MALADIES PARASITAIRES DE LA VESSIE. MUGUET
BIBLIOGRAPHIE
Damaschino et Zancarol. Bull, de la Soc. médicale des hôp., 1882 (avec figures). — Allen. Lancet, 1882. — Goebel. Vers. d. Nalurf. u. Aerzte, Breslau, 1904. — KuTNER. Centralblatl. f. Harn. u. sex. Org., 1905.
Ce sont : les kysles hydatiquea, qui sont en réalité rétro- vésicaux (voir Kystes delà prostate), mais qui peuvent se rompre dans la vessie et la remplir de vésicules filles rejetées avec les urines, et la bilhai'ziose. Nous y ajouterons le murjuet de la vessie.
Bilharziose vésicale. — Cette affection est commune au Cap et en Egypte; les cas observés en Europe l'ont été sur des sujets qui avaient séjourné dans ces régions.
Le parasite [distoma hspnatobiwn) parvient à la vessie par les anastomoses des veines vésicales avec les veines pelviennes et hémorrhoïdales, et infecte donc d'abord les couches profondes de la paroi; des veines, les œufs se répandent dans les tissus voisins, grâce aux ruptures vasculaires causées par l'inflammation et l'engorgement des vaisseaux.
Les lésions de la vessie sont parfois ulcéreuses, le plus souvent néoplasiques. Sous rinfluence de l'irritation causée par les parasites, on observe le développement de végétations polypiformes, granuleuses ou polymorphes, analogues à des bourgeons charnus, des lésions diverses de cystite superficielle et interstitielle, des incrustations calcaires, enfin des néoplasmes malins : sur 19 cas de tumeurs malignes dues à la Bilharzia, Goebel a trouve 0 carcinomes, 2 épilhéliomas cylindriques, 11 cancroïdes. Ces tumeurs, quelquefois généralisées à toute la vessie siègent, le plus souvent, au voisinage du col. On trouve les œufs de Bilharzia dans les urines,
Fig. 22a. — Bilharziose urinaire. Cystite chronique billiarzienne. Grossissement 32/1 (Collection du D"- LetuUe).
7)1,))!, la muqueuse vésicale est infiUréo do nombreux œufs do Billiaiv.ia, IVpilliélium pavimonteux est desfiuamécl la cystite se leconuatt à la tuméfaction du derme de la mui|\ieuse et à son ulcération étalée. — h,b, ( (cufs de Bilharzla inscrustés dans les mailles du derme de la muciueuse : quel(|ne iimiIs sont prêts à tomber dans la cavité vésicalc. ~sm, sous-muqueuse épaissie, sclérosée, infiltrée d'ilots iullammatoires, mais exempts (comme les couches musculeuscs) de parasites billiarziens. — i.i, ilôts indanimatoires, semés parmi le lifsu conjonctivo-vasculaire et eu rapport avec les altérations infectieuses (|ui suivent, nécessairement, la migration des œiifs do Billiarzia et leurs eIVractious à travers la muqueuse vésicale. — f,)ii, couches musculeuscs de la vessie, épaissies et eu partie sclérosées (Letullc).
et dans les coupes de la paroi vésicale à la base des lésions inflammatoires et néoplasiques ou vers leur surface (fig. 225 ét 220).
Dans un cas où il put praliqucr rexamen cystoscopique, Kutner trouva des tumeurs en chou-fleur, les unes lisses, les autres en voie d'ulcération, atteignant jusqu'au volume d'un œuf de pigeon.
Gomme premier symptôme apparaissent des hématuries spontanées comme celles des tumeurs; les premières lésions sont en effet des lésions vasculaires ; elles peuvent être profuses et anémier rapidement le malade. Plus tard, outre les hématuries, on trouve les symptômes d'une cystite
bi
Fig. 22G. — Cystite bilharzienne. Colonie d'œufs Bilharzia incrustée à la surface interne de la muqueuse vésicale. Grossissement 200/1 (Collection du Letulle).
deux œufs rcconnaissablos à leur forme oviforme et à leur éperon polaire i\\x\ lermine la pelilo exlrémilÉ delà cor|uo. L'emhryoïi inclus dans l'œuf est mort et, eu partie, calcilio, comme à l'ordinaire. La plupart des œufs vivants ne séjournent pas dans la paroi vésicale et, rompant leur coque, tombent directement dans la cavité tu'inaire. — hl. quelipies œufs rompus, réduits à leur coque, et envahis par des leucocytes polynucléaires. L'infiltration de la cavité de la coque cause la mort rapide des leucocytes envahisseurs ; leurs noyaux se pulvérisent (Lelullc).
intense et rebelle, ou ceux des calculs secondaires, ou enfin ceux des tumeurs vésicalcs quand le cancer se développe sur ce terrain.
Le pronostic est grave \ la maladie a peu de tendance à la guérison et le traitement ordinaire des cystites ne donne aucun résultat. La mortalité serait de 23 p. 100 en Egypte (Ziégier) et de 30 p. 100 au Cap (Brock) ; la mort survient par suite des hémorragies répétées ou du développement de tumeurs malignes.
Le traitement consiste dans l'emploi de balsamiques comme le copahu, et dans la désinfection de la vessie ; dans le cas de cystite intense, on en est réduit à l'ouverture de la vessie avec curettage de la paroi, sans que les résultats aient paru très satisfaisants, fi cause du siège profond des parasites.
Allen aurait obtenu des succès par l'injection d'une solution alcoolique de sanlonine.
Muguet de la vessie. — Le muguet peut se développer dans la vessie, mais il est d'une excessive rareté, et paraît n'avoir été observé que chez des diabétiques. L'urine sucrée paraît bien nécessaire à son développement, car il disparaît avec la glycosurie.
Dans le cas de Hogge, les urines, troubles, contenaient en « suspension un grand nombre de grains de chanvre blanc jaunâtres » ; ces grains étaient formés d'un mycélium filamenteux et d'amidés en chapelet. On y trouve aussi des infections associées.
Au cystoscope (vonFrisch), le muguet se manifeste par de petites taches d'un blanc très pur, de forme irrégulière, avec un contour finement découpé.
Cette affection est sans gravité.