‹ Traité des maladies des voies urinairesChapitre 84 sur 170 · VESSIE · texte numérisé non relu

VESSIE

ÉïiOLOGib:. — Les corps étrangers de la vessie, qui parfois ont pénétré à travers une perforation traumatique ou spontanée de la vessie sont presque [oujoiirs mlroduit.s par l'urètre et peuvent être classés comme les corps étrangers urétraux. Ils ont pour cause soit un accident de cathétérisme, soit une manœuvre érotique, soit un accès de folie. On sait que les érections et les tiraillements exercés sur la verge jouent le plus grand rôle dans la progression des corps dans l'urètre.

Quand le corps étranger est introduit par une voie accidentelle., il s'agit tantôt d'une plaie, tantôt d'une ulcération : à la suite d'un traumatisme, pénètrent par une plaie de la vessie une balle,, un lambeau de vêtement, une esquille, etc. ; ailleurs, à la faveur d'uae inflammation ou d'une ulcération des parois, une fistule' vésico-iatestinale livre passage aux matières fécales, à des noyaux de fruits, des débris d'os ; ou bien à la suite d'un abcès froid des parois du bassin ouvert dans, la vessie un séquestre y pénètre : nous en avons publié un cas personnel; par une fistule hypogastriquc tombent des pièces de pansement, des fils de suture, de la gaze, elc. Les liysles dermoïdes ouverts dans la vessie y déversent de la matière sébacée, des poils,, ce qui explique le phénomène de la pilimiction. On peut de môme trouver des hydatides dans les cas d'ouverture vésicale de kystes hydatiquos.

Caractères et nature. — Les corps étrangers de la vessie sont de trois sortes : 1° flexibles, mous ou de petit volume ; 2° longs, mais friables : 3° longset n'îsistants.. On a rencontré les plua variés et les plus bizarres, nous citerons seulement :

1" Des sondes de caoutchouc, des petites bougies, des échevaux de fil, des morceaux de linge, des racines, une chaîne de montre, des cailloux,

des haricots, des pois, des coquillages, des grains de plomb, des boucles i d'oreilles, des fragments d'un litholritcur, etc.;

2° Parmi les corps étrangers de forme allongée qui peuvent se briser : spontanément, être broyés ou se plier, on a trouvé des sondes de gomme des tuyaux de pipe, des morceaux de craie, des tiges de cire, des épingles à cheveux, des tubes de verre et même un pessaire de Dumontpallier : (Barnsby).

3° Des objets allongés, mais non fragiles, des crayons, des porte- plumes, des fragments de sonde, des aiguilles d'acier, des étuis à aiguil- -i les, etc.

Position dans la vessie. — La présence de ces corps étrangers est .* plus fréquente chez la femme. Les corps étrangers des deux premiers groupes que nous venons de signaler se placent dans une situation indé- ■ terminée ou obéissent à l'action de la pesanteur. Les sondes se courbent t) ou se nouent (Guyon) (fig. .172).

Les corps rigides et mousses, longs de 6 à 9 centimètres, se placent k transversalement (Guyon et Henriet). En effet, de tous les diamètres vési- eaux, le transversal est seul constant et offre un espace suffisant pour les loger. Une tige de plus de 9 centimètres ne peut pénétrer que lorsque la >,j| vessie est distendue; elle conserve alors une direction verticale ou obli- -Ij que. Les objets de faibles dimensions flottent dans la vessie ou gardent une ^ grande mobilité. Les corps longs et pointus peuvent se ficher dans la paroi * par une extrémité ; ainsi les épingles à cheveux s'implantent au voisinage du col et pivotent autour de cette partie fixe suivant l'état de réplétion ou ; de vacuité de l'organe. ,

Insgrustation des corps étrangers. — Au bout d'un temps variable, tout corps étranger s'incruste des éléments minéraux de Turine, ordinaire- ment de phosphates, surtout ammoniaco-magnésien. La rapidité avec laquelle tl se dépose la couche phosphatique est proportionnée au degré d'infection vésicale. Elle varie aussi avec la nature du corps étranger : les objets de i fer et de fonte s'incrustent plus facilement que ceux de plomb (Mâche). S'ils sont allongés, leur revêtement phosphatique, inégalement disposé, les ; rend fusiformes et parfois les extrémités du corps étranger dépassent les limites du calcul qui paraît embroché.

Les sondes abandonnées dans une vessie infectée et suppurante .se

CORPS ÉTRANGERS UE LA VESSIE 621 recouvrent très rapidement d'une couche calcaire : la première altération

Fig. 172. — Sonde extraite de la vessie au bout de huit jours. Altérations de la gomme et incrustation calcaire.

consiste dans une chute de la couche de gomme, qui laisse une surface

Fig. ITo. — Sonde de Nélaton laissée à demeure pendant pluTsieurs mois.

tiépolie sur laquelle les parlicules calcaires se déposent : telle est là sonde représentée ici (fig. 172), qui a élé retirée au moyen d'un brise-pierre au

bout de huit jours. Quant à la figure 173 elle représente une sonde de Nélaton qui était restée plusieurs mois à demeure et dont l'extrémité était enchâssée dans un gros calcul phosphalique à qui elle servait de noyau. L'acide urique et les urates peuvent aussi revêtir les parois des corps

Fig. 174. — Sonde laissée à demeure 36 heures et déjà recouverte d'un dépôt uratique.

étrangers, d'ordinaire plus lentement que les phosphates, parfois très vite selon la composition de l'urine. C'est ainsi que chez un sujet dont l'urine très chargée d'acide urique, produisait des récidives fréquentes de calculs, la sonde représentée par la figure 174 s'est recouverte de dépôts uraliques en moins de trente-six heures.

Symptômes. — Quand il n'y a pas de cystite, la tolérance de la vessie est telle que certains corps étrangers peuvent rester plusieurs années dans la vessie, sans donner lieu à aucun trouble. En général, au bout d'un temps plus ou moins long, apparaissent des signes fonctionnels analogues à ceux des calculs; toutefois, si le corps étranger est arc-bouté contre les parois vésicales, les symptômes de locomotion sont peu marqués ou nuls. Les signes physiques fournis par le toucher rectal ou vaginal, le palper hypogastrique et le cathétérisme sont également analogues à ceux de la pierre dans la vessie. L'exploration intra-vésicale devra être conduite avec beaucoup de douceur, car les mouvements imprimés à un corps long ou offensif seraient dangereux pour les parois. La radioscopie est appliquée au diagnostic des objets métalliques.

La cystite éclate ordinairement à un moment donné ; mais elle n'est pas constante et peut n'apparaître qu'après un cathétérisme septique. Elle est d'autant plus précoce que le corps étranger est plus olîensif, chargé de matières capables d'amener une infection. On assiste alors à des poussées aiguës, séparées .par des accalmies ; ailleurs elle est chronique d'emblée, avec des crises aiguës très violentes. La contraction des parois sur un corps oiïensif donne naissance à une ulcération lorsqu'il y a contact prolongé, c'est-à-dire en présence d'iui corps étranger trop long : la pcrio-

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