Q SECTION VII, CHAPITRE VI
Observation 38 1 ,
Roanne , l<- 1 s février 1777.
Mémoire. — Madame de !!<•'", âgée d'environ soixante ans, fui sujette dès sa première jeunesse .1 des migraines d'une violence excessive, qui lui faisaienl sentir de si vives douleurs dans les veux,
qu'il lui semblait, selon son expression, qu'où
les lui cernail dans leurs orbites. Elle fui sujette, dès le même temps, à «les éruptions dartreuses et à de fréquentes ecchymoses ou taches larges el
violettes à la peau , semblables à celles que produit le scorbut, dont on ne lui a d'ailleurs jamais observe d'autres symptômes. S'il lui arrive de se heurter ou de se froisser la peau , et même si légèrement (pic tout autre n'en ressentirait pas la plus petite douleur, elle en éprouve de considérables, et il lui survient bientôt après de semblables ecchymoses. Elle fut attaquée, l'année dernière, d'un anthrax à une jambe, et, depuis une quinzaine de jours, d'un furoncle à la cuisse du même côté, qui en diffère peu, tant il est douloureux et rebelle. J'ajouterai qu'il lui survient habituellement des efllorescenccs érysipélateusès autour d'un cautère qui lui fut établi à la jambe du même côté, il y a environ trois ans. De ces efflorescenccs suintent des sérosités fort acres; les larmes qui coulent de ses yeux, lorsqu'elle en souffre plus qu'à l'ordinaire, ont aussi beaucoup
GLAUCOME. ?.6l
d'âcreté. La malade, depuis la disparition de ses règles , arrivée au terme ordinaire , n'a cessé d'éprouver des chaleurs au visage, qui se couvre subitement d'un rouge cramoisi. Depuis plusieurs mois, elle se plaint encore d'un bruit d'oreilles fort incommode.
J'ai cru devoir faire précéder ces observations, pour donner au conseil une idée de l'état des liquides chez la malade, et de la tendance de son sang à se porter à la tête : je vais exposer ce qui a un rapport plus immédiat à ses yeux, objet de ce Mémoire.
Il y a environ dix ans que Madame perdit l'usage de l'un d'eux, dont la vue avait successivement diminué de jour en jour : il en a été de même de l'autre , dont elle a cessé de voir depuis un an, dans le temps d'une abondante suppuration , tant par la plaie qui résultait des incisions qui avaient été faites sur l'anthrax , que par le cautère pratiqué à la même jambe.
La perte de la vue de l'un et de l'autre oeil a été précédée de plusieurs fluxions inflammatoires avec les plus vives douleurs dans le fond des orbites. Lors, même que la malade souffrait moins, elle ne pouvait, sans l'interposition d'un gardevue, supporter la lumière des bougies, autour desquelles elle apercevait comme un arc-en-ciel. Les prunelles étaient très - dilatées et souvent de figure fort irrégulière. Quelque temps enfin avant d'avoir perdu entièrement l'usage du dernier œil,
si, no» \ i » f i h a pii h i \i, il lui arrivait ordinairement de porter la main a une assez grande distance des objets qu'elle von- Lut toucher. kprès la perte entière de l'un et de L'autre œil , et sur-tout «lu dernier, elle •< continué d\ souffrir les plus rives douleurs, qui lui semv blaicnt être toutes intérieures. Ces douleurs sont devenues supportables : ce ne sonl plus que quelques cuissons j ><i i vives pour L'ordinaire, mais / habituelles; d'autres fois c'est un sentiment de graviers qui lui semblent rouler entre le globe de l'œil et les paupières. Elle n'aperçoit aucunement la lumière du jour ni celle (Tune bougi€ de l'oeil anciennement affecté, et, de l'autre, elle n'aperçoit qu'une clarté très-obscure, et seulement quand la lumière lui est présentée fort obliquement du côté de l'angle externe.
