CHAPITRE V
Etiologie
L'infeclion tuberculeuse de la prostate relève de deux mécanismes différents : elle est tantôt envahie secondairement à une tuberculose rénale, tantôt primitive. Nous établirons plus loin (voir Tuberculose rénale) que la prostate et le rein sont les deux organes de l'appareil urinaire qui sont le siège d'une invasion primitive. Le mécanisme de l'infection secondaire est double, et la propagation de la tuberculose peut se faire soit par l'inoculation directe des produits descendus dii rein, soit par la voie sanguine. On voit la tuberculose rester longtemps cantonnée dans la prostate sans envahir d'autres organes.
Les tubercules commencent à envahir la prostate à l'âge de la puberté ; c'est de vingt à trente-cinq ans que l'on observe le maximum de fréquence, coïncidant avec la période d'activité sexuelle. C'est même à peu près exclusivement à cet âge qu'on observe la tuberculose primitive de la prostate et dans les cas où on l'a signalée chez le vieillard ou chez l'enfant (Verneuil), il s'est agi, semble-t-il, de complications secondaires.
En entretenant un état congestif de la prostate, les excès de coït ont été invoqués à juste litre; on a aussi incriminé la continence prolongée, la masturbation dont l'action est identique en provoquant des érections trop longues et par conséquent une congestion de toUt l'appareil génital. .Nous n'avons pas à rappeler le rôle des inflammations voisines ou antérieures dans le mécanisme de l'infection, surtout des uréLrites clu'oniques. L'existence de rétrécissements urétraux ne semble pas favoriser l'éclosion de la tuberculose prostatique, mais elle en active la marche.