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INTERVENTION CHIRURGICALE DANS LES NÉPHRITES MÉDICALES

paraît préférable, afin de ne pas détruire les connexions vasculaires normales existant dans la capsule.

2° Néphrites hématuriques. — Dans les néphrites hématuriques rentrent un certain nombre des néphrites douloureuses, et en outre la plupart des hématuries dites essentielles qui ne sont pas accompagnées de douleurs ; l'hématurie en est parfois le seul symptôme, plus souvent le symptôme dominant. Elle est expliquée par la congestion rénale, par Thypertension ai-térielle générale et peut-être par des lésions vasculaires.

Les indications opératoires sont les mêmes que dans les néphrites douloureuses; on devra se rappeler, en faisant le diagnostic du côté malade, que le rein dont on observe l'hémorragie à un moment donné, peut n'être pas seul malade, et rechercher la valeur fonctionnelle de l'autre rein; pour la même raison, à la néphrectomie on préférera la néphrotomie qui suffit pour arrêter l'hémorragie.

3° Accidents iirémiqiies. — Les accidents urémiques surviennent par suite de l'insuffisance de la dépuration sanguine parle filtre rénal ; on sait que la saignée est un des moyens les plus puissants pour les faire cesser, parce qu'elle diminue la tension rénale et éhmine une certaine quantité de produits toxiques. La néphrotomie (Pousson) remplit directement cette double indication, et en particulier décomprime le tissu rénal d'une manière durable ; on comprend donc qu'elle ait donné des succès, en présence desquels tombe l'objection que, l'urémie ne pouvant se manifester que si les deux reins sont insuffisants, une néphrotomie urîilalérale doit échouer. La fonction de l'un des reins n'est troublée parfois que par suite des lésions de son congénère : expérimentalement, Castaigne et Rather}^ après avoir déterminé l'urémie par ligature d'un pédicule rénal, ont vu l'urémie disparaître par la néphrectomie du rein ligaturé.

Sur 72 observations relevées par Pousson, la mortalité opératoire est de 23, G p. 100, en y comprenant les cas de malades opérés in cxtreinis ; mais il faut ajouter que 7 malades sur 72 moururent peu de temps après l'opération, et 3, plusieurs mois après, d'urémie. Les améliorations durables ont été suivies de plusieurs semaines à plusieurs mois, à un an, à cinq ans (Pousson), sans qu'on pui.sse parler de guérison complète. Cette statistique paraîtrait peu encourageante si on ne l'opposait à la gravité des cas opérés.

On n'opérera du reste les malades atteints d'urémie qu'à une période assez peu avancée, dès que la thérapeutique médicale aura paru définitivement impuissante; l'état du cœur doit être considéré avant tout; on n'opérera pas « le malade dont le cœur sera défaillant, le pouls petit, fuyant » (Pousson).

4° Éclampsie. Les deux premières observations d'intervention dans

l'éclampsic puerpérale sont celles d'Edebohls qui pratiqua la décapsulation bilatérale et sauva les malades : chez l'une, l'éclampsie avait débuté seize heures avant l'accouchement et persisté trois jours après. Pousson a obtenu un succès semblable par la néphrotomie combinée avec la décapsulation, et d'un seul côté, bien que la néphrite fût double. D'autres cas de décapsulation ont été publiés par Polano, de Bovis, Edebohls, Pieri, Gauss. Sur ces 9 cas il y eut 2 morts.

Autant qu'on en peut juger par un si petit nombre de faits, l'intervention dans l'éclampsie paraît donc indiquée après échec des autres mo3'ens de traitement quand celle-ci est nettement rénale, c'est-à-dire quand on observe en même temps ïanurie ou l'oligurie avec diminution du taux de l'urée et des chlorures, et l'albuminurie.

5° Décapsidalion curatrice. — Edebohls a demandé à la décapsulation, non seulement la cessation d'accidents survenus au cours du mal de Bright, mais la guérison du rein ; la régénération du rein serait due, nous l'avons vu, d'après le chirurgien américain, au rétablissement de la circulation par les vaisseaux de la capsule adipeuse. L'examen des résultats opératoires montre en effet de nombreuses améliorations au moins temporaires: cependant cette intervention est rejetée par des chirurgiens tels que Israël. Rovsing, Kiimmel ; Pousson lui est assez favorable à cause des améliorations observées : on constate en effet une augmentation de la diurèse, de . l'urée et des sels, la disparition de divers autres symptômes, de l'albuminurie en particulier ; l'opération n'est pas grave (mortalité 6,66 p. 100), mais la guérison définitive est contestable.

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