‹ Traité des maladies des voies urinairesChapitre 43 sur 170 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

La syphilis peut atteindre l'urètre à deux périodes : à la première on observe le chancre de l'urètre, à la troisième période, des gommes ou des syphilomes diffus ; c'est seulement de ces lésions tardives que no.us nous occupons ici.

On les a observées, soit chez l'homme, soit chez la femme, entre deux ans et demi et quinze ans après l'infection (Albarran). Tantôt il s'agit de gommes de la paroi urétrale, tantôt de gommes péri-urétrales qui envahissent la paroi secondairement ; tantôt enfin l'infiltration syphilitique scléreuse s'étend le long de l'urètre, y formant des indurations d'aspect néoplasique, qui peuvent rétrécir le calibre de l'urètre et aboutir à des. ulcérations. Ces lésions se voient chez l'homme surtout à la portion pénienne, chez la femme au voisinage du méat.

La marche de la maladie est" insidieuse et les symptômes n'apparaissent que si la compression de la paroi urétrale diminue trop le calibre ou si la fonte de la gomme se produit : on observe alors la d3'surie, ou un suintement séreux ou séro-sanguinolent. L'examen de l'urètre montre soit des indurations circonscrites gommeuses, soit des indurations'diffuses, qui font comparer l'urètre à un tuyau de pipe, etc. ; l'explorateur fait reconnaître la diminution de la lumière du canal. A la période d'ulcération, on observe la production d'abcès et de fistules, d'un diagnostic rétrospectif difficile.

D'ailleurs à toutes les périodes le diagnostic ne pourra être étabU que par l'interprétation des divers symptômes : absence de suppuration, absence de gonocoques, de bacilles de Koch ; indolence malgré le volume de la tumeur ; commémoratifs ; action du traitement spécifique ; éventuellement, examens biopsiques à l'aide de l'urétroscope si l'on craignait un épithélioma.

Page 1