Calculs péri-urétraux
Etiologie, pathogénie. — Ces calculs occupent un trajet fistuleux, ou bien sont situés dans le tissu cellulaire péri-urétral : dans ce dernier cas leur existence suppose toujours une solution de continuité préalable.
Comme les calculs urétraux d'ailleurs, ils ont pour origine un gravier venu des voies urinaires supérieures, ou bien ils se sont formés sur place par décomposition de l'urine dans des culs-de-sac ou des trajets fistuleux. En s'accroissant, ils ont déterminé la formation d'une poche adventice |)lus ou moins étendue, qui communique avec le canal par un orifice de dimensions variables ; on l'a trouvée dans des cas rares complètement obturée.
Anatomie l'AiiioLofiiyuE. — Le nombre de ces calculs est variable ; le plus souvent uniques, ils peuvent exceptionnellement se rencontrer au nombre de HO (Blasitis, Colot). Leur multiplicité s'explique par l'infiltration simultanée de l'urine dans diderentes loges du tissu cellulaire : ils
sont fréquemment taillés à facettes. Dans certains calculs uniques, on trouve plusieurs noyaux ; ils résultent alors de l'accolemenl d'un nombre plus ou moins considérable de petites concrétions primitivement distinctes.
Les calculs péri-urétraux peuvent atteindre un volume beaucoup plus considérable que ceux de l'urètre : on en cite qui ont approché du poids de 1.500 grammes (Bourdillat) .
Leur forme est irrégulière comme la cavité dans laquelle ils se développent ; parfois ils sont creusés d'une gouttière à leur point de contact avec le canal.
Rares dans la région pénienne, en raison de la minceur des tissus péri-urétraux, ils sont plus fréquents au niveau du scrotum, où ils présentent le volume le plus considérable, ainsi que dans la région périnéale antérieure. Dans le périnée postérieur ils sont absolument exceptionnels : il n'en existe qu'une observation. Quant aux calculs situés dans l'épaisseur de la prostate, ils seront décrits séparément avec les maladies de cet organe.
Symptômes,, diagnostic, évolution. — Les troubles de la miction font le plus souvent défaut. Lorsqu'il existe des symptômes fonctionnels, ils consistent surtout en une dérivation de l'urine et du sperme par les trajets fistuleux qui peuvent exister, ou bien en une dysurie plus ou moins marquée due à la- compression du canal par le corps étranger sous-jacent.
Les signes physiques se rapprochent beaucoup de ceux des calculs urétraux. La nodosité sentie par le doigt est plus superficielle et n'occupe pas l'axe du canal ; lorsqu'elle est formée par des calculs multiples, on obtient quelquefois une sorte de crépitation ; le canal est perméable. Dans certains cas un stylet, introduit dans le trajet fistuleux, arrive au contact de la concrétion.
Les calculs péri-urétraux sont facilement tolérés : on en a vu dont la présence remontait à dix-huit, trente-six et jusqu'à cinquante ans (Vanzetti, Deschamps, Louis). Leur élimination spontanée par une fistule, soit préexistante, soit consécutive (abcès, gangrène) , est plus fréquente que celle des calculs urétraux ; elle s'est produite dix-huit fois sur cinquante cas (Bourdillat).
Il est facile, d'après ce qu'on vient de voir, de distinguer un calcul péri-urétral d'un calcul du canal ; une erreur plus grave consisterait à prendre pour un calcul de l'urètre scrotal une concrétion développée dans une cystocèle de la région.
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Traitement. — Pour l'extraction des calculs péri-urétraux, on utilisera autant que possible les trajets fistulcux : on les dilatera ou on les débridera, et, pour prévenir la persistance de la fistule, on ne fera la suture qu'après avivement des parois. En cas d'absence de fistule complète, on incisera' sur le calcul. L'emploi d'une sonde à demeure est indiqué après l'opération.
Calculs de l'urètre chez la femme
Étiologie. — Les calculs de l'urètre de la femme peuvent être migrateurs, ou primitifs, mais la brièveté et la souplesse de l'urètre, qui acquiert un calibre énorme par la dilatation, expliquent la rareté très grande des calculs migrateurs, si on la compare à la fréquence de ces calculs chez l'homme : les causes qui permettent l'arrêt du calcul sont les rétrécissements, l'atrésie congénitale du méat, ou les dilatations anormales de l'urètre. Les calculs primitifs sont moins rares ; il n'y a pas d'exemple de calcul glandulo-urétral ; le calcul se forme par dépôt de sels de l'urine stagnante dans un diverticule ou dans une dilatation urétrale (urétrocèle) . Ils ont été bien étudiés parQuénu et Pasteau.
Anatomie pathologique. — Préexistante, ou formée autour d'un calcul migrateur, la poche qui contient le calcul est généralement médiane, ou légèrement latérale, à 1 centimètre au moins du méat ; au début elle peut n'être qu'un simple cul-de-sac communiquant avec l'urètre, plus tard elle se pcdiculise en se développant. La paroi est constituée, de dehors en dedans, par la muqueuse vaginale, le tissu musculaire, la muqueuse urétrale. Le contenu est de l'urine plus ou moins fimpide, et des concrétions ordinairement multiples; un calcul unique a atteint 3 centimètres de diamètre.
En outre, on a vu des calculs vésico-urétraux, qui consistent dans le prolongement urétral d'un calcul vésical assez volumineux, et des calculs péri-urclraux, développés dans une fistule urétro- vaginale ou dans la paroi vaginale môme.
Symptômes et diagnostic. — Quand le calcul est petit il peut, après s'être arrêté au méat, être expulsé spontanément, après avoir donné lieu i\ une dysurie plus ou moins grande. Ordinairement le début est insidieux.
MALADIES UE L'UUKTUI'
il existe une douleur vague, diffuse, irradiée à la vessie et au périnée, qui bientôt s'accroît, s'exagère par la marciie et rend parfois impossible la station assise. Peu à peu les envies d'uriner augmentent, puis apparaît une douleur mictionnelle ou post-mictionnelle plus ou moins grande, et de la fréquence en rapport avec l'urétro-cystite qui se manifeste bientôt ; les urines sont troubles, rarement teintées de sang; cependant on observe des hématuries légères à la suite de marche, de fatigue, de secousses provoquées. La fréquence des mictions se joint à la difficulté de retenir l'urine, ce qui a fait croire à une incontinence. Celle-ci est presque toujours symptomatique d'un calcul urétro-vésical. A l'exploration, on trouve une tuméfaction d'un volume variable, faisant saillie dans le A'agin, dure, douloureuse, non dépressible ; un explorateur ne rencontre pas d'obstacle dans le canal, mais une sonde cannelée, convenablement recourbée, pénètre dans une poche où elle heurte un corps étranger.
Les calculs vésico-urétraux causent presque toujours une incontinenc ■ vraie plus ou moins complète ; la béance des orifices explique la fréquent' de la cystite et des infections urinaires dans ces cas; on a signalé aussi des ruptures de l'urètre, des urétrorragies, des abcès et des fistules.
Traitement. — La dilatation forcée de l'urètre permet l'extraction des calculs de moyen et de petit volume. Les calculs vésico-urétraux seront refoulés dans la vessie pour y être lithotritiés, si leur volume ne s'}^ oppose pas. Dans les cas de concrétions diverticulaires, il convient d'inciser l'urètre et d'en extraire le calcul, puis de suturer la paroi après résection de la poche entière.