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CHAPITRE III

URÉTRITE BLENNORRAGIQUE

BlBLIOliUAPHIE

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L'urétrite blennorrag'ique est l'urétrite spécifique causée par le gonocoque, micrococcus gonorrhoeœ de Neisser. Ce micro-organisme avait été déjà vu en 1878 par Bouchard; en 1879 parut le mémoire de Neisser qui prouvait la spécificité de la blennorragie par la constance du gonocoque, et en donnait la description complète. Toutefois le gonocoque ne fut cultivé et isolé que plus tard par Bumm (l88o) et par Werllieim (1892). On en trouvera l'historique dans la thèse de Sée (1896).

Le gonocoque. — Les gonocoques apparaissent au microscope comme des diplocoques, c'est-à-dire des cocci groupés deux par deu.x ; chaque couple forme un ensemble ovalaire, divisé suivant son grand axe par une fente claire, d'où la comparaison avec deux grains de blé ou de café, se regardant par leur face plane ou légèrement concave. Les dimensions de chaque élément, assez variables, en particulier dans les cultures, sont en moyenne de 1 yi. 2 sur 0 ij. 5.

Leur groupement est caractéristique : on les rencontre en amas plus ou

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moins considérables, irrégulièrement disposés dans chaque amas ; d'autres apparaissent isolés, ou en petits groupes de deux ou trois diplocoques, et lie sont pas alors aussi faciles à identifier : c'est ce qui se produit dans les urétritcs à une période avancée de traitement, et dans les formes chroniques.

La situation des groupes de diplocoques par rapport aux cellules épithéliales et aux leucocytes est très importante pour le diagnostic. Tout à fait au début on rencontre de rares diplocoques dans les espaces inler-cellulaires, et souvent alors le diagnostic reste hésitant jusqu'à ce que la maladie ait pris un certain développement ; quand la goutte de pus est nette, on y trouve, entre les leucocytes et les éléments épithéliaux, des diplocoques en amas, d'autres isolés ; en outre on commence à trouver des amas englobés dans le protoplasma des leucocytes polynucléaires autour des noyaux. A la période d'état, Fépithélium a disparu, les gonocoques sont répartis en amas de 20, 30, 40 éléments situés les uns dans les leucocytes,, les autres dans les espaces libres ; à cette période l'aspect est absolument caractéristique. Plus tard, pendant le déclin de la maladie, le nombre des gonocoques diminue ; la proportion des amas extra-cellulaires augmente, ainsi que celle des diplocoques isolés ; on en trouve sur les cellules épithéliales qui ont reparu dans le pus. C'est aussi à une période avancée de la blennorragie, que les gonocoques se montrent associés à d'autres microbes plus ou moins abondants.

Le gonocoque se colore facilement par les couleurs basiques d'aniline, et la coloration la plus simple est obtenue avec une solution aqueuse de bleu de méthylène à 1/100, qu'on laisse agir un temps assez court; les gonocoques se teintent fortement, même quand les leucocytes sont peu colorés, et celte intensité de la coloration a une certaine valeur diagnostique. Mais le diagnostic différentiel se fera par la méthode de Gram; le gonocoque ne prend pas le Gram, tandis que les autres diplocoques restent colorés. On procédera donc à une double coloration suivant le procédé usuel : coloration par la méthode de Gram, puis par un autre colorant : solution hydro-alcoolique de fuchsine, ou de brun de Bismarck, etc. Toutefois, des discussions se sont élevées sur la valeur de la méthode de Gram pour le diagnostic bactériologique de la blennorragie, les gonocoques pouvant rester colorés, si la solution colorante était très concentrée et la décoloration par l'alcool trop courte ; pour obtenir des résultats exempts de toute uicertitude, il faut éviter absolument l'emjjloi de l'eau (Noguès), et déco-

lorer avec l'alcool absolu ; on évitera de laisser la seconde coloration agir sur les microbes qui ont pris le Gram, en employant une solution de brun de Bismarck froide et peu concentrée (Weinrich). Les doutes seraient levés par les cultures, les pseudo-gonocoques cultivant sur les milieux ordinaires.

Parmi les autres colorants récemment recommandés, le « neutralrot » jouirait de la propriété de ne pas colorer les gonocoques vivants et de colorer au contraire en rouge les gonocoques morts ou doués d'une moindre vitalité. Cette question ne paraît pas tranchée.

Les gonocoques ne cultivent pas dans les milieux ordinaires (bouillon, gélatine, gélose) ; ainsi s'expliquent les échecs des premiers expérimentateurs qui essayèrent les cultures. C'est dans le sérum humain que Bumm parvint à les cultiver pour la première fois. Les milieux favorables à la culture du gonocoque doivent en effet contenir soit du sérum humain, qui lui convient le mieux, soit du sérum de sang d'animaux. On emploie surtout le sérum-gélose, ou le sang gélosé (Bezançon et Griffon), répartis dans des tubes ou dans des boîtes de Pétri, et conservés, après ensemencement, à la température de 36° ou 37°. En vingt-quatre heures (Wertheim), et même seize (Griffon) apparaissent à la surface des stries, les colonies caractéristiques « arrondies, plates, brillantes, transparentes, ou de teinte légèrement blanchâtre ou blanc grisâtre » (Griffon) ; ces colonies, d'abord punctiformes, s'étalent pendant quelques joui's, et deviennent hémisphériques et légèrement sinueuses.

La résistance et la vitalité du gonocoque sont faibles; il résiste peu à la dessiccation, à la chaleur, au froid; à 40° il meurt en quelques heures, à 53° en quelques minutes ; une culture est stérilisée également en quelques heures à 0°. Même dans de bonnes conditions de température et d'humidité, les gonocoques en cultures meurent en deux ou trois semaines, et dans les ensemencements en série, après quatre à cinq passages. Le gonocoque ne résiste pas aux antiseptiques faibles, ni à l'eau. La plupart des auteurs considèrent les milieux légèrement alcahns comme plus favorables.

On reconnaît, dans les cultures, les gonocoques dégénérés à leur coloration moins facile par le bleu de Lofïler.

Quant à la virulence des microbes, elle est très éphémère dans les cultures. Il en est autrement, de môme que pour leur vitalité, quand il s'agit de l'organisme humain, où le gonocoque peut persister des mois et

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peut-être des années. Cependant, môme sur Thommc, on observe l'action des antiseptiques et celle de la chaleur, car Fécoulement disparaît pendant la fièvre, et ratténuation de la virulence avec le temps.

On a recherché Tinfluence des associations microbiennes sur le gonocoque, en particulier celle du Bac. pyocyanique (Schaeffer) et de sa toxine (Grosz et R. Kraus) qui dans une certaine mesure entraveraient le développement des colonies de gonocoques.

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