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URÉTRITES CHEZ LA FEMME

L'urétrite chez la femme est simple ou blennorragique.

h'urétrile simple est presque toujours traumatique; nous ne connaissons pas d'exemples d'urétrites ab ingesta ou constitutionnelles. Le traumatisme est chirurgical (dilatation forcée, ablation de tumeur) ou accidentel (pratiques d'onanisme, introduction de corps étrangers, épingles, étuis, calculs, etc.), ou bien il s'agit de matières septiques introduites le plus souvent par le cathétérisme.

La flore normale de l'urètre de la femme permet d'expliquer certaines urétrites, comme nous l'avons vu aussi chez l'homme. Parmi les hôtes normaux de l'urètre féminin, citons surtout les staphylocoques, les streptocoques, le coli-bacille. Savor, sur des urètres indemnes de blennorragie, n'en trouva que 1/3 environ aseptiques, et rencontra surtout des staphylocoques et le coli-bacille. Schenk et Austerlitz ont pourtant trouvé l'urètre aseptique dans plus de 30 p. 100 des cas.

Ailleurs l'inflammation se développe par propagation et est chez les petites filles consécutive à la vulvo-vaginite, chez la femme enceinte à l'inflammation et à la congestion des organes génitaux externes qui lui sont particulières. Exceptionnellement, on l'observe au cours du cancer, de la tuberculose, de l'estiomèrie des parties génitales externes.

Uurétrile blennorragique est caractérisée i)ar la présence dans le pus urétraldu gonocoque. Elle constitue la première et souvent l'unique manifestation de la blennorragie chez la femme (Horand, Aubert) et existe à peu près constamment lorsque la vulve et le vagin sont envahis (Verclière).

URÈTKITK lîLEiNiNOUUAGlQUE IH

Les symptômes sont peu diderenls de ce qu'ils sont chez l'homme, mais ils présentent en général une intensité et surtout une durée moindres; la cuisson est souvient très vive, l'écoulement spontané peu appréciable. La muqueuse est roug-e, congestionnée et apparaît souvent sous forme d'un petit bourrelet au méat; la pression exercée sur le vagin, sur la face inférieure du canal, est douloureuse; elle permet le plus souvent de faire sourdre une goutte de pus au dehors. L'époque d'apparition après le coït infectieux est très dificile à préciser; l'incubation paraît être un peu moins longue que chez l'homme. Sa durée moyenne est de trois semaines avec recrudescence au moment de l'époque menstruelle.

On distingue d'après Verchère diverses formes d'urétrite chronique ; l'urétrite antérieure localisée dans les lacunes glandulaires qui occupent le pourtour du méat et l'urétrite postérieure ou plus exactement totale. Les svmptômes fonctionnels sont à peu près nuls ; les signes physiques consistent en une rougeur et en un gonflement du méat et surtout dans l'apparition d'une gouttelette apparaissant par pression externe de l'urètre ; on y retrouve les mêmes microorganismes que chez l'homme. Signalons l'existence de deux variétés : l'urétrite proliférante, caractérisée par la production de sailUes polypiformes occupant tout ou partie du calibre de l'urètre, et l'urétrite fibreuse qui aboutit au rétrécissement.

La cystite est une complication fréquente, moins cependant que ne pourrait le faire croire la brièveté du canal qui reste au point de vue pathologique indépendant de la région cervicale de la vessie. Elle reconnaît ici les mêmes causes que chez l'homme ; une cause déterminante est nécessaire à sa production.

Le trailenient varie avec la natui^e de l'urétrite. Les urétrites simples guérissent très facilement dès que la cause en a disparu, par exemple après l'ablation d'un calcul urétrai", d'un corps étranger quelconque. Quant à l'urétrite blennorragique, souvent elle s'éteint d'elle-même ; lorsqu'elle persiste, c'est à la médication locale qu'on aura recours, et en particulier aux instillations de nitrate d'argent. Un curettage après dilatation est souvent nécessaire dans les formes rebelles. Le traitement interne trouve ici les mêmes indications que chez l'homme.

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