‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 12 sur 44 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

De la Presbytie.

Observation 363.

Won père fit , le 17 mars 177/ii 1 • iV'pniisc (Joui suii l'extrait , à un Mémoire à consulter,

La difficulté que M. Le (>"' 1 prouve à lire à la distance à laquelle tous les enfants de son âge le tout sans peine, dépend d'un relâchement de la rétine, connue l'a très-bien observé l'auteur du Mémoire ; el c'est au séjour qu'il a fait pendant

deux ans en Amérique, el à la traversée pour en

revenir, qu'il faut attribuer cette affection.

Vésicatoire au cou. Fumigations humides toniques. Point de lunettes; elles pourraient, par la suite, avoir de très-grands inconvénients. Point d'essai d'application pendant un an; beaucoup d'exercice de corps; promenades, jeux, etc.

Mémoire.

Vendôme, le 20 mars 1776.

Nous avons mis en usage tous les remèdes proposés par M. Demours dans sa consultation du 17 mars 1774, pour M. Le G***.

Les humeurs sont transparentes et saines; les membranes, la conjonctive, les paupières, sont dans le meilleur état La difficulté que 31. Le G**

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a de ne voir de près, qu'en clignotant, et avec un peu de fatigue , lorsqu'il s'obstine à distinguer les objets , semble dépendre de l'organisation naturelle. Les yeux sont petits, enfoncés; l'ouverture de la pupille est étroite. La vue est meilleure au grand jour, et les objets ne s'aperçoivent bien que de loin. Ainsi cette espèce de vue doit être rangée dans la classe des presbytes. Il a essayé avec avantage les lunettes convexes , quoiqu'on n'en ait pas continué l'usage, d'après la défense de M. Demours. Cet état ne paraît pas être une maladie, et pourrait être soulagé, ou plutôt aidé par des moyens purement mécaniques.

Je crois que le cristallin et la cornée étant trop peu convexes, le croisement des rayons se fait très-loin, et la réfraction est trop faible. Si cet état eût résulté de quelque maladie, les sucs nourriciers eussent rétabli la convexité ordinaire; les remèdes sagement proposés eussent donné plus de fluidité et de ressort.

Bfaxjssier de la Bouchardière , D. M,

ier avril 1776.

Nous avons regardé , avec M. de la Bouchardière, la maladie de M. Le G*** comme dépendante d'un peu de relâchement dans la rétine ; état que nous avons cru devoir attribuer au séjour qu'il a fait pendant deux ans en Amérique, ///. i3

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dont le climat, continuellement charge <!<• \.ipeurs,est tr< s propre •> • >■ < asionner <1«' semblables relâchements.

( ependant un séjour en France depuia environ mus .iiis. aide1 de quelquea reraèdea propres à rendre aux parties relâchées le ton qu'ellea au- I. lient | > 1 1 perdre, aurait <lù, ce semble, rétablir les choses dans leur étal naturel. Or, cela n'est point arrivé, et il parait que le malade est a-peuprès dans le même état on il était lorsqu'il est arrivé en France.

Il n'est pas douteux que la vue de M. Le G" ne soit presbyte et qu'on ne puisse y remédia par des verres convexes. Ces! sans doute un inconvénient d'être obligé, a l'âge <!«■ treize ans, «lèse servir de lunettes; et c'est la raison pour laquelle nous lui avions expressément recommandé d'en éviter l'usage, pour avoir le temps d'essayei s'il ne serait pas possible de rectifier la vue par l'emploi de quelques remèdes internes et externes. Mais, puisque ni ces remèdes ni le changement de climat n'ont rien produit , nous sommes d'avis que, conformément à la maxime àjuvantibus et lœdcntibus, on lui donne des lunettes de vingt à vingt-quatre pouces de foyer, soit pour lire, soit pour écrire, afin qu'il soit en état de répondre aux soins que Ion se donnera pour son éducation, et nous lui conseillons de se frotter soir el matin le sommet de la tète avec dix ou douze gouttes d'eau-de-vie ; ce qu'il continuera plusieurs

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années de suite. Il aura l'attention de ne pas changer ces premières lunettes de dix ou douze ans, et d'en avoir deux paires , l'une de vingt-quatre pouces, pour le travail du jour, et une autre de vingt pouces, pour lire et écrire le soir; ce qu'on tâchera même de lui éviter le plus qu'on pourra.

