tachetés, marbrés, très luisants, et pour ainsi dire dorés. Ils avaient tous pour noyau un gravier grisblanc, sphérique dans les uns et oblong dans les autres.
Dans la vehie, très rarement la coloration des calculs est pure. On voit les nuances diverses, des couleurs blanches, jaunes, rouges, brunes, vertes, bleues et noires. Si parfois elles sont uniformes, d'autres fois, au contraire, on les voit en stries, en taches disséminées EUT le calcul, et lui donnant l'apparence veinée, jaspée ou mar* brée.
Le blanc, lorsque la teiture du calcul est à grains fins, se rapproche du blanc du marbre, ordinairement il est gris, rose ou verdàtre. C'est la base de ta couleur des phosphates, on Ta observée dans quelques calculs de carbonate calcaire et d'oxalate calcaire.
Le noir, qu'on rencontre aussi souvent que le blanc, est terne ou brillant comme celui de la houille ; il est disséminé ou unifbnnément répandu dans toute la masse. D'autres fois il forme seulement une couche extrêmement mince qui recouvre de l'oxalate calcaire.
Le bleu colore rarement les calculs véslcaux, tandis que la teinte ardoisée est commune^ surtout à la surface. Les plus fréquentes sont le jaune avec ses diverses nuances, et le brun, depuis la nuance fauve jusqu'à la couleur du bois d'acajou. Il dénote particulièrement la présence de l'acide urique.
Les calculs de la vessie sont rarement rouges comme les gravelles qui viennent des reins ; et c'est seulement lorsqu'ils sont formés d'acide urique qu'on voit cette coloration. La couleur rouge est parfois disséminée ou étendue en veines ondulées à la surface des calculs ondulés, à la surface des calculs phosphatiques ou d'urate d'ammoniaque.
Plus rarement on voit des calculs dont la surface est très brillante et d'autres d'un blanc laiteux, comme-du mastic desséché. Des phosphates terreux et d'oxalate calcaire ont l'apparence vitreuse. Le poli est quelquefois interrompu par des plaques mates. Cette particularité, commune sur les calculs à facettes, a été vue aussi sur des pierres ovales qui semblaient avoir été dépolies partiellement par le frottement.
Les couches vitreuses, soit extérieures, soit profondes, ont, dans certains cas, l'éclat du mica rayonnant au soleil.
Les calculs, dont la surface externe est vitreuse, occasionnent peu de douleurs et ils grossissent très lentement.
Les élévations, les nodosités qui recouvrent les calculs d'oxalate calcaire sont souvent lisses et vitrées; d'autres fois Tenduit
CLASSIFICATION DES CALCULS UftlIfAIllSS. 5&S
brillant est écaillé par petites portions, et il laisse à découvert une substance mate et noirâtre.
Dans Vurèthre^ les pierres qui n'y ont pas séjourné ne présentent pas des différences qui les distinguent des pierres vésicales. Lorsqu'elles y sont restées longtemps, ou qu'elles s'y sont développées, elles sont d'un blanc jaunâtre et luisantes, principalement sur les fcces qui ont été en contact avec d'autres pierres. Lorsqu'on les brise, si elles n'ont pas de noyau, on peut donner à la cassure un très beau poli : les noyaux viennent presque toujours de la vessie.
Dans la prostate^ les calculs sont généralement d'un vert foncé, et souvent translucides. M. Civiale croit qu'on a quelquefois pris pour des pierres prostatiques des concrétions venant de la vessie et arrêtées dans Turèthre.
Dam le prépuce^ les pierres sont d'un blanc sale, grises ou cendrées. L'odeur des calculs récemment extraits est acre et fétide, et on la sent de nouveau lorsqu'on les met dans l'eau longtemps après leur dessiccation. Lorsqu'on les scie, ils exhalent une odeur d'os, principalement ceux d'oxalate calcaire.
% ¥III. — IVomhre des calculs orlualres.
Dans les reins, l'urine n'entraîne pas toutes les pierres qui sont formées dans les reins, et il y en reste souvent un grand nombre. Les unes augmentent de volume, alors on en trouve de grosseurs différentes ; les autres restent stationnaires, leur nombre seul s'accroît. Dans cet état de très petite dimension, on en a compté jusqu'à dix mille.
M. Civiale a trouvé trois calculs gros comme des noix dans le rein d'un malade mort à l'hôpital Necker.
Les calculs solitaires sont plus communs que les multiples dans ces organes. En augmentant de volume, ils se touchent et se réunissent lorsqu'ils sont multiples ; mais les matériaux qui soudent ces concrétions sont toujours d'une autre nature que ceux qui forment les différents noyaux : ce sont presque toujours des sels phosphatiques.
On a vu les uretères pleins de sable^ et d'autres fois contenant plusieurs calculs, comme cela est arrivé au ministre Colbert. M. Cruveilhier en a vu superposés en forme de chapelet.
