‹ Traité des maladies des voies urinairesChapitre 161 sur 170 · DILATATION KYSTIQUE ET PROLAPSUS DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

DILATATION KYSTIQUE ET PROLAPSUS DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE

DE L'URETÈRE

BIBLIOGRAPHIE

.ScHWARTz. Ueber aonorme Ausmûndungen der Ureteren. Beilr. z. Idin. C/m'., 1896.

— Englisch. Ueber cystenartige Erweiterung des Blasenendes des Harnleiters, Centralblatt f. die K. dev H. u. Sex. Org., 1898. — Cohn. Beitr.z. klin. Chir., 1903. — Albauran. Prolapsus inlra-vésical de l'uretère. Assoc. fr. d'Vrol., 1904.

— Pasteau, Dilatation intra-vésicale de l'extr. int. de l'uretère. Assoc. fr. d'UroL, 1904. — Rochet. Prolapsus de l'extr. inf. de l'uretère dans la vessie. Soc. de mcd. de Lyon, 1905. — Geipel u. Wollenberg. Prolapsus de l'extrémité oblitérée de l'uretère dans la vessie et l'urètre. Arch. f. 'Kinderheilk. 1904. — M. Simon. Vorfall u. Gangrân des erweiterten Ureterendes. Z. f. &ynec, 190o.

— TiLP. 3 Fillle von cyst. Erweiterung des Blasenendes ûberzâhliger Ureleren. Prag. med. Woch.. 1906.

Ces deux affections ne doivent pas être confondues l'une avec l'autre; la dilatation kystique est produite par la distension de la lumière de la portion intravésicale de l'uretère en arrière du méat, parfois rétréci, tandis que le prolapsus de la muqueuse urétérale consiste dans un glissement de cette muqueuse par Forifice élargi, comparable au prolapsus de l'urètre. De nouvelles observations sont d'ailleurs nécessaires pour établir la pathogénie et l'histoire clinique de ces lésions.

Dilatation kystique intr-^-vésicale de l'uretère. — Cette affection n'est pas rare; Cohn en mentionne 40 cas connus en 1903, Pasteau en donne plusieurs cas personnels en iOOo ; cependant les observations cystoscopiques sont encore peu nombreuses.

A l'examen cystoscopique, on trouve, à la place de l'orifice urétéral, une tumeur cylindrique ou piriforme, recouverte par la muqueuse vésicale, saine dans la plupart des observations, et à l'extrémité libre de laquelle on aperçoit

DILATATION KYSTIQUR ET PROLAPSUS 1041

la fente urélérale (pl. IV, fig. 0), qui livre passage à Turine par éjaculalions inlermillentes, ou sans saccades. Celte tumeur est permanente, c'est-àdire qu'elle se montre sous le même aspect à des examens répétés, de même qu'au moment de la taille hypogastrique ; cependant, sa distension présente souvent des intermittences : chaque éjaculalion urétérale est en effet précédée d'un accroissement de volume de la tumeur et suivie d'un certain degré d'affaissement ; dans d'autres observations, le volume changeait môme en l'absence d'éjaculations urétérales.

Tantôt l'orifice uréléral est rétréci, tantôt on le trouve normal et perméable à la sonde. Une distinction plus importante doit être faite entre ces dilatations urétérales, suivant qu'elles contiennent ou non un calcul. On a vu la dilatation se produire sur un uretère surnuméraire (ïilp) ; dans un de ces cas, le kyste atteignait 8 centimètres de long.

Les symptômes peuvent manquer, et la tumeur n'est découverte que par hasard grâce à la cystoscopie ; le plus grand nombre des observations connues, du moins jusqu'à ces dernières années, concernait des trouvailles d'autopsie. Dans d'autres cas, il existe une dilatation pyélo-rénale en amont de la dilatation kystique, et le malade présente des symptômes douloureux en rapport avec la rétention rénale, ou avec la présence d'un calcul.

La pathogénie est encore obscure, du moins quand la poche ne renferme pas de calcul; l'atrésie du méat urétéral expliquerait la dilatation en amont, si elle n'était inconstante ; pour Pasteau c'est cependant la cause habituelle, de sorte qu'on doit considérer cette affection comme congénitale. Rochet pense qu'il s'agit d'un prolapsus de la totalité de la paroi urétérale, dû à l'allongement hypertrophique de l'uretère sous l'influence des contractions énergiques et répétées de ce conduit : on trouverait en effet souvent une affection rénale concomitante, par exemple la lithiase ou la tuberculose, qui expliquerait l'hypertrophie fonctionnelle de l'uretère.

La coïncidence de la dilatation kystique avec d'autres anomalies permet de supposer qu'il s'agit d'une affection congénitale, au moins dans un certain nombre de cas; à défaut de l'imperforation, de l'atrésie du méat, nous incriminerons l'affaiblissement congénital de la musculature qui forme le sphincter normal de l'uretère ; dans le cas de calculs, cet affaiblisserrient serait secondaire à leur présence.

Le diagnostic est facile en général, surtout quand le méat urétéral est visible au sommet de la tumeur, ou quand celle-ci présente des variations

Deskos et Minet. — Traité dos mal. dos voies ui'iii. 06

de volume. Dans un cas personnel, il était rendu plus difficile par la présence de lésions de cystite proliférante, chez une femme atteinte de tuberculose rénale ; la sonde urétérale était arrêtée peu après son engagement.

Le traitement chirurgical n'apparaît comme nécessaire que s'il existe un calcul, ou si l'on observe des douleurs ou des signes de distension rénale. Il consiste dans l'hémisection de la tumeur, qui facilite la résection de chacune des valves ainsi formées, et que l'on fait suivre de la suture des deux lèvres muqueuses.

2° Prolapsus de la muqueuse urétérale. — Beaucoup plus rare que la dilatation intra-vésicale, le prolapsus de Furetère a été confondu avec elle dans un certain nombre de cas. Il s'en distingue cliniquement, parfois par des dimensions plus considérables, plus souvent par l'absence de distension précédant l'éjaculation urétérale, par sa réductibihté quand on cherche à y faire pénétrer une sonde, par l'aspect anormal de Forifice qu'il présente à son sommet. Gomme la dilatation, le prolapsus entraîne parfois des s^^mptômes de distension urétéro-rénale, et doit être réséqué.

Dans des cas plus rares, le prolapsus de la muqueuse urétérale atteignait de telles proportions, qu'il s'engageait dans l'urètre et apparaissait à l'extérieur sous la forme d'une turneur pédiculée, sphacélée dans le cas de Simon, imperforée dans celui de Geipel et WoUenberg.

Page 1