La prunelle du premier, dans Lequel elle ne souffre que rarement de légères douleurs, est excessivement dilatée, et ne laisse apercevoir dans son intérieur que du noir; celle de l'autre, qui continue d'être douloureux , est moitié moins large et présente une couleur d'un gris trouble , et non cette couleur perlée qui s'observe le plus souvent dans les vraies cataractes : l'une et l'autre conservent le même degré de dilatation, soit au grand jour, soit à l'obscurité. Je pense qu'il serait inutile d'entrer dans le détail des remèdes que l'on a toujours employés pour tempérer 1 acrimonie des liqueurs, et pour empêcher une trop grande affluence de sang vers la tète, qui a causé
deux ou trois étourdissements capables d'alarmer. Il suffira sans doute d'observer que l'on a saigné autant que les accidents ont paru l'exiger; que l'on a fait le plus grand usage possible des délayants, des antiscorbutiques tempérés, du lait, du petit -lait, des pédiluves, des bains entiers, des eaux minérales de Saint -Alban, auxquelles on reconnaît, entre autres propriétés, celle de corriger dans le sang un vice dartreux plus efficacement que tous les autres remèdes; et qu'enfin l'on a fait un assez grand usage des pilules de ciguë, fondé sur quelques observations connues et sur quelque analogie que l'on a cru entrevoir entre le vice dominant des liqueurs de la malade et celui qui donne naissance aux affections contre lesquelles on emploie plus particulièrement ce remède.
Il semble à la malade que le globe de l'œil, le dernier affecté, le plus douloureux, et sur lequel elle fonde encore quelque espérance, est d'un volume beaucoup plus considérable que dans l'état naturel, et qu'il roule plus difficilement dans son orbite, quoique cette augmentation de volume ne paraisse pas à l'extérieur.
Il y a dans le sang un vice dartreux joint à un levain scorbutique qui paraît prédominant , et , particulièrement, une tendance des humeurs vers les parties supérieures. Si, dans un cas aussi grave et nonobstant tous les remèdes qu'on a mis en
''< i iscTioir vu, <■ n \ i» i i h i m,
usage, nous osions proposer quelque chose, rc sérail l'application des sangsues aui tempes el au siège.
Nous ajouterions a cela an long usage du lait dans lequel on aurail fait infuser, ;i froid, pendanl la nuit, une poignée <i<- cresson, et, dès qu'on le pourra, une douzaine <l<- feuilles de cochléaria et une demi-once de racine de raifort sauyage; IVIadame en prendrait, tons les matins, trois tasses chauffées au bain-marie. Si les moyens que l'on tentera étaienl insuffisants pour rappeler l.i vue à Pœil dont Madame entrevoit de côté la lumière du jour, ils pourronl peut-être au moins appaiser la douleur el les autres accidents dont elle se plaint.
Observation 389..
Mémoire y le 27 septembre 1778. — La dame dont on va détailler les infirmités est âgée de cinquante ans; il y en a quatre quelle n'est plus réglée, et on observera que, six mois avant cette cessation absolue, elle a éprouvé dans le bas-ventre, du côté droit et vers la région iliaque, une douleur très-vive, qui s'est terminée par un écoulement purulent par les parties naturelles , et qui, après plusieurs retours, expose encore quelquefois la malade à de nouvelles douleurs et de nouvelles évacuations de matières glaireuses et purulentes, mais en moindre quantité : cet accident .1 été regardé comme un abcès à l'ovaire droit. La malade a consulté pour cette maladie,
pour laquelle on lui a fait prendre des apéritifs de différentes espèces et des eaux ferrugineuses, qui ont paru lui faire du bien. Les eaux de Spa sont celles qu'on a plus particulièrement employées.
Heureusement constituée , cette dame , à l'âge de dix -sept ans, a eu ses règles; elle les a eues toujours abondantes, et elles ont très -souvent dégénéré en pertes. La suite de ces accidents l'a souvent obligée d'avoir recours aux saignées; ce qui, joint à ses pertes, semblerait devoir la mettre, dans ce moment, plutôt dans la classe des personnes pituiteuses que dans celle des sanguines. Néanmoins on observe qu'elle s'est toujours trouvée soulagée par les saignées. D'ailleurs la vie sédentaire et peu active que ses infirmités l'ont obligée de mener, et leur genre même, annoncent son tempérament actuel.
