PES INSTRUMENTS COURBES POUR MORCELER LES CALCULS
$ ■•'. — Anse arilcalée.
Jacobsoii (de Copenhague) fit connaître, en 1831, un instrument courbe formant une anse, destiné à morceler et à écraser les calculs (fig. 79).
Il est composé d'une canule extérieure de 23 centimètres de longueur, légèrement aplatie et d'un diamètre de /i à 6 millimètres; elle renferme deux liges d'acier B, dont lune se meut facilement. Les surfaces qui glissent l'une sur l'autre sont aplaties, et celles qui sont en contact avec les parois de la canule, sont arrondies. Lorsqu'elles sont réunies, elles forment un cylindre plein de la forme
5S6 DE l'affection CiWUUlO*! ET Dl LA LITBOTRITIE.
de la canule extérieure. Leur extrémité vésicale, dépassaut la canule, est courbée et a 7 centimètres de longueur. Une moitié de ce cylindre, qui forme la concavité de la courbure, est d'une seule
pièce Qxée à la canule ei^térieure ; et l'autre moitié, formant la convexité, est brisée par trois charnières C.
Les bouU des deux tiges qui sortent de la canule extérieure par son extrémité manuelle n'ont pas la mém^ longueur; la plu3 petite, fixée par um vis k la canule, ne la dépasie pas ; IW tre, au contraire, mobile, et portant les charnières, est plus longue, et elle est terminée par un pas de vis sur lequel court un écrou A, des^ tiné à effacer Tanse et à écraser la pierre en rapprochant les surfaces des deux tiges. Gutte extr^ mité de la canule extérieure est munie d'une rondelle servant de poignée.
Lorsque l'instrument est fermé, il ressemble à un cathéter courbe.
. Pour assembler l'instrument à anse, on graisse la partie droite des tiges, on les réunit et on les introduit dans la canule extérieure en les poussant jusqu'à ce qu'elles soient arrêtées par le rebord en saillie. Un serre la vis de pression qui immobilise la tige la plus courte. La branche la plus longue sort de la rondelle, et on place récrou sur la vis. Cet instrument a été modifié; Dupuytren y a ajouté une articulation, afin d'obtenir une anse plus développée. C'esi le seul perfectionnement qui ail été conservé. Les deux branches latérales destinées à retenir la pierre, l'échelle graduée, la botte à cuir et le râteau n'ont pas été jugés nécessaires.
§ pi. -T Perentenr coprl>e # marteaii IN^Iir wé4»lrp îpm mmHmi»
epp frag «MPls.
FiG. 79.
M. Heurteloup, inventeur d'une méthode nouvelle pour détruire la pierre dans la vessie, lut à l'Institut, dans la séance du 20 février 1832, un mémoire exposant les principes de celle méthode, el contenant la description des instruments appropriés à son exécution. La méthode fut nommée percussion^ et l'instrurnent, pefruteur courbe à marteau.
DE LA LITBOTRITIE. 587
M. Heurteioup dit (1): 'cJ'ai donné à n)on instniment ic nom de percuteur courbe à marteau, 1* parce qu'il brise les pierres par la percussion; 2" parce qu'il présente une courbe, ce qui lui donne un caractère particulier autre que celui présenté parles instruments utilisés jusqu'à présent, et euGn 5" parce que la force que j'emploie est cell^ que me fournit le marteau.
Cet instrument est en acier [Gg. 80). Il a 38 centimètres de longueur, et l'on distingue dans $a compo* 'sition la partie qui, pendant l'opération , entre danji l'urèthre et dans la vessie, et la partie qui est exté*r rieure.
La partie extra-vésicale ressemble à une grosse sonde qui serait droite dans 22 centimètres de la ion* gueur, et dont lextrémité serait recourbée suivant le quart d'un cercle de '6 centimètres de rayon. Cette partie courbée se sépare en deux portions par une coupe qui croise, à angle droit, l'axe de la partie droite de la sonde. Cette dernière est composée de trois pièces, deux latérales et une intérieure. Les doux l^iéralps se continuent avec la portion la plus ei^teme de la courbure; l'intérieure, au contraire, se continue avec la portion la plus interne de cette courbure.
Comn^e ces deux portons externes sont fixées dans une pièce carrée d'acier qui forme l'armature*, et que la partie externe qui lui correspond est mobile, ronséquemment on pept à volonté éloigner l'une tle l'autre ces deux portions de courbure et les rapprocher B. Or, c'est dans la i>ossibilité d'éloigner ou de rapprocher les deux pièces, que réside dans l'instrUf ment la faculté de prendre. » L'armature porte une vis de pression A , afm d'arrêter les branches l'une sur l'autre et les rendre solidaires pour retenir la pierre prise entre les mors.
