‹ Traité des maladies des voies urinairesChapitre 28 sur 170 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

SUPPURATIONS PÉRI

VU -URÉTRALES

BIBLIOGRAPHIE

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Nous avons en vue dans ce chapitre les suppurations, d'origine urélrale, qui atteignent les parties molles voisines de l'urètre et principalement les nappes du tissu cellulaire des régions qu'il traverse. Nous en éliminons les abcès blennorragiques des glandes de l'urètre (foUiculites et cowpérites, prostatiles) et du tissu cellulaire qui les entoure (péri-folliculites, péri-prostatiles).

Ces suppurations sont étudiées depuis longtemps sous le nom d'abcès urineux et d'infiltration d'urine, que nous conserverons. Mais tandis qu'on les a séparées, non seulement au point de vue clinique, mais surtout au point de vue des modalités de l'action de l'urine dans leur production, nous croyons devoir exposer d'abord les conditions étiologiqucs et pathogéniques communes à ces diverses formes de suppurations.

Etiologie et pathogénie. — La cause ordinaire de ces suppurations est YinfecHon de l'urètre qui, dans certaines circonstances, se propage au tissu cellulaire voisin ; exceptionnellement l'urine, épanchée par une solution de continuité de l'urètre, sert de véhicule aux agents infectieux.

Tout autre était, encore récemment, la conception que l'on se faisait,

Dksnos el Minet. — Trailô des mal. des voies urin. 14

à l'exemple de Giviale et de Yoillemier, du rôle de Furine dans ces afîeclions. L'existence d'une petite déchirure de l'urètre permettant l'issue ou tout au moins la transsudation de l'urine (Giviale) à travers une paroi dont on ne retrouvait pas toujours la rupture, paraissait une condition indispensable. L'urine, se frayant un large passage sous l'influence des efforts vésicaux ou abdominaux, envahissait en grande quantité le tissu cellulaire ; celui-ci était frappé de sphacèle sur une grande étendue, et l'on se trouvait en présence de V infiltration d'urine. La quantité d'urine extravasée était-elle au contraire minime : elle produisait une suppuration circonscrite, un abcès urineux. •

Cependant, avant ces auteurs, d'autres avaient déjà attribué un rôle moins important à l'éclatement de l'urètre : Hunter, qui déniait à la vessie en rétention la possibilité d'expulser l'urine avec une violence capable de rompre l'urètre, Perrève, Ducamp, Philips, avaient reconnu l'importance des lésions urétrales et l'inconstance de la rupture. Les faits cliniques et expérimentaux ont permis de reprendre, en les précisant, leurs idées sur la pathogénie de l'infdtration et des abcès urineux. C'est ainsi qu'on a constaté dans bien des cas, l'absence de rétrécissements étroits ou môme de tout rétrécissement; on a vu des perforations gangréneuses siéger en aval du rétrécissement (Escat) ; l'absence de sphacèle dans certains cas de rupture traumatique aussi bien que dans les injections expérimentales d'urine non septique (Simon, Menzels), est fréquente; enfin souvent on ne trouve pas d'urée dans la sérosité infiltrée (Albarran).

Les lésions infectieuses de l'urètre qui exposent le plus à l'infiltration et aux abcès sont celles qui accompagnent les rétrécissements de l'urètre, étroits ou larges : on exphque cette fréquence par la stagnation de produits septiques en amont du rétrécissement, de sorte que des lésions inflammatoires graves, des ulcérations môme, s'y produisent; on peut incriminer aussi l'influence des tentatives de dilatation, surtout si celles-ci déchirent la muqueuse. On observe des suppurations pcri-urétralcs à la suite do fausses routes, de plaies urétrales, de corps étrangers ou de calculs, d'abcès foUiculaires chroniques. Enfin il existe de véritables épanchemcnts d'urine, par exemple dans les ruptures de l'urètre, avec la symptomatologie de l'infiltration.

En dehors de cette dernière éventualité, il n'est pas possible, le j)lus souvent, de savoir pourquoi les lésions restent circonscrites, ou dilfusenl et tendent au sphacèle. On ne peut pas, la plupart du temps, retrouver

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rinflucnce de diathèses comme le diabète ou ralbuminurie, ni môme d'une infection urineuse ancienne. Il faut donc incriminer, dans le cas d'inflllration d'urine, une action mortifiante spéciale à certaines espèces microbiennes, surtout anaérobies, ou encore une virulence exaltée, parfois par les associations microbiennes, des microbes communs aux phlegmons circonscrits et aux phlegmons diffus péri-urétraux. Des études d'Albarran, de Banzct, de Gottet, d'autres travaux plus anciens concernant les aérobies, on peut conclure au rôle prépondérant du coli-bacille, soit seul, soit associé à d'autres bactéries qui n'ont pas pu encore être toutes déterminées, et parmi lesquelles les anaérobies paraissent jouer un rôle très important, surtout dans le sphacèle diffus; sur 12 cas soit d'infiltration, soit d'abcès, Cottet releva 4 fois la présence d'anaérobies seuls, 6 cas où les anaérobies prédominaient sur les aérobies, et un seul cas d'aérobies seuls. Parmi les aérobies associés ou non au coli-bacille, citons les staphylocoques, les streptocoques, etc. ; parmi les anaérobies (Gottet) le bacillus funduliformis, le b. fragilis, lemicrococcus fœtidus, le staphylococcus parvulus, etc.

Ces conditions pathogéniques étant exposées nous décrirons séparément l'infiltration d'urine et les abcès urincux.

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