Mariée il y a vingt-huit ans , sa première couche fut assez heureuse; mais elle n'a pas nourri, et s'est rendue trop tôt à la société dans une saison très-froide; ce qui l'a exposée à tous les accidents de ce que l'on nomme vulgairement lait épanché : c'est l'époque de la destruction de sa santé. En effet , elle a toujours été depuis dans les douleurs et les remèdes ; cependant elle a eu d'autres grossesses et des couches assez heureuses; mais le quatrième accouchement a été très-laborieux, ce qui a occasionné la mort de l'enfant. Cette même couche a été suivie d'hydropisie de matrice, et la
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dernière, arrivée il j •> dix-oeuf .ms, el qui a heurt us, . !;,i suivie <!<• maui de tète el <l un mal d'y< plus m dents, qui <>nt cédé aux diffé«
unis remèd< s, particulièreujeiit aux saignées I pendant i«>us ces remèdes n'empêchaient j >• >i ut les douleurs \.i ai<-s occasionnées par l.i faute de régime commise au premier accouchement I u« douleur de rhumatisme se faisait sentir alternativement dans différentes parties du corps, aux reins, ;m\ genoux, aux hiiis, ,t l'estomac, el i la tête, "ii elle a paru plus particulièrement se fixer il \ ;i à-peu-près deux ans.
Depuis sa dernière couche, el six à sept ans avant L'époque de L'écoulement des matières purulentes, cette Dame et.ni exposée périodiquement à des enflures considérables «le toul le bas-ventre, qui se dissipaient el se montraient alternativement tontes les six ou sept semaines. Ces enflures ont presque totalement disparu depuis que L'écoulement purulent s'est manifesté.
Les douleurs rhumatismales que cette Dame a éprouvées sont au-dessus de toute expression, particulièrement dans les orbites et les sinus frontaux; elles ont occasionné diverses inflammations de la conjonctive, avec un flux considérable d'humeur séreuse par le nez et par les yeux.
Il y a environ dix-huit mois, qu'à la suite de violents maux de tète et d'une inflammation de la conjonctive, cette Dame a perdu la vue de l'œil droit, sans aucune altération sensible dans l'œil,
qu'une immobilité de la pupille et la continuation de l'inflammation de la conjonctive, dont l'état est devenu variqueux. Ne doit-on pas attribuer cette goutte sereine à la présence de l'humeur rhumatismale qui fait compression sur les nerfs optiques?
Il y a quinze mois qu'après des douleurs rhumatismales dans la tête, qui lui avaient occasionné la perte de l'oeil droit, il est survenu, dans le grand angle, à la sclérotique, une petite tumeur saillante de couleur bleue et grosse comme un petit grain de raisin , qui annonçait un staphylôme ; mais cette tumeur, depuis l'existence d'une nouvelle inflammation, paraît diminuée des trois quarts.
Cette Dame, après la perte de l'oeil droit, éprouvait des douleurs moins fortes dans la tète , et semblait jouir d'une santé passable, lorsque tcutà-coup , après une douleur très-vive dans le bras droit, où elle a un cautère, elle se plaignit d'une douleur des plus aiguës dans l'estomac, qui, ayant cessé dans cette partie, se porta, dans les premiers jours de mai dernier, sur le cerveau, et occasionna de nouvelles douleurs de tète inexprimables, particulièrement dans l'orbite gauche. Les deux conjonctives se sont enflammées de nouveau, et la faculté de voir s'est perdue dans ce second oeil, sans altération des humeurs. On observe seulement, comme dans le droit, une immobilité de la prunelle; l'inflammation des con-
l68 SECTION Vit, CH APIT11 vi,
jonctives subsiste toujours des- deux côtés, el l<* douleurs de tête sont on ne peut pas plus vives. I es yeux et le nez rendent chaque jour une grande quantité de sérosités; comme les paupières et ions le-, environs du nez sont gonflés sans inflammation, il parait que cet effet est «lu a une lymphe épanchée.
t )n croit reconnaître positivement une amaurose pituiteuse, occasionnée par la présence de rhumeur «lu rhumatisme qui abreuve !«• cerveau et les nerfs optiques, et cause la privation «!«• la \ ue.