Tel est l'instrument courI)e, type qui a subi de très nombreuses modifications.
Le corps de l'instrument, ou la portion droite, a été creusé en gouttière, au lieu d'être formé de deux parties latérales. Ce corps est composé de deux pièces, l'une pleine, nommée la branche mâle, et Tautre creusée en gouttière et nommée la branche femelle.
(I) Hcartfloap, De la Ulhotriptie, ctf.,'1S46, p. 9.
FiG. 80.
588 DB l'affection GALGULBUSE et de la LITUOTRITIE.
Les mors, ou rextrémité recourbée, sont de différentes formes : les uns employés à briser de grosses pierres, ont été fenêtres et dentelés, et les autres destinés à écraser des fragments de calcul ou de petites pierres, sont plats, sans dentelures^ et ont près du talon une petite ouverture ; d'autres enfin ont été excavés en cuiller, afin de rapporter au dehors une certaine quantité de la matière lithique. Us servent à faire V extraction immédiate.
L'extrémité manuelle porte un mécanisme qui a subi de nombreux changements; ils peuvent être ramenés à deux modes d'action: 1' la percussion et 2° Técrasement. Le premier est opéré par le marteau ou par une détente, et le second par la vis, le levier et par le pignon.
De l'extrémité recourbée ou des mors du percuteur, — Le but (|ue se proposait d'atteindre M. Heurteloup était de fragmenter et de pulvériser la pierre. En conséquence, il fit faire des mors à larges surfaces, afin de mieux écraser la pierre, et de rapprocher complètement les branches de l'instrument. Ses bords peu élevés permettent à la pierre de s'y placer facilement. Ils sont armés de dents se logeant dans des coupes inclinées de la branche opposée, chassant par cette disposition le détritus le long de ces coupes inclinées. L'extrémité de la branche femelle est terminée en olive protectrice dépassant l'extrémité de la branche mâle, qui peut se rapprocher de la branche femelle sans pincer la vessie.
Cet instrument de M. Heurteloup, ce percuteur type, était exclusivement destiné à morceler les pierres parla percussion. Soit qu'on n'ait pas suffisamment compris la valeur de cette méthode, soit qu'elle n'ait point toujours été convenablement exécutée, on crut qu'elle ne satisfaisait point aux besoins de la pratique, et Ton chercha à la n)odifier. On associa d'abord la pression à la percussion ; cette dernière fut faite contrairement aux lois de la méthode : c'està-dire sans point fixe. On lui donna le nom de percussion volante. Les résultats obtenus par ces procédés altérés, vicieux, furent peu satisfaisants; on en accusa la méthode, sans reconnaître qu'on l'exécutait mal ; et bientôt la percussion fut abandonnée pour lui voir préférer l'écrasement.
Nous avons dit que ce dernier procédé est mis en œuvre, soit avec la vis, soit avec le pignon ou le levier, et à chacun de ces modes opératoires il a été nécessaire d'adapter aux appareils des mors différents.
Lorsqu'on veut agir par pression et écraser la pierre par l'action de la vis, l'instrument à mors larges et plats doit être employé. M. Civiale ayant reconnu que la cuvette de la branche femelle s'en-
DE LA LITUOTBITIB
jjorgeait parce qu'ellu était trop creuse et plus large au Ibnd qu'à l'entrée, fil élargir ses bords, afin que la branche mâle remplit plus exactement la cavité; et au lieu d'être arrondi et aplati latéralement, l'instrument présenta cette disposition d'avant en arrière ; il perdit CD épaisseur ce qu'il gagna en largeur (fig. 81 C). he volume réel ne fut point augmenté; ayant à parcourir un canal Oesible, son introduction ne fut pas plus difficile. Il est utile de faire remarquer que la face interne de la cuvette doit être lisse et polie, afin que le détritus de la pierre ne s'y attache pas.
Ces instruments ont une grande force ; la largeur de la cuiller est de 7 & 12 millimètres. La longueur de ces mors doit diminuer à mesure qu'on en augmente la largeur, afm de leur conserver une grande solidité; cette longueur varie de 20 k 36 milUnièires. Ayant souvent été embarrassés parl'agglomération dudéiritus
A, mon plalï et IsrgM rermés.
B, oavertnre du mors.
