II PRÉFACE
sanle pendant quarante années, exercera longtemps encore une influence décisive sur l'orientation des études de pathologie urinaire. Qu'il s'agisse, soit de ses découvertes personnelles — et elles sont nombreuses — soit de méthodes opératoires antérieures àlui qu'il a modifiées, transformées et faites siennes en les rendant inoffensives et efficaces, partout on retrouve son grand sens clinique et son talent d'observation. Enfin, avec une sollicitude qui ne s'est jamais démentie, il a su grouper autour de lui une pléiade d'élèves et de collaborateurs à qui il n'a cessé de prodiguer conseils et exemples, à qui il a montré le chemin et dont il a rendu les travaux plus féconds en les désignant au monde savant. Beaucoup d'entre eux, devenus maîtres à leur tour, s'honorent en l'imitant, et l'École de Necker, grâce à lui connue dans le monde entier, continue son œuvre dans une pensée de reconnaissance filiale.
Si la méthode créée par Guyon a produit les résultats que l'on sait, elle doit plus que jamais été retenue, suivie et développée au moment où une ère nouvelle s'est ouverte pour la pathologie urinaire. Le domaine qui lui appartient, le champ d'études qui lui échoit s'agrandissent de jour en jour, car elle accentue sa tendance à ne pas rester limitée à la chirurgie pure ; les sciences chimiques et biologiques, la bactériologie, lui fournissent un puissant appui. Mieux encore, la médecine elle-même contracte avec elle une union de plus en plus intime. Elle a commencé par demander à la chirurgie de lui apporter son concours, qui a été puissant et a contribué à guérir des affections réputées incurables : à son tour la .chirurgie lui emprunte aujourd'hui dans bien des cas ses ressources thérapeutiques, ainsi que ses méthodes. Aussi la pathologie urinaire exige-t-elle des connaissances approfondies, variées, longuement mûries et coordonnées, et portant à peu près sur toutes les branches des sciences médicales.
A ce titre, mais à ce titre seulement, cette spécialité, comme toutes les autres d'ailleurs, a droit de cité dans le domaine scienti-
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tique. Si elle se confine dans une étude restreinte et limitée, si elle se désintéresse des questions générales et élevées, elle risque de demeurer stérile. Le spécialiste spécialisé, si l'on veut bien nous permettre cette expression, celui qui croit mieux faire en se consacrant tout entier à l'étude d'un appareil unique de l'économie et môme de tel ou tel organe de celui-là, se détournera facilement du but scientifique et les fruits de sa pratique seront moins bons.
Au contraire, un savant imbu de ces principes qui, après avoir acquis des connaissances étendues, concentre ses efforts sur un point spécial de la pathologie, y apporte une contribution féconde et rend peut-être plus de services à l'humanité que celui qui continue à disperser ses travaux. Aujourd'hui les découvertes se précipitent dans toutes les parties de la science, et se multiplient tellement qu'elles rendent impossible une connaissance parfaite de leur ensemble. Ainsi, un chirurgien érudit et instruit appliquera à merveille les règles de telle ou telle technique opératoire, mais saisira-t-il les indications de l'intervention avec opportunité et précision, saura-t-il en diriger les suites, aussi bien que celui pour qui cette observation est familière? Il est permis d'en douter.
Ces doctrines, nous ne craignons pas de le dire, ont été et sont encore celles de l'Ecole deNecker dont le rayonnement s'est étendu sur les nations voisines. De toutes parts, des travaux importants, des découvertes de premier ordre, capitales même pour le développement de la pathologie urinaire, se sont produites et souvent imposées. Nous les acceptons d'où qu'elles viennent; elles sont nombreuses ; leur diversité d'origine indique combien il serait puéril aujourd'hui de vouloir établir si une nation est dans son ensemble supérieure à une autre dans telle ou telle partie de la science. Mais partout il faut reconnaître, rechercher et honorer les hommes supérieurs, réunir leurs travauxet leurs études, etles discuter ; il en résulte une vaste collaboration qui profite au bien de chacun.
IV PUÉFACl':
C'est clans cet esprit que le livre que nous présentons au public médical a été conçu. Nous nous sommes efforcés, de mettre en valeur d'abord les enseignements reçus de nos maîtres, ceux de nos contemporains et enfin les connaissances que notre expérience nous a permis d'acquérir. Pour cela il fallait prendre dans les innombrables travaux qui se publient chaque jour, non pas tout ce qui s'est publié, mais en faire une sélection, tàclie délicate entre toutes. Nous n'avons jamais perdu de vue que là résidait un écueil et nous avons tâché de ne pas y tomber, en évitant de surcharger notre texte de citations, d'indications dont le trop grand nombre produit une sorte de scintillement aux yeux et à l'esprit qu'il détourne des faits fondamentaux. Aussi les noms de beaucoup d'auteurs n'ont pas été mentionnés : nous n'avons retenu que ceux dont l'importance semblait définitivement confirmée. Si des travaux paraissent avoir été laissés dans l'oubli, nous nous en excusons, mais la clarté du livre se serait ternie, croyons-nous, au milieu de détails trop multipliés.
Notre but a été de composer un ouvrage qui permette à l'élève d'y trouver les éléments nécessaires à son instruction, au praticien un guide toujours prêt, au spécialiste un moyen de préciser ses souvenirs. Pour cela il était nécessaire de consacrer aux différents chapitres une étendue assez considérable, de résumer et de mettre en lumière les découvertes les plus récentes. Nous pensons avoir proportionné chaque chapitre à l'importance qu'il a actuellement dans le domaine de la pathologie; les nouveaux moyens d'investigation : l'urétroscopie, la cystoscopie, la bactériologie, la chimie biologique, l'anatomie pathologique y ont été l'objet de nos études, mais c'est au traitement, si prodigieusement transformé depuis quelques années, que nous nous sommes surtout attachés.
Nous croyons que les descriptions gagnent à être confirmées, précisées, justifiées pour ainsi dire, par une représentation visuelle qui permet en outre d'abréger certains détails. Pour plus
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(le clarté nous avons retracé plusieurs opérations au moyen de schémas et de demi-schémas, d'autres au contraire par des dessins plus poussés qui en donnent une idée plus complète.
Quant aux pièces anatomiques et aux figures microscopiques,, nous avons cherché à en donner une reproduction aussi exacte que possihle; pour plusieurs d'entre elles la chromolithographie nous a semblé nécessaire, et indispensable pour l'urétroscopie et la cystoscopie; toutes originales, elles proviennent soit de notre collection particulière, soit de celles des D''* Letulle et René Marie, que nous ne saurions trop remercier de Fobligeance avec laquelle ils ont mis à notre disposition et leur érudition et leurs richesses scientifiques.
Nos remerciements doivent s'étendre à notre dessinateur M. Warisse dont le talent est au-dessus de tout éloge, et à notre éditeur, M. Doin, pour les soins qu'il a apportés à la publication de cet ouvrage.
D'" Desnos.
D'- Minet.