(>n demande quels sont les remèdes propres à détourner cette humeur? S'il v s lieu d'espérer qu'en parvenant à la détruire <»u à la déplacer de li tête, la malade pourra voir «I»- nouveau el être délivrée (1<- son ancien rhumatisme, seule cause <lc tous ses accidents? Enfin, quels sont les remèdes convenables à son étal présent?
Jusqu'ici on a fait usage, lors de l'invasion du mal de tète et de l'inflammation des yeux, des saignées, des purgatifs, et de différents apéritifs. On a établi un cautère, qui subsiste toujours, et qui n'a pas cessé de beaucoup suppurer. On a employé les vésicatoires; mais la malade s'en est ennuyée-, et on croit que l'écoulement n'en a pas été assez long-temps entretenu.
Ne serait -il pas avantageux de faire usage des purgatifs, des sudorifiques, et de l'application des sangsues autour des yeux? Ne conviendrait-il pas
d'avoir recours aux fondants mercuriaux et aux savonneux ?
Petitfils, D. M.
Observation 383.
Consultation pour Madame F*** de Bordeaux.
Paris, le 23 juin 18 17.
Quelques années avant la cessation du flux menstruel, Madame a éprouvé un dérangement dans sa santé.
Elle fut d'abord tourmentée pendant un an par des hémorrhoïdes qui firent craindre une fistule. Cette crainte se réalisa dans le cours de l'année suivante.
Madame a été^bien guérie de cette maladie, qui fut traitée selon les règles de Fart; mais, au moment où cette espèce d'émonctoire, que la nature s'était procuré, approcha de sa terminaison, il y eut métastase sur les yeux, et Madame éprouva une ophtalmie, qui ne se dissipa qu'un mois après. Ce fut alors qu'on retira le séton de la fistule. Madame , âgée à cette époque de cinquante ans , conserva encore ses règles pendant quatre ans. Depuis qu'elles ont cessé de couler, elle a éprouvé, presque sans aucune interruption, des pesanteurs à la tête, des étourdissements, des vapeurs, et souvent des palpitations de cœur, sur-tout en se baissant.
Il y a environ un an que la malade eut une
'7" BECTIOH \ i i , < ;i \ l' i ; i; i v l ,
enflure sous la mâchoire inférieure du coté che, occaaionnée par une petite fistule qui s'était établie :i li racine d'une dent, malgré l'extraction «le laquelle I»' gonflement subsiste encore.
Vers l.i lin de décembre dernier, la malade, sortant un jour de brouillard, sentil des frissons
;iil\ jaillîtes et au\ cuisses; elle jenli.i, sapprO-
cha du feu, dont l'action parut lui faire monter le sang vers les joues, ci aussitôt les paupières rougirent. L'application d'une pommade ophtalmique sembla augmenter L'inflammation : les lotions produisirent le même effet ; nue saignée faite au bras, mi vomitif, n'empêchèrent point les deux yeux d'< | >roui er un gonflement extraordinaire. Un vésicatoire derrière l'oreille droite aii ii m L'irritation sur l'œil de ce coté; il se ferma avec des douleurs affreuses. Les boissons actives parurent nuisibles; Le petit-lait et L'orgeat calmèrent, et permirent d'ouvrir un peu l'œil qu'on n'avait pas pu examiner depuis un mois. I n vésicatoire lut établi à la nuque, et, dans l'espace de quatre mois, la malade a eu, jusqu'à ce moment, cent soixante sangsues environ au dos et aux cuisses; elle a été saignée plusieurs fois au pied, et purgée. Elle a observé le régime le plus exact.