C, mon plaU lana ouverinre. j
de la pierre dans la cuiller de la branche femelle, des chirurgiens cherchèrent à faire disparaître cette difficulté en ajoutant à l'instruident une languette de fer, espèce de raleau destiné il détacher ce dépAt. La tentative ne fut pas heureuse, et on agrandit ensuite la petite ouverture placée près du talon do la branche femelle (fig. 81 B); qui fut presque entièrement ouverte; d'autres mors
<....« •.iLlLLBUSI et de la LITHOTEITIE.
.^^ctik 11 verts, et ils out reçu le nom d'iuslru-
.: 'cartenient a toute la solidité nécessaire, il
:^.ruitriii <ie saisir et de maintenir ditlicilement la
. . 4^u t l'étendue de sa surface. C'est uu défaut
. uue « lis^iaraitre, malgré les formes variées des dents
ea ijhMittière.
uiuèrf fermés.
C, mors en gouttière oa?erU.
.V .*vc««^ : ^ ■u^'''*- •' <•*** surtout peu apte à saisir les fragments, et >^ >kw jiipioyè que comme instrument d'attaque.
.^^ .cuis if* mors ont subi de nombreux changements. Nous .v«? -i i^^ *•' r^f^'Uteur courbe avait à clia<jue branche des dents uvw^ -tf^^^ t^^ ^'*^' espaces profonds à angles vifs, s'emboîtent
* ^> iÈit> r» autres lorsque Tinstrument esl fermé. Dans la . ^.. .; :i Jtn^^^f t** ^'^ déchirer la vessie, on a remplacé ces dents ^ \j. ^ilit-s ;vtiles, arrondies, alternes, et dirigées obliquement. ^ ]^- .ou«s x.«« t'l*î maintenues seulement sur les instrument» rMir*aK Ji itt te* a supprimées dans les mors plats et large». On a '«•sT^»* MIS** ** nwrs dont la branche mâle porte une languette ,^3l»,a ^ î^*««^ " longueur. Cette modification n'a pas prévalu, ^i,^.. lu^iife *.>Mife ta pierre au lieu de la réduire en fragments.
y «iw^ AMip"»^ ^"* encore été apportés à la forme des mors,
bÈ LA LltHOTHITlK. 594
tels que l'allonganeiit des branches, etc., ils n'ont été d'aucune tri^ lîté, el ils ne sont pins en usage aujourd'hui.
H. Heurteioup, dans le but d'eitraire immédiatement les fragments de la pierre qu'il vient de morceler, a modifié lêS mors de soti percoleur, courbe de la manière suivante (fig. 83) : en place des iq>érilés dont était armé rintérienr des branches, il a fait pratiquer des excavations dans toute la longueur et dans toute la largeur des plans (6g. 82 A). Ces excavations donnent aux branches la forme de deux cuillers, dont les creux, marchant Tun vers Tautre, tendent à emprisonner une quantité de .pierre proportionnelle à leur capacité. Si an les rapproche au moyen de la force vive et alternative du marteau, les bords des cuillers se mettent en contact, et le trop plein s'échappe sous forme de pâte fine et liquide. Les bords des cuillers coupent les fragments qui les dépassent, et l'instrument, plein de pierre, a exactement le même volume, la même forme, le même poli qu'avant de l'avoir mis en usage.
S iil* ^ Moyens de morceler ïm pierre.
Nons avons dit qu'on pouvait démolir la pierre par la percussion et par récrasement. Le premier de ces deux modes s'exécute avec on marteau. « Quant à la faculté de pulvériser, dit M. Heurteloup, efle est due à l'action d'un marteau, avec lequel, lorsque la pierre est prise entre les deux segments de courbure, dont l'un est immo^ bile et l'autre mobile, on peut rapprocher ces deux segments par la pefcasslon, et conséquemment communiquer à la pierre l'action vive et éminemment pulvérisante du marteau. On conçoit que par ce moyen je réalise dans la vessie ce que l'on opère avec le môme agent sur un plan solide et résistant. En effet, l'instrument présente, lorsqu'il est mis en usage, un plan fixe sur lequel repose la pierre, et un plan mobile qui a une action absolument semblable au marteau mis en œuvre, comme on le fait ordinairement, puisqu'il est une loi physique qui veut que tout choc que l'on imprime à l'extrémité d'une tige métallique solide et droite se transmette sans perte à un corps placé à l'autre extrémité. x>
Le marteau doit être construit de manière que la masse de ter moiie puisse mordre sur l'extrémité de la * branche mftie, et ait on coup bien assuré. Le mandieest disposé pour servir de levier afin de serrer la vis du point fixe avec une grande puissance, sans faire des mouvements et des efibrts»
On a voulu remplacer le marteau par une gouttière à détente, et rétau ou le point fixe par des étaux à main, formés d'une masse de