‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 11 sur 44 · MYOPIE · texte numérisé non relu

MYOPIE

les objets ne peuvent paraître tremblotants que lorsque les filets nerveux de la rétine sont attaqués d'un agacement convulsif.

Les expériences dont on rend compte dans le Mémoire ne contredisent pas ce raisonnement , car il est tout simple qu'une impression aussi vive que celle du soleil occasionne un semblable agacement ou une tension spasmodique , ce qui n'arrivera pas lorsque la lumière sera plus faible, telle qu'elle l'est après le soleil couché , ou après le lever de la lune.

Il serait étonnant que la pupille eût conservé la liberté de se dilater et de se resserrer, la vue étant aussi faible qu'elle l'est, si cette faiblesse, bien différente de^ celle qui arrive dans les cas de paralysie , ne dépendait de la trop grande tension qu'une lumière vive communique aux filets nerveux de la rétine et de l'affection spasmodique dont ces filets sont attaqués , laquelle peut bien apporter de l'obstacle à la vision , mais non pas détruire les mouvements de dilatation et de constriction de la pupille.

Enfin les purgatifs drastiques, les remèdes irritants , chauds et propres à mettre les humeurs en mouvement, ayant plus nui au malade qu'ils ne l'ont soulagé , il en résulte encore une preuve que la maladie dont il s'agit vient principalement de l'agacement des nerfs en général et en particulier de celui des filets de la rétine , puisque

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1rs remèdes augmentent la tension sposmodiquc .1rs filets de < ettc membrane.

Nous concluons, d<- toutes ces réflexions, que I.i maladie don! il s'agit consiste dans une myopie parvenue à son dernier période, à laquelle il s'rsi joint | ». 1 1 la suite une tension spasmodique des filets nerveui de la rétine, qu'une lumière trop vive, telle que celle «lu soleil, ne manque jamais d'exciter ou d'augmenter, <t de porter même quelquefois , selon la disposition de la machine, jusqu'à l'agacement convulsif; ce qui occasionne alors le premier degré <!<• cette maladie, que les Grecs on4 appelée hippos, dans laquelle le malade voit les objets tels que les voient rru\ (jni courent ii cheval. Nous nr répéterons pas 1rs signes auxquels on peu4 reconnaître cette affection; nous 1rs ayons exposes plus haut et tirés du Mémoire qui nous a été communiqué; mais nous devons parler de ses causes dont la connaissance peu! nous guider dans le pronostic et dans le traitement.

I.;i myopie dépend de la trop grande convexité du cristallin , et il y a lieu de croire que, dans le cas dont il s'agit, une humeur surabondante s'est portée \crs ce corps, et en a augmenté le volume et la convexité outre mesure. L'application que le malade a donnée à la lecture d'écritures de toute espèce, souvent difficiles, la peine qu'il a ressentie à les lire, sur -tout dans les derniers

MYOPIE. igi

temps , ont dû occasionner aux filets nerveux de la rétine un travail pénible et les accoutumer insensiblement à une tension plus grande que celle qu'ils ont naturellement; ce qui, joint à quelque disposition antérieure , a enfin porté les accidents au point où ils sont aujourd'hui.

Le pronostic de cette maladie est très-fâcheux , ainsi que l'a remarqué l'auteur du Mémoire. On ne guérit pas la myopie; mais cependant, comme elle n'ôte pas la vue par elle-même, et que la faiblesse extrême de la vision qui s'est jointe à cette disposition vicieuse de l'organe dépend d'un agacement de la rétine, je pense qu'on peut soulager considérablement le malade.

Pour cet effet, nous lui conseillons d'éviter toute application des yeux; nous voudrions au contraire qu'il les tînt long -temps fermés, couverts de compresses sèches, et qu'il ne les ouvrît que de temps à autre après le coucher du soleil ou au clair de lune, pour s'assurer simplement, de loin en loin , de l'effet de cette pratique. La rétine pourrait, par ce moyen, reprendre son ton naturel. Il prendra , tous les matins à jeun , une chopine de petit -lait : évitera les remèdes acres et irritants; se fera appliquer trois ou quatre fois, à huit ou dix jours d'intervalle, les ventouses scarifiées à la nuque ; et on lui établira , derrière chaque oreille, un écoulement que l'on entretiendra avec beaucoup de ménagements.

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