Malgré l'emploi de tant de moyens, l'état de la malade est loin d'être satisfaisant. Elle éprouve de fortes vapeurs qui portent au front une rougeur visible et lui gonflent l'œil malade, dont le
nerf optique est paralysé, et dont la paupière supérieure, très-rouge et luisante, permet à peine qu'on puisse l'entr'ouvrir. Elle ressent très-fréquemment des douleurs à la joue du côté de cet œil, qui passent, par instants, sur l'œil gauche, aux tempes, et sur-tout au front; ce qui la met dans un état d'anéantissement difficile à décrire. Lorsqu'elle reste quinze ou vingt jours sans mettre de sangsues au dos, elle est dans un état accablant de souffrances et de vapeurs. Le jour de l'application des sangsues , elle est plus malade; l'œil est plus fermé et plus enflé : le lendemain elle est mieux.
Les soussignés, après avoir lu et relu les Mémoires qui contiennent l'énumération des accidents éprouvés par madame F***, ont reconnu l'existence d'un glaucome. Ils croient que la pupille doit être dilatée d'une manière irrégulière, et qu'elle deviendra plus ou moins trouble.
Il est important de mettre l'œil gauche à l'abri de la même maladie. Les moyens qui rempliront ce but dissiperont aussi les douleurs du droit, qui, cependant, reparaîtront, mais au moins avec des intervalles. Voici ceux que conseillent les soussignés. M. le médecin ordinaire de la malade voudra bien en diriger l'emploi, avec les modifications et dans l'ordre qui paraîtront indiqués tant par leurs premiers effets que par l'état dans lequel se trouvera la malade à l'arrivée de la présente consultation.
.s i ( i i ti \ \ m , CHAPITR] VI,
En réfléchissant à la maladie que Madame .1 éprouvée à la marge de l'anus, toute application des sangsues sur cette partie semble interdite; m. us. si on songe que nulle menace du retour <l<cette maladie n'a existé depuis sa guérison, que 1rs \<u\ se sonl affectés peu avant cette époque, que cesl une puissante indication pour rapp< l< p l'irritation et le sang vers ces parties, et que l'a il gauche doit être conservé à quelque prii qu< s. ni, on se déterminera en faveur d'un moyen qui n'aura probablement aucun inconvénient. Si cet espoir .si fondé était trompé, et que les sangsucs déterminassent un peu <!<■ phlogose dans « 1 ) parties, autrefois le siège de tant d'irritation, on <-n snait averti ;i temps; on suspendrait remploi de < et utile moyen, et on pourrait, sans risquer de se tromper, regarder cette passagère irritation comme ayant existe aux dépens et en diminution de celle de l'œil perdu, qui menace <l<- s'étendre au gauche; le périoste de l'orbite droite, celui <pii revêt l'arcade sourcilière, La portion qui, en se réfléchissant, forme Le Ligament des paupières, et toutes les membranes du globe étant dans un état de phlegmasie chronique, et les différentes parties correspondantes participant déjà du cote gauche à cet état.
Il faut donc débuter parfaire, à la marge de l'anus, la première application des sangsues à laquelle on croira devoir recourir.
La suivante aura lieu au haut de l'épaule droite,
auprès des vertèbres du cou, au-dessous du selon : on n'appliquera les sangsues qu'après avoir posé une ventouse sèche. Le verre de la ventouse aura été chauffé par le moyen d'esprit-de-vin rectifié, et si la peau, ne monte pas à une certaine élévation dès la première application de la ventouse, on en réappliquera sur-le-champ une seconde; les sangsues seront mises aussitôt sur la partie gonflée et rpugie de la peau. On pourra provoquer l'écoulement du sang en faisant chauffer une troisième fois le verre de la ventouse et l'appliquant de nouveau.
Un voyage aux eaux de Barèges nous paraît indiqué. Il ne faudrait point faire de douches sur le front, sur les yeux, ni sur aucune autre partie de la tète , mais il serait bon d'en faire sur la colonne vertébrale.
A moins d'un motif déterminant pour supprimer le séton, on le conserverait jusqu'après le voyage de Barèges, si Madame le fait; et, dans le cas contraire, elle le garderait encore pendant un mois. En le supprimant, on établira au bras gauche un cautère, qu'ilne faudra point ôter.