Observation 364»

De la Maison Royale de Saint-Cyr, le 16 juillet 1775.

Mémoire. — Monsieur, une de nos élèves, âgée de quatorze ans, ou environ, a la vue délicate, et par la disposition naturelle de l'organe qui la rend louche, et par une faiblesse extrême qui j'empêche de pouvoir s'appliquer long-temps de suite et même de réussir à ce qu'elle fait, soit en ouvrage, soit en écriture, etc. Je me suis avisée , il y a quelque temps, de lui faire essayer une paire de conserves dont je me sers depuis plus de dix ans , n'en ayant jamais eu d'autres. Elle s'en est bien trouvée; il a été aisé d'en juger à la manière dont elle a exécuté ses ouvrages. Je vous demanderai , Monsieur , si nous pourrions lui en faire faire du même foyer, sans risque de lui causer aucun tort pour l'avenir, en lassujétissant à ce secours étranger. Je ne puis mieux m'en rapporter qu'à vous, dont l'expérience me mettra à l'abri d'une démarche imprudente.

Je vous envoie les conserves dont la jeune personne s'est servie pour juger du point , que je

\.»ns prierai de me marquer, ne le connaissant l».is moi-même; mais en étant fort contente, malgré mon âge, qui ne me nécessite point d'en chercher d'autres jusqu .< ce moment

S' Dl Cm'", Religieux delà Maison de Sain! louis.

m.i.ih ue générale <li i < lai i

Réponse.

Madame, les lunettes dont vous vous serves

sont du m" .mi, »i me paraissent bien loi tes pour une personne de quatorze ans. Si die s \ habitue dès -à -présent, elle m- pourra plus s'en passer, ci ce besoin t d'ailleurs très-incommode a cet âge, aurait infailliblement dessuites fâcheuses, comme de ne pouvoir rien discerner s;ms ce secours, et (le ne trouver presque plus de Lunettes propres .t s,i vue, lorsqu'elle serait parvenue a L'âge où les autres commencent a prendre des conserves. Si la demoiselle en question (lait obligée de travailler pour vivre, ee serait un malheur; mais les circonstances exigeant ce secours, il faudrait s'y soumettre, parce que nécessité n'a point de loi. Heureusement elle n'est pas dans ee cas, et puisque ce n'est que pour apprendre des choses dont elle peut se passer, je crois qu'il faudrait négliger cette partie de son éducation, et ne lui donner d'occupations que celles que la nature de sa vue pourrait supporter sans fatigue. Elle se fortifiera vraisemblablement avec l'âge et à in---

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sure que le corps prendra plus de consistance. Je vous engage à mettre la jeune personne à l'usage du baume de Fioravanti, pour en faire recevoir la vapeur à ses yeux trois ou quatre fois par jour. Je vous conseillerai de plus de lui faire raser la grandeur d'un écu de six livres sur le sommet de la tête, et d'y verser soir et matin douze ou quinze gouttes d'eau-de-vie , qu'on fera évaporer en frottant doucement avec la paume de la main. Elle pourra aussi tremper le bout du doigt dans cette liqueur, et s'en frotter les paupières supérieures et inférieures , le devant et le derrière des oreilles.

Paris, le 10 juin 1759.

Régime pour M. le baron de L***, que mon père avait traité à Paris, et qui retournait à Ectrépi , en Champagne.