Dans les uretères, on a trouvé également plusieurs calculs dans ces conduits. Astley Cooper a extrait de l'uretère d'un homme cent quarante-deux petites pierres.
Dans la prostate, elles sont presque toujours nombreuses, et souvent elles sont réunies dans des espèces de kystes creusés dans la glande.
5&& DS l'aPPECTION aLCULStJSE BT DB LA UTHOTEITIB.
Dans le prépuce^ on en a trouvé en grand nombre et d'un petit volume. On en a compté jusqu'à cent six. Le volume est presque toujours en rapport avec le nombre, c'est-à-dire que, plus ils sont nombreux, plus ils sont petits.
Dans la vessie ^ on ne trouve pas souvent des calculs en grand' nombre : lorsqu'ils sont multiples, il y en a rarement plus de deux ou trois, et le plus ordinairement cet organe contient une seule concrétion. Liston dit que sur vingt-sept calculeux sept avaient des pierres multiples. Deschamps en a vu retirer vingt-deux à un adulte (1). Roux en a extrait cent quatre-vingt-treize à un malade qui en guérit ; il avait déjà été taillé par Boyer dix ans auparavant. Dupuytren en a enlevé plus de deux cents très petites de la vessie d'un adulte qui mourut des suites de l'opération. Ribes a mentionné le fait d'un homme qui subit trois fois l'opération de la taille; étant mort longtemps après la dernière opération, on trouva trois cents petits calculs dans sa vessie. H. Civiale a vu dans la vessie d'un homme dix-sept calculs gros comme depetiteschàtaignes.
En général, leur volume est en raison inverse de leur nombre; cependant, contrairement à ce qu'a écrit Deschamps, on a trouvé des pierres volumineuses, quoiqu'elles ne fussent pas solitaires. C'est ainsi que Fleurant (de Lyon) a extrait vingt-quatre pierres, dont seize étaient grosses comme un œuf de pigeon.
Les calculs multiples, rares chez les enfants, sont généralement inégaux.
Quelquefois la vessie se débarrasse spontanément, et l'on voit des malades en rendre un grand nombre. Ces émissions étant très rapprochées, on doit admettre que la vessie contenait de nombreux calculs. Chopart cite le fait d'un malade qui, dans l'espace de trois mois et après de vives douleurs néphrétiques, expulsa six cents graviers, dont plusieurs étaient gros comme des pois (2).
Parmi les calculs que j'ai réunis, je possède cent cinquante trois concrétions, dont les noyaux sont d'acide urique très rouge et les écorces d'urate d'ammoniaque : les plus petits ont le volume d'un petit grain de millet , et le plus gros est semblable à une olive , il était arrêté au méat urinaire d'une femme de cinquante-trois ans, et il avait produit une rétention d'urine. Il fut aperçu au moment de pratiquer le cathétérisme et il fut extrait avec une pince à pansement. Aussitôt il s'échappa un flot d'urine, et l'on trouva dans le vase cent cinquante-deux petites pierres.
Il semble que la difficulté que la vessie a, dans certains cas, de
(t) Descbamps, Traité de la taille, t. I, p. 90.
(2) Cbopart, Maladies des voies urinotres, 1. 1, p. 62»
lisiONâ OEGANiQUfiS PEODUITES PAB LES CALCOLS. 5ft5
se débarrasser complètement de Turine, est une des causes du grand nombre des calculs. Les graviers n'étant pas chassés, ils s'accumulent dans Torgane et ils y grossissent. On a signalé comnoeune des causes de la multiplicité des calculs, leur fracture spontanée. Crosse a trouvé dans la vessie d'un septuagénaire vingt-deux pierres» dont le poids était de 3 onces i/2. L'une d'elles se brisa spontanément quelque temps après son extraction, et les vingt et une autres purent être rajustées de manière à reconsCituer trois calculs semblables au premier. H. Civiale explique ces ruptures spontanées par les contractions violentes d'une vessie hypertrophiée. Cette explica* tion, satisfaisante pour les calculs multiples, ^cesse de l'être pour
les calculs solitaires.
ARTICLE n.
LÉSIONS OEGANtQUES PRODUITES PAR LES CALCULS UEIN AIRES.
Le séjour prolongé d'un calcul dans une des parties de Tappareil urinaire modifie profondément les tissusdes organes, et y occasionne des changements nombreux qui ont une grande action sur Taccroissèment et sur la composition des concrétions. Ces altérations organiques ont des symptômes qui acquièrent quelquefois assez d'importance, pour effacer ceul de la maladie première, et on doit toujours en tenir compte dans le pronostic.
Ces lésions ont lieu dans les reins, dans les uretères, d^ns la vessie, dans l'urèthre et dans quelques parties voisines de ces organes.
{ 1«'. — liésloos des relas prodolte* par des ealcals.