Rien ne combattrait aussi puissamment la maladie qu'une application régulière de quatre sangsues chaque mois, qui seraient mises à la marge de l'anus, et on n'en appliquerait plus ailleurs si on remarquait qu'elles n'eussent aucun inconvénient local relatif à la maladie qui a existé. Cependant on pourrait de temps à autre remplacer 111. t8
>-\ SECTIOD VII, OHàPITKJ \i,
cette application par celle que l'on ferait à L'épauh avec usage <!«• la ventouse, «>n par L'application (l'une \ <- 1 1 1 • iiisr scarifiée.
Quels < [ n«' soient Les accidents «jni pourraient survenir à Madame, il faudrait être sobre de re mèdes actifs, comme vomitifs et purgatifs, et, en général, éviter tout ce <|m pourrait irriter Le tutx intestinal. Si <»n croil avoir besoin <l<- toniques, on s'en tiendra à doua cuillerées de vin de quinquina, que Madame prendrait un quart d'heure avant son dîner.
Elle continuera à observer un régime exact, et fera ions les jours, eu voiture ou à pied, une promenade réglée et fixée à-peu-près à la même heure. Pohtal, Demoubs.
.M. V ', âgé «le soixante-cinq ans, d'un tempérament bilieux, se sentit du froid aux pieds et à la tête, eii jouant le soir au trictrac dans un jardin, et eut une ophtalmie à l'œil droit, dès le lendemain, qui dégénéra en glaucome, avec irrégularité et immobilité de la prunelle. Celle de l'œil gauche n'avait qu'un mouvement fort obscur, et la vue en est restée si faible, qu'à peine le malade voyait à se conduire.
Observation 385.
Une servante de Fontenai - sous -Louvres fut
frappée avec une bouteille par un homme ivre
sur différentes parties du corps le 1 1 novembre 181 5. Les yeux ne furent point atteints, et cependant les pupilles se sont dilatées, les conjonctives sont devenues rouges , et lorsqu'on me l'amena, en mars 1816, je trouvai que deux glaucomes s'étaient formés , malgré les secours les mieux indiqués.
Le 18 octobre 17^9, un ecclésiastique perdit l'œil gauche par un glaucome, suite d'une chiite de cheval; il éprouvait de temps en temps des douleurs par élancements à l'œil droit , devant lequel il voyait voltiger des points noirs , sur-tout après avoir lu. Cet oeil s'est perdu un an après par la même maladie.
Observation 386.
Extrait d'une Consultation en date du io septembre 1776.
M. du R*** , de Laon , a l'œil droit presque entièrement perdu par un commencement de glaucome. Depuis quatre mois que nous n'avions examiné cet œil, nous croyons y avoir aperçu un petit changement en mieux; la prunelle nous a paru moins dilatée, et le cristallin moins opaque. Monsieur en voit, mais à travers un brouillard. L'œil gauche , attaqué de paralysie , est resté au point où il était; la pupille a peu de mouvement; mais il n'y a point encore de trouble dans les milieux transparents.
'' I i SBCTIOD VII, CHAPITR1 \ i ,
Extrait d'une antre Consultation pour le même malade } venu à Paris quatre ans après:
'.o août 1 770.
Noms ;i\i(»ns examiné les veux de M. «lu li" ■ au mois de mai 1776. Ils nous parurenl menacés (rime pcric prochaine : le droit était attaqué d'un glaucome, ci le gauche «le paralysie. Le régime «pu lui lut prescrit retarda la perte dé la vue, au point qu'environ quatre mois après, elle nous parut un peu moins menacée. Enfin , quatre ans après, nous avons été surpris que le peu de Mie qu'il avait en 1770* se fut soutenu au même étal , et sans le secours d'aucun remède. En examinant les \ eux avec attention, nous ;i\ ons cru apercevoir un mouvement, obscur à la \érité, de dilatation ei de constriction dans la pupille de l'œil gauche dont les milieux ne sont pas aussi altérés que (eux de l'œil droit où il y a une cataracte compliquée de goutte sereine. M. du II*** entrevoit les objets, et peut compter ses doigts, à un jour favorable; il n'a donc presque rien perdu depuis quatre ans.