L'oeil gauche de M. le baron de L*** a éprouvé une révolution dont je n'ai encore vu aucun exemple. C'est un changement de configuration qui s'est fait dans l'espace de quelques mois, et qui en a opéré un considérable dans sa manière de voir. Sa vue , qui a été toujours très-myope , et par conséquent fort courte, est devenue presbyte et s'est prodigieusement allongée : aujourd'hui c'est la vue ordinaire d'un homme de soixante-dix ans. La cause d'un changement de con-

n, ; s i « i | 0 , \ i I , | Il \PITIl E V,

figuration aussi extraordinaire dépend d'un \i<. dans l.i circulation des sucs destinés ;< la nourriture des corps transparents de l*œil. La mollesse de ce! organe, qui tous les matins était ipeu -près comme un pruneau cuit selon l'expression du malade , est une preuve manifeste de cette lenteuT (Luis la circulation <l< is liqueurs. Elle languissait pendant !<• sommeil et ne se rétablissait que pendant la veille, et il en est résulté nu aplatissement «lu cristallin. Comme ce corps a conservé sa transparence, et que l'organe immédiat de la vue n'est aucunement arle. le, il } a I î « - 1 » d'espérer qu'en remédianl à l'épaississement généra] «les liqueurs, le cristallin reprendra dans la suite plus rie convexité qu'il n'en a actuellement, et que !<• malade verra <le

mieux en mieux à mesure que sa santé se rétablira. Il serait bien singulier .sans douu qu'il eût gagné à cette maladie, et qu'il vît à l'avenir* à

une distance ordinaire, les objets qu'il ne pouvait voir autrefois qu'en les approchant de très-près. C'est cependant ce qifil y a lieu de présumer, ou plutôt c'est ce qui est déjà arrivé quant aux gros objets ; d'où on est fondé à croire qu'à mesure que les forces reviendront et que la vue se fortifiera, il parviendra à discerner plus nettement les objets les plus proches. C'est là le pronostic que l'on peut faire sur cette singulière maladie, en supposant néanmoins que de nou-

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veaux accidents ne viendront pas déranger la marche de la nature.

La perte que Monsieur a faite de son oeil droit, qu'il eût été très-facile de sauver au commencement de l'attaque, quelques chagrins domestiques assez vifs qui ont suivi de près cette perte , l'éloignement de sa famille, la solitude où il a vécu pendant le long séjour qu'il a fait à Paris, et l'impuissance où il s'est trouvé de lire et d'écrire, l'ont insensiblement jeté dans la plus noire mélancolie, qui a donné lieu à une affection scorbutique. C'est de -là qu'il faut tirer les indications curatives de cette maladie.

Beaucoup de dissipation , de gaieté , d'occupations d'esprit , d'exercices de corps , et l'intime persuasion qu'il n'est pas possible que sa vue reste dans l'état où elle est aujourd'hui, sont sans doute les remèdes les plus efficaces qu'il puisse opposer à son mal. Nous lui conseillons de plus l'usage des sucs de plantes antiscorbutiques.

Observation '566.

Liège, le 11 décembre 179a.

Mémoire. — Le médecin D**% de Liège, âgé de soixante ans, se plaint depuis quelques mois d'un obscurcissement de la vue qui consiste à voir les objets à proximité moins clairement et comme entourés d'une espèce de brouillard, tandis que les objets éloignés se voient distinctement à une distance très-considérable.

| r r i i 0 El vil, CHAPITftl v,

I n regardant dans un miroir, il voit les objeU qui 1*3 représentent |>liis distinctement «in*' cem qui sont dans la place. En regardant d'une fenêtre dans la rue, il distingue mieui les personnes qui passent que celles qui sont dans la chambre, ce qui parait dépendre de ce que les objets .sont plus éloignés. Dans l'idée qu'il pourrait \ avoir du défaut (Luis la convexité de l'oeil, il s'est servi de lunettes avec des verres convexes; il en i éprouvé avec des verres concaves, et sa mi<- n'en a pas < t<: soulagée. La pupille n'est p;<s plus dilatée < 1 1 u> dans l'état naturel, et elle a son mouvement ordinaire; on ne voit point de défaut dans le cristallin, et on ne s'aperçoit d'aucun vice dans L'organe d<- la vue. <>n croit que quelques tiraillements dans les muscles de l'œil pourraient occasionner ce changement, par la raison surtout que les objets éloignés se distinguent bien, et qu'il n'y a que ceux à proximité qui sont vus confusément et entourés d'une espèce de brouillard. L'embarras de la vue est plus grand le soir à la chandelle, dont il distingue la lumière, mais confusément et entourée d'un nuage plus épais que pendant le jour; il ne s'aperçoit pas de la clarté que la lumière donne dans la chambre, et voit tous les objets beaucoup plus confus.