La présence d'un calcul dans les reins y développe souvent une inflammation qui se termine fréquemment par suppuration. On voit le pus sous différents aspects, tantôt ayant la forme de pustules disséminées sous le péritoine, ou en foyers profondément placés : tantôt près de la surface externe de l'organe, ou enfin accumulé dans une seule cavité creusée aux dépens de la substance de la glande.
Ces abcès évacués peuvent s'emplir de nouveau , et à plusieurs reprises ; le pus coule dans la vessie lorsque l'uretère est libre, et, dans le cas contraire, sa quantité augmentant sans cesse, il comprime les tissus de la glande, et il la réduit à son enveloppe et à ses cloisons internes. On a trouvé dans des reins plusieurs pintes de pus mêlé avec de l'urine et du sang.
Cabrol a vu un rein ainsi désorganisé pesant \U livres.
Le pus peut se forer différentes issues ; en s'infiltrant entre le
%M DB L*A#riCTION CALCULEUSE ET DÉ LA LlTHOTRlTII.
péritoine et les muscles des lombes, il descend vers Tarcade crurale et il s'étend sur la face antérieure de la cuisse. D'autres fois, lorsque les organes se sont créé des adhérences, il se glisse dans le côlon, ainsi que Portai et d'autres Tont vu, et, dit M. Civiale, c'est probablement à des adhérences de cette nature qu'il faut attribuer quelques-unes de ces émissions de calculs par l'anus (1).
Uowship a vu le pus pertorer le péritoine et se répandre dans la cavité abdominale.
Le plus ordinairement, ce liquide est dirigé vers la partie postérieure de la paroi du bas-ventre, où il forme une tumeur qui nrève spontanément,. mais qu'il est utile d'ouvrir le plus tôt possible. La plaie se ferme quelquefois après son évacuation ; d'autres fois il reste une fistule livrant passage à du pus seulement, ou à du pus mêlé à l'urine, lorsque la communication existe avec le rein.
Cette terminaison a, dans quelques cds,'facilité la sortie ou permis (le faire Vextraclion de calculs formés dans les reins : résultat très haur(iU^i puisque la présence prolongée de ces conorétiovs peut réduire l'organe h Tétat d'une simple capsule membraneuse, serrée autour de ce corps étranger.
'La sécrétion urinaire persiste tant qu'il reste une portion de parenchyme glandulaire.
Souvent cas abcès se ferment : cependant ils peuvent laisser avec persistance un trajet fistuleux, et dans ces cas il est rare d'en ob« tenir la cicatrisation.
La carie des côtes a été aussi un résultat du contact prolongé de l'os avec le foyer purulent.
Les deux reins peuvent être malades à des degrés différents. Che2 certains sujets, on a observé l'hypertrophie d'un côté et l'atrophie de l'autre, ainsi que l'a vu Baglivi sur le cadavre de Malpigjii. M. Civiale dit que lorsqu'un seul rein est affecté, c'est le plus ordinairement celui du côté gauche; bien que des malades aient porté une pierre dans le rein droit et aient souffert seulement du côté gauche, on n'a pas encore pu expliquer la prédominance de ce côté, malgré les nombreuses et insuffisantes théoriCvS émises à ce sujet.
Ces différentes altérations des reins se forment à toutes les époques de la vie. et elles peuvent accomplir leur évolution complète sans î^e révéler par des symptômes particuliers. Elles doivent néanmoins préoccuper sérieusement le chirurgien, parce qu'elles ont une grande influence sur le résultat des opérations qu'on pratique dans l'appareil urinaire.
(1) Civiale, AffècUon calculette, p. 2*20.
iÉWHfS •BGANIQDBS PBODOlTBS PAB LBS CALCDLS. 5&7
S BB. — Bjéslean des nretères prodoltcs par les caleols.
La iilatation des uretères a été souvent constatée chez les sujets qi|i ont succombé à l'affection ca Iculeuse ; elle est plus ou moins oon* sidérable, et elle se présente sous différentes formes. On a vu l'ure^ tère dilaté au point d'admettre le petit doigt, et même deux doigts, et ressembler tantôt à l'intestin grêle, et tantôt au gros intestin. Ces bosselures et ces resserrements successifs et rapprochés sont dus à des brides circulaires formant des replis valvulaires, signalés comme tont des anomalies. Dans certains cas, indépendamment de la di« latation, ces conduits sont contournés en anses, comme les intestins. La dilatation ne dépasse quelquefois pas l'extrémité inférieure de Taretère, qui rampe dans l'épaisseur des parois de la vessie ; l'ouverture (Revient directe et large, d'oblique et étroite qu'elle était. Cette disposition nouvelle est importante à connaître, puisque le beo d'une sonde peut y entrer et être la cause d'une méprise. C'est ainsi que Pelletan a méconnu un calcul vésical mobile de la grosseur d'un œuf de poule (1).
