‹ Traité des maladies des voies urinairesChapitre 63 sur 73 · DES ACCIDENTS DIVERS PRODUITS PAR LA LITUOTRITIB · texte numérisé non relu

DES ACCIDENTS DIVERS PRODUITS PAR LA LITUOTRITIB

Après l'emploi de cette méthode, on a observé des acddopis dus, les uns à la méthode elle-même, quoiqu'elle fût appliquée evee U plus grande réserve, les autres à des procédés défeetueui ; enfin il ^ eei, et ce sont les plus nombreux, qui sont la conséquence idu peu d'habitude et des fautes commises par le diirurgien.

Un efiet constant du contact et de la maneeuvre des imtruments dans la vessie, c'est d'augmenter la force contractile de cet organe. UNTsqu'il se produit dans une vessie frappée d'atonie, c'est un ftîi heureux, puisqu'une fonction qui était presque perdue se rétablit dans see conditions normales.

Cette augmentation de la contractilité ne dépassant pas un eeri*tim degré, produit seulement des besoins d'uriner plus pressaïUfi et plus rapprochés ; le^ dernières gouttes d*urine sont rendues av^ 4oillettr, les parois de la vessie se contractant avec énergie sur les fhif0)eiita de la pierre, 11 est rare que cet état se prolonge, el an gotliliief heures, ou en un ou deux jours, ce tPQubie momeatané i)îa|ierait : mais lorsque ce surcroît de contractilité s'ajoute à eeUe ^Wa possède déjà une vessie hypertrophiée, les accidents sept lali« i|m l'opération ne peut pas ôtre continuée aaiis de gravas aMbarras, et que dans certains cas on doit y renoncer pour lui préférer la taille.

628 D£ l'aFFKCTION CALCULEUSB KT de la LITUOTBITIE.

M. Civiale, dont l'expérience en ces matières doit toujours être invociuée, dit que « trois circonstances principales contribuent surtout à produire cet effet f&cheux : ce sont la durée des séances, le défaut de ménagement dans la manière d'opérer et l'omission du traitement préparatoire. »

On doit donc abréger les séances, afin d'éviter les complications qui résultent d'une augmentation de la contractilité de la vessie, et ne pas chercher à terminer en une seule fois le broiement d'un calcul dépassant 1 centimètre de diamètre. C'est surtout dans les manœuvres nécessaires pour saisir la pierre qu'il faut apporter le plus de prudence. Toutes les fois qu'après deux ou trois minutes de recherches on n'a pas réussi à charger le calcul, il faut savoir s'arrêter et remettre la séance à un autre jour. On a eu à déplorer la mort d'un malade pour avoir fait pendant une heure d'inutiles essais (1). L'autopsie a fait voir une péritonite suraiguê, une néphrite double, une inflammation de la vessie, et l'urèthre froissé et ecchymose.

Il ne faut donc pas vouloir saisir la pierre à tout prix, même quand on opère dans l'amphithéâtre. Cette préoccupation de vouloir sauvegarder son amour-propre a plus d'une fois été funeste au malade.

Lorsqu'il y a atonie de la vessie , les séances de longue durée doivent encore être évitées. Le chirurgien est facilement abusé, parce que le malade ne souffrant pas, on croit pouvoir prolonger la manœuvre. Il y a des douleurs autres que celles occasionnées par la pierre, mais aussi pénibles, et enfin survient le catarrhe de la vessie.

La douleur résultant de l'introduction de l'instrument, lorsqu'il n'y a pas de complications, est seulement une sensation de chaleur qui sera d'autant plus faible que l'on aura agi avec plus de lenteur. Après avoir franchi l'arcade des pubis, l'instrument arrivée la vessie, le malade se plaint dans ce moment d'une pression et d'un besoin d'uriner. Ce dernier augmente souvent pendant les recherches de la pierre ; rarement ces douleurs sont ressenties dans la vessie. L'écrasement de la pierre n'occasionne pas de douleur au malade , et la sortie de l'instrument, si on a eu le soin de le bien désengouer, n'est pas plus pénible que ne l'a été son entrée.

Les douleurs qui apparaissent après l'opération varient beaucoup. Les premières émissions de l'urine produisent une forte cuisson, qui diminue à mesure qu'on s'éloigpe de l'opération, et qui cède généralement à un bain, à des boissons émollieutes, et à l'application

(l) Gazette des hôpitaux^ 18 septembre 1834.

Page 1