ACCIDENTS DE LA LITHOTRITIB
altérations de tissus dues au séjour prolongé du calcul. Ons est mépris sur leur cause, et on s*est cru autorisé à les attribuer aux manœuvres de la lithotritie. Ce n'est pas avec plus de fondement qu on a mis la péritonite au nombre des accidents qui résultent de cette opération. Il est vrai qu'après des manœuvres imprudentes, qu'après des essais téméraires ou des séances démesurément prolongées, on a eu à déplorer une inflammation qui, de locale, s'est propagée aux tissus voisins, et a donné lieu aux désordres de la péritonite. Ce n'est pas l'opération qu'on doit accuser de pareilles conséquences, mais la manière dont elle a été exécutée.
M. Civiale a signalé certains rapports existant entre les organes urinaires et d'autres parties éloignées; et il a indiqué à lappui de son observation , Tapparition de taches d'aspect scorbutique , qui se sont montrées à diverses reprises dans le cours d'une opération. Il en a été de même pour la formation de fausses membranes sur la muqueuse de la bouche, des bronches, de l'estomac, etc. Ces productions morbides doivent éveiller l'attention de l'opérateur, et le rendre circonspect dans l'application de la méthode.
Od voit encore survenir des congestions cérébrales et pulmonaires sous rinfluence des efforts que font les malades. On les observe surtout chez les vieillards : elles doivent être redoutées, et lorsqu'elles se renouvellent, on doit renoncer à la lithotritie pour exécuter la taille.
Un accident peu fréquent, mais qui doit être pris en considération quand il arrive, c'est une crise néphrétique dans le cours d'une opération de lithotritie. Dans ces cas on doit s'abstenir de toute manœuvre jusqu'à ce que la crise soit terminée. J'ai vu ces coliques, dans ces circonstances défavorables, se compliquer de violents accès fébriles intermittents et compromettre la vie des malades.
S V. — Fracinres 4cs laaf ramenf a.
Un accident toujours grave, dû à de mauvais instruments ou au défaut de prudence de ceux qui les ont employés, a, dans un certain nombre de cas, compromis la lithotritie. C'est la fracture ou la déformation des instruments. Ce malheur a été observé aussi bien après l'emploi de la pince à trois branches, qu'après celui du percuteur.
La gravité de l'accident dépend de la nature de l'instrument brisé, de sa fracture complète ou incomplète, de la chute dans la vessie de la portion brisée, ou de son adhérence avec le reste de l'appareil.
Lorsque le trilabe s'est brisé, le fragment est toujours tombé dans
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la vessie, on a pu retirer TinstruTnent fermé, et trèssou vent le malade a ignoré rincident. Sa position ne s*est pas aggravée immédiatement, les douleurs n'ont pas été plus vives, et au lieu d'un calcul seulement , il y a eu à extraire un morceau d'instrument. L'opérateur a donc toujours eu le temps de préparer ses moyens d'opération, pour retirer ce morceau, soit par la taille, soit par les procédés de la litbotritie.
La même chose a lieu lorsque la fracture du percuteur est complète, le morceau se détachant et tombant dans la vessie. Ce qui augmente les difficultés c'est le volume de la branche brisée, qui ne peut pas parcourir facilement le canal de l'urètbre.
Lorsque la fracture du percuteur n'est pas complète, ou lorsqu'il est &ussé, il cesse de fonctionner, et on ne peut pas' le faire sortir de la vessie. Cette dernière circonstance est grave, en ce qu'elle peut laisser longtemps l'opérateur dans le doute sur la nature de l'accident qui empêche l'extraction, et lui faire supposer l'accumulation du détritus de la pierre entre les branches ; ou le pincement de la vessie. La situation est embarrassante, parce qu'il est à peu près impossible, même par le toucher rectal, d'avoir des notions exactes sur la forme et l'étendue de la déformation.
Préoccupé du désir d'extraire l'instrument, on a exercé des tractions qui l'ont ramené dans l'urètbre, où on a fait des dilacérations qui n'ont pas tardé à avoir des suites funestes. M. Civiale dit qu'il faut se garder de ces efforts qui aggravent un accident, o plus propre par lui-même à causer l'effroi qu'à mettre en péril la vie du malade, i Il conseille de pratiquer immédiatement la taille hypogastrique, l'opération n'ayant pas moins de chance de succès que si elle eût été faite dans toute autre circonstance.
La vessie ouverte, on cherche à redresser la portion déviée de l'instrument, à la détacher ou à la scier au niveau du méat urinaire, afin de la retirer par l'ouverture faite au-dessus du pubis.
Les diverses combinaisons mécaniques imaginées pour régulariser la force de la percussion n'ont pas été heureuses, et elles ne sont pas restées dans la pratique. M. Charrière a écarté les dangers d'une pression exagérée en diminuant la puissance du moteur, et en rendant impossible le trop grand développement de la force placée dans les mains de l'opérateur. Cet habile artiste, à qui revient une si grande part dans les progrès de la litbotritie, a proportionna^ It' diamètre He la roue à la force des branches : on agit donc sur un bras de levier d'autant moins grand que Tinstrument est plus faible. Des contusions, des déchirures ont pu être faites pendant la manœuvre, et leur manifestation a lieu souvent à un moment assez
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éloigné de l'opération pour qu'on ne les attribue plus à leur véri-» table cause. Elles occasionnent des douleurs, récouletnent d'une certaine quantité de sang, de la fièvre, etc. D'autres fois, lorsqu'elles ont plus de gravité^ on les aperçoit au moment où elles sont produites. Elles dépendent généralement des efforts qu'on a faits pour introduire ou pour retirer l'appareil. C'est surtout en employant les instruments droits ou trop gros que les léaionsont étéfiréquenlaa au col de la vessie. C'est aussi ce qui est arrivé lorsqu'on a voulu extraire l'instrument sans l'avoir suffisamment désengoué. On est toujours averti avec certitude de ce danger, par l'écartement extérieur des branches et par la résistance éprouvée au col de la vessie.