La dilatation est quelquefois aussi limitée à l'ouverture supérieure, et les parois de la partie moyenne de l'uretère sont hypertrophiées. Toujours la dilatation se produit en raison des efforts que le pialade a faits pour uriner.
Iks concrétions peuvent en outre s'accumuler dans ces conduits et les obstruer complètement.
Le rétrécissement et Y oblitération complète de l'uretère ont égale* loent été constatés. On a cherché à expliquer ces altérations de la manière suivante: des calculs formés dans les reins, ne pouvant pas descendre dans la vessie, ont été arrêtés à Torifice supérieur de Turetère, dans laquelle ils ont engagé un prolongement effilé, la portion la plus gro;ise restant dans le bassinet. Le conduit est donc ainsi entièrement fermé, et l'urine n'y pénétrant plus, la' portion placée au-dessous de l'obstacle a insensiblement perdu sa capacité. Des sables, des graviers, des concrétions calculeuses arrêtés dans les uretères, y ont grandi et ont acquis le volume d'une pierre. Ordinairement le calcul ne ferme pas complètement le conduit, U t'y incruste, s'y creuse un chaton et il y laisse l'urine arriver à la vessie.
On a vu des calculs arrêtés à l'orifice vésical de l'uretère, faire mlUedans la vessie. Us occupent rarement les deux uretères; mais
(1) Chopart, Maladies dès fXMs urimUrsSj t. I, p. B79.
548 DB l'affection calcuukuse kt de la I.ITBaTHmi. ils sont qufiquerois superposés. Ce|HinHant . dstis un |ietit nombre de cas 1res rares, ijes pierres ont étd^rouvëes dans les deux (uttdtuu Les allêratiotis que subissent les parois, en enveloppant Irralcul varient beaucoup ; IsiitAt les tissus sont épaissis. tnntAt au coDtrtirf ils sont amincis, el I» membrane muqueuse conserve les Iraoes d'une inflammation.
g III.— LéaloMS dr lu vesate prodalte* p»" 1'* ralral
It loi I
ihiivoi
• Par un long séjour dans la vessie, les calculs impriment organe de noinhreuses modifications. On l'a vue Ijypertrophin! m airophit«, d'une capacité plus grande ou plus petite, ulomn enfin altérée dans sa forme.
De même que, luitant contre un obstacle qui s'oppose à b libi sortie de l'urine, la vessie. Taisant d'inutiles efTorts pour oxpulscra calcul, les libres qui constituent ses parois musculaires s'épiùsA s'amincissent et s'allongent ; la capacité de l'organe augmente Ai force contractile diminue.
Ou ces mêmes libres deveniint plus épaisses, la contracLilîté Hfmente, In capacité de l'organe diminue, el les parois se moulent* le calcul, qu'elles élreignent avec force.
L'épaisseur des piirots, à peu près de 2 millimètres dans l'iU normal, peut arriver à U ou à là millimètres, ainsi que l'a wQ» part(l). I! est cependant utile de faire remarquer que ces pu» ainsi épaissies, ont souvent perdu de leur contractilité : c'est <\a'* effet dans ces cas l'hypertrophie est plulùt fibreuse que muscnlin
Néanmoins ces deux états dilTérents produisent aussi l'nmpliiM de la vessie, qui peut contenir plusieurs pintes de liquide » former à l'hypogaslre la tumeur caractéristique de la rétention.
L'inllammation ne rôsulie pas forcément de rityperirophie<i> calculeux ; la vessie continue à se contracter fortement, et si, da quelques cas, elle s'enllaname, c'est indépenHammenl de t'élâl fcj" pertrophique. Sous l'influence d'un Irailement actif, elle reii* bientdt à son premier état
C'est par la couche charnue que commence rtiy|>ertrophi(, < pendant longtemps elle ne dépasse pas cette limite. Ses fibn>.t peine visibles dans l'état normal, deviennent iipparenles, tawk muqueuse, elles forment des saillies dont on suit la directicHi tti» croisée, comme dans les cavités du cœur, et elles ont reçu le nff àecolonnes. Ces colonnes laissent entre elles des espaces libres à»
(I) Cbopnn, Maladiei dei tioiei vrineira, t. I, p. 3M.
LiSIQIIS OlGÀlflQOIS P&OOCITIS PAR LIS CALCULS. 5&9
lesquels s'engage la muqueuse, qu^on a cru à tort être détruite par cet état d'hypertrophie (voy. Cellules vésicules, p. 72).
La séreuse peut aussi être renversée dans ces espaces libres et entraîner une anse intestinale dans la vessie, ainsi que le rapporte Deschamps (1).
