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CHAPITRE XX

BIBLIOGRAPHIE

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A. — Anomalies du rein

Absence du rein. — L'absence congénitale des deux reins est extrêmement rare ainsi que leur atrophie congénitale. Le rem unique est peu commun ; la statistique la plus importante est celle de Ballowitz qui en 1895 réunit 213 cas, dont 3 personnels, et celle de Mankiewicz qui englobe 234 cas; d'après ces auteurs, le rein absent est le plus souvent le gauche, et l'anomalie a été plus souvent observée dans le sexe masculin. Le rein présent est presque toujours hypertrophié. Du côté de l'anomahe, l'uretère manque le plus souvent, de sorte que quand un uretère existe, on peut être à peu près certain qu'il existe aussi un rein au moins rudimcntaire ; c'est exceptionnellement qu'on trouve de ce côté un orifice urétéral, puis un court trajet perméable qui se termine en cul-de-sac. Parfois du côté opposé, le bassinet est double (Glosebrook).

Dans lecasde Horand, il n'existait que le rein gauche, qui était desservi par l'uretère droit.

Le diagnostic est impossible, si ce n'est quand on constate au cystocope Tabsence de Torifice urétôral. Quand on observe d'un côté l'absence du testicule et de la vésicule séminale, on peut supposer absent le reindu même côté.

On comprend l'importance de ce diagnostic quand on doit poser les indications d'une néphrectomie, ; on a pratiqué avec succès la néphrotomie sur des reins uniques.

Parmi les cas les plus récemment publiés en France, citons ceux de Tanton, Bauer, François Dainille, Katz, Calmette et Gampana, etc.

Reins surnuméraires. — Cette anomalie est excessivement rare ; elle peut coïncider avec la soudure du rein surnuméraire aux deux autres, mais alors on a admis qu'il s'agissait d'un rein trilobé (Laçasse).

Reins en fer a cheval. — Quand les deux reins, respectivement situés à droite et à gauche de la ligne' médiane, se fusionnent par leurs extrémités, ils ne forment plus qu'un seul organe, le rein en fer à cheval, mais en réalité les deux parties se distinguent nettement ; en effet la fusion n'a pas lieu toujours exactement par Textrémité des pôles ; il existe en général une portion rétrécie, un isthme parfois très mince entre les deux reins; souvent même on a trouvé l'un des deux reins beaucoup plus gros que l'autre, ou malade (calcul, tuberculose, tumeur) sans que son congénère participe à son affection. En général, on trouve les deux reins coalescents formant une tumeur incurvée, à concavité supérieure, présentant en bas une portion rétrécie en isthme, et deux hiles d'où partent deux bassinets, l'un à droite, l'autre à gauche ; les uretères passent en avant de l'isthme, et sont parfois doubles pendant une certaine partie de leur trajet.

On a vu plus rarement la coalescence par les pôles supérieurs. Les vaisseaux présentent souvent des anomalies de nombre, et l'islhme reçoit des vaisseaux supplémentaires. Cette anomalie n'étant pas très rare, on a pratiqué un certain nombre d'opérations sur des reins en fer à cheval, néphrotomies ou néphrectomies partielles ; ces opérations sont assez peu dangereuses, les deux parties du rein ayant chacune leur uretère et restant indépendantes dans leur fonctionnement. En revanche, la mort a suivi des interventions où. pareille anomaUe avait été méconnue.

Le diagnostic n'a été que rarement fait avant l'opération ; on penserait au rein en fer à cheval si l'on observait une tumeur médiane qui en présente la forme, et d'une manière générale quand on constate une ectopie rénale voisine de la ligne médiane. La radiographie d'un calcul placé dans cette région conduirait ù la môme liypothèse (Kiimmel).

Ectopie rénalr. — Le rein est ectopié quand on le trouve fixé dans une situation anormale ; la fixation peut être congénitale, ou au contraire tardive, la mobilité congénitale du rein l'ayant précédée.

Suivant les cas, l'eclopie est abdominale ou pelviemie ; un siège fréquemment observé est le voisinage du détroit supérieur. Quand le rein est fixé tardivement, le pédicule vasculaire peut être long et aboutir aux points d'implantation normale ; le rein fixé congénitalement a au contraire un pédicule court, et les vaisseaux proviennent des gros vaisseaux de la région, par exemple de l'aorte abdominale, de l'iliaque primitive, do l'hj^pogastrique. Lehile regarde en général en avant. Nous avons exposé ces faits à propos du rein mobile.

