‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 10 sur 44 · MYOPIE · texte numérisé non relu

MYOPIE

guise de tabac, soir et matin, satisfera à la seconde, et la boisson d'une infusion de sassafras répondra à la troisième.

Observation 36a.

24 novembre 1751.

Consultation pour M. Bo***, fils du médecin de Riom, d'après un Mémoire fait par son père.

La maladie pour laquelle nous sommes consultés est une des plus fâcheuses que l'on puisse rencontrer. En effet la disposition vicieuse de l'organe, qui, depuis l'âge le plus tendre , a rendu le malade myope , la perte presque totale de l'œil droit , l'extrême faiblesse de la vue du gauche , qui est portée à un tel degré qu'elle paraît prête à s'éteindre , et les circonstances singulières qui accompagnent le peu qui en reste , sont autant de raisons qui rendent également le diagnostic de cette maladie difficile, le pronostic douteux, et la guérison incertaine.

Nous ne pouvons , dans un cas de cette espèce , asseoir aucun jugement sur le vrai caractère et le siège de cette maladie , qu'après avoir bien réfléchi sur les principaux accidents qui accompagnent l'état actuel de la vue, et comparé entre elles les différentes expériences qu'on a faites , et qui ne laissent pas de jeter beaucoup de jour sur la nature de cette indisposition.

Il est dit, dans le Mémoire, que le malade est d'un bon tempérament. Nous le soupçonnons un

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peu mélancolique cl sujel à une sorte d'agi ment dans l<- genre nerveux : c'esl ce qu'on peut déduire des expériences rapportées. En effel l'œil gauche du malade, exposé au soleil, n's pu eo soutenir un moment la lumière, et il s vu de plus le i :iel vert , en le regardant en face et du < < i *• du grand angle, et bleu tel qu'il était en le regardant du côté «In petit angle.

Les objets qu'il a vus après l«- soleil couché lui oui pain de leur eouleur naturelle, ainsi que ceux <ju il a regardés au clair de lune.

Il lui arrive quelquefois de voir les' objets tremblotants, tels qu'ils paraîtraient s'ils étaient vus ;i travers de l'eau dont la surface serait agitée.

La pupille de l'œil gauche a conservé la Liberté de ses mouvements. Le malade n'a comment voir le ciel vert que le ai octobre, c'est-à-dire le lendemain d'une purgation violente causée par deux scrupules de pilules cochées et douze grains de jalap. La vue a paru plus confuse après l'usage d'un opiat propre à mettre les humeurs en mouvement, tel que eelui qui a été fait avec les cloportes et le diapliorétique minéral.

Enfin le malade est myope depuis 1 âge le plus tendre, et cette myopie a augmenté insensiblement. Tels sont les principaux symptômes qui accompagnent cette maladie, et dont l'examen peut nous conduire à en connaître le véritable caractère. J'ai dit ei-dessus que je soupçonnais un peu d'agacement dans le genre nerveux. En effet

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