L'URÈTRE
mULlOGRAPHIE
English. Ueber tuberc. Uretritis u. Peri-uret. Allg. Wiener med. Zeitung, 1891. — Nicolas. Tub. de l'ur. Th. Lyon, 1890. — Barbet. Tubercul. de la verge. Lyon, 1893. — Poncet et Delohe. Traité de l'urétrostomie. Lyon, 1900. — Bérard. TuljercuL de l'urètre, rétrécissement. Bull, méd., 1901. — Hart.mann et Lecène. Assoc, fr. d'VroL, 1902. — IIallé et Motz. Tubercul. de l urètre. Ann. Qén.-urin., 1902. — Chute. Tubercul. urctr. Boston med. journ., 1903. — Prat et Lecène. Tu])erculuse de l'urètre. Soc. Anat., 1902.
La tuberculose de l'urètre prostatique ne peut être détachée de la tuberculose prostatique. La tuberculose de l'urètre antérieur et de ses annexes, quoique probablement toujours secondaire, mérite au contraire d'être décrite, après les travaux de Engiisch, Hallé et Motz, Prat et Lecène, etc.
EïioLOGiE. — Très rare chez la femme, la tuberculose de l'urètre complique assez fréquemment les tuberculoses génito-urinaires : 1 fois sur \ 2 autopsies, d'après Hallé et Motz. L'inoculation paraît se faire par l'urine chargée de bacilles et de produits tuberculeux; elle est favorisée par le traumatisme. Bien que Baumgarten ait réussi expérimentalement à inoculer l'urètre, il n'est pas encore démontré que la tuberculose urétrale puisse être primitive, c'est-à-dire inoculée et propagée par le méat, par exemple pendant le coït; dans le cas de Prat et Lecène, les lésions ont paru débuter par une ulcération du frein, mais l'observation est incomplète à divers points de vue.
AN.vroMiE l'ATiiOLOGiQUE. — Oii obscrvc des lésions de la muqueuse, des lésions péri-urétrales, des lésions des glandes de Cowpcr.
Les lésions de la muqueuse atteignent surtout les parties reculées de
l'urètre antérieur, et sont disséminées au milieu des parties restées saines, plus rarement généralisées (%. 100). On observe exceptionnellement les granulations i\ leur début, plus communément des ulcérations, analogues h celles des autres muqueuses et aboutissant à la formalion de cavernes ; on peut voir aussi rinfdtration caséeuse massive qui recouvre Turètre d'une couche caséeuse jaunâtre.
Les lésions péri-urétrales atteignent les corps érectiles, soit secondairement aux ulcérations ou à l'infiUralion caséeuse de la muqueuse, soit primitivement par voie sanguine. Ces lésions finissent par former des cavernes plus ou moins étendues, qui s'ouvrent dans le canal, parfois aux téguments en formant des fistules souvent multiples.
La tuberculose des glandes de Cowper se manifeste par la formalion de cavernes et d'abcès froids, qui s'ouvrent dans l'urètre ou aux téguments et se compliquent de tuberculose urétrale et de fistules.
L'étude de l'urétrite tuberculeuse prostatique est liée, nous l'avons dit, à celle de la tuberculose prostatique; toutefois nous devons signaler ici que cette urétrite aboutit quelquefois à la formation de rétrécissements, fait d'autant plus remarquable que c'est à peu près la seule condition dans laquelle on en rencontre dans cette portion de l'urètre ; le [)ronoslic en est grave.
Fig. 100. — Tuberculose de l'urètre et rétrécissement congénilal du méat (D'' Letulle).
Symptômes .
— Au début, l'urétrite tuberculeuse antérieure passe
presque toujours inaperçue, car toujours secondaire, ses symptômes sont masqués par ceux de la prostatite et de la cystite concomitantes ; dans un cas où l'écoulement était séro-purulent et quelquefois rougeâtre, nous avons aperçu par Furétroscope, au niveau de l'angle péno-scrotal, une ulcération profonde irrégulière à fond sanieux. Aucune douleur n'existait à ce niveau.
Le symptôme le plus commun est la blennorrée chronique, dont nous avons rappelé les caractères à propos du diagnostic des urétrites chroniques ; la miction peut être gênée, elle est pénible, parfois extrêmement douloureuse. L'exploration dénote l'existence des rétrécissements constitués par des lésions tuberculeuses ou par des lésions banales, et dont le traitement est particulièrement douloureux ; la palpation montre des zones indurées et douloureuses à la pression.
A l'urétroscope, on voit quand la sensibilité de l'urètre le permet, au milieu d'îlots de muqueuse pâle, des ulcérations disséminées, à fond jaunâtre, à bords irréguliers et d'un rouge vif. A une période plus avancée, il ne semble pas que l'urétroscopie puisse être appliquée.
La plupart des observations ont trait à des cas graves. Dans celui de Prat et Lecène, on voyait sourdre par deux petites ulcérations à côté du rein un pus crémeux : c'était l'orifice d'un vaste clapier qui séparait le fourreau des corps caverneux jusqu'à la racine de la verge.
La verge fut amputée (Hartmann), et l'on vit deux ulcérations très étendues et profondes, sorte de cavernes à bords taillés à pic, recouvertes d'une couche pseudo-membraneuse, au niveau de la face inférieure de l'urètre balanique. De chacune d'elles partaient des fistules qui aboutissaient à un énorme clapier à parois fongueuses et purulentes entre la face externe de la verçf'e et le fourreau. Dans l'ulcération on a découvert plusieurs cellules géantes. Un cas analogue de Chute présente des lésions moins avancées avec une infiltration de tout le canal qui, induré sur toute sa longueur, faisait éprouver de nombreux ressauts à une sonde exploratrice.
Il en était de même dans les faits .rapportés par Bérard. L'ulcération aboutissait à un clapier périnéal dans un cas, dans l'autre, scrotal. Ces lésions tendent à la cicatrisation et, sans guérir complètement, aboutissent ù la formation de rétrécissements durs et étendus.
Traitement. — Si la lésion est légère et n'intéresse que la muqueuse,
on devra s'abstenii- de tout calhétérisme qui |risquerait d'être offensif et d'étendre la lésion : cependant des injections d'acide picrique nous ont donné de bons résultats dans un cas.
Chez un autre malade, des instillations d'acide pyrogallique à ont également réussi. L'huile gaïacolée et l'huile goménolée sont de nature à apaiser la douleur, mieux que les injections de cocaïne ou de stovaïnedont l'action est éphémère.
Dès que l'ulcération aura détruit les parois et produit rinfdtration, on devra inciser largement et détruire à la curette les parois du clapier.
Par contre, on respectera les fistules lorsqu'elles ne sont pas l'occasion de douleurs ni le siège d'une suppuration abondante, car l'action chirurgicale risquerait de les agrandir.
Exceptionnellement, dans les cas de destructions péri-urétrales très étendues de la verge, on en pratiquera l'amputation (Hartmann). La cystostomie convient aux cas où la miction est trop douloureuse.
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