Enfin le rein déplacé peut occuper l'autre moitié du corps [ectopie croisée). A ces cas se rattachent le rein en fer à cheval, décrit plus haut, et surtout les cas où les deux reins, situés du même côté de la colonne vertébrale, sont fusionnés par leurs extrémités ; il arrive que l'un d'eux soit le siège d'une hydronéphrose volumineuse.

Le diagnostic en est ordinairement impossible; on doit penser à un rein ectopié quand on trouve une tumeur oblongue, lisse, convexe au niveau du détroit supérieur, ou dans le petit bassin ; la pénétration d'un cathéter urétéral se trouve limitée assez vite ; cependant nous avons vu ce signe en défaut dans un cas d'eclopie iliaque. Les symptômes sont nuls dans bien des cas ; ailleurs ils se bornent à la compression de l'intestin, et, dansl'ectopie pelvienne, peuvent causer de la constipation ; les rapports avec l'utérus sont parfois assez intimes pour que l'on croie à une salpingite, à une rétrofiexion, ou à d'autres affections génitales.

Quand le rein ectopié cause des accidents, après s'être assuré de l'état de son congénère, on pratique la néphrectomie ; la face antérieure du rein est revêtue par le péritoine; on peut donc l'aborder facilement par la voie transpéritonale. Il serait cependant préférable de suivre la voie para-péritonéale.

Hydronéphroses congénitales. — Celle anomalie a été étudiée précédemment (voir Hydronéphrose).

B. — Anomalies de l'uretère

Anomalies de nombre. — L'absence des deux uretères est très rare; celle d'un uretère, liée à Fabsence du rein du même côté, ou (Horand) du côté opposé, a été assez fréquemment observée.

La duplicité se présenterait 3 fois sur 100 d'après Poirier ; Spaletta en a réuni une trentaine de cas. Elle est incomplète ou complète, suivant que les deux conduits restent ou non indépendants pendant tout leur trajet; incomplète ou complète, elle peut être bilatérale; cependant la duplicité incomplète serait habituellement unilatérale (Spaletta), et le côté gauche est le plus souvent atteint; ces anomalies sont plus fréquentes chez la femme.

Quand la duplicité est incomplète, les deux uretères naissent de deux bassinets superposés, ou, plus rarement, placés l'un derrière l'autre. Ils se réunissent plus ou moins loin de la vessie, formant ainsi un uretère en Y, avec un seul orifice vésical. Les uretères doubles dans toute leur longueur naissent également de deux bassinets, et cheminent parallèlement dans la même gaine jusqu'à la vessie où ils s'ouvrent par deux orifices distincts, voisins l'un de l'autre ou distants de 1 centimètre et demi (Pilate) ; Griffon a vu l'orifice vésical inférieur, qui était situé à la place normale du méat urétéral, correspondre à l'uretère provenant du bassinet supérieur. Quand la dualité est bilatérale, il existe quatre méats urétéraux dans la vessie; Spaletta en réunit 5 cas ; les orifices des uretères provenant de la partie inférieure des reins sont situés en dedans des autres, entre ceux-ci et l'orifice urétral. Les uretères peuvent s'entre-croiser pendant leur trajet.

Quand deux uretères partent d'un rein unique, il s'agit le plus souvent de deux reins soudés, comme nous l'avons vu déjà, mais le rein peut être réellement unique (Picqué, Perregaux, Pochon). L'un des uretères peut s'aboucher anormalement hors de la vessie. On a signalé quelques cas cVuretères triples. De ces cas on peut rapprocher des diveriicules ouverts dans l'uretère ; dans le casd'Herbet, un diverticule de 3 centimètres de long s'ouvrait dans l'uretère à peu de distance de la vessie, et se dirigeait en dedans, en arrière et en haut.

Anomalies de i/abouchement au bassinet ; anomalies de la paroi uré- TÉUALE. T- Elles ont été étudiées avec les hydronéphroses.

Anomalies de l'abouchement inférieur. — On a signalé l'imperforalion de l'extrémité vésicale de ruretère, la membrane oblitérante étant formée par les deux muqueuses adossées ; l'uretère peut encore s'aboucher dans le rectum; chez la femme, dans le vagin conime dans un cas personnel, dans VitUhnis, dans les trompes, dans l'urètre et le vestibule ; chez l'homme, dans Vicrètre prostatique, les canaux éjaculateurs, l'utricule prostatique, les vésicules séminales ou le canal déférent.

Le traitement de ces abouchements consistera dans l'implantation de l'uretère anormal dans la vessie, quand on peut, au moyen du cathétérisme, reconnaître une partie juxta-vésicale de son trajet. Si une pareille tentative était impossible, on pratiquerait la néphrectomie après s'être assuré de l'origine de l'uretère anormal, et de l'état du rein opposé.

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