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CHAPITRE X

LITHIASE RÉNALE

BIBLIOORAPHIE

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Les conditions étiologlques générales sont les mêmes pour les calculs rénaux que pour ceux de la vessie et ont été étudiées à propos de ces de rniers. Cependant ils sont plus fréquents chez la femme que chez l'homme, contrairement aux calculs vésicaux, et s'observent à tout âge, même chez le nouveau-né. D'après Monsseaux, . chez les enfants, les garçons sont atteints dans 66 p. 100 des cas, et surtout de sept à treize ans.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

1° Calculs. — Au point de vue de la pathogénie et de la composition chimique, les calculs doivent être divisés en primitifs et secondaires. Les calculs primitifs, en rapport avec la composition hyperacide de l'urine, sont constitués en général par de l'acide urique ou des urales, plus rarement pai- des oxalatcs, par de la xanthine ou de la cystine. Les calculs secondaires se produisent dans le rein infecté; ils sont composés de phos-

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pliale de chaux, de phosphate ammoniaco-magMiésien, parfois de carbonate de chaux. La composition chimique en a été étudiée en détail à propos des calculs yésicaux.

Les calculs rénaux sont uniques ou multiples, et leur volume est en général inverse de leur nombre. D'après Legueu, dans la moitié des cas il y a plusieurs calculs ; le nombre peut être considérable : on a trouvé 100, 200 calculs ; Bland-Sutton aurait trouvé 40 000 calculs sphériques, ou à

Fig. 2o8. — Calcul uraliquc du bassinet.

Fit

. 2y9. — Calcul uratique du bassinet Fig. 260. — Gros calcul du bassinet et de l'u- (néphrolitotoniic). retôre avec prolongement dans la corne

supérieure du rein : extrait par la néphrolitomie.

facettes, de coloration vieil or, à reflet métallique, et composés d oxalate et (le phosphate de chaux. Le oolume varie depuis celui d'un grain de millet jusqu'à celui d'un œuf, ou môme au deLà; le poids présente les mêmes variations ; un calcul de Le Dentu pesait plus de 1000 grammes, celui de Lotulle et Brun plus de 2 kilogrammes. Il peut inversement n'exister qu'une boue uratique blanchâtre (Jcanbrau et Forgue). Leur surface est tantôt lisse, tantôt grenue et rarement hérissée d'aspérités comme dans les calculs uratiques et surtout oxaliques (fig. 258).

La configuralion est très différente suivant les cas ; elle se rattache !' des types principaux, et présentent d'ailleurs d'infinies variétés : ce sont les calculs arrondis, sphériques, ovalaires, ou polygonaux; les calculs

de forme allongée, cylindrique ou prismatique, comme les calculs Irian- (Tulaires du bassinet, les calculs longs et irréguliers comparés à divers objets dans les descriptions ; les calculs ramifiés ou coralli formes, dont la forme s'explique par leur disposition dans le bassinet et dans les calices. Ces ramifications s'observent dans les calculs pliosphatiques aussi bien que dans les uratiques comme le montrent les figures 259 et 2(i0.

Fig. 261. — Calculs mulliples aseptiques siégeant à la fois dans le bassinet et creusés dans la substance rénale qui présente des signes de sclérose sans infection.

Le siège a été discuté ; la prédominance est notée à droite ou à gauche suivant les statistiques ; il est plus important de remarquer la hilatéralité fréquente des calculs, qui, d'après Legueu, se rencontre dans la moitié des cas. Les calculs siègent ordinairement dans le bassinet ou dans les calices (fig. 261) ; cependant on trouve aussi dans la substance rénale elle-même des concrétions en général petites, dont nous reproduisons un cas dans une de nos figures (voy. fig. 240. Tub. rénale). Tantôt le calcul est mobile dans sa loge et par suite facile t\ extraire ; tantôt au contraire il est très adhérent, surtout par les extrémités des prolongements dans les calices, qui, dans les calculs phosphatiques, sont en même temps friables, d'où naissent d'extrêmes difficultés opératoires. En même temps que ces

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concrétions des bassinets, il s'en forme souvent à l'un et ù l'autre pôle du rein, surtout au pôle supérieur, dilatant la substance rénale pour former des cavités en forme de cornes (Guvon) de l'existence desquelles il faut ôtre prévenu.

Fig. 262. — Gros calcul phosphatique du bassinet ayant provoqué une faible dilalaiion du bassinet, mais de grosses et multiples cavités kystiques de la substance rénale.

2" Lésions du rein. — Elles diffèrent suivant que la lithiase est, où non accompagnée d'infection.

Quand le calcid est aseptique, le rein peut rester sain ; dans d'auti-es cas il présente des lésions dues h la cause générale qui a produit des formalions uratiqucs, c'est-à-dire celles du rein goutteux ; la présence du calcul provoque en outre des phénomènes de congestion puis d'inflammation chronique qui al)outisscnt à la sclérose. Souvent le calcul, même petit,

détermine des rétentions aseptiques rénales, soit dans tout le rein, soit au niveau d'un calice ou d'un tube collecteur ; il en résulte tantôt la distension totale ou partielle du rein (hydronéphrosé calculeuse) , tantôt des dilatations multiples (rein lithiasique polykystique), tantôt enfin l'atrophie d'un lobule rénal ou de toute une portion du rein ; celle-ci survient par suite de l'oblitération complète d'une poche : la sécrétion s'arrête, comme dans les expériences de Strauss et Germont après la ligature atrophiante de l'uretère.

Quand Vinfection précède ou complique la lithiase, on observe les lésions de la pyélonéphrite ou de la pyonéphrose. Aux lésions déjà décrites (chap. m) s'ajoutent souvent des ulcérations quelquefois profondes; tantôt le rein est creusé de cavités secondaires qui contiennent un ou plusieurs calculs, tantôt un seul calcul existe (fig. 262) oblitérant l'orifice de l'uretère et déterminant une dilatation kystique parfois énorme non seulement du bassinet mais de tout le rein réduit à l'état de coque fibreuse : on y voit souvent des lambeaux sphacélés, une odeur infecte s'échappe souvent après l'incision de cette poche, soit à l'autopsie, soit pendant une néphrotomie.

Le rein opposé, dans les cas de lésions aseptiques tout au moins, présente de l'hypertrophie compensatrice, mais il peut aussi évoluer vers la sclérose; nous avons vu que la lithiase est souvent bilatérale.

Autour du rein, la périnéphrite fibrolipomateuse est fréquente ; la pyélonéphrite calculeuse est une des causes les plus importantes des phlegmons périncphrétiques, et l'on trouve alors quelquefois le calcul tombé dans la collection périrénale.

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