N. B. Je reçus la lettre suivante.

Liège, le 23 décembre 1795.

Mon cher confrère, avec ma réponse à la lettre

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que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, je dois joindre des explications que l'on a négligées dans la précédente. D'après l'examen de plusieurs chirurgiens; et selon leurs rapports, on ne remarque aucune altération dans les cristallins ni aucun défaut dans ces organes.

Je n'ai aucun dérangement dans les fonctions; je suis d'un caractère vif et sensible; je ne suis sujet à aucun accident qui pourrait être la cause de mon incommodité; je crois que des peines et des inquiétudes ont pu y contribuer, et que tout dépend de l'irritation des nerfs.

Dans le commencement de mon incommodité, je me suis fait faire une saignée au bras; j'ai pris du tabac; j'en ai aussi fumé; j'ai frotté les paumes des mains avec dé" l'eau de Cologne , et je les ai approchées des yeux ouverts pour en recevoir l'impression ; j'ai respiré l'alcali volatil fluor; j'ai fait appliquer un vésicatoire à la nuque, que j'ai entretenu quelque temps; j'ai fait des fumigations avec l'infusion de fleurs de sureau; j'ai pris intérieurement des remèdes céphaliques et antispasmodiques; j'ai fait usage de la racine de valériane sauvage , du musc broyé avec du sucre ; j'ai pris l'esprit volatil de corne de cerf avec l'infusion de sassafras. Je ne me suis aperçu d'aucun effet sensible de tous ces remèdes. Vers ce temps-là, ayant senti une petite démangeaison aux jambes, j'y ai fait appliquer deux vésicatoires dont j'ai entretenu la suppuration, et je n'en ai pas éprouvé

•".'. m ( i i o \ VII, CHA.FI TRE V,

plus d'effet que de celui appliqué t la nuqui Depuis quelques jours, les peines e( Les inquiétudes touchant mon étal ayant augmenté, j'ai eu une ms« uiiiiir pendant les nuits et une Légère tension vers les sinus frontaui et a L'occiput , et la vue m'a paru plus embarrassée ; accidents qui ne paraissent dépendre <|n<- de nus inquiétudes, puisque, Lorsqu'elles diminuaient, le sommeil était j)lus calme, La tête se débarrassait, et La vue était moins gênée; preuve que L'affection des nerfs et les passions de L'ame jouent un grand i<»l<- dans mon incommodité. En conséquence, je nous prie de me dire si L'application d'un nouveau vésicatoire à la nuque ne pourrait pas augmenter la sensibilité, 1 irritation et l'insomnie, m'apercevant d'un peu d'accélération dans le pouls, ce* pendant sans plénitude. Je vois toujours coniu- Sément les objets les matins; et ils me paraissent alors entourés d'une espèce de brouillard; quand la clarté du jour augmente, je les distingue mieux, sur- tout en fixant la vue sur un seul. Vers les quatre heures du soir, je vois les objets plus confusément; l'embarras est encore plus considérable à la chandelle, où je ne distingue plus rien. Je vous prie, mon cher confrère, d'examiner avec attention ce Mémoire, et de vouloir bien me donner le plutôt possible votre sentiment à ce sujet, avec un détail des remèdes que vous jugerez nécessaires, etc. D***, Médecin.

Réponse.

Il y a un peu d'aveuglement de nuit. Je ne vois aucun danger. Je conseille de continuer les antispasmodiques et d'abandonner la plupart des autres remèdes.

N. B. J'ai su depuis que cet état n'avait pas eu de suites fâcheuses; il y a eu seulement presbytie assez marquée.

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