Lorsque la maladie est ancienne, la membrane celluleuse devient épaisse et dure, surtout vers les uretères et le bas-fond ; la dureté est quelquefois si grande, qu'on divise difficilement ces tissus. Dans les mêmes conditions d'ancienneté la muqueuse est colorée en brun, elle est aussi violacée ou noirâtre. Ces difiërentes colorations sont tantôt localisées, et tantôt elles sont répandues sur toute la surface : la texture de la membrane en est peu modifiée. Cependant la sonde donne chez quelques calculeux la sensation d'inégalités, de relâchement de la membrane qui semble molle, flasque et qui cède devant l'instrument Les inégalités qui sont le produit de l'hypertrophie,
* au contraire , sont dures et résistantes.
Lapeyronie a vu dans une autopsie une de ces saillies former
one cellule renfermant un calcul.
^ Si l'inflammation est rare à l'état aigu, elle est fréquente à l'état ^ chronique, et la sécrétion muqueuse est surabondante. Elle peut
ae terminer par la suppuration et par gangrène ; ce demi^ mode
* est exceptionnel. Lorsque la gangrène apparaît , elle est limitée à ^ un point sur lequel reposait le calcul. La mort en est la suite inévî- ^ table à cause de l'infiltration de l'urine pénétrant dans le p^toine.
La suppuration est fréquente, le pus reste entre les tuniques, soit
* à l'état d'infiltration, soit en petits foyers, soit enfin en amas consi- ^ dérables. Dans ce dernier cas, on le trouve vers le sommet de la ' vessie, ou sur sa paroi antérieure : il forme alors une ou plusieurs ' tumeurs au-dessus du pubis.
^ Ruysch a vu une infiltration de pus dans les parois de la vessie ^ qui avaient plus d'un pouce d'épaisseur, et^qu'on dédoublait en pluf aieurs feuillets entre lesquels il y avait du pus s'échappant dès qu'on ^ y faisait une piqûre.
Le pus se forme aussi dans le tissu cellulaire qui unit la vessie au
* rectum : il cherche alors une issue par le périnée.
^ La gravité de ces abcès est d'autant plus grande qu'ils se corn-
k pliquent d'une infiltration d'urine. Si elle a lieu rapidement, elle
K est presque toujours mortelle ; si elle se fait lentement, la dcatri-
P sation de l'abcès s'opère, toutefois en laissant des fistules.
L Des ulcérations se forment, lorsque la pierre chargée d'aspérités
(i) DcKktmpt, Tram é$ la Mta, 1. 1, p. 27.
550 Dl L* AFFECTION CALCULEUSK ET DE LA LITBOTBITIB.
enflamme les tissus. La membrane muqueuse est détruite dans une certaine étendue, la couche musculeuse est à nu, et il reste cet état nommé par Govillard excoriutive attrititm.
Ces ulcérations peuvent produire la perforation de Torgane, ainsi que Ta vu Choparl (i).
En général, dit Bouchacourt (2) , les ulcérations de la Tessie correspondent surtout aux points sur lesquels la pierre a exercé la plus forte pression. Elles ne se forment guère qu'aux derniers moroehts de la vie, lorsque l'inflammation de la membrane muqueuse est portée à un haut degré, et lorsque les parois vésicales, hypertrophiées, se contractent avec force et continuité sur le calcul.
La forme de la vessie peut subir des changements par le séjour prolongé d'un calcul. M. Civiale a vu une vessie en forme de cône, et fortement courbée de côté. Quelquefois le sommet se prolonge vers l'ombilic comme chez les enfants; et des adultes et des vieillards ont rendu par l'ombilic de l'urine et des calculs.
Deschamps, Boyer et Cooper ont pensé que dans la plupart de ces cas, ce n'est pas Touraque non oblitéré qui a livré passage à l'urine et aux calculs, mais que ce sont de véritables cellules, des hernies de la muqueuse qui ont fini par s'ouvrir, et par donner lieu à un abcès, qui a laissé une fistule urinaire.
Quelquefois les calculs se creusent une excavation profonde où ils sont abrités contre toutes les recherches. Dans un dessin de Houstet, on voit une excavation d'un pouce et demi de profondeur, sur un demi de largeur (3).
Les fongus sont des productions pathologiques qu'on rencontre souvent lorsque l'aflection calculeuse est ancienne (voyez leur description à l'article Fongus de la vessie^ p. 39/i).
$ W. — liésl^ns de l'arèthre produites par les ealevls.
Les calculs uréthraux donnent lieu à degraildes perturbations dans la totalité de l'appareil urinaire, et ils amènent des altérations trds variées sur le point où ils sont arrêtés, en atafilt de ce point, et surtout en arrière.
£ktns la ptrt ion prostatique , de petites pierres ou des fragrtients 49 calcul peuvent s'accumuler après l'opération de la lithotritie. iy*aotres fois , les contractions violentes de la vessie ont chas^ uû
|1) Chopart, Maladies des voies urinaires, 1. 1, p. 459.
tt^ Mémoire sur une altéralton spéciale de la vessie dans certains cas d'affec-
iMlonieu^e, ia Archives générales de médecine , avril 1839.
)> Mémoires de V Académie dé cMryrgkf t. II, p. f7«, |N. I, t#. 4.
DBS liSIONS ORGANIQOIS PIODUITKS PAR LIS CALCULS. 551
calcul dans la portion prostatique, oii il a été arrêté et où il s'esl accru. I^s calculs qui se sont ainsi développés peuvent être coU' tenus dans Tévasement de cette portion de Turèthre, ou de ce ppiiit, s'allonger vers Torifice urétliro-vésical, vers la portion membraneuse ou simultanément vers ces deux points opposés.
Cette portion du canal subit toujours, sous cette influence , une dilatation plus ou moins grande, et la prostate diminue d'épaisseur, ou même elle est atrophiée et elle est réduite à une enveloppa très serrée sur le calcul.
On lit dans un journal anglais (1) la description d'un calcul eufermé dans la portion prostatique, ayant un volume de deux pouces huit lignes de circonférence.
M. Civiale a vu plusieurs fois un calcul vésical, très gros, envoyer un prolongement dans la portion prostatique. Le col de hi vessio peut être simplement dilaté; et d'autres fois, Tévasement de cette ouverture est si grand, qu'il n'y a plus de démarcation entre elle et le canal. Dans des cas plus graves, on y observe des altérations profondes.
Si le prolongement du calcul est assez considérable pour atteindre la portion membraneuse de l'urèthre il se moule sur les parois de ce canal, et il acquiert rapidement un grand volume à cause du peu de résistance des tissus qui forment cette portion membraneuse.
Ces pierres, étranglées vers le milieu, ont souvent la forme d'une callebasse, dont la grosse extrémité est dans la vessie, et la petite dans la portion membraneuse.
Une dilatation considérable de cette partie de l'urèthre peut se faire sans altération des tissus et sans inflammation. Cependant on a vu des calculs produire de grands désordres, tels que la destruction des parois et former des amas de pus. Ce travail désorganisateur se fait rapidement vers la fin de la maladie, et quelquefois sans aucuns symptômes qui le révèle.
Ce grand développement de la portion membraneuse peut être une cause d'erreur de diagnostic. M. Civiale dit (2) avoir vu des cas où elle contenait de l'urine qui, s'échappant par la sonde, a fait croire à l'opérateur qu'il avait pénétré dans la vessie i alors qu'il en était encore très loin.
Ces pierres sont difficiles à reconnaître, de très habiles praticiens les ont méconnues , et lorsqu'on les découvre, on reste dans une
(I) Tho London mêàkal GaxHi»^ t. YI, p. 885. ;2) CiTîêle, Affectûm cakuku$ef p. 344«
mtire de a-
Î5& DE l'affection dtLCULBVSK ET DB LA LITHOTliTIE. |
leur facililé à former de» inci uslnlions, ont été recommsiidêes oniiiH dissolvantes, telles que les eau\ île Baile, de CiirlslKid, eic. ; d'âutm. au contraire, contenant Iris peu ilc sela terreux, onl e*« tootylm comme bvorisant la l'ormation de la pierre, l«Ues que les t*mia Pays-Bas.
Dans d'autres localil«s, ne pouvant pus rapporter à l'eau liH queoce des Cdlculs, on l'a attribuée à l'usage du cidre et des icila. et cependant ces derniers ont été riK»inniaDdés comme lithcitriptiques.
Le vin, et particulièrement le vin blanu, a été considéré toasr une cause active de la pierre. On coimaJt un grand nombre de aculeux qui n'ont jamais bu du vin, «i certes ce n'est pus vin qui proilult les pierres si fréquentes cbez les enfaul et chez les liabîtanu de la basse Egypte, où l'on ne coi vin ni spiritueux.
ZimmermHun(l), pour prouver le peu d'iiiRueiice du vin. lotf la rareté de la gravelle et de la pierre dans les pays voisinî dti Reuss, de l'Aar et de la Limmat. On sait qu'on y consomme ■ grande quantité de vins acides.
Si quelques-uns ont accusé la bière de lavoriser la fanmn de la pierre, d'autres, au contraire, rinvoi]uenl connue pnsenti- On a attribué également une action puissante aux «lineoti » lides. Les uns ont cru la trouver dans le iroma^e, et d'auiralHi niée; mais c'est principalement les aliments ricUes d'aioleqa'MI accusé de la formation des concrétions d'acide urique. Hulchina, qui, par sa position, a obsi^rvé beaucoup les g(;ns de mer, itmt« précisément à leur nourriluro fortement azotée la grande ranl^to calculs chez les matelots. Hutcbinsun s'est assuré que dans lal^ pitauxde la marinu anglaise, on ne voit presque jamais de oIcsInl Il en est de même pour les Jeunes matelots : do 1S30 à 18U.b gouvernement anglaisa reçu sur ses vaisseaux âO.OUV cnrantctfB dant cette période, tous les bdpitaux de la marine anglaise aV reçu qu'un seul sujet atteint de la pierre.
Ayant observé que des sujets, se nourrissant jusqu'à l'abatk viandes fortes, rendaient des gravelles rouges, et qu'après im cliangé leur alimeniation ils cessaient d'eu produire, on en acoodi que les aliments très axotés avaient une grande acliuii sur U induction de la pierre. La valeur de celte observation est baliin». sinon détrnite, par l'observation contraire. En eirrt, plus de Umo des calculeux est dans un âge, ou appartient à une classe de la:
(1) MMeo-iMrgkal Tran$m)t., ltS8, t. Xixm.
GAUSM M VkffWCTÎ<m CALCOLIOSt. SS5
ciété qui se noarrit peu de gibier, et qui fait un grand usage d'aliments végétauK.
Combien d*enfants à peine nés ont tous les signes de la pierre!
On voit que les opinions diverses, basées sur l'influence de l'alimentation^ ne sont pas suffisantes pour expliquer cette formation.
Quelques autres théories encore n'ont pas plus de valeur. Ainsi Hérissant attribuait à Tacide devenu libre dans les sucé animaux la fiiculté de dissoudre la matière calcaire des os, de produire des concrétions goutteuses où de se déposer dans les reins. Il concluait à l'utilité des alcalis.
On a cru que la gravelle se formait facilement dans les lieux où
I sqoume l'urine, tandis que c'est dans la vessie que l'urine séjourne,
I et que c'est dans les reins que se forme la gravelle.
I L'importance qu'on a attribuée aux obstacles à la sortie de l'urliie
f^t exagérée ; ils n'agissent efficacement sur la formation de la pierre
que si les organes qui contiennent l'urine sont atteints d'un état
morbide particulier ; tant que leur action reste mécanique, ils n'eiet-
cent aucune influence sur la formation de la gravelle, qui, chex l'en-
Cuit, est moins fréquente que la pierre : on sait que le contraire est
observé chez l'adulte et çhet le vieillard.
L'acide ûritfue, qu'on voit souvent sous la forme d'un sable i*ouge fhns les urines, est, ainsi qu'on croit l'avoir remarqué, le produit d'une irritation légère de l'appareil urinaire, mais sans inflattimalion. Dans d'autres circonstances, il s'en fait des dépôts épais sur les parois des vases qui ont contenu l'urine, sans qu'on puisse apiHrécier sous quelle influence ils se sont formés.
H. Civiale (1) dit avoir vu souvent un exercice violent, une forte ccmtentiou d'esprit, élre suivis d'une émission d'urine contenant beaucoup de sable rouge. Il en est de même des troublés de la digestion,des affections morales vives etdes intempéries atmosphériques.
L'oxalaie eûiemre et Voxgde cysiique se forment sans que, jusqult ce jour, rien n'ait fait connaître les états qui influent sur leur production. Ils ne sont nullement modifiés par l'alimehtation, et l'oxalate calcaire particulièrement ne diminue pas par un régime qui, d'après la théorie chimique, devrait produire de l'acide urique, avec lequel il alterne souvent.
Les photphateê peuvent être suivis dans leulr développement. De môme que la lésion de la moelle épinière, Tinflammation avec ou lans lésion de tissu modifie les sécrétions de la mU(|ueuse de l'appareil urinaire : les dépôts solides qui en résultent sont composta
(I) Cifiale> âfttctkm eâlnUmm^ p. i2S.
556 DE L*APFSCTION aLCULBUSK BT DB LÀ LlTBOTaiTlE.
de phosphates, quelquefois mêlés avec un peu d'acide urique. C'est ce qu'on observe quand un corps étranger a pénétré dans la vessie. Il est toujours recouvert de phosphates, et non d'acide urique, ainsi que cela devrait être, s*il agissait à la manière d'une baguette placée dans un bocal, autour de laquelle viendraient se déposer des cristaux.
Une modification de la santé peut changer en pierre la formation des sables. On voit des sujets rendre beaucoup de sables rouges et continuer à se bien porter. Il survient une affection catarrhale dans un point de l'appareil urinaire, le sujet cesse de rendre des sables, et il s'est formé une pierre avec noyau d'acide urique. Si l'inflammation est légère, les couches superposées seront composées d'urates et d'oxalates; si l'inflammation augmente^ les phosphates seuls formeront ces nouvelles couches. Le catarrhe de la vessie peut produire une pierre de phosphates sans autre noyau venu des reins. On a cherché à généraliser l'action de l'inflammation» parce qu'on a quelquefois trouvé un grumeau de mucus au centre des concrétions, on a voulu les rapporter toutes à l'inflammation. Évidemment c'est une exagération, et on a pris pour la règle ce qu'on observe seulement dans quelques cas particuliers.
En opposition à cette théorie, d'autres n'ont accordé à l'inflammation que la force agglutinative réunissant les matériaux voiant des reins.
Il n'est pas possible; jusqu'à présent, de définir d'une manière satisfaisante les causes de la formation de la pierre. Il est probable qu'elles dépendent d'un état pathologique spécial de l'appareil urinaire, soit des reins, et ayant altéré leur sécrétion, soit de la muqueuse, et ayant modifié ses produits, soit enfin de la réunion de ces deux phénomènes.
Cet état pathologique naît sous l'influence de causes internes qui nous échappent, et de causes externes facilement appréciables, telles que des corps étrangers séjournant dans la vessie, et des obstacles qui empêchent la libre sortie de l'urine.
L'observation a fait connaître encore que la formation de la pierre peut être favorisée par tout ce qui modifie les éléments constitutifs de l'urine, et par tout ce qui empêche la sortie des graviers qui s'augmentent de toutes les sécrétions des muqueuses enflammées. La stagnation de l'urine n'y est pas étrangère ; le séjour prolongé de ce liquide l'altère, et il acquiert des qualités qui activent la précipitation des sels. C'est ainsi que se sont formés des calculs pendant un long séjour au lit. On a néanmoins exagéré l'importance dece fait, et l'on a dit que l'habitude qu'ont certains hommes replets de
(^USBS DB l'affection CALCULBOSS. 55f
se coucher sur le dos était une cause de la formation de la pierre. On a invoqué l'influence des climats, et on a cru que les climats très chaudset ceux où le froid est très vif garantissaient de la pierre. L'observation démontre le contraire. A Tile de France et dans le gouvernement de Moscou, la néphrite calculeuse est très fréquente, et Clôt Bey a fait un grand nombre de tailles en Egypte.
On remarque des différences relatives à Tàge des calculeux : ainsi, dans quelques localités, et notamment dans le Wurtemberg, la proportion des enfants est considérable, tandis que dans la Lor-* raine, dans les Alpes, dans les pays ou très chauds ou très froids, li prédominance est chez les adultes et chez les vieillards (i); chez ces derniers, l'affection calculeuse exerce sur la constitution une influence beaucoup plus grande qu*aux autres époques de la vie.
Trois soldats ayant été frappés de la foudre dans une caserne, on s*est cru autorisé à attribuer à l'électricité une influence sur la production des calculs, parce qu'ils furent atteints de gravelle et d'autres maladies des voies urinaires, dont ils n'avaient pas souffert auparavant, et M. Becquerel a dit qu'il était parvenu à former dans Farine, au moyen de ses appareils électriques à petite tension, nonseulement le phosphate ammoniaco-magnésien, mais encore les autres sels insolubles qui concourent à la constitution des concrétions urinaires.
On a paiement attribué au sucre une certaine action, on Ta admis comme un préservatif de la gravelle. Magendie soumit un chien à l'usage du sucre blanc pour tout aliment, et de l'eau distillée pour boisson. Cet animal périt au bout de trente-deux jours, dans un état complet -d'émaciation et d'épuisement. Son urine, analysée par E Chevreul, était sensiblement alcaline, sans aucune trace d'acide orique , ni de phosphates. Le sucre ne contenant pas d'azote, on a conclu un peu hâtivement qu'il n'existe d'acide urique dans l'urine qu'autant que les animaux se nourrissent de chair et d'autres aliments azotés (2).
Les calculs ne sont pas également fréquents aux différents âges delà vie, et dans les diverses conditions sociales; c'est ainsi que les entants appartiennent surtout à la classe indigente, et les adultes et les vieillards à toutes les classes. Cependant on a remarqué la grande fréquence des calculs chez les sujets dont la vie est sédentaire.
Quelques faits, que toutefois l'observation doit confirmer, ont fait
croire à l'hérédité.
(1) Civiale, Affection calculeuse, p. 344» (3J Loc. cit., p. 112.
|$8 DB L'ÀFPVGtIOM CALCaLBUSB BT DB LA LtttOTBiTIB.
En résumé, Tétiologie de la formation des calculs est encore fort obscure, non pas que l'on manque de théories pour l'expliquer, il y en a, au contraire, en grand nombre et de fort ingénieuses, mais on ne tarde pas à voir leur peu de fondement, lorsqu'on veut s'en servir comme guide dans Tétude de la maladie, et l'on reste convaincu que, malgré le grand nombre de faits bien étudiés, nous ne çonnaissofis rien de positif sur la formation de la pierre ; et si, comme pp a cru le reconnaître, l'âge, l'alimentation du sujet et le climat dans lequel il vit y ont une action, nous ignorons quelle est lapor* liée de ces influences et comment elles agissent.